Poi li mise in errore Machumitto
0 udito che fue monaco e cardinale, Che lui lasciô Eradio che dovesse predicare, Era di vita e di spirito tanto, Che christiani et pagani Tadoravano per santo. Et Pelagio era il sue nome ; Délia casa délia Colonna di Roma fue sua natione. (Addition au Trésor.)
cardinaux entre eux, de leur ambition forcenée de vouloir être papes. M. Amari a certainement eu une idée des plus ingénieuses en pensant que cette partie de la légende a pu recevoir son développement dans la petite Église gibeline, dont le principe fondamental était que la hiérarchie romaine était l'origine de tous les maux qui affligent l'Église. Était-il une meilleure preuve de cette manière de voir qu'une théorie historique rattachant aux rivalités des cardinaux entre eux le plus grand malheur qui eût frappé l'Église de Jésus-Christ ?
La singulière habitude qu'a souvent le moyen âge latin de désigner Mahomet sous le nom [de Nicolas est parfaitement éclaircie par les faits savamment réunis et coordonnés dans le mémoire de M. d'Ancona1. Un mythe chrétien, remontant aux plus anciens âges de l'Église, présentait Nicolas, l'un des sept diacres institués par les apôtres, comme le premier hérétique, comme le patron en quelque sorte et le prototype de toutes les hérésies2. Pour des motifs de jalousie et d'ambition
1. La note de Bayle, art. m ah omet, note 10, garde tout son intérêt.
2. Hist. des orig. du christ., t. III, pp. 304 et suiv. ; t. IV, p. 363 , 365 ; t. VI, pp. 181 et suiv.
personnelle, Nicolas créait la première des sectes gnostiques, celle des nicolaïtes, supposée pleine de secrètes infamies. C'est là certainement une construction artificielle. Rien ne prouve que les nicolaïtes de l'Apocalypse de Jean aient pour père le diacre Nicolas nommé dans les Actes des apôtres ; tout porte à croire, au contraire, que les nicolaïtes de l'Apocalypse, disciples d'un séducteur appelé à mots couverts Balaam (Nicolas est la traduction grecque de Balaam), sont, pour l'auteur ultra-juif de l'Apocalypse, les disciples de saint Paul, à qui leur maître, nouveau Balaam, enseigne à transgresser les lois de Dieu. Quoi qu'il en soit, le mythe de Nicolas et des nicolaïtes devint, depuis saint Irénée, une des bases du langage ecclésiastique. Nicolas fut l'hérétique par excellence, le père de toute hérésie. Était-il un nom plus juste pour désigner l'auteur du grand schisme qui partageait le monde en deux armées ennemies ? Aussi, depuis Pierre le Vénérable, Nicolas est-il le sobriquet sous lequel on désigne le fondateur de l'islamisme. Du même coup, on utilisait contre Mahomet et ses disciples tout l'arsenal de calomnies par lequel on avait autrefois réussi à perdre le gnosticisme et qui depuis avait fourni des armes contre toutes les hérésies.
Pour Pierre le Vénérable et ses contemporains, la désignation de Mahomet par le nom de Nicolas n'était qu'une figure de rhétorique, un simple rapprochement. Dans l'enfer de saint Pétrone, à Bologne, qu'on attribue à Buffalmaco, Mahomet et Nicolas figurent l'un vis-à-vis de l'autre, comme deux personnages distincts1. Par une erreur facile à comprendre, le nom symbolique devint pour plusieurs un nom réel, et il fut reçu d'une partie de la tradition que le fondateur de l'islamisme s'appela Nicolas. M. d'Ancona, après M. Prutz, a appelé l'attention sur un petit écrit contenu dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale intitulé Liber Nicolay2, où se trouve une rédaction en quelque sorte systématisée de toutes ces chimères.
M. d'Ancona pense qu'on peut expliquer d'une manière analogue le nom de Sergius, donné par la légende au bahira ou bohayré de Mahomet. Vers le temps de Mahomet, sous le règne d'Héraclius, le siège de Gonstantinople fut occupé par un patriarche de ce nom, qui laissa dans l'Église orthodoxe une très fâcheuse réputation comme