Hist. des orig. du christ., t. VII, pp. 82 et suiv
est pour le faux prophète contre ceux qui furent ses véritables maîtres. Aux yeux de la conscience chrétienne, Mahomet a une excuse ; les juifs n'en ont pas. Par un étrange renversement d'idées, les juifs devenaient ainsi des infidèles, tandis que l'infidélité des musulmans était au moins atténuée.
Si le premier noyau de la vie fabuleuse de Mahomet s'écartait peu de la vérité historique, il faut avouer que, dans les développements ultérieurs, la légende reprit assez vite ses droits. Elle procéda, comme toujours, par amplifications et identifications arbitraires1. D'abord Mahomet fut assimilé à Nicolas, à Pelage ; cela était assez naturel: bientôt des rédacteurs ignorants prétendirent qu'il s'était appelé Nicolas, Pelage. Selon quelques-uns, il était de la famille des Colonna ; selon d'autres, il naquit à Bologne ; selon d'autres, sa malice était celle de l'Église romaine ellemême ; l'islam venait des haines intérieures des