Voir Spon, Ant. de Lyon, p. 50 (réimpression
Daussigny 1 fit de ces restes antiques une étude assez suivie; il exécuta des fouilles, donna des mesures, et conclut à l'existence d'un amphithéâtre dont le lobe ouest serait coupé par la ficelle. C'est à peu près vers l'époque où M. Marti n- Daussigny faisait ces recherches qu'un événement décisif se passa dans l'archéologie lyonnaise, je veux dire la fixation approximative de l'autel d'Auguste sur les premières hauteurs qui s'élèvent au-dessus de la place des Terreaux. Le doute n'est plus maintenant permis sur ce point, et, s'il reste parfaitement vrai que les colonnes de l'autel sont celles qui, sciées en deux, soutiennent maintenant d'une façon si pittoresque la coupole de l'église d'Ainay, on n'a pas lieu de s'en étonner puisqu'il est prouvé par des pièces originales que les pentes inférieures de la Croix-Rousse appartenaient à l'abbaye d'Ainay. L'autel d'Auguste était situé dans le voisinage de ces nombreuses inscriptions de YHôtel du Parc, qui nous présentent en quelque sorte le rendez-vous de toutes les nations de la Gaule autour de la fondation fédérale, et non loin
1. Congrès de la Société franc, d'archéologie, Caen, 1862; Auguste Bernard, Le temple d'Auguste, p. 30 et suiv. Antérieurement il y avait eu des fouilles exécutées par Artaud; voir Chenavard, Lyon antique restauré, p. 17.
de l'endroit, connu avec une très grande précision, où furent découvertes les tables de Claude. Trouver un amphithéâtre dans ces parages n'avait rien que de très naturel. La grande panégyrie de la Gaule (pour employer l'expression même de la Lettre des fidèles de Lyon), qui avait lieu le 1er août, était accompagnée de fêtes, pour lesquelles un amphithéâtre pouvait être utile. Ce n'étaient certes pas des combats littéraires qui devaient se livrer dans de telles arènes; mais, à propos de la grande fête gauloise, on donnait aussi des combats de gladiateurs, des chasses1. Or l'institution fédérale, avec sa délégation des soixante peuples, devait pouvoir se passer entièrement du municipe lyonnais, dont le centre était à Fourvières. La ville fédérale et le municipe étaient comme deux villes distinctes, et la fête devait se passer tout entière dans la presqu'île renfermée entre les deux fleuves, au-dessus du confluent situé alors à la hauteur de la place des Terreaux.
Supposons que l'hypothèse de M. Martin-Daussigny soit confirmée, et que l'ancien Jardin des Plantes ait réellement été le site d'un amphithéâtre,