Albanès, p
qui lui plût, elle était aussitôt entraînée vers son Seigneur. Elle ne pouvait supporter aucun doux son ni presque aucun chant, pas même celui des oiseaux, qu'elle ne fût hors d'elle1. Un jour, elle entendit chanter un passereau solitaire, et elle dit à ses compagnes: « Quel chant solitaire a cet oiseau ! » Aussitôt elle fut attirée à Dieu. Elle ne pouvait entendre aucun chant de l'Église qu'elle ne fût aussitôt ravie, et c'est pourquoi elle n'assistait qu'à des messes basses et dites à part2. Il suffisait de certains mots pour la mettre absolument hors d'elle-même. Si elle était à table, occupée à manger, et qu'on lui apportât une fleur, un oiseau, un fruit ou toute autre chose qui lui fît plaisir, elle entrait immédiatement en extase, et s'élevait vers Celui qui avait créé ces êtres.
Le culte de François d'Assise, qui était en quelque sorte la religion de son frère Hugues, était aussi l'âme de toute la vie spirituelle de Douceline3. Son enthousiasme pour la pauvreté s'exprimait par des images qui rappelaient celles qu'avait affectionnées le patriarche des mendiants, et qu'après lui adoptèrent les poètes et les peintres