Albanès, p
PHILIPPINE DE PORCELLET. 369
traité de Pierre de Dace et de Christine de Stommeln. Les phénomènes qui caractérisent certaines maladies étaient chez Douceline encore plus marqués que chez Christine de Stommeln !. Cette phrase de Salimbene2 : Et si elevabatur ei brachium, ita elevatum tenebat illud a mane usque ad vesperam, n'aura pas besoin de commentaire pour les médecins. Durant ses accès, l'anesthésie était complète ; mais la douleur des blessures qu'on lui avait faites reparaissait après son réveil.
En général, elle cherchait à prévenir la venue des accès en se procurant une douleur, surtout en se déchirant les mains. On sent que ces crises de catalepsie ou, comme on disait, ces extases étaient chez elle involontaires. Elles étaient amenées par certaines circonstances extérieures , provoquant chez elle de mystiques associations d'idées. En quelque endroit qu'elle fût, lorsqu'elle entendait parler de Dieu, elle tombait en pâmoison3. Si elle était à table à écouter la lecture, et qu'il s'y rencontrât quelque parole dévote, elle était incontinent ravie, à la table même, et ne mangeait plus. Si elle entendait un air qui excitât sa dévotion et