Albanès, p
PHILIPPINE DE PORCELLET. 379
Hugues de Digne en grande vénération £. M. l'abbé Albanès, peut-être ici un peu influencé par les souvenirs d'une autre époque, croirait plutôt que les persécutions contre les saintes filles vinrent des préventions et des défiances « des fiers républicains marseillais, qui luttaient alors contre leur évêque autant que contre le comte de Provence 2 » . Mais comment expliquer, en ce cas, la colère de Charles d'Anjou contre les frères Mineurs et l'intention qu'il eut quelque temps de les exterminer, sans doute en les livrant à l'inquisition dominicaine? Loin de soutenir les prétentions épiscopales, l'école de Hugues de Digne et en général les franciscains ardents étaient, à cette époque, de faibles défenseurs de la hiérarchie.
Quoi qu'il en soit, après la victoire de Charles d'Anjou, la réconciliation vint assez vite. Elle se fit grâce à la réputation de sainteté de Douceline. Dans le courant d'une grossesse pénible, la comtesse Béatrice vit en songe une dame en costume de béguine, et elle s'imagina que, par l'effet des prières de cette sainte personne, elle arriverait à une heureuse délivrance. Charles fit une enquête; on lui parla de Douceline ; il la fit venir à Aix.