Albanès, p. 203 et suiv
PHILIPPINE DE PORCELLET. 389
et comme une hymne, une antienne et une relation de la vie et des miracles étaient des pièces qui ne manquaient à aucun saint, les béguines du Roubaud de Marseille, vers 1297, furent surtout occupées d'attribuer ces honneurs à leur mère. Elles croyaient entendre résonner du ciel, atout propos, ce rythme léger :
Dijlcelina haec de Digna
Sede polorum est digna
Inter sacras virgines.
L'œuvre, pourtant,ne se réalisa pas sans difficulté. Quelques sœurs trouvèrent les formules de lauzor exagérées. Une d'elles alla jusqu'à douter que la mère eût été vraiment sainte et eût mérité toutes ces louanges. Un miracle fit taire les dissentiments , et donna lieu de croire que la sainte, quoique morte depuis vingt-trois ans, était venue assister en personne aux matines, avec la communauté, un jour où sa gloire était chantée. A Hyères, on vit également la mère venir aux matines, se placer au lutrin, et chanter elle-même le verset où il était question d'elle. Le jour où on lut la Vie de la sainte pour la première fois au réfectoire fut également marqué par un miracle1.