La faïencerie de M. Villette est établie au moyen
d'un ancien four à chaux dont il a fait Taquisition ; il trouve dans le voisinage la terre à faïence.
Pour blanchir la cire des abeilles des environs il a préparé les ustensiles. On fait fondre la cire jaune dans une chaudière, elle coule par une canelle dans un long bassin de fer blanc, percé de nombre de petits trous : au dessous est un cilindre de bois a moitié plongé dans Teau d^une grande cuve : on tourne sans cesse ce cilindre quand la cire fond, de sorte que tombant dessus par les petits trous, en goûtes longues ou même en filets, elle prend la forme de petits coppaux minces et frisés qui nagent sur Veau d'où on les porte sur de grosses toiles étendues sur des claies au soleil, à trois pieds de terre ; et Ton l'y arrose au besoin, comme les toiles sur le pré.
10. — On dit ce grison trop dur à travailler, et que c'est pour cela qu'on ne remploie plus; il est vrai que les pierres de la Tour grise sont aujourd'hui au refus de Toutil.
11. — C'est à Verneuil que j^ai trouvé, sur les rives de TAvre, le grand Poa aquatica que M. Villette a bien voulu depuis envoyer à Trianon oti il manque. Scheuchyer l'indique dans les fossés de la citadelle de Lille ; mais M. de Jussieu dit qu'il croît aussi dans la Bièvre^ près Paris.
12. — J'ai trouvé dans Piton, à la première vue, la Salicaire, la Lisimachie, la Bauche (Spartganium), le Curage, le Nénuphar et le Meniante.
1 3. — La forêt d'Evreux a du être autrefois en coupes de taillis. Les sépées forment à présent un très beau bois de chêne de basse futaie ; elle est très étendue et plusieurs villages y sont renfermés. Les mortbois qui sont considérables consistent en genévrier et romarin. A la sortie du bois il y a encore plusieurs arpens de ce dernier que Ton coupe tous les cinq ou six ans pour le chauffage.