‹ Mélanges (volume 2)Chapitre 8 sur 39 · XLVI. Philbert de Mont-Joye, en latin Monte-Joco · texte numérisé non relu

XLVI. Philbert de Mont-Joye, en latin Monte-Joco

(i) Le 4 février 1410, à l*âge de soixante ei un ans. (a) En 1389.

(3) aa juillet 144a. Grftce à Tinitiative de la Société d*archéologie d'Avranches, un décret, en date du 1 1 juin iSgS, a donné à la petite place qui se trouve entre THdtel de la sous-préfecture, les bftiîments delà prison, le Tribunal et le jardin de TEvêché, le nom de Jean de Saint-Avit, l'illustre évêque d'Avranches.

(4) Inhumé dans la chapelle de Saint- André, probablement en souvenir du patron de la cathédrale d'Avranches, dont il était éloigné depuis longtemps.

fit ses protestations ordinaires à Teglise métropolitaine de Roûen^ en qualité d^evéque d^Avranches, comme il se voit par les registres du Chapitre de Rouen, dans lesquels on trouve son nom, sans Tavoir peu recouvrer en aucun autre lieu, les registres de Rouen sont dattes de Tan 1442.

De gueulles à trois pommes de pin d'or, surmontées

(Pun lion léopardé d'argent.

XLVIII. Martin Pinard, originaire du diocèse de Lisieuz, aux enclaves de Bayeux, prit possession de l'evêché d'Avranches à la fin de Tan 1442 et mourut l'an 1452, au commencement de janvier; il fut enseveli en sa cathédrale au milieu du haut du chœur.

XLVII. Jean Boucard (i), natif de Vauxcelles, dît vulgairement Vaux-Cellay, est le septième du nom, il étoit chanoine et archidiacre d^Avranches, abbé du Bec-Hellouë'n (2) et de Carmeray (3) en l'archevêché de Tours, docteur en théologie au collège de Saint-Gervais de Paris et confesseur ordinaire du roy tres-crétien ; les registres de TEglise de Rotien asseurent qu'il prêta serment de fidélité à son archevêque pour son evêché d^Avranches, le 10 juillet 1453, et quHl assista à rassemblée generalle du clergé, canoniquement assemblée en la ville de Tours. Louis XI, roy de France, voulant rendre le collège de sa ville de Paris le plus florissant du monde,

(i) Aux Archives de la Manche, fonds de Tabbaye du Mont-Saint- Michel, on conserve le sceau de Jean fiouchard. Les armoiries de cet évêque étaient : de sinople, aux trois têtes de boucs d'or, arrachées a. 1.

(2) Présentation de Robert Rouel à la cure du Pont-Autou, par Jean Boucart, évéque d*Avranches, abbé du Bec-Hellouin. — Archives de la Seine-Inférieure, série G. 1344.

(3) L'abbaye de Cormery, de Tordre de saint Benoît, à quatre lieues et demi sud-est de Tours, sur la gauche de Tindre.

conféra avec Boucard, evêque d^Avranches, des moyens dY réussir avec avantage, et luy donna la conduite de cette affaire, arec plein pouvoir d^en ordonner comme il luy plaîroit; ce fut de Padvis de ce prélat que ce roy condamna la science des nominaux, avec defence de la professer pour Pavenir, par patentes données à Sentis Tan 1473. Pendant le siège de cet evêque; Guillaume d'Etouteville, archevêque de Rouen et cardinal prêtre, fut éleu abbé du Mont-Saint-Michel, qui y fit plusieurs presens et ayda fort à Jean Boucard au rétablissement de r Université de Paris, l'un et Tautre y établirent plusieurs reglemens dignes de leur zèle et de leur esprit : mais enfin après mille belles actions dignes de leur courage, ce cardinal mourut à Rouen, Pan 1782, et Jean Boucard, evêque d'Avranches, mourut à Saint-Lo, le 28 novembre 1484. Son corps fut rapporté en sa cathédrale oti il fut enseveli dans le chœur, du côté gauche, sous une tombe de pierre blanche, près de son prédécesseur, après un siège de trente ans neuf mois et vingt et un jours.

D^a^ur à trois fleurs de lys d*or au hdton de gueulles

et à la barre d^argent,

XLIX. Louis de Bourbon (i), que les autres appellent de Vandosme : premier abbé commandataire de Tabbaye de Savigny, chantre de Teglise de Vandosme, prieur Despernon, conseiller du roy en son Parlement de Paris, où il avoit séance, non selon Tordre de sa réception : mais la Cour luy accorda la première place dans cette auguste compagnie, à cause de sa haute naissance, et luy leur promit, par un serment solennel qu'il defendroit

(i) Les armoiries de Louis de Bourbon se trouvent sculptées sur une pierre conservée au musée lapidaire d'Avranches.

fidellement toas les intérêts de son corps. Ce premier Parlement du monde tenoit à grand honneur de voir un de ses membres issu du sang royal : car Louys de Bourbon étoit fils naturel de Jean de Bourbon (i), second du nom, compte de Vandosme et frère de Jacques de Bourbon, seigneur de Bonavalle. Louis de Bourbon étant seulement fils naturel, il étoit inhabile à posséder des bénéfices ecclésiastiques, c^est pourquoy, pour en obtenir dispense, il fut légitimé par le seigneur de Vandosme son père, comme il seroit par lettres de la Chambre des comptes de Paris, où il est dit être le fils de Jean de Bourbon, compte de Vandosme et de Guyonne Peignée de Vieuville non mariée : il fut nommé par le roy au Chapitre d^Avranches, l'an 1484, fut éleu le 17 septembre 1485 et consacré le même an. Il célébra et signa dans le contract de mariage de Louysde Bourbon, prince de la Roche à Loyan, avec Louyse de Bourbon, dame de Chauvigné, etc., en Tan 1 5o5 : il avoit receu les vœux de Renée de Bourbon, sa sœur, abbesse de Fontevraut (2), le 1 3 juin 1 5oo et le dimanche 22 juin 1 5o5,il bénit Isabelle de Bourbon, grande prieure de Fontevraut, abbesse de la Trinité de Caen. Les roys de France l'employèrent en plusieurs ambassades, dont il s'aquitta toujours avec gloire, il étoit fort magnifique, dont il a laissé des marques pour les siècles à venir dans tous les lieux oii il a été; mais particulièrement en son église d'Avranches qu'il a toujours chèrement aymée, dont au rapport de Cenalis, il en a augmenté de' beaucoup les revenus, il y donna de beaux ornements, y fit plusieurs batimes; il y

(t) P. Anselme, Histoire généalogique de la Maison de France^ I, 325.

(a) L'ancienne abbaye de Fontevrault (Maine-et-Loire), a été transformée en maison de détention.

fit faire le jubé (i) ou fabrique qu^il fit orner de plusieurs statues de saints; y érigea plusieurs autels, il fit bâtir la maison episcopale (2), telle qu'elle est de présent, et le château du Parc, qui est la maison de plaisance des evéques d'Avranches (3) : laissa à ses successeurs plusieurs revenus, et mourut à Tours, Tan 1 5 10, le 21 octobre, ayant remply ce siège vingt-six ans. Son corps fut rapporté en sa cathédrale, dont la triste veQe arracha des larmes à tous ses diocésains, mais particulièrement à messieurs de sa cathédrale qui avoient pour luy bien du respect, comme il avait pour eux bien de Tamour, il fut inhumé dans la chapelle de la Viergede sacathedralle (4) où ses ossements attendent la résurrection generalle, voicy l'epitaphe que luy a adressée monsieur Cenalis.

Borboniam illustras et laude et nomine gentem; dent tibi supremos pia numina sedis honores : son cœur fut

(i) « Le jubé, dit M. Tabbé Pigeon, sur lequel s'appuyaient deux petits autels, était enrichi de niches, de statuettes et de bas-reliefs d'une grande finesse. Deux portes latérales à celle de la nef donnaient entrée dans le sanctuaire. »

(a) En 1490, dit M. Le Héricher, en même temps qu'il bâtissait sa villa du Parc, Louis de Bourbon éleva cette maison, si délicatement travaillée dans ses fenêtres et ses lucarnes, et dans laquelle il reçut Charles VIII. Depuis elle a subi bien des vicissitudes. Les calvinistes mirent le feu à la salle capitulaire, qui fut consumée jusqu'aux murailles. L'artillerie royale, du temps de la Ligue, écrasa la salle des Synodes. M. de Missy éleva la partie saillante vers l'ouest; Roger d'Aumont la partie opposée; M. Godard de Bdbeuf bâtit le grand portail à tête cintrée. »

(3) Robert Cenalis parle en ces termes du château du Parc : Castrum, turrim et mœnia, ipsas denique intraneas domos summa vigilantia nec impari sumptu Ijudwicus Borhonius extrui curavit.

(4) Ch. de fieaurepaire. Testament de Louis de Bourbon, évéque d'Avranches, i5io, précédé d'une notice, dans le Bulletin de la Société d'Histoire de Normandie, tome VII, p. 344 à 355.

ensevely en Tabbaye de Savigny où il a une fondation. En la même année 1 5 lo^ mourut au Mont-Saint-Michel, Guillaume de Lamps Dauphinois, qui fit achever le chœur de l'église jusques aux secondes fenestres, lequel avoit été commencé par le cardinal d^Etoutteville; il est enterré dans la chapelle de la Vierge, du côté de TEvangile, sous un mausolée qu^on luy a dressé. En Tan 1493, Louis de Bourbon, evéque d^Avranches, reconcilia Feglise paroissiale de Carnet, érigée sous Pinvocation de la Sainte- Vierge, en sa nativité, elle avoit été profanée par les confrères de la confrairie de la Nativité de la Vierge, qui avoient de coutume de disner ensemble le soir de cette feste dedans cette église; d^où il arriva qu^apres le disner ils Pa profanèrent; ce prélat s'y transporta. Ta reconcilia, défendit sous peine d^excommunication de faire pareilles assemblées dedans Teglise. Cette ancienne confrairie a continué jusques à Pan 1621, qu'elle a été unie à la confrairie du Saint-Rosaire.

D'a:{urau sautoir d*or cantonné de molettes de même,

L. Louis Hébert II, originaire de Paris, fils de Jean Hébert, trésorier gênerai de France, et de Jeanne Guerîn, frère de Gefifroy, evêque de Coutances ( i ], et de Jean Hébert, chevalier, seigneur d'Ossonvilliers, baron de Courcy et gentilhomme de la Chambre du Roy, étoit chanoine d'Avranches, et fut élu par le Chapitre après la mort de Lotiis de Bourbon; le roy Louis XI ayant adressé ses patentes au même Chapitre, dattées du 26 novembre, donnant commission de procéder à cette élection. Elles furent insérées dans les actes capitulaires, le 1 8 décembre de la mesme année i5io. Ce prélat prit possession paf procu-

(i) Geffroy Herbert, évêque de Coutances en 1478, mort en i5io.

reur, en Tan i5i i, le 3 juin, et fit son entrée solennelle le 23 mars i5i2. Il s'étoit consacré au service des autels dès sa jeunesse, il avoit été archidiacre de Coutances et abbé de Saint-LÔ (t), il eut grand soin de son diocèse ; fit plusieurs et de très beaux statuts : aymoit fort les hommes sçavans et encore davantage les gens de bien, il traitoit civilement les prêtres, les encourageait à travailler au salut des âmes : il étoit dotié d^une grande douceur, il étoit fort studieux et très sçavant, il preschoit souvent, et dans sa cathédrale, et dans les églises de son diocèse qu^ii visi* toit souvent, y étant attaché comme les estoilles fixées à leur ciel, il fit plusieurs réparations en son église cathédrale qui avoit été ruiné par la fureur des guerres, et entr'autres choses il fit bâtir la chapelle de Notre-Damede-Pieté (2) oti il est enterré, où il fit peindre même sur le vitrail des tableaux de la Passion du fils de Dieu à quoy il avait une tendre dévotion, on voit encore dans la même chapelle son portrait en verre, dans la dernière place de la même vitre; son frère Jean, seigneur d'Ossonvilliers, mourut auparavant luy, et le laissa tuteur de ses enfans à qui il les recommanda, il les fit élever en la pieté, et crainte de Dieu. Ce prélat aymoit tous les ecclésiastiques, mais entre les autres il aymoit ceux qui étoient employés au salut des âmes, et ses chanoines qu^il appeloit son bras droit, et à qui il a fait bâtir plusieurs maisons, il mourut au château du Parc, le quatrième avril 1 526. Jean le Veneur, evêque de Lisieux et cardinal, prit posession de Tabbaye du Mont-Saint-Michel, en 1524, et ce fut le premier abbé commendataire. Je ne veux obmettre la compassion que Louys Hébert avoit pour les malades, il les

(i) Premier abbé commendataire.

(a) Notre-Dame-de-Pitié.

visitoit en personne, particulièrement ceux qui travailloient au salut des âmes, et étoit leur consolateur : la mort de Mf Pierre de Homme, curé de Carnet, surnommé le bon curé, arriva des le commencement de son siège.

D'or à trois pais de vair.

LI. Jean de Langeac VIII, fils de Tristan, seigneur de Langeac, et Anne d^AIegre, Auvergnac de nation^ qui avoit été toujours nourry à la Cour des Roys de France, et avoit été longtemps maître des requêtes^ abbé de Pebrac (i), et avoit été envoyé plusieurs fois ambassadeur dans la Cour des Roys dont il s^étoit honorablement acquitté, fut nommé à Pevéché d'Avranches, dont il prit possession en 1527, et fut transféré à celuy de Limoges environ Pan i532 (2). Il êtoit accoutumé à être obey, et il ne pouvoit soufrir de contradiction et vouloit être suivy en tout ce qu'ail entreprenoit. Estant transféré à Limoges, il fit Pélevation du corps de saint Domolin, qu'il mît dans une église bâtie à Limoges hors des murs de la ville. Il fit plusieurs presens à son église de Limoges. Il fit faire les colonnes de bronze qui se voyent encore autour du haut autel, les pulpitres de mesme, et la tapisserie pour le service de son église, oîi il est enterré, étant mort le 3 juin 1 541 . On â écrit sur son tombeau cet epitaphe. Exempîo tibi satis sim, quisquis es, si sapis, prœsentibus necte futura natus quidem vixi ; at hercle mori prœstitit, ut plus magisque viverem.

(i) Pebrac, diocèse de Saint-Flour (Cantal), (a) i533.

De gueulles à la croix d'or chargée d'un lys à trois branches de Sinople^ dont les fleurs de lys sonid^ar*genty la dite fleur de lys accompagnée de quatre hébraïques d'or i, 2, 3, 4,

LU. Robert Cenalis (i), Parisien d^origine, docteur de Sorbonne, homme d'une rare doctrine, fut passé docteur de la maison en 1 5 1 3, fut nommé à Tevéché de Vennes(2) par François \^^, dont il receut le billet datte du 7 may i53o^ puis incontinent après il fut consacré evéque de Riez (3) en Provence, et delà transféré à Avranches l'an 1 532. Il fit ses protestations accoutumées à Peglise métropolitaine de Rouen le 10 janvier i533. Ce prélat étoitextraordinairement sçavant : grand théologien, un des fameux historiographes de France qui a ajouté à VHiS' toire de France qu'il a écrite, l'Histoire sainte contenant la vie de plusieurs saints de France. Son histoire est divisée en deux tomes, dont l'un contient les faits mémorables des François, et le second la description des lieux (4). Il l'a dédié à Henri II, il a encore composé plusieurs livres, comme un Catalogue de ses prédécesseurs. Un autre qu'il a intitulé \si Hiérarchie de la Normandie, divisé en cinq livres, oti il y a quantité de belles recherches (5). Charles V, empereur, voyant que tout êtoit en guerre dans l'Allemagne, espérant par ce moyen ap-

(r) Robert Cenalis... fut comme une lumière de tous les docteurs et prélats de son temps. Abbé des Rues, Description de la France, p. 353.

(2) Vence, évêché, chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes.

(3) Chef-lieu de canton des Basses-Alpes. Evêché supprimé.

(4) Roberti Cœnalis episcopi abrincensis. . . Gallica historia in duos disserta tomos ; quorum prior ad anthropologiam Gallici principatus, posterior ad soli commodissima insigniorum Galliœ locorumnecnon et fluminum; Parisiis, Galeotus à Prato, iSSy, in-f«.

(5) Ouvrage resté manuscrit : Hierarchia Neustriœ in quinque

paiser les guerres civiles^ fit publier une formule touchant la religion, qu^il appela intérim, qui fut composée de Tavis même de plusieurs docteurs et théologiens, et qui contenoit plusieurs points de la religion et des cérémonies catholiques. Le pape s^y opposa, d^autant que les points de religion ne se décident que dans un Concile gênerai, où toute PEglise unie à son chef visible, soit assemblée ; les docteurs catholiques la rejetterent, non pas tant à cause de ce qu^elle contenoit, mais à cause de la façon avec laquelle on la faisoit voir le jour. Robert Cenalisqui paroissoit comme un soleil au milieu des docteurs de son temps, mît la main à la plume, écrivit contre, traite cette question à fonds, et fit voir à tout le monde l'erreur des sacramentaires. Il composa aussi un livre de controverse, où il fait connoître à tous la tromperie des hérétiques qu'il publie en tout son livre, et enseigne comment il faut traiter avec eux. Ce livre fut imprimé à Paris chez Jacques Kerver, Tan i557 (i). Il en composa encore un autre touchant les poids et mesures (2), il fit réponse à plusieurs anonimes que Calvin et ses émissaires mettoient au jour ; ce prélat travailla infatigablement toute sa vie contre les ennemis de PEglise, il avoit incessamment les armes à la main contre eux : et Dieu Tavoit réservé en ce siècle pour être un mur de fer, afin d^arréter le degast que

libris partita, circB. i533. Le premier livre, dit M. Frère, contient une description du diocèse d'Avranches; le deuxième, un tableau des évêques de ce diocèse; le troisième, la chronologie des archevêques de Rouen ; les autres renferment plusieurs pièces détachées.

(i) Methodus de compescenda hœreticorum Jerocia^ i^^7i in-8». U avait publié Tannée précédente Traductio larva sycophanticce^ petulantissimœ que impietatis Calvinicce.

(a) De liquidorum Uguminumque mensuris, seu ver a mensurc' rum, ponderum ratione. Paris, 1 33a, i535, 1347.

faisoit lUmpie Calvin avec ses sectateurs, et la provideace divine étant touchée de compassion sur nos misères, permit que l'Eglise d^Avranches Teut pour evéque et pour chef, en un temps ou Theresie armée s^ seroit rendue la maîtresse et y auroit profané tout ce que nous avons de plus cher, aussi, pendant son episcopat, il veilla incessamment non seulement sur son troupeau, mais encore sur tout le royaume : son zèle le portoit partout oti il voyoit que sa présence étoit nécessaire, et semblable à un généreux capitaine, il se jettoit dans la meslée, en tous les lieux oti les ennemis faisoient quelques dégâts, il n^y avoit lieu dans son diocèse où il ne se transportât pour prêcher, visiter, affermir en la Fay les faibles, rappeler les dévoyés, et corriger tous les abus ; puis incontinent que les sacramentaires avoient formés quelque nouvelle erreur, ou dif{iculté,il prenoit le chemin de Paris à grandes journées, pour travailler avec les autres docteurs de cette tant célèbre Académie, afin de découvrir et faire disparoitre leurs erreurs. Les trois grandes lumières de Sorbonne, de ce temps*là, Nicolas le Clerc qui en étoit le doyen, François Picard et Noël Beda étant aydes de Robert Cenalis, faisoient disparoître toutes les ténèbres de rheresie, qu^ils auroient entièrement étouffée dès son berceau, n^est qu^elle eut recours à la force armée, et qu^elle se faisoit voye par le fer et le carnage. Robert Cenalis ne perdit point courage, il travaille avec plus de chaleur et de générosité que jamais, tantost il est en sa cathedralle, et par son diocèse pour animer tout le monde au combat; tantost il retourne pour ayder ses compagnons, consacrant son ame au service de Dieu et son corps à la fureur des ennemis de TEglise, et fit en son église plusieurs beaux statuts, et en divers temps, mais

particulièrement ceux de Tan 1 5 5o ( i ) qui contiennent un abrégé de la vie des prêtres^ et toute Tancienne pratique de PEglise d^Avranches, feront vivre éternellement la mémoire de leur autheur. Enfin après un siège de vingt huict ans^ traversé de bien des peines, pour la défense de TEglise, chargé de mérites, et accablé de travaux, il mourut à Paris en Pan 1 56o, où il était allé pour combattre l'heresie. Il voulut être enterré en Pegllse de sa parroisse de Saint-Paul, le 7 avril, il a un tombeau de marbre et une statue de bronze le représentant en naturel, dans le choeur de Teglise paroissiale de Saint-Paul, sa statue tient sous ses pieds deux serpents qu^elle écrase : c'est Pheresie de Luther et de Calvin que ce prélat a incessamment combatu, et toujours abattu pendant sa vie, on lit cette epitaphe sur son mausolée.

Jure 8ub hoc tumulo Pauli sacra continet aedes

Eju8 prsconeus, mentis, et eloquii,

Quem fiierat vivens imitatus moribus, alto

Eloquio, scriptis, oreque iiilinineo.

In hoc dbsimilis, quod lecto es funera passus

In reliquis Praesul candide Paul us cras.

Principibus coram, illius tu more fuisti

Vas lectum, constans, verbiger sthereus.

Pastorum phœnix, ac declamator Iesu,

Et Pauli species altéra visa loqui.

Tu Cenalis eras scriptis laus orbis et urbis.

Parisiensis honor, doctor et indigena.

(i)Bessin, Concilia Rotomagensis provinciœ, p.263etsuiv. Synodales constitutiones Arboricensis per diocesis prœdecessores venerandos in Christo patres ejusdem Ecclesia pontijices décrétas et instituts, Postmodum vero juxta variantium temporum qualitatem restauratce et auctas^ ductu et auspiciis Reverendi in Chisto patris D. Roberti, divina clementia dictas Diœceseos Antistitis, nunc primum prûmttlgatœ, scilicet sub annum Domini j 55 0.40 statuts.

A coté droit de son tombeau se lit en un tableau de cuivre ces mots ainsi déposés :

Ego Jehovad, hoc est nomen meutn, Uni trino numini ac nomini sacrum.

Hue ades, quisquis es Christians cultor PietatiSy hoc monumentum vocat, Suadetque, ut te esse mortalem vel casibus Discas nostris, tum quae sequuntur legas.

Epitaphium Robert! Cenalis Arboriensis

Episcopiy Doctoris Theolo^ci, ordine et origine Parisiensi .

En moritunis ego vixi, quô, vivere possim Jam moriens, mortem vita beata manet.

Vixi equidem fateor, sed quem vixisse pigeret, Ni mihi spem faceret gratia larga Dei.

Busta tui miseranda vides^ qui forte Robert!, Die tandem aeternâ pace fhiatur. Amen (i).

D'azur à trois licornes d'or.

Anthoine le Cirier, conseiller du Roy au Parlement de Paris, et doyen de Notre-Dame, succéda à Robert Cenalis à Tevéché d^Avranches. Robert Cenalis, en mourant, luy avoit resigné, et après avoir obtenu billet du Roy, il en prit possession par procureur le 28 novembre 1661 (2). Le pape Pie V luy en avoit accordé bulles le sixième des ides de mars Tan 1 56o, et après en avoir pris possession en personne le jour de Saint-Oûen i562 (3), il y établit des grands vicaires, et partit incontinent après pour aller au Concile de Trente, oti il assista jusques à environ Pan

(i) L'inscription se terminait par ces mots lObiit syaprilis i56o.

(2) Lire i56i. L'année suivante (i562), le diocèse fut ravagé par les protestants. On sait le rôle considérable joué par les Montgommery à cette époque.

(5) Ms. de la Bibliothèque d'Avranches. Registrum secretariatus episcopatus AbrincensiSf abonna i56i usque ad annum 1564,

iSjB, qu'il revint en France pour donner ordre aux affaires de son diocèse; il assista la même année i573 à rassemblée du clergé tenu à Paris, et y mourut Pan 1575 (i). Il est enterré en l'église Nôtre- Dame de Paris proche la chaire du doyen, qu'il avoit longtemps remplie: pendant qu'il étoit au Concile de Trente, l'église cathédrale d'Avranches fut profanée par Pefifusiôn du sang d'un certain sergent (2), qui y fut tué d'un coup de couteau, elle fut reconciliée par Bertrand de Marillac, evéque de Rennes (3). Ce fut Pan i563 (4), au mois d'avril, que l'église cathedralleïut pillée par les hérétiques sacramentaires qui y firent tout le degast, dont l'impiété armée et victorieuse etoit capable ; ils brûlèrent toutes les pancartes, titres, cartulaires, les chaires du chœur, les livres, et après avoir dépouillé les chasses et reliquaires de Tor et argent qui les enfermoit, ils jetèrent toutes les saintes reliques de Teglise qu'ils purent rencontrer, dedans les flammes, sacrilège, le corps de saint Senier, avec quatre chasses de saintes reliques furent réduites en cendres : puis après avoir fait passer par le feu ce qu'il y avoît de plus auguste, ils enlevèrent tout ce qu'ils purent trouver d'ornements précieux, dbr, d'argent, de calices, de vases sacrés, et de meubles à l'usage de Teglise : après avoir dépouillé le premier temple du diocèse, ils se jetterent impunément dans les églises particulières, où ils ne laissèrent rien de

(1) 19 janvier i5yS.

(a) N06I le FoUon, tué par un nommé le Preudhomme.

(3) Le 29 juillet i56y.

(4) u L'an rail cinq cent soixante deux, un lundy huictiesme jour de mars, fut vendue et trahie la ville d'Avranches aux Huguenots calvinistes; lesquels ruinèrent entièrement TEglise cathédrale; et ea emportèrent tous les thresors et richesses comme aussy des autres églises. » Desrues, Description de la France, p. 36o et 36i.

précieux ny de saint, et comme s^ils avoient voala ad jouter quelque chose à la croaoté d^Herodeft, ils jetterent dedans le foQ, le corps d^un des ianocens, qui etoit conservé à Saint-Saturnin d'Avranches ( i ), plusieurs prêtres, et même un abbé, furent immolés à leur fureur. L'an ÎS72, mourut à la rUzernes André de Guydotty qui en étoit abbé, il aliéna beaucoup de revenus de Tabbaye, son successeur, qui fut René Jourdain, eut bien de la peine à les faire revenir : Tan 1573, Charles d^Angenoes, cardinal de Rambouillet, fut abbé de Savigny .

D*a^ur à trois licornes d'or.

LU II. Augustin le Cirier^ frère du précèdent, étant doyen de l'église cathedralle d'Avranches, fut nommé à l'evâché par le roy Charles IX (2}. Il étoit chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris, doyerf de Notre-Dame, et conseiller au Parlement de Paris, il eut ses bulles de Gre^ goireXlII, le 10 des calendes de mars iSyS, et prit possession de Tevéché par procureur, le samedy i3 aoust 1 575. Ce prélat donna grande espérance de luy même, fit plusieurs beaux règlements : aymoit fort la netteté, et propreté dans les églises, et étoit plein de bonne volonté, mais la mort l'enleva bientost ce fut Tan i58o, le 23 mars, étant âgé de quarante ans six mois et trois jours, il fut fort regretté, son corps repose dans le chœur de la cathedralle, avis (3) la chaire episcopale, où il a une médaille de cuivre.

(t) On voit encore aujourd'hui, à TégUse Sàint-SatUrnin d*A.vrancties, un retable très curieux provenant de l'autel saccagé par les calvinistes.

- (2) Les registres du Chapitre d'Avranches disent qu'il fut nommé évoque par Henri III et qu'il prit possession le 1 3 août 1 575 .

(3) Vis-à-vis.

D^or au chevron éTa^ur en pointe accompagné cTune ancre de sable au chef (Va^ur chargé de trois molettes di'or.

LV. Georges Pericard (i) étoh scolastique d^Avranches, quand il fut nommé à FEvêdié (2). Il étoit aussi abbé de Saint-Etienne de Caen et de Saint-Julien de Tours, et conseiller du roy an Parlement de Normandie, il impetra ses bulles de GrégoîreXIIl le 5 des calendes d'avril i583, et prit possession par procureur le mercredy i*f juin de la même année, étant dans la fleur de sa jeunesse, la mort le moissonna le 22 juillet 1 587. Ses funérailles furent fort solennelles, son corps fut mis à reposer dans la chapelle de Saint-Georges, oîi il attend la resurreaion generalle (3).

(i) La famille Pericard a produit cinq évêquea. Jean Pericard, d'abord avocat général, puis procureur au Parlement de Rouen, eut six fils et deux filles. L'aîné de ses enfants, Nicolas, eut de son mariage avec Jeanne de Croismare, François, qui fut évêque d'Evreuz de i6x3à 1646; le second, Guillaume, d'abord conseiller clerc au Parlement de Normandie, grand chantre, puis doyen, 24 février 1594, fîit évêque d'Evreux de 1608 à 161 3 ; le troisième fiit Georges, évêque d'Avranches; le quatrième fut François, également évêque d'Avranches. Enfin une des filles de Jean, Anne Pericard, eut de son mariage avec Romain de Boivin, Henri de Boivin, évêque de Tarse, qui fut coadjuteur de son oncle, François Pericard. — Odoard Pericard, frère de Georges et de François Pericard, mourut en 1 59 1 en défendant Avranches contre l'armée du duc de Montpensier.

(2) Le poète Jean de Vitel a chanté son entrée dans la ville d'Avranches. Voir: Eclogue dressée sur V accueil de messire Georges Pericard, evesque d'Avranches, lorsqu'il fit son entrée en ladite ville dans laprinse du MonUSaint-Michel ^ de Jan de Vitel^ poète avranchois. Edition E. de Robillard de Beaurepaire, p. 40 à 57 Avranches, 1861.

(3) Une épitaphe gravée sur cuivre, et placée dans la chapelle Saint-Georges, rappelait le nom de cet évêque.

D^or au chevron cTa^^ur en pointe accompagné (Tune ancre de sable au chefd*a:(ur chargé de 3 molettes d:*or,

LVI. François Pericard (i) étoit frère du précédent et avoit été scolastique d'Avranches^ étant curé de Vessey (2) et éleu par le chapitre grand doyen de la Cathedralle, fut nommé evêque d^Avranches, et consacré Pan i588. Il estoit aussi chanoine et conseiller du roy à Rouen, au mois de may de Fan iSgS. Il fut délégué par tous les corps pour se transporter avec quelques autres prélats et grands du royaume au village de Suréne, à deux lieues de Paris, pour moyenner la paix et appaiser la guerre civile. Il alla à Rome visiter les lieux saints en 1600 (3), où il fut bien receu de Sa Sainteté ; il se voulut faire inscrire en la confrairie du Rosaire en cène capitale du monde, depuis lequel temps il eut bien de la tendresse pour cette dévotion, et rétablit en tous les lieux qu^il luy fut possible en son evéché, et incontinent qu^il fut de re-

(1) Ms. de la Bibliothèque d'Avranches : Registrum secretariatus episcopatus Abrincensis, ab anno 1 5 go ad annum i5q4; — Registrum secretariatus pro annis i5g4, rSgS et i5g6, incipiens die jovispost Quasimodo anno primo dicto; — Fragments de deux registres du secrétariat de Tévêché d'Âvranches, Tun pour les années 1 596-1599, Tautre pour les années i6ox-i6o3 ; —Registre de Tévéché d*Âvranches pour les années i6o5-i6i5, Minutarium secretariatus épiscopatus Ahrincensis pro annis i6o8-j6ii.

(2) Vessey, commune du canton de Pontorson.

(3} On doit à François de Pericard la publication du Catéchisme et ample déclaration de la doctrine chrestienne, composé par le cardinal Bellarmin, et traduit d'italien en français par Robert Crampton^ parisien, Paris, Qaude Chappelet, 16 16, petit in-8** ; — rOraison funèbre de M^ de Medavy^ comtesse de Grancey, mère de i/o» Scholastique de Medavy^ abbesse de Saint-Nicolas de Ferneuilf prononcée dans Vabbaye de Saint'Sicolas de Verneuil, le i5 mars 1634. Ëvreux, 1^34, în-4<>.

tour il Périgea en l'église paroissialle de Notre-Dame-des- Champs, ayant fait venir à ce dessein le F. Jean Joucaut, prieur du monastère de Coûtances, ce fut Pan 1601. La même année il fit imprimer à Avranches le Manuel du Saint'-Rosaire; il fut député par le clergé en 1610, pour aller trouver le Roy^ et par deux fois la même année il harangua devant Louis XIII et devant la reine mère. 11 fut encore député pour la province à P Assemblée du clergé, tenue à Paris Pan 161 5 et Pan 1625. 11 fut envoyé ambassadeur pour le roy en la cour d^Espagne, dont il s^acquitta avec approbation. L^an 16 18, le i5 juillet, il receut en sa ville d'Avranches les capucins, dont il dédia Peglise (1 )> et ce fut aussi luy qui y receut les religieuses bénédiaines au lieu oii elles sont présentement. Ce fut aussi de son temps que les moines bénédictins de la Congrégation deSaint-Maur (2) furent receus au Mont-Saint- Michel pour y garder Pétroite observance de la règle du patriarche saint Benoist. Il fit plusieurs statuts syno-

(i) Les capucins avaient construit leur couvent sur la paroisse Notre-Dame-des-Champs. Leur jardin est devenu, après la Révolution, le Jaidin-des-Plantes de la ville d* Avranches, justement admiré parles étrangers. La première pierre du couvent fut posée par René de Carbonnel, marquis de Canisy. Henri de Boivin, évêque de Tarse, prononça le discours. Jean-Marie de Rouen fut le premier gardien du couvent.

(a) « Celuy-là mit en possession de l'abbaye du Mont-Saint-Michel les moynes de la congrégation de Saint-Maur, Tan 1622, suivant les concordats faicts pour Testablissement desd. moynes en lad. abbaye, par hault et puissant prince Henry de Lorraine, abbé commendataire de lad. abbaye..... » Les curieuses recherches du Mont-Sainct^ Michel f par Dom Thomas Le Roy, éd. Ë. de Beaurepaire, tome II, p. 269. — Voir également le récit de V Introduction des religieux de Saint-Maur, par Dom Huynes, Histoire générale du Af ont-Saint' Michel, éd. de Beaurepaire, tome II, p. X97 et suiv.

daux ( I ) touchant la vie, meurs, actions, fonctions sacerdotales : il ne laissoit passer aucune année sans assembler tous les curés de son diocèse ^ pour conférer avec eux de Tavancement de la gloire de Dieu et du salut des âmes : c'étoit dans ces assemblées synodales qu^il arrétoit ses statuts et qu^il faisoît les règlements qubn observoit par après tout le diocèse. La visite se faisoit par toutes les églises de son diocèse où il assistoit en personne, si quelques affaires de plus grande importance ne Tappeloit ailleurs; il y préchoit souvent, comme aussi dans sa cathedralle où ses ouailles entendoient avec affection les paroles de vie qui sortoient de sa bouche, avec un zèle apostolique; il fit imprimer et reforma le Bréviaire Missel et Rituel deson diocèse. Puis Pan i635, l'i i d'avril, il publia en son diocèse le Missel et Bréviaire romain selon le Q>ncile de Trente, et en commanda Tusage. U aymoit tendrement les prêtres, leur faisoit un accueil tout remply de charité ; il avoit un tel amour pour tous en gênerai, mais particulièrement pour messieurs de sa cathedralle, que jamais il n^eut 4vec eux le moindre refroidissement ; il les traitoit tous et en gênerai et en particulier comme ses frères, et ils avoient un respect paternel pour sa personne et dignité. Ils en usèrent de la sorte Tespace de cinquante et un ans et plus qu^il fut evéque de ce diocèse. Il mourut Pan lôSg au château de Condé (2), au diocèse d^Evreux, étant par le chemin pour revenir en son siège, d^où il avoit été obligé de s^absenter quelques mois pour aller défendre les droits de sa charge qu^on luy vouloit

(i) Statuts synodaux de Fr, Pericard, évêque d'Avranches, au synode de Vannée i6oo (i3 aprilj, Rouen, Petit, 1609, in-»». On retrouve ces statuts dans Bessm, p. 296 à 307. Quatre-vingt-un articles.

(2) Condé-sur-Iton, canton de Breteui]> arrondissement d*Evreux.

contester^ il s'en retournoit triomphant des injustes prétentions de ceux qui avoient osé le troubler ; il était le doyen des évêques par antiquité : il fut pleuré et des siens et de tous ceux qui avoient connoissance de sa bonté (i). Son corps fut enterré en Peglise cathedralle d'Evreux, dans le mesme tombeau oti reposoient les cendres de son frère Guillaume Pericard, evêque de ce lieu : son cœur fut rapporté avec tout le respect possible dans son église d^Avranches et fut ensevely dans la chapelle Saint- Georges, entre les corps de ses deux frères, Georges, son prédécesseur, et Odoart, qui avoit été de son vivant gouverneur de la ville et du château ; il avoit veu dès Pan 1617 (2).

D*a\ur à trois croisettes ttor 2. /.

Henry Boivin (3), son neveu, fils de sa propre sœur et de Jean Boivin, conseiller au Parlement de Rouen, son

(i) De son temps on disait qu*il pouvait répéter de lui :

François Pericard, ei^sqne d*Avnuichet,

j'acqaers Paradis faecond en heur sacré

Multipliant toaioon d'un fidelie detoir

Le sajnct talent, duquel Dieu m'a Tonln pourvoir

A chercher le salut» la paix et l'aasenrance

De mon troupeau très cher, on mon soing est ancié.

L'augure de mon nom me. hkx avoir croyance

Que J*acquers Paradis faecond en heur sacré.

(2) En 1645. A la suite d'un long procès pour la réparation de révêché et de Téglise, accord entre ledit chapitre et les héritiers de François Pericard. Les héritiers sont : François de Pericard, évêque d'Evreuz, Emeric de Pericard, sieur de Saint-Etienne, Michelle de Pericard, veuve de Hugues de Laval, chevalier, sieur de Montcgu, Renecourt, etc.

(3) U ne faut pas confondre Henri Boivin ou de Boivin avec son neveu Guillaume de Boivin, sieur du Vaurouy, fils de Romain Boivin, sieur de Vaurony, et de Catherine de Tdtes. Il fut à la mort de son

lÛO

coadjuteur dans l'evêché. Ce Henry Boivin étoît doyen de Rouen, abbé de Montmorel et prieur au Rocher-lès- Mortain; il fut consacré evéque de Tarse (i) dansPeglise cathedralle d^Avranches, par le même François Pericard, son oncle, assisté d^Antoine de Rêvai, evéque de Dol, et Guillaume le Gouverneur, evéque de Saint-Malo. Cette cérémonie se fit le 28 may 161 7, et le 2 juin il fut receu coadjuteur de son oncle. Il avoit été trésorier d^Avranches^ et conserva cette prébende et qualité, quoy quWéque, dont il prit possession après sa consécration le 23 avril

16 18, puis il fut éleu grand doyen du Chapitre le 28 juin

16 19. Il assista à rassemblée du clergé tenue à Bordeaux en 162 1, et fut député parla province de Normandie pour assistera Paris à celle de Tan i635. C'étoit un homme très pieux et très sçavant, bon prédicateur, rempli d'un zèle apostolique : mais la mort nous le ravit dans la fleur de sa jeunesse, et auparavant qu^il eût remply le siège auquel il étoit destiné; ce fut le 12 février i636 qui fut le dernier de sa vie. Il fut inhumé en la paroisse de Saint- Etienne-du-Rouvray (2), au diocèse de Rouen; il fut fort regretté à cause de son zèle, de sa science et de sa pieté, mais particulièrement à cause de sa grande douceur et affabilité. Pendant le siège de François Pericard, mourut à Savigny Claude duBelley (3), abbé de ce lieu : cMtoit un

onde abbé de Montmorel, doyen de Téglise d'Avranches. En i633, il devint conseiller-clerc au Parlement et abbé de Fontenay, près Caen. Il lit même dans cette abbaye beaucoup de réparations à l'église, et ses armes s'y voyaient en plusieurs endroits. Il mourut le a5 jaxxvier i665.

(i) Tarse en Citicie.

(a) Satnt-Etienne-du-Rouvray, près Rouen.

(3) En 1609.

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grand homme de bien, sçavant, vertueux et de bon esprit^ il a traduit en françois quelques ouvrages de saint Bernard, il étoit fort charitable aux pauvres^ et a fait reparer les degats que les hérétiques calvinistes avoient faits en son église abbatialle de Savigny, pendant sa vie par ses soins^ et après sa mort par plusieurs legs pieux qu^il y a laissés, il y mourut le 21 décembre i6ro.

D'azur au sautoir d*or cantonné de quatre croix

ancrées de même,

LVII. Charles Vialart, originaire de Paris, fils de Félix Vialart, seigneur de la Forest, conseiller du roy et maître des requêtes de son hôtel^ supérieur gênerai des Feillans, et abbé de Notre-Dame des Feillans, qui s'appelloit dans la religion Charles de Saint-Joseph , fut nommé à Tevéché d'Avranches Tan 1 640, et fut consacré en Peglise des Feillans de Paris, avec son neveu, Félix Vialart, évéque et comte de Châlon(i), Pan 1642. Il fit son entrée à Avranches le vendredy 26 septembre de la même année. Il ne gouverna ce diocèse que deux ans, dont il s^acquita avec approbation, il administroit la parole de Dieu et les sacremens avec une édification admirable. 11 visita presque tout son diocèse de la façon de saint Charles, allant par les paroisses avec une bonne compagnie d^ecclesiastiques, des plus zélés et des plus capables, pour entendre les confessions generalles et faire rinstruction aux peuples, il montoit en chaire luy-même pour les enseigner à se confesser et à communier, puis celebroit la sainte messe et donnait la communion. Il assembloit souvent les ecclésiastiques de la ville et des

(i) Félix Vialart ou Vialard de Herse, évêque de Chftlons-sur* Marne, du 6 juillet 1642 au 1 1 juin 1680.

environs (i), afin de conférer avec eux et leur apprendre les fonctions de leur ministère, et leur enseigner les vertus propres à leur profession. Il faisoit faire les exercices des dix jours à ses frais dans son palais episcopal à tous ses ordinans. Il avoit une.grande tendresse pour les pauvres, particulièrement pour les orphelins, pour les vieux et malades^ il leur faisoit Taumône largement ; pendant qu^il faisoit une infinité de belles actions, la mort envieuse du bon-heur que possedoit le diocèse d^Avranches, en possédant un si bon pasteur, nous le ravit Tan cinquantedeux de son aage, le deux de son episcopat, et de notre salut 1644, le i5 septembre. Il mourut d^une fièvre qui le travailla sans cesse trente jours^ et qui le jour de FAssomption de la Vierge, comme il finissoit la messe solennelle. Il était très savant, il a écrit un livre intitulé : la Géographie sacrée (2), un autre nommé VHistoire

(i) Dans Bessin, L'Office des doyens ruraux du synode d'Avran' ches, résolu au synode de Pâques le seizième avril mil six cens quarante'troiSf p. 307 à 309. Voir à la sufate Autres statuts résolus au mesme synode . 1

(2) Mgr Vialart (Charles) Il a publié : Geograpkia sacra, seu notitia antiqua èpiscopatum eccles, univ,, Paris, 1641, et dem. édit., Amsterdam, 1703, in-f» ; Hist. du ministère du cardinal de Richelieu; Paris, AJliot, i65o, in-fb ; Paris i63o et i65i, 2 vol., pet. in- 12, et Amsterdam, Wolfgang, 1664, 3 vol. in- 18, avec port. — Cet ouvrage, publié sous le voile de l'anonyme, ilit condamné à être brûlé par arrêt du Parlement de Paris. — Auteur également d*un ouvrage devenu très rare, intitulé : Le / Temple j de la j Félicité / où se voient divers tableaux qui représentent tout / ce qui a pouvoir de rendre Vhomme / content et heureux en cette vie j par Messire Charles Vialart, evesque d'Avranches, et conseiller du roy en ses conseils. I Seconde édition / reveué, corrigée et aug~ mentée par l'autheur, à Paris / che:( Georges losse, rue Sainct- Jacques, à la/ Couronne d'Epines, MDCXLIV, in-quarto, bOj pages, avec frontispice et ^avures.

ecclésiastique, un autre auquel il a donné le nom de Tableau de F Eloquence /rançoise. Après sa mort, messieurs les Doyens et Chanoines ensevelirent son corps bien solennellement dedans le chœur de la cathedralle, proche le haut autel^ devant le Saint-Sacrement^ il mourut au château du Parc, où il s^étoit fait porter du commencement de sa maladie; son cœur fut porté au monastère de Saint-Bernard des Pères Feillans de Paris, et inhumé au milieu du Chapitre où il avait souvent présidé en qualité de prieur, de provincial et de gênerai ; quelqu^un de ses religieux lui adresse cette épitaphe :

Hoc prœsul celebris jacet sepulcro, Aut utveriùs eloquar viator, Ejus pars minor hoc jacet tumulo Nom major super astra volavit,

Toy qui porte icy tes pas, Près de cette tombe close, I e te prie ne croy pas Que Vialart y repose.

Un si grand homme de Dieu N*est pas en si petit lieu.

D^argent au chevron de gueulles accompagné de 7 merlettes 4. en chef i . 2. 3. 4. et trois en pointe de mesme,

LVIII. Roger d^Aumont, frère d'Antoine d'Aumont, maréchal de France, étant abbé de Saint- Pierre d'Usercheen*Limosin (i), de Beau-Lieu, de Barzelles, de Long* Villier, etc.,* fut nommé à Pévéché d'Avranches par Louis XIV, a présent régnant. Pan 1644, ^^ ^^^^ ^^ ^0*

(i) Saint-Pierre-d'Uzerches, en Limousin. — Beaulieu, abbaye dédiée à saint Pierre et à saint Paul, diocèse de Limoges. — Barzelle, abbaye dédiée à la Sainte Vierge, diocèse de Bourges. — Longvilliers, abbaye dédiée à la Sainte Vierge, diocèse de Boulogne.

vembre, et Tan 1645, au mois de may, il fut consacré à Paris en Teglise de la Couture des chanoines réguliers, par Nicolas, archevêque d'Athènes, nonce apostolique en France, assisté de Henry de Betune, lorsevêquede Malezais (i), et présentement transféré à Parchevêché de Bordeaux (2), et de Pierre Bertier, évêque d'Uzes ; il fit son entrée en la ville et en son église cathedralle le lendemain de TAscension, oîi il célébra pontificalement pour la première fois Tan 1646. La même année, le mois ensuivant, il assembla tous ses curés et célébra un fort beau synode, oti il fit plusieurs statuts pour le bien de son diocèse; il faisoit chaque année deux synodes (3), où il reformait toujours quelque chose, et y ajoutoit tout ce qui etoit nécessaire pour le bon gouvernement de son église (4).

D*û^ur à trois sautoirs if or j. 2,

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