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Uea des corps diaphanes, il moptra que U nature de cas dam modifications était absolument identique; et il fiia les rapports de position qui liaient ensemble les sens de la polarité imprimée aux rayons par Tun q\\ Tautre procéda. Ces résullats l'ayant naturellement conduit k étudier, sous le même point de vue^ las effets de la réfraction ordinaire, il trpuy^ qu'elle avait aussi le pouvoir de polariser les rayons comme la réflexion et la réfraction extraordinaire, mais av.ec cette différence qu'il n'y avait , dans chaque réfraction de ce genre, qu'une eertaine proportion de la lumiè» transmise, qui subit la polarisation. Par des expériences conduites avec beaucoup d'art, il détermina cette proportion, de même que le sens de la polarisation ainsi imprimée. £nfin, en transmatlsat des rayons polarisés à travers toutes les parties des corps organisés, animaux ou végétaux, dont il pût extraire des lames suffisamment minces pour qu*eUes a^uissent quelque transpfirence, il observa que toutes ces parties modifiaient le seps de la polarisation primitivement imprimée ^ux rayons, et qu'elles la tournaient relativement & certaines lignes, fixes daqs leur subsl^ce ; de sorte que ces lignes semblaient être comme des a^es autour desquels le pouvoir (le Torganisi^Mnn avait grpupé les particules qui les composaient.
La première découverte de Malus, celle qui sft rapporte à la polarisation communiquée par la réflexion sur des corps diapha&es, fut insérée dans son Hén^oire de prix ; et la plupart des autres sont imprimées dans le recueil des mémoires de l'Institut» doot elles forment sans aucun doute un des ornemei||s les plus Idéaux et les plus durables. Malus vécut trop peu 4e temps pour développer, on peut dire pour apercevoir, toute Fétpndue de la route nouvelle qu'il venait d'ouvrir à la science de l'optique. MzWi son activité incroyable il ne put en parcourir que l'entrée ; et son génie ainsi que sa sagacité ne le préservèrent pas de ces géoéralisations trop promptes, de ces aperçus trop rapides, auxquels il est impossible de ne pas se laisser entratneri dans le premier
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traQsport qu'inspirent des recherches si nouvelles, et des propriétés ii étrangeipent différenties de tout ce que Ton avait connu ou même soupçonné jusqu'alors. Mais il y aurait une insigne mauvaise foi 9 co^me une révoltante injustice, k lui faire même un léger tort d^ ces inévitahles erreurs* Ce que nous devons voir, c^est qqe c'est lui , lui seul , qui ppus a mis sur la route dans laquelle la mort Va empêché d'avancer : tout ce que nous découvrirons en suivant cette route, il l'aurait sans doute découvert comme nous, s'il avait vécu; et les mêmes phénomènes, qui sont venus successivement s'offrir à nos recherchas, auraient éclairé de même et modifié les premiers aperçus par lesquels il nous les signalait lorsqu'il avait déjà un pied dans la tombe. Au reste, si quelques critiques tardives, venues de l'étranger, nous ont mis dans la néeessité de replacer ici h leur véritable rang les titres d^ Malus, nous avons du moins la consolation d'ajouter qu'il ne les vit pas contester tant qu'il vécut. La^ première annonce de sa découverte eut un éclat extraordinaire : non-seulepient l'Institut l'admit bientôt au nombre de ses membres ; mais, malgré l'état de guerre qui existait entre l'Anglelerre et la France, la Société royale de Londres lui décerna une médaille d'or; sorte d'hommage qui , dans de telles circonstances, avait, par son indépendance, quelque chose de pareil à celui de la postérité.
La justice qu'on rendit ainsi à Malus, cette justice si pleine, si entière, de laquelle ont joui bien peu d'hommes célèbres par de grandes découvertes, ne fit que l'enflammer davantage. Il continuait Il suivre ses belles recherches avec un zèle infatigable, avec une sagacité merveilleuse. Cependant, ce plaisir d'invention, qui devait être extrême pour lui, ne suspendit jamais un seul instant les devoirs qu'il avait contractés, soit au comité des fortifications où il avait été appelé, soit à l'École polytechnique, où il avait été nommé examinateur pour la physique et la géométrie descriptive. On se rappelle encore avec douleur cette séance où , pour la dernière fois, déjà consumé par la maladie, il voulut encore rem-
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plir, et remplit en effet, ces foQctions pénibles, avec toat le fea de la jeanesse, avec toute la force qa'il ne pouvait puiser que dans son âme; car son corps n'en avait déjà plus. Il allait être appelé à diriger les études de cette École polytechnique quUl avait tant chérie, dont il connaissait si bien le but et les avantages ; qu'il aurait si aisément gouvernée par le seul frein du respect- et de l'honneur, et qui , frappée de sa perte, n'a pu que venir pleurer sur son cercueil. Entouré de l'estime publique qu'il méritait, d'amis nombreux qui appréciaient son génie et aimaieat sa personne, comblé des soins d'une excellente épouse, honoré de places éminentes auxquelles ses talents, ses services et sa probité ravalent conduit; déjà célèbre depuis quatre ans par de grandes découvertes dans les sciences, voyant s'ouvrir devant lui une vaste carrière de travaux et de gloire, près d'arriver enfin au terme de tous ses vœux, de tous ses désirs, il meurt avant sa trenteseptième année; et les sciences désolées ont vu s'éteindre en lui cette flamme du génie qui allait les éclairer. Malus a terminé sa vie, le 23 février 4812.