‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 2)Chapitre 23 sur 34 · III · texte numérisé non relu

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mode majeur, et qu'ils passent aisément de l'an h Tautre dans le même air. H. Bowdich signale avec soin toutes les coutumes qui peuvent étpe caractéristiques. Ainsi, il remarque que les Ashantées ne pèsent que Tor ; les autres choses se vendent à la mesure : par exemple, la poudre en gros par baril, en détail par charge d'arme; le tabac, par rouleaux ou par bouts; le fer, par barres; le plomb, par petits barreaux longs comme le doigt, etc. Leurs poids pour Tor sont les suivants :

8 tokoos font une ackie, environ une piastre ou 5 francs; 46 ackies, un neweniéen; 36 — unbenda; 40 — unpériguin.

Leur année commence le 4 '''' octobre ; ils la partagent, par leurs cérémonies religieuses, en divisions de trois et de six semaines qui se succèdent allernativement. Ils copnaissent et emploient la semaine de sept jours ^ Mais chaque famille place le commenœment de cette période à un jour différent, où elle s'abstient de travail. M. Bowdich a recueilli beaucoup de détails intéressants sur les maladies, ainsi que sur les végétaux et les animaux le> plus remarquables de ces contrées : nous ne pouvons qu'indiquer ici ces objets, afin de nous réserver quelque place pour do> résultats d'un intérêt plus général encore.

L'étendue de territoire que les Ashantées occupent, les relations nombreuses que leur richesse et leur puissance leur donnent avec les nations qui les environnent, la résidence parmi eux d'pn cer-

* J'avais ajouté ici : Comme tous tes autres peuples. Mais runiyersalité qw Von supposait à l*usage de la semaine quand j'écrivis cet article, était une «rreur. Voyei ce que J'ai dit à e% sujet, au toim II, page 1^9, note. Les Aahan* tées ont pu recevoir la semaine de leurs communications avec les Maures, en môme temps que leur forme d'année usuelle, qui, commençant au 1** octobre, le trouve, en cela, coneorder avec la sjrMHOiacédonienne, postérieursinent eaployée aussi par les Juifs et les auteurs arabes. Voyez Résumé de chronotogit astronomique, chap. vi. Malheureusement M. Bowdich ne donne que ces d^ut seulM indications sur le calendrier des Asliantées. J. B.

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tain nombre de Maures exercés au maniement 4es affaires, et dont roffice même exige une certaine instruction , le concours coqti-nuel des marchands d'esclaves venant de rinlèrieur» enfin une liaison fomilière et amicale avec tous les personnages influents du pays, et Tintelligence du langage* donnaient à H. Bowdicb des facilités singulières pour prendre des renseignements sur la géographie de cette partie de l'Afrique qui s*élend au sud du Niger, et relativement h laquelle on était resté jusqu'alors dans une igno*rance absolue. Sans doute, des indications ainsi déduites de relations orales ne doivent pas être comparées, pour la certitude, avec les données positives que pourrait fournir un voyageur instruit qui aurait été lui-même sur les lieux. Toutefois, & défaut de ces dernières, le rassemblement des témoignages oraux peut être encore fort utile ; car, s'ils sont en grand nombre, indépendants les uns des autres, et discutés avec intelligence, ils peuvent conduire à de très-fortes probabilités. Nous croyons que le lecteur attentif reconnaîtra ces 'caractères dans les informations recueil-^ lies par H. Bowdich , et dans le journal de, son compagnon de voyage, H. Hutchinson, qu'il avait laissé comme résident à Coumassie, capitale des Ashantées. Nous allons rapporter succincte* ment les résultats qu'il a déduits de ces divers renseignements.

Le premier et le plus important concerne le cours du Niger. Tout le monde sait combien de conjectures ont été faites sur la direction de ce grand fleuve, dont les bords sont couverts de cités populeuses , et dont les eaux fécondantes semblent donner la vie & tout Tintérieur du continent africain. Les uns ont fait couler ce fleuve de Test à l'ouest ; d'autres, dans une direction contraire : on l'a fait tantôt se perdre dans une mer intérieure, tantôt se con* tinuer jusqu'aux côtes orientales ou occidentales , et verser ses eaux dans l'Atlantique ou dans l'Océan indien. Enfin , lorsque Mungo-Park atteignit ce fleuve près de Sego, et se fut assuré par ses propres yeux qu'il coulait alors de l'ouest à Test, on supposa, et ce fut aussi l'opinion de ce célèbre voyageur, on supposa, dis^

je, que, dans la s.uite de son cours, il se repliait sur lui-même, et que , retournant vers les eûtes occidentales, il formait one de^ gî'andes rivières qui se déchargent dans TAtlantique, telles que le Voila ou le Congo. Les renseignements recueillies par M. Bowdich contredisent toutes ces conjectures. D*abord, conformément à ce qu'a vu Mungo Park, ils représentent le Niger coulant de Test au nord-ouest, depuis Sego jusqu'au lac Dibber ; ensuite, à la sortie de ce lac, comme Mungo-Park Ta dit encore, mais seulemeot d'après des témoignages, il se divise en deux branches, dont Tune, suivant M. Bowdich, coulant au nord-ouest, va passer près de Tombucloo, et l'autre, plus considérable, se dirigeant au sudouest , continue le véritable Niger, qui prend alors le nom de Quplla. Maintenant, la première branche, après avoir remonté aa nord-ouest, un peu au delà de Tombuctoo, se divise encore : une partie, coulant droit au nord, est appelée par les Maures Joliba, c'est-à-dire, grande eau, et Hah-mer par les Nègres; l'autre partie, coulant à l'ouest, prend le nom de Gambaroo. Celle-ci, poursuivant toujours sa route dans cette direction, va enfin se perdre dans un lac intérieur, que les naturels décrivent comme volcanique, et qu'ils révèrent comme le réservoir des eaux du déluge. Quant à la grande branche appelée Quolla, qui coule d'abord au sud-ouest, celle-ci, infléchissant peu à peu sa route, se tourne vers l'ouest même, donnant naissance, sur la rive droite, à ud grand nombre de rivières qui coulent au sud-ouest jusqu'à la mer, et enfln, affaiblie et presque épuisée par ces versements noiBbreux, elle va rejoindre le Nil au sud-ouest de Sennaar pa: une faible communication qui n'est navigable que dans la saison des pluies. Ce dernier fait était si remarquable et^i peu attendu, que M. Bowdich a mis tout en usage pour en multiplier laprol>abilité. Il a non-seulement consulté de vive voix des Maures qui avaient fait plusieurs fois le voyage d'Egypte; il s'est procuré des cartes de routes dessinées par eux; il a comparé et opposé 1^ récits de tous ceux qui pouvaient lui fournir à cet égard quelque>

lumières : toutes les indications ont été unanimes. On peut avoir d'autant plus de confiance à son témoignage , que, dans d*autres cas, il ne dissimule point les contradictions qui se sont rencontrées entre ceux qu'il interrogeait. C*est ainsi qu'il avoue n*avoir pas pu obtenir de renseignements précis sur la source du Niger. £t il ne parait pas non plus séduit par le désir d'annoncer des résultats extraordinaires; car, au contraire, il rappelle avec empressement toutes les indications des écrivains antérieurs qui peuvent avoir vu ou soupçonné les mêmes faits. C'est ainsi qu'en exposant ce qu'il a appris sur l'existence et le cours du Gambaroo, il s'empresse de faire remarquer que cette branche du Niger avait déjà été indiquée sous ce même nom par notre géographe Delille, dans la carte de l'Afrique qu'il avait construite pour Louis XV. Seulement Delille s'était trompé en la supposant le prolongement unique du Niger, dont elle n'est qu'une dérivation. C'est près des bords du Gambaroo qu'est située la cité populeuse de Houassa, centre de tout le commerce de l'intérieur de l'Afrique, et qui, en étendue, en pouvoir et en richesses, le cède seulement à Bournou. Houassa est aujourd'hui ce qu'était jadis Tombuctoo, maintenant sa tributaire. Cette dernière ville, dont la prospérité décroissait déjà du temps de Léon l'Africain, qui représente les anciennes demeures de ses habitants comme changées en de pauvres cabanes, n'est plus, dit-on, aujourd'hui, qu^ln amas de chaumières nègres, où l'on reconnaît à peine quelques vestiges de son ancienne splendeur.

Outre ces renseignements importants sur la distribution des eaux dans l'intérieur de l'Afrique, M. Bowdich a rassemblée une multitude de détails positifs sur les contrées moins distantes 'des cdtes, et principalement sur celles qu'il a pu parcourir lui-même. Ces observations donnent beaucoup de notions nouvelles, et en rectifient également un grand nombre qui étaient fausses ou inexactes , parmi celles que l'on avait précédemment admises. Ainsi M. Bowdich a tracé pour la preaiiëœ fois le cours du grand

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fleuve du Volta, depuis son embouchU^e }us(]u'aut montagnes de Kong, appelées Monté de la Luné par les géographes. Le Lagos, autre grande rivière que l*ou représentait jusqti'ici comme se dirigeabt au nord-ouest, coulë directement liord jusqu'à uDe distance IticôUtiUe. Les esclaves Venant de Fintériétir déclarent qiills soUt amenés pendatit plus d'un mois le long de ses bords. On avait considéré les Monts de la Lune cortime titie chaîne continue d'où Toti faisait descendre plusieurs rivières , tatit au sud qu'au nord : M. Bowdich a reconnu que ce sotit des montagnes isolées , et séparées les Unes des autres par des intervalles sufDsants pour donner passage à de grahdes rivières. Ainsi s'évanouit une des données sur lesquelles la géographie physique s'appujait avec le plus d'assurance pour déterminer théoriquement le cours de cei flèUVes et dû Niger même; ou plutôt, àa.hi cette circonstance, comm^ dans beaucoup d*autres , ce n'est pas le principe théorique qui était fautif, c'est l'appUcatioù que l'on en fait. Non content de ces découvertes, M. Bowdich s*est transporté sufces mêmes plàgeé où avait échoué Tétpéditioii anglaise récemment envoyée à grands frais pour remonter la rivière du Coûgo, que Ton supposait à tort être le Véritable ffiger. 11 a voulu essayer sur cette éôte ce que pouvaieiil les efforts bleu dirigés d*un seul individu, et les résultats de cette excursion sont rapportés dans son ouvrage. Il y a trouvé encore de nouvelles confirmations des renseignements qu'il avait recueillis chez les Ashantées sUr la nonréalité du système qui faisait du Congo l'emboUchure du Niger. Il a exploré le cours de la large mais courte rivière, appelée Cflboon. Cette rivière se divise en deux branches, & peu dé distance de là côte ; mais , en traversant une pétlinsille déserte que ces branches comprennent, on trouve dans l'intérieur, à trois jourliées de marche, une autre rivière considérable, appelée Ogooawdh qui, dit-oh, est aussi une dérivation de la branche du Niger a]h pelée Quolla, et qui, après une longue course, se divise elle-méoie en deux branches, dont une se réunit au Congo.

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Outre ces résultats de géographie générale, on trouve dans Touvrage de M. Bowdich une foule de détails locaux du plus grand intérêt* Ainsi le royaume opulent de Dagwmba , dont la renommée est parvenue jusques aux côtes de la Méditerranée, se trouve être un des tributaires des Ashantées et le Delphes de TAfrique. Là, d*aprës des témoignages unanimes , sont déposés un grand nombre de manuscrits que Ton peut maintenant espérer de posséder un jour en Europe. Plusieurs autres royaumes dont le nom et l'existence étaient précédemment tout h fait inconnusi ont été découverts par M. Bowdich, et leur position relative a été indiquée par ses reche(ches. En un mot , il a rempli de noms et d'intérêt ce grand espace vide qui existait dans la géographie de TAfrique dépuis la côte de Ouinée jusqu'au Niger, et dont on iporait même s'il était désert ou habité. Nous ne pouvons mieux faire sentir le prix de ces travaux qu'en rapportant ici l'éclatant suffrage dont les a honorés le patriarche de la géographie : c Le « travail de M. Bowdich, dit le majoi^ Rennell, contient beaucoup « de renseigtiémetits géographiques importants et nouveaux sur « la partie du globe jusqu'ici la moins connue; il offre des résul^ « tats auxquels on ne pouvait nullement s^attendre^ L'existence « de la rivière de Gambaroo est une découverte nouvelle qui mé-* « rite la plUs grande alletilion. En général, les recherches rap- « portées par ce jeune voyageur présentent dans leur ensemble « des preuves de véracité incontestables, et attestent dans leur « auteur beaucoup de jugement et d'habileté. »

Un des chapitres les plus intéressants et les plus utiles de Touvrage de H. Bowdich, c'est celui où il expose les moyens de lier des relations de commerce avec l'intérieur de l'Afrique pat* les établissements de la côte de Guinée, et surtout par Tintei^ inédiaire des Ashantées. Tenir envers ces peuples une conduite noble et juste, qui leur inàpire du respect pour le caractère européen ; répandre che2 eux, par la seule voie de la persuasion et de l'exemple, les sentiments d'équité, d'humanité, les idées de

travail, d'agriculture et de commerce qui conduisent à la civilisation ; les détacher ainsi naturellement et sans violence de leurs superstitions cruelles, pour les amener à une religion qui prescrit et inspire toutes les vertus sociales ; en faire ainsi des êtres bons, laborieux et heureux, lelles sont les voies que M. Bowdich propose; tels sont les résultats qu'il regarde comme possibles et même comme assurés en suivant ces indications. Puisse son plan être adopté par ses compatriotes et par les autres nations européennes qui ont des établissements sur les côtes orientales de TAfriquel Alors la civilisation et le bonheur pourront enfin paraître sur cette vaste partie du monde, si Içnglemps en proie aux superstitions, aux massacres, à l'esclavage, à la barbarie. L'Europe doit ce bienfait à l'Afrique, en réparation des maux que la traite a répandus depuis trois siècles sur cette terre infortunée.

Une des considérations sur lesquelles M. Bowdich insiste le plus, et avec raison, à ce qu'il me semble, c'est l'inutilité presque certaine de tenter désormais de pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique par des entreprises isolées, qui, rencontrant à chaque pas des résistances, doivent presque inévitablement finir aussi malheureusement que celles qui ont été essayées déjà. Tous les intérêts, et tous les préjugés des naturels se réunissent contre ce genre de tentatives. Au lieu d'essayer encore cette voie hasardeuse, M. Bowdich propose de s'avancer graduellement dans l'intérieur par des liaisons politiques, de traiter progressivement avec les puissances maîtresses du pays, et d'établir chez elles des résidents accrédités, ayant de la probité, de l'honneur, du caractère, et de l'instruction. Quels moyens n'auront pas en effet des hommes ainsi placés pour recueillir paisiblement, sans obstacle et sans inspirer aucune jalousie, tous les renseignements utiles qui peuvent faire connaître ces contrées à l'Europe et amener un

jour leur civilisation 1 Combien leur position ne sera-t-elle pas préférable à celle des voyageurs isolés, exposés à la malveillance, au soupçon, au pillage, et qui, s'ils échappent, comme MuDg(h

Park a eu une fois le bonheur de le faire, ne devront ce hasard qu*à rindifférënce qu'aura excitée pour eux la profonde misère dans laquelle ils seront tombés ! Dans ses vues nobles et généreuses, M. Bowdich demande que les résidents près des peuples d^Âfrique deviennent aussi les correspondants de l'Europe entière : il veut qu'ils soient chargés de recueillir les renseignements de tout genre qui leur seront demandés par les savants de toutes les nations; et il espère, non sans vraisemblance, qu'à l'aide de ce plan nous aurions dans deux ou trois années des stations d'observateurs, placées aussi loin que Tombuctoo même. Un semblable projet n'a besoin que d'être énoncé pour avoir Vapprobation de tous les hommes éclairés de l'Europe. On peut aisément se figurer tout ce que les sciences naturelles et l'étude de l'antiquité devront y gagner de découvertes. La physique y pourra enfin obtenir aussi les observations qui «lui manquent pour compléter les lois de la distribution du magnétisme terrestre, dont, pour tout Tintérieur de l'Afrique, on n'a pas la moindre notion. Elle y trouvera encore des données météorolo^ giques d'un intérêt extrême dans les observations de ces ouragans subits dont M. Bowdich a été témoin, et qui changent instantanément la direction des courants sur lés côtes en même temps qu'ils versent sur la terre un déluge d'eau. On pourrait aussi, dans les établissements de la cdte de Guinée, et à Cape- Coast même, mieux que partout ailleurs, répéter avec une grande utilité la détermination du pendule à secondes et la mesure d'un arc du méridien. Car cette partie de l'Afrique est à la fois située presque sous l'équateur, et presque sur le prolongement du grand arc du méridien qui va des lies Pithyuses aux lies Shetland, et sur lequel on a aussi mesuré la longueur du pendule à secondes et celle des degrés, dans un grand nombre de stations. Une opération correspondante faite en Afrique, eût-elle même une étendue beaucoup moindre, compléterait admirablement les opérations européennes, et achèverait de donner, avec la figure

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la plUB exacte de la terre, la base la plus parfaite de m^ares que les hommes paissent adopter. Déjà M. Bowdich a bien voula prendre avec nous rengagement défaire, à son prochain voyagr, Texpérience du pendule, plus simple, plus courte et plus facile que la mesure des degrés. Peut-être un jour aUra-t-il les moyens d'exécuter aussi cette dernière. Zèle, talent courage^ il a tout ce qu'il faut pour réussir. Pulsse-t-il, dans le reste d'une longae carrière, surmonter toujours aussi heureusement que dans c^ premier voyage, les dangers de toute espèce que son dévouement aux connaissances humaines lui fait affronter.

Perge... . si qua lata aspera rumpas!

ADDITION

Les vœux que je formais, pour de courageux et intéressant jeune homme, n'ont pas été exaucés. Revenu en Angleterre, Bowdich ne mettait pas de bornes aux espérances de célébrité, de crédit, et de reconnaissance, que le succès de sa périlleuse entreprise lui paraissait mériter. Ses prétentions pour lui-même étaient d'ailleurs bien modestes. II demandait seulement qu'on l'accrëditftt, comme consul, auprès du monarque nègre, avec lequel il avait si habilement conclu un traité de commerce, et qu'on lui fournit aussi les moyens de poursuivre ses découvertes dans l'hilérieur de l'Afrique. Mais la riidésse de son langage, et sa hardiesse à mépriser les ménagements, qui pouvaient réussir à la

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cour d'un prince sauvage, n'étaient nullement propres à le servir dans une société où l'on n'aime pas à voir troubler les positions bien ou mal acquises. Elles le rendirent désagréable à ceux qui occupaient les avenues du pouvoir ; et le poste qu'il réclamait fut donné à un autre. Ainsi reconnu incommode, l'une des revues littéraires les plus répandues de l'Angleterre fit de son voyage les critiques les plus amères et les plus injustes. Profondément irrité de ces mécomptes, Bowdich vint se retirer pendant quelques années en France, non pour abandonner ses projets de découvertes, mais au contraire pour se rendre plus capable de les accomplir, en acquérant l'ensemble des connaissances scientifiques qui lui manquaient. L'intérêt que nous inspiraient son zèle et son indomptable courage, se trouvait encore accru par la présence et le dévouement de sa jeune femme, personne émi- Demment distinguée par son instruction, par une grâce touchante, qui s'associait avec une ardeur pieuse et une douceur augélique, aux études comme aux malheurs de son mari. Après trois années de travail et de gène ainsi écoulées, Bowdich vit enfin s'ouvrir une occasion favorable de réaliser les rêves de toute sa vie. Sir Charles Macarthy, le gouverneur de l'établissement anglais, à Sierra-Leone, ayant fait un voyage à Paris, le connut, l'apprécia, et concerta avec lui le plan d'une nouvelle expédition dans l'intérieur de l'Afrique, qui s'exécuterait sous sa protectioUv Bowdich, au comble de ses vœux, s'embarqua en ^^2, avec sa femme et son enfant, pour l'Afrique, dans cette espérance. Mais diverses circonstances l'ayant contraint de s'arrêter à Lisbonne et à Madère, il ne put arriver que l'année suivante à rétablissement formé par les Anglais, à l'embouchure de la Gambie, où il fut reçu avec toutes sortes de faveurs. Là, s'étant ^vré avec une ardeur immodérée aux préparatifs de son voyage dans Fintérieur,' sans vouloir s'astreindre aux mesures de prudence que ce climat exige des Européens, il fut atteint d'une fièvre pernicieuse, à laquelle il succomba après quinze jours de

souffrances, dans les bras de sa jeune femme, qui avait partagé ses fatigues et ses périls. Sa mort, comme c*est Pusage ordinaire, amena pour lui une justice tardive. Elle excita en Angleterre, comme en France, de profonds et légitimes regrets. Walkenaer, dans le supplément à la Biographie universelle, a écrit une touchante et impartiale notice sur sa vie et ses ouvrages.

ÂSTORIÀ

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