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III. so

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tenir longtemps suspendues et flottantes, dans ces derniers ëtaU, contre l'effort de la pesanteur. Sur tous ces phénomènes géné^ raux, nous sommes encore dans une ignorance presque absolue; et le peu que nous en savons, est dû aux recherches individuelles d'un petit nombre d'observateurs sagaces qui ont appliqué leur intelligence k en étudier spécialement quelques particularités. Ainsi Wells, un médecin physicien, a éclairci admirablement k phénomène de la formation de la rosée et les effets de la radiation nocturne. MM. de Humbold et Boussingault par leurs ascensioos hardies sur les montagnes des Andes, Gay-Lussac par son mémorable voyage aérostatique, nous ont fourni les seules données qui aient pu servir, pour constater mathématiquement la yéritable loi de superposition des couches de l'atmosphère jusqu'aux limites de hauteurs où ils se sont élevés. Quant aux météores physiques, on ne sait rien. On ne sait pas ce que c'est qu'un nuage; ni & quel état sont les particules aqueuses qui le composent, m comment elles se tiennent agrégées. Il est même vrai de dire que les instruments employés k l'observation des phénomènes fondamentaux de la météorologie , par exemple la pression, la température, l'état hygrométrique de l'air, n'ont été amenés à uoe précision assurée que dans ces derniers temps; et encore, la détermination de la température propre de l'air, d'après les indications du thermomètre, dans les diverses conditions où il peut être placé, détermination indispensable à l'astronomie observatrice, comporte-t-elle de graves incertitudes, que vous avez che^ ché à lever, en proposant cette recherche, pour sujet de prix.

On a, ou l'on croit avoir, beaucoup plus de données, sur la répartition générale, à la surface du globe, des températures que l'on appelle moyennes; étude que l'on a rendue en effet oonventionnellement plus simple et plus accessible, que celle de leur distribution dans les régions supérieures de l'atmosphère. Ces données ont été principalement recueillies, comme accessoires à d'autres recherches : en premier lieu par les astronomes» daod

is observatoires fixes , où les pbservations du baromètre et du lermomëtre sont continuellement nécessaires pour calculer les ^fractions ; puis, par les voyageurs intelligents qui ont visité des ontrées non explorées ou peu explorées avant eux ; enfin par les avigateurs de toutes les marines militaires, qui pourraient rente à la science de très-grands services, en s*astreignant à inscrire surs observations journalières sur le registre de bord, ce qu*ils le font pas toujours. A ces moyens incessants de progrès qui ne lemandent que de Tintelligence et du zèle, moyens que tous les [ouvernements éclairés peuvent aisément agrandir et régulariser, ;ans aucun accroissement de dépense, par de simples recommanlations encourageantes adressées à leurs agents, il faut, je crois , ijouter comme puissant auxiliaire, dans un prochain avenir, les issociations libres, qui se formeront entre des personnes in- Uruites, pour conférer spécialement sur des sujets de météoro* logie. Car, si, comme cela arrivera nécessairement, il s*y trouve réunis des hommes adonnés à des études diverses de théorie ou rapplication, des physiciens, des géologues, des botanistes, des agriculteurs, chacun d*eux y envisagera naturellement les recher* ches météorologiques, dans les rapports qu*elles peuvent avoif avec les progrès ou les besoins de la science qu*il cultive. Ils s'apprendront ainsi les uns aux autres, ce que Ton possède et ce qui est applicable ou inapplicable. Cette concentration d'idées diverses, vers un but commun, conduira sans doute au désir de voir les instruments d'observation perfectionnés autant qu'ils peuvent l'être, l'interprétation de leurs indications rendue plus sûre, et enfin les grandes questions relatives à la constitution générale de notre atmosphère expérimentalement attaquées et résolues.

On a cru, depuis un certain temps, avancer beaucoup dans cette voie de. progrès, en établissant dans un grand nombre de localités, des observatoires que l'on appelle spécialement météorologiques, où l'on constate régulièrement jour et nuit, à des

heures marquées, les indications locales, du baromètre, da thermomètre, de rhygromètre, placés dans des conditions permanentes d'exposition. Cette idée a été d*abord réalisée sur toute la surface de la Russie, dans des conditions de multiplicité proportionnées à rétendue de ce vaste empire. On y a créé pour cela un corps, une véritable armée de météorographes, ayant son général, ses officiers, ses soldats; ces derniers n*ayant qu'à remplir, aux heures marquées, les cadres d'observations qu'on leur envoie, sans avoir aucune dépense à faire de leur intelligence. Tous ces états réunis sont ensuite imprimés, et constituent de gros volumes in-4®, remplis de chiffres, dont la publication doit sans doute être fort coûteuse. Des institutions analogues, ont été sollicitées ou établies dans plusieurs autres parties de l'Europe, avec des proportions moins gigantesques. La France ne se les est pas jusqu'ici appropriées; ou, comme leurs partisans s'expriment, elle n'en a pas encore été dotée par le gouvernement.

L'épreuve que l'on a faite en Russie de ces établissements spécialement météorologiques est complète. Leur directeur général est un savant distingué; ses aides principaux sont des hommes très-intelligents; lui et eux ont dû se mettre en possession de^ méthodes et des procédés d'observation, récemment perfectionnés. La générosité de l'empereur de Russie, n'a rien refusé de ce qui pouvait assurer le succès de ces établissements. Pourtant, ni là ni ailleurs, on n'a tiré aucun fruit réel de leurs coûteuses publications. Ils n'ont rien produit pour l'avancement de la science météorologique, telle que je l'ai plus hau| déûnie; et j'ajoute que, non par la .faute des hommes, mais par le manque d'un but spécial, et par la nature de leur organisation, ils ne pouvaient rien produire; sinon des masses de faits disjoints, matériellement accumulés, sans aucune destination d'utilité prévue, soit pour la théorie, soit pour les applications.

La première partie de cette assertion n*est que renoncé d'un fait. La seconde exprime une prévision facile à justifier. D'abord,

pour les lois générales qui régissent Fétat statique de Tatmosphère, on ne peut pas raisonnablement*s*attendre qu'elles seront décélées, ni même le moins du monde indiquées, par des observations faites dans la couche d'air la plus basse, où toutes les causes de perturbations imaginables ont leur siège spécial, et produisent au même instant, dans des localités diverses, soiivent peu distantes, des effets soudains dont les différences sont extrêmes, depuis le calme jusqu'à Touragan. Qu'y a-t-il de moins philosophique, de plus contraire au simple bon sens, et à la méthode expérimentale, que d'aborder une étude aussi complexe par ses côtés lés plus accidentés? et pourrait-on citer une seule branche des sciences physiques, que l'on ait fructueusement explorée en s'y prenant ainsi? Espérera-t-on, qu'à force de noter ces accidents, on y découvrira quelque connexion, quelque symptôme caractéristique, qui du moins les annonce? C'est acheter bien cher un espoir bien vague; et, comme le disait Sydenham aux médecilss qui voulaient remonter aux principes des maladies par la description des malades, c'est chercher les caractères distinctifs d'une plante, dans les morsures de chenilles qu'on y rencontre. Hais admettons qu'on ne prétende qu'à cette simple description des phénomènes météorologiques qui s'opèrent dans la couche inférieure de l'atmosphère. Alors même, vous ne l'obtiendrez nullement par des observations barométriques, thermométriques et hygrométriques automatiquement faites à des heures réglées. Il faudrait que l'intelligence de l'observateur s'appliquât à en varier les intervalles selon la mutabilité plus ou moins rapide des phénomènes : faisant par exemple celles du baromètre plus fréquentes au temps des équinoxes, et les réitérant presque de minute en minute, pendant les ouragans, comme le savent bien les personnes intelligentes qui ont- porté leur attention sur ces accidents météoriques. Les caprices des phénomènes physiques ne se laissent pas réglementer par des ordonnances. Aucune de leurs lois n'a été découverte par des observations en.

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bloc, prescrites à Tavance. Il fliut les prendre par parties m beaucoup d'instinct et de délicatesse, pour y aperceroir ces loif. les suivre, et les dégager de Tensemble, à mesure que le raisosnement souvent le plus subtil vous conduit à les démêler. [Cela est d*autant plus nécessaire qu'ils sont plus complexes; et b phénomènes météorologiques le sont au dernier degré. Cetie condition les signale comme devant être l'objet de recbothfê détaillées, distinctes, que les gouvernements peuvent faciliter, eo aidant par leurs libéralités, les expérimentateurs qu'une disposition, particulière d'esprit, je dirais presque une vocation spéciale. porte à les entreprendre ; mais qu'on ne saurait leur prescrire, parce que dans l'état actuel de nos connaissances» il est impo^ sible d'en tracer un plan raisonné.]

A défaut de succès dans la découverte des lois générales, or. s'est rejeté sur l'espérance des applications pratiques. Quand. a-t*on dit, on aura accumulé pendant beaucoup d'années, dan^ des localités diverses, des masses d'observations barométriquai thermométriques , et hygrométriques , régulièrement faites à toutes les heures de la nuit et du jour, on en déduira des moyennes, qui seront éminemment utiles^ à Tagriculture, à b physiologie végétale, h la géographie des plantes, et par suite au choix des cultures qui peuvent être fructueusement introduites dans chaque localité. Tout cela s'est encore trouvé être autant d'illusions, et j'ajoute qu'il n'en pouvait autrement arriver.

Je prouve d'abord le fait. C'est une chose curieuse que de voir à travers quelles hésitations, avec quel respect pour les promesses théoriques qu'on leur avait faites, les agronomes et te botanistes ont été finalement conduits à en reconnaître la p^^^ complète inutilité. Ils ont fait tous leurs efforts pour établir, d'après les tableaux des températures moyennes, des règles (p^ définissent les limites des zones territoriales dans lesquelles 1^^ diverses classes de végétaux peuvent vivre et être cultivées avec avantage. Ils ont trouvé, qu'en fait, ces règles font presque ton-

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ours défaut dans rapplication. Ceux d*eDtre eux qui, & Texemple le M. Gasparin, sont parvenus à fixer exactement ces limites pour ^rtaines espèces végétales, n'y ont réussi qu'en se fondant sur les observations locales de température qui leur étaient propres, &t leur appliquant avec une critique intelligente les modifications nécessitées par une foule de circonstances physiques, particulières aux localités pour lesquelles ils établissaient leurs conséquences. Le savant ouvrage publié récemment par M. Alphonse DecandoUe, et qu'il a intitulé Géographie botanique raisonnée, est rempli de considérations semblables; Tépithëte même qu'il ajoute à son titre, montre assez que le seul emploi brut des tempëratures moyennes, telles qu'on les observe, ne lui a pas fourni des données même approximativement suffisantes, et c'est ce que l'expérience le force de répéter à chaque instant. Or, si Ton considère les conditions dans lesquelles opèrent les observatoires météorologiques spéciaux, tels qu'on les a jusqu'à présent conçus et organisés à grands frais, leur inaptitude à servir pour de telles applications en est une conséquence évidente et nécessaire, parce que les indications phénoménales qu'on y enregistre n'ont que des rapports très-éloignés et très-incomplets avec la vie accidentée des végétaux.

Voyez seulement comme on y apprécie l'humidité et la chaleur, les deux agents naturels qui influent le plus puissamment sur la végétation. On y note & des heures réglées la température actuelle de l'air ambiant, telle que l'accuse un thermomètre placé dans une exposition permanente, à l'abri des rayons solaires et de la radiation céleste. La tension de la vapeur aqueuse aux mêmes instants est déterminée par Thygromëtre placé dans des conditions semblables; et lat quantité de pluie tombée est évaluée par un udomètre '.établi à proximité de l'observatoire. Mais les impressions que les plantes reçoivent à l'air libre, sont tout autres. qu'on n'en jugerait par ces instruments. Les végétaux terrestres ont, pour ainsi dire, deux modes de vie : Tune souter-

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raine par leurs racines, l'autre aérienne par leurs tiges, qiœ les phénomènes météorologiques affectent diversement avec des conditions de périodicité et d'intensité trës-différentes. UacUon de U chaleur solaire et celle du rayonnement nocturne, ne se traesmettent aux spongioles terminales des racines que progressîTement, avec ime lenteur proportionnée à la conductibilité du soL et à la profondeur où elles ont pénétré. Lés époques annuelles d^ leur été et de leur hiver sont autres que dans Tair extérieur. L^ean des pluies ne leur arrive aussi que graduellement, par imbition ; et la quantité qu'elles en peuvent absorber dépend de Taptitode du sous-sol à la laisser perdre ou & la retenir. La tige aérienne, au contraire, reçoit immédiatement et soudainement toutes ]es impressions météorologiques : les radiations caloriques et diimiques, dardées par le soleil; celles du rayonnement nocturne: la pluie qui tombe, et recouvre ses organes évaporatoires, lesquels en absorbent une partie, et la lui transmettent intérieurement, jusqu'à ce qu'ils en aient été débarrassés par la chaleur du soleii et les agitations de l'air. Qu'y a-t-il dans tous ces phénomènes si variés que puissent indiquer des instruments fixes, placés en dehors des circonstances où ils s'opèrent, ne marquant ni U marche progressive des uns, ni la soudaineté des autres, n'accusant pas même l'existence des actions physiques, par lesquelles les plus importants sont produits? Pourtant, c'est de tout cet ensemble que résulte le mécanisme de l'alimentation de la plante, qui la met en état de développer ses feuilles, ses fleurs, ses fruits, et d'accomplir toutes les fonctions vitales qui lui sont propres.

On peut surtout suivre distinctement la série annuelle de ces deux ordres d'effets, dans les arbres exogènes de nos climats, qui ne sécrètent que des sucs liquides, non coagulables. Je prends le noyer pour exemple, et j'en choisis un de grande dimension, parvenu à un entier développement. Pendant toute l'année, il s'y produit deux opérations de nature contraire. D'une part, les sucs liquides tirés du sol par les spongioles terminales des ra*

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ines et partiellement élaborés dans celles-ci, sont poussés par lies de bas en haut dans Tintérieur de la tige, dont le tissu hy- ;roscopique s*en imbibe en totalité, & quoi contribue sans doute lussi la vitalité des cellules, dans le temps qu*elles sont actives, yune autre part, à ces mêmes. époques d'activité, Técorce extéieure et les organes foliacés, exhalent au dehors & l'état de valeurs tout ce qu'ils ne s'approprient pas ; et la prédominance lUernative de ces deux systèmes d'action, dans les diverses saisons de Tannée, produit à l'intérieur de l'arbre des changements périodiques d'état que l'expérience constate. Au commencement de l'été, quand tous les organes extérieurs du végétal sont complètement développés et en pleine vie, insérez dans le corps de la tige, un appareil à double effet, pénétrant jusqu'à son centre, et disposé de manière à recueillir séparément les sucs liquides, qui descendent du sommet vers la base, ou qui montent de la base vers le sommet. A cette époque de Tannée, le tissu ligneux n'abandonnera généralement rien, dans un sens ni dans Tautre, à vos appareils. La force d'assimilation exercée par les cellules et les ûbres vivantes du végétal, concourant avec la déperdition opérée par les organes évaporatoires, produisent ensemble un effet de succion qui s'oppose à tout écoulement spontané. Plus tard, la faculté assimilatrice s'étant affaiblie parce qu'elle se trouve en partie satisfaite, et les organes, évaporatoires étant plus engorgés, le flux ascendant est plus abondamment fourni que consommé. Le tissu ligneux sursaturé commence à dégoutter quelque peu dans vos appareils, particulièrement sous Tinfluence de la radiation solaire; et, vers la fin d'août, sa prédominance sur les besoins actuels de la production printanière devient ordinairement assez énergique pour forcer de nouveaux bourgeons à développer leurs feuilles. C'est ce qu'on appelle la pousse d'août. ' Bientôt, la température extérieure s'abaissant de plus en plus, les feuilles commencent de se flétrir, les bourgeons de l'année prochaine se revêtent de leurs écailles protectrices, et toute la lige

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de Tarbre se prépare pour Thybernation. Néanmoins ces froids du dehors ne se faisant pas encore sentir sous terre aux racine, elles continuent leur travail d'intromission; et les sucs liquides qu'elles injectent dans le tissu ligneux, n*étant plus intérieurement assimilés, ni à peine exhalés au dehors, Tarbre entre dans un état de turgescence général, qui se manifeste par un écoulement plus abondant recueilli dans les appareils insérés à diverses hauteurs. Alors il commence à s^opérer un autre phénomène que Ton peut appeler préservateur. Sous TinDuence croissante du froid, toute la tige se resserre; par le haut d*abord, à cause du décroissement vertical delà température, et de la minceur relatin des houppes supérieures. Elles se dégorgent ainsi de leur tropplein en le refoulant vers le bas, et Ton s*en aperçoit par une sarabondance d'écoulement dans la partie supérieure des appareil» Cet effet s'observe même au printemps, quand il survient defroids accidentels ou de fortes pluies ; et Ton m'a assuré qu'il e^: bien connu de ceux qui exploitent en grand la sève des érable pour en extraire du sucre. Mais à l'époque hybernale que je considère ici, l'existence du double courant intérieur est ^latëriell^ ment accusée par un autre caractère. La sève qui vient d*en bas, a une pesanteur spécifique & peine plus grande que Feau distillée; et par les épreuves optiques, non plus qu*ea essayai]: de ^ faire fermenter, on n'y découvre aucune trace sensible de matië)*e sucrée. La sève descendante au contraire a une pesantear spécifique notablement plus grande que l'eau; et elle contient aussi du sucre qu'elle a enlevé aux approvisionnements qui s>d sont faits dans l'intérieur de la tige pendant Tété; ce que fi: constaté en étudiant, par la fiUration des tranches, de bois de noyer et de sycomore que j'avais coupées pendant l'hiver à quelques mètres de hauteur, dans des tiges vivantes. Le refoulement et l'accu mulalion des liquides à cette époque, dans les parties inférieures des tiges, explique pourquoi c'est là surtout qu'elles éclatent, quand le froid devient excessif. Cet état de turgescenoet

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ûnsi que le double écoulement par le haut et le bas des appareils, se continuent pendant tout Thiver. Enfin, au printemps, la tige vivante se détendant et se ranimant sous l'influence renaissante de la chaleur et de la lumière solaire, la succion vers le haut recommence; la sève ascendante redevient sucrée, comme celle qui redescend du sommet par suite de la turgescence encore trop générale, occasionnellement accrue par les refroidissements accidentels. Peu à peu, la température de Tair s'étant définitivement adoucie, les organes extérieurs de Tarbre se raniment à exercer leurs fonctions régulières. La vie souterraine et la vie aérienne reprennent une action commune ; et tous les phénomènes de la végétation annuelle recommencent leur cours périodique d*évolution. Les arbres dont les liquides intérieurs se coagulent au contact de l'air, les pins et les cerisiers, par exemple, présentent des séries annuelles de phénomènes analogues, modifiés dans leurs détails par la nature de leur tissu ligneux, de leurs appareils évaporatoires, et des sucs qu*on peut leur faire abandonner artificiellement.

Les opérations propres à ces deux modes de vie des végétaux peuvent être observées séparément dans certaines circonstances, comme le montrent les exemples suivants :

Pour étudier d*c[bord celle des racines, j'ai, le 46 février 4833, fait couper à i mètre du sol, un bouleau qui, h la hauteur de cette section, avait 150 millimètres de diamètre; et, dans cette portion nue du tronc, j'ai fait percer deux trous de tarière pénétrant jusqu'au centre, où j'ai inséré des fioles de verre dont le col y était luté. Depuis cette date jusqu'au 14 mai, il n*a pas cessé de se déverser jour et nuit dans ces fioles des quantités considérables de sève liquide, qui, mesurées par intervalle, approchaient d'un demi-litre en vingt-quatre heures. L'énergie de rintroduction par les racines était telle, que la surface même de la section en était continuellement humectée. Jusqu'au 27 avril cette sève avait une densité spécifique notablement plus grande

que Teau distillée. Elle fermentait avec la levure de bière ; et les caractères optiques y décelaient la présence d*un sucre liquide déviant les plans de polarisation vers la gauche, ce qui est une propriété habituelle de la sève printanière du bouleau. Après le 27 avril, ces caractères cessèrent d*étre appréciables; soit par répuisement des matériaux précédemment accumulés, soit par rinvasion de légions de fourmis dans les fioles, pour s*abreuver du liquide sécrété. Toutefois, Técoulement, quoique soudainement affaibli, ne fut pas complètement interrompu par Tapparition de quelques bourgeons adventifs qui, au commencement de mai, se firent jour & travers Técorce, du côté où elle rece>aii rimpression de la radiation solaire. Mais après avoir développé leurs feuilles, ils moururent, probablement par faute d'aliments suffisamment carbonisés; et le tronc qui les portait mourut aussi, ce qui mit fin aux observations.

Les phénomènes propres à la vie aérienne des végétaux peuvent également être observés dans certains cas, à part de ceux de la vie souterraine, par exemple dans les graminées annuelles, vers les époques où s'achève leur maturation. Si Ton étudie de jeunes pousses de blé avant qu'elles aient fait sortir leurs épis, on trouve les feuilles et la tige gonflées de sucs liquides venus des racines, et contenant déjà des produits t:arbonisés divers, parmi lesquels on distingue des sucres & rotations contraires, réunis en d'inégales proportions. Quand Tépi est sorti, el surtout fécondé, il pompe et attire & lui pour ainsi dire ces matëriaui emmagasinés, qui, progressivement élaborés dans le grain à mesure qu'il grossit, s'y transforment en fécule à mesure que la maturation s'opère. Alors, tant par cette énergique exhaustion, que par Tardent échauffement du sol, les racines peu profondes se dessèchent; les feuilles les plus basses commencent à jaunir, après avoir transmis à la tige leurs sucs et leurs produits carbonisés qui ne se renouvellent plus. La base de la tige se dessèche et jaunit aussi à son tour, tandis que la partie supérieure encore

verte continue de nourrir l'épi. Ceci a fait reconnaître aux agronomes les avantages d*un moissonnage anticipé pour éviter l*égreDage, en groupant les gerbes en petites huttes coniques, recouvertes de chapiteaux de paille qui les préservent de la pluie. Dans cette dernière phase de son existence la plante n'a vécu que de sa vie aérienne, qui lui a sufB pour accomplir sa destinée. H. Reiset m*a dit avoir constaté des phénomènes d'exhaustion pareils dans le colza.

J*ai rassemblé ici ces détails pour deux motifs. Premiërementi j'ai voulu montrer que les observatoires météorologiques permanents, tels qu'on les a jusqu'à' présent établis et réglementés, tels aussi que l'on a proposé de les instituer en Algérie, non-seulement sont impropres à éclairer les questions fondamentales de la météorologie scientifique, mais le sont encore plus à fournir des données, qui puissent diriger la physiologie végétale dans ses études, et l'agriculture pratique dans ses applications. Secondement, j'ai pensé qu'un tableau exact des opérations naturelles qui s'exécutent dans le cours de la vie d'un végétal, ne serait pas inutile à consulter par les personnes qui voudraient ordonner administrativement des systèmes d'observations météorologiques, dont ces applications et ces études puissent profiter.

Dans tout ce que H. Regnault a dit de la stérilité des institutions météorologiques actuelles, et des causes qui la rendent inévitable, je me trouve complètement d'accord avec lui ; et nous pouvons du moins alléguer en faveur de notre opinion qu'elle ne s'est pas formée dans notre esprit, sans nous être occupés longtemps, et à des points de vue divers, du sujet sur lequel elle porte. Nous tenons toutefois à faire remarquer qu'elle s'applique uniquement à ce qui est, et non à ce qui pourrait être. Nous prétendons qu'on s'y est mal pris ; et nous le prouvons par le raisonnement comme par les faits. Cela ne veut pas dire qu'on ne pourrait pas réussir en s'y prenant mieux. Notre pensée commune est toute contraire. Mais ce mieux ne s'obtiendra pas en

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introduisant chez nous ce qui a été et a dû être stérile ailleurs. L'exposition détaillée que j*ai faite du double problème que You veut attaquer, montre, je crois, avec la dernière évidence, qu'on ne saurait aujourd'hui, utilement pour la science et pour les applications pratiques, créer, soit en Afrique, soit en France, des institutions météorologiques, opérant par ordonnance, de manière à résoudre par des observations prescrites d'avance, da questions de physique, et de physiologie agricole, si variéfô, si complexes, que jusqu'ici, Fintelligence des expérimentateurs les plus sagaces, est parvenue à peine à en saisir quelques pomu particuliers. Telle est ma profonde conviction.

Le vice capital de ces systèmes d'observations météorologique» fixement réglementées, et signalées administrativement dans da cadres qu'un employé n'a plus qu'à remplir, c'est le manque inévitable d'un but défini. On commence par créer les observatoires et on les organise, sans savoir ce qu'on en pourra tirer, ni même ce qu'on leur demandera. Et comment pourriez-vous le savoir? Comment pourriez - vous deviner à priori^ et signaler davance, les données caractéristiques des lois générales qu'il faudra d'abord tâcher de recueillir dans ce chaos de phénomènes naturels, dont les causes déterminantes, les variations, les correspondances, vous sont presque entièrement inconnues* Et encore prétendez-vous qu'on tirera de là d'utiles applications à l'agriculture, quoique les phénomènes physiques qui influent le plus efiicacement sur la vie végétale n'entrent presque pour rien dans vos programmes tels qu'ils ont été faits jusqu'à ce jour, et tels que le même système d'institutions automatiquest vous donnerait lieu de les faire, même aujourd'hui. Pour arrii^er à de pareilles applications, il faut étudier avec intelligence les pb^ nomènes météorologiques, sur les lieux mêmes, au point de ne spécial qu'on se sera marqué, avec le sentiment intime de ce qu'on veut chercher à découvrir. Demandez par exemple au chef des cultures du Muséum, à M. Decaisne, cinq ou six jeunes g&^

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élés, ayant déjà des connaissances solides de botanique et de ihysiologie végétale ; qu'il les forme pendant quelques mois aux bservations météorologiques considérées dans leurs rapports vec la vie des végétaux, et qu'il leur donne des instructions gë* iérales sur ce sujet d'étude. Alors, munissez*les du petit nombre 'instruments de physique et de chimie qui leur seront nécesaires; puis répartissez-les comme voyageurs du Muséum sur iivers points de l'Algérie, en les chargeant d'observer, d'étudier, chacun dans un arrondissement agricole restreint et défini, les liverses espèces de végétaux, qu'ils y trouveront cultivées ou a^ 'état sauvage. Après une année ainsi employée, leurs registres Inobservations réunis' dans les mains de M. Decaisne, donneront }\\jiS de notions utiles pour la climatologie et l'agriculture que d'en pourraient fournir^vingt observatoires météorologiques per^ oianents, tels qu'on les a jusqu'à présent organisés et tels qu'on vous propose de les établir ; et, ce qui n'est pas à dédaigner, les jeunes voyageurs y auront gagné en instruction autant que l'État. L'année suivante, si cette première épreuve a réussi, vous pourrez étendre votre cadre et donner à étudier des questions d'accli* matation plus délicates, qui vous sembleront avoir un intérêt spécial, et cela en marchant toujours à coup sûr.

Or, pourquoi de telles études seraientrcUes fructueuses? C'est parce qu'elles auraient un but précis, spécial, et que le système d'observations sera organisé comme il le faut pour l'atteindre. Voilà la condition indispensable pour arriver à des résultats qui aient une utilité réelle. C'est l'avantage que l'on avait quand on a créé des observatoires magnétiques, répartis sur différents points du globe. On savait parfaitement ce que l'on voulait chercher, quels éléments des phénomènes on voulait déterminer; quels procédés, quels instruments il fallait employer pour les obtenir. On a aujourd'hui bien moins de données acquises pour entrer dans la météorologie réellement scientifique. Il y aurait beaucoup de questions préliminaires à poser, à résoudre, beaucoup d'expé-

riences de précision & faire, avant de Taborder dans son ensemble; , et le physicien qui serait le plus habile à les concevoir, aies diriger, serait sans doute le moins enclin à proposer que l'on commençât par créer un système général d^observatpires ayant cette scieoce pour objet, avant que Ton sût bien & quoi on devra les employer. Toutefois, nous ne prétendons nullement que pour étudier quelque point que ce soit des phénomènes météorologiques, 0 soit nécessaire, ou même utile, d'employer des instruments qui indiquent la pression atmosphérique jusqu'à -^ de millimètre, et la température jusqu'à -^ de degré. Nous demandons seule ment que les indications ainsi enregistrées, aient toujours m relation, non pas éloignée et inconnue, mais immédiate et assurée, avec les données physiques que Ton veut obtenir. Nous de mandons surtout que le but de la recherche à faire soit, daQ> chaque csCs, nettement défini, et que le système d'observations \ soit convenablement adapté. Par exemple, si, comme M. Le Verrier Fa proposé, on constatait simultanément Tétat statique de Tatmosphère inférieure en beaucoup de lieux, se rattachant à ao centre commun, où l'on discuterait comparativement ces résultats, nous ne pensons pas du tout qu'une telle étude serait str rile, pour n'être pas fondée sur des observations locales du baromètre et du thermomètre, effectuées avec la dernière précision. Nous croyons au contraire que, sans cette extrême rigueur, feuiêtre même sans être assujetties à une continuité absolue, mab seulement à la constatation des anomalies locales de quelque iniportance, on en déduirait, sur les grandes convulsions accideotelles des couches inférieures de l'atmosphère, des conditions de correspondance qui pourraient être fort utiles à connaître, et amener à des applications importantes aux besoins pratiques de la société. Ce serait là une de ces questions relatives à la physicp^^ du globe, qui rentrerait dans celles que nous avons indiquées. Hais aussi, une pareille entreprise aurait un but connu, défiDi, que l'on n'aurait qu'à atteindre; et qu'on atteindrait, sans beaucoi^r

le frais, aussi approximativement qu'il le faut, pour voir si elle peut conduire à des lois saisissables. Or c'est le manque d'un but, le tout but précis quelconque, que nous reprochons aux obsermtoires permanents, tels qu'ils ont été jusqu'ici organisés et tels lue l'on propose de les établir sur l'étendue de l'Algérie. En prétendant à tout embrasser, ils n'étreignent rien.

On nous a accusés, H. Regnault et moi, de faire opposition lui progrès de la science météorologique, en exprimant une opinion défavorable à l'introduction en Algérie et en France de ces institutions déjà adoptées ailleurs. Ceci est un argument habituel lux faiseurs de projets, dont on désapprouve directement ou inlirectement les spéculations. Mais il y a sur cela une distinction i [aire. Lorsqu'un particulier niet en avant une idée dont il croit la réalisation utile, et qu'il la met à exécution, par lui-même, sans réclamer l'assistance des pouvoirs publics pour la rendre obligatoire, il n'y a aucune raison de le contrarier. Le succès ne peut qu'être profitable pour la science; l'insuccès ne compromet que l'auteur. Hais, si celui-ci veut engager le gouvernement à réaliser son projet par des mesures administratives, chacun a le droit et le devoir d'en' dire son sentiment, favorable ou défavorable, quand l'occasion s'en présente. On ne nuit pas à la science, on la sert, en détournant de hautes influences, de forcer le développement d'une plante que l'on prévoit devoir être stérile, ou que l'on croit ne pleis promettre des fruits d'une valeur proportionnée aux frais qu'elle aura coûtés.

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