SUR LES OBSERVATOIRES MÉTÉOROLOGIQUES
PERHàNENTS
QOB l'on 8E rROPOSB D'étABLIB BH ÀLOÉRIB .
(La ft Vàeaiimiê 4e* Stietttu, le 81 dicembra IBSS.)
la circonstaoce qui a provoqué cet écrit me détermine à le reproduire, parce qu'elle offre Un reioarquable exemple de la tendance qu'ont aujourd'hui les sciences d'observatioD, à quiUer kurs voies d'iavestigation silencieuses et patientes, pour se montrer aux regards de ia foule, attaquant de front, et comme pouvant emporter d'assaut, 'des problèmes de physique' générale, qui frappent les imaginations par leur grandeur, mais qu'on ne peut aborder ainsi, directetneut, avec aucune chance de succès réels. De ce genre sont les mouvements convulsifs qui s'opèrent inopinément dans quel(}ues portions isolées de l'atmosphère terrestre, taudis que le reste de la masse aérienne ne les ressent que plus tard, dans des proportions affaiblies, ou même souventsemble D'en être pas sensiblemeat atteint». Les récits de ces phénomènes, et des désastres qu'ils ont produits étant presque aussitôt répandus partout, en vertu des communications rapides établies aujourd'hui entre tous les peuples civilisés, la multitude curieuse a
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demandé aux savants de lui en dire les causes, et, dans un supplément, de lui apprendre cooiment on pourrait les prévoir. A considérer la chose au point de vue scientifique, la saiisfaction de ce désir n'était pas en leur puissance, parce que la solution de ces problèmes, si elle nous devient jamais accessible, ne pouriïil s'obtenir qu'apris une longue suite d'études expérimentales, excessivement difficiles et délicates, destinées à nous fournir une infinité de données préliminaires qui nous manquent encore. Hais, comme le gros du monde ne s'accommode pas de ces lenteurs, on a créé, avec de grands frais, en beaucoup de points de l'Europe, des institutions permanentes, que l'on appelle des observatoires météorologiques, où l'état de l'almosphëre inférieure est constamment noté et consigné dans des registres, ce qui, assure-t-on, devra k la longue fournir des inductions suffisantes pour conclure l'état et les mouvements de la masse entière. Jusqu'à ces derniers temps on n'avait pas établi ce genre d'institutions sur le terriloire français. Hais enfin la proposition semiofficielle en ayant été faile à l'Académie, nous avons cru, H. Regnault et moi, devoir la combattre, non-seulement comme ne pouvant avoir rutllllé qu'on en espère, mais comme détournant ta libéralité du gouvernement de l'application bien plus fructueuse qu'elle pourrait avoir, en facilitant les travaux de recherche, qui seraient le fondement assuré de la météorologie scientifique. C'est par une confiance intime, dans la justesse de ces présages, que je répète ici la prolestatlon rédigée alors en commun par H. Regnault et moi. Dans les sciences, comme dans la vie privée, quand on croit avoir la raison pour' soi, il faut avoir le courage de dire : Si omnes consentiunt... ego non.
La discussion qui a lieu en ce moment dans l'Acadéinie me Semble fort importante pour la science, et pour l'Académie elle-
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même. Ayant eu, dans beaucoup-d'occasions, à m'occuper théoriquement et pratiquement des diverses questions sur lesquelles elle porte, je crois de mon devoir d'y prendre part.
Je ne la restreindrai pas dans les limites où la placerait la demande officielle qui l'a provoquée. Lorsque le gouvernement nous fait l'honneur de nous consulter sur des projets de recherches qui dépepdeot de nos études, nous n'avons pas seulement à lui indigner les moyens d'exécution. Nous devons aussi , et bien plus encore, l'avertir, au besoio, que les résultats qu'il en attend, n'auront pas l'utilité scientifique ou pratique qu'il en espère. Yorlà ce que son intérêt exige de nous. Une parole mémorable dans l'histoire littéraire, autorise et justiQe ces rapports. Louis XIV demanda un jour à Boileau quel était l'écrivain le plus remarquable de son temps. Boileau répondit sans hésiter : < Sire, c'est Holiére. — Ah I dit le roi, je ne l'aurais pas cru ; mais vous TOUS y connaissez mieux que moi.> L'Académie peut légitimement s'attribuer le même droit. Je dirais volontiers le même devoir de sincérité, quand l'occasion s'en présente ; et je vais m'en prévaloir pour envisager dans son entier, la question scientifique sur laquelle le ministre vous consulte.
L'ensemble complexe de connaissances physiques, appelé aujourd'hui la Météorologie, n'est pas encore constitué à l'état de science. A ce titre, on doit, ou plulêt on devra y comprendre d'à- . bord, la constitution chimique et statique de l'atmosphère; les lois régulières du décroissement des pressions, des densités, des températures, de la tension électrique, à diverses hauteurs. Puis, dans les couches inférieures perpétuellement agitées de mouvements irréguliers, il faudrait connaître, sinon les causes infiniment variées, au moins la nature des accidents locaux qui s'y produisent : la formation et la constitution intime des grolipes déQois de vapeur aqueuse que l'on appelle des nuages; les circonstances physiques qui déterminent ces vapeurs à se concentrer sous forme de pluie, de neige, de grêlej pouvant parfois se sou-
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tenir longtemps suspendues et flottantea, dans cea derniers étiti, contre l'effort de la pesanteur. Sur tous ces pbëâomëiies géofr* raux, nous sommes encore dans une ignorance presque absolne; et le peu que nous en saTons, est dA aux recherches indmdadks d'un petit nombre d'observateurs sagaces qui ont appliqué teor intelligence & en étudier spécialement quelques particolatitM. Ainsi Wells, un médecin phjrsicien, a éclairct admiràblemeot le phénomène de la formation de la roaée et les effets de la radlatioi nocturne. MM. de Humbold et Boussingault par leurs ascensioni hardies sur tes montagnes des Andes, Gay-Lussac par md mémorable voyage aérdstatique, nous ont fourni les seules donnéet qui aient pu servir, pour constater mathématiquement la véritable loi de superposition des couches de l'atmosphère jusqu'aoi limites de hauteurs où ils se sont élevés. Quant aux météores physiques, on ne sait rien. On ne sait pas ce que c'est qu'un nuage; ni h quel état sont les partieillea aqueuses qui le composent, oi comment elles se tiennent agrégées. Il est même vrai de dire que les instruments employés k l'observation des phénomènes fondamentaux de la météorologie , par exemple la pression, la température, l'état hygrométrique' de l'air, n'ont été amenés à une précision assurée que dans ces derniers temps; et encore, la détermination de la température propre de l'air, d'après les indications du thermomètre, dans les diverses condiUons où il peut être placé, détermination indispensable à l'astFonomie obsoratrice, comporte-t^lle de graves incertitudes, que vous avez cbw ché à lever, en proposant cette recherche, pour sujet de prix.
On a, ou l'on croit avoir, beaucoup plus de données, sur la répartition générale, à la surface du globe, des températures que l'on appelle moyennes; étude que l'on a rendue en effet conven- Uonneilement plus simple et plus accessible, que celle de leur distribution dans les régions supérieures de l'atmosphère^ Ces données ont été principalement recueillies, comme accessoùes à d'autres recharches : en premier lieu par les astronomes, daai
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les otiserraloires fixes , où les observalions du baromètre et du Ibenooinètre sont coQlinuellement oécessaires pour calculer les rérractions ; puis, par les voyageurs intelligents qui ont visité des contrées dod explorées ou peu explorées arant eux; enfin par lea navigateurs de toutes les mariDes militaires, qui pourraient rendre à la BcieDce de très-grands serricei, en s'astreignant k inscrire leurs observations journalières sur le registre de bord, ce qu'ils ne font pas toujours. A ces moyens incessants de progrès qui ne demandent que de l'intelligence et du zèle, moyens que tous les gonvernements éclairés peuvent aisément agrandir et régulariser, sans aucun accroissement de dépense, par de simples recommandations encourageantes adressées à leurs agents, il faut, je crois , ajouter Comme puissant auxiliaire, dans un prochain avenir, les associations libres, qui se formeront entre des personnes initniites, pour conférer spécialement sur des sujets de météorologie. Car, si, comme cela arrivera nécessairement, il s'y trouve réunis des hommes adonnés à des études diverses de théorie ou d'application, des physiciens, des géologues, des botanistes, des agriculteurs, chacun d'eux y envisagera naturellement les recher- (^es météorologiques, dans les rapports qu'elles peuvent avoir avec les progrès ou les besoios de la science qu'il cultive. Ils s'apprendront ainsi les uns aux autres, ce que l'on possède et ce qui est apphCable ou inapplicable. Cette concentration d'idées diverses, vers un but commun, conduira sans doute au désir de voir les iDStniments d'observation perfectionnés autant qu'ils peuvent l'être, l'interprétation de leurs indications rendue plus sûre, et enân les gnmdes questions relatives & la constitution générale de notre atmosphère expérimentalement attaquées et résolues.
On a cru, depuis uu certain temps, avancer beaucoup dans cette voie de progrès, eu établissant dans un grand nombre de localités, des obs^vatoires que l'on appelle spécialement météorologiques) Oit l'on constata râgulièrement jour et nuit, k des
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heures marquées, tes ïDdications locales, du baromètre, du thermomètre, de l'hygromètre, placés dans des conditions permanentes d'exposition. Cette idée a été d'abord réalisée sur toute la surface de la Russie, dans des conditions de multiplicité proporlioDnëes à l'étendue de ce vaste empire. On y a créé pour cela un corps, une véritable armée de météorographes, ayant son général, sesoiBciers, ses soldats; ces derniers n'ayant qu'à remplir, aux heures marquées, les cadres d'obserraUons qu'on leur envoie, sans avoir aucune dépense à faire de leur intelligence. Tous ces états réunis sont ensuite imprimés, et constituent de gros volumes in-i°, remplis de chiffres, dont la publication doit sans doute être fort coûteuse. Des Institutions analogues, ont été sollicitées ou établies dans plusieurs autres parties de l'Europe, avec des proportions moins gigantesques. La France ne se les est pas jusqu'ici appropriées; ou, comme leurs partisans s'expriment, elle n'en a pas encore été dotée par le gouvernement.
L'épreuve que l'on a faite en Russie de ces établissements spécialement météorologiques est complète. Leur directeur général est un savant distingué; ses aides principaux sont des hommes très-intelligents; lui et eux ont dû se mettre en possession des méthodes et des procédés d'observation, récemment perfectionnés. La générosité de l'empereur de Russie, n'a rien refusé de ce qui pouvait assurer le succès de ces établissements. Pourtant, ni ik ni ailleurs, on n'a tiré aucun fruit réel de leurs coûteuses publications. Ils n'ont rien produit pour l'avancement de la science météorologique, telle que je l'ai plus haut définie; et j'ajoute que, non par la faute des hommes, mais par le manque d'un bnt spécial, et par la nature de leur organisation, ils ne pouvaient rien produire; sinon des masses de faits disjoinu, matéridlement accumulés, sans aucune destination d'utilité prévue, soit ponr la théorie, soit pour les applications.
La première partie de cette assertion u'est que l'énoncé d'un fait. La seconde exprime une prévision facile à justifier. D'abord,
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pour les lois géaérales qui régissent l'état statique de l'atmosphère, on oe peut pas raisonnabletneDt s'attendre qu'elles seront décélées, ni même le moins du monde indiquées, par des obserratioDs faites dans la couche d'air la plus basse, où toutes les causes de perturbations imaginables ont leur siège spécial, et produisent au même instant, dans des localités diverses, souvent peu distantes, des effets soudains dont les différences sont extrêmes, depuis le calme jusqu'à l'ouragan. Qu'y a-t-il de moins philosophique, de plus contraire au simple bon sens, et à la méthode expérimentale, que d'aborder une élude aussi complexe par ses cdtés les plus accidentés? et pourrait-on citer une seule branche des sciences physiques, que l'on ait fructueusement explorée en s'y prenant ainslT Espérera-t-on, qu'à force de noter ces accidents, on y découvrira quelque connexion, quelque symptAme caractéristique, quidu moins les annonce? C'est acheter bien cher un espoir bien vague; et, comme le disait Sydenham aux médecins qui voulaient remonter aux principes des maladies par la description des malades, c'est chercher les caractères dislinctifs d'une plante, dans les morsures de chenilles qu'on y rencontre. Hais admettons qu'on ne prétende qu'à cette simple description des phénomènes météorologiques qui s'opèrent dans la couche inférieure de l'atmosphère. Alors même, vous ne l'obtiendrez nullement par des observations barométriques, tbermométriques et hygrométriques automatiquement faites à des heures réglées. Il faudrait que l'intelligence de l'observateur s'appliqu&t à en varier les intervalles selon la mutabilité plus ou moins rapide des phénomènes : faisant par exemple celles du baromètre plus fréquent» au temps des équinoxes, et les réitérant presque de minute en minute, pendant les ouragans, comme le savent bien les personnes inlelligenles qui ont porté leur attention sur ces accidenta météoriques. Les caprices des phénomènes physiques ne se laissent pas réglementer par des ordonnances. Aucune de leurs lois n'a été découverte par des observations en
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bloc, prescrites & l'avance. Il faut las prendra par parties ane beaucoup d'instinot et de délicatesse, pour y apercevoir ces Lois, les suivre, et les dégager de l'ensemble, h. mesure que Le nisonnement souvent le plus subtil vous conduit à les démêler. [Cda est d'autant plus nécessaire qu'ils sont plus complexes; et les phénomènes météorologiques le sont au dernier d^;ré. Tette condition les signale comme devant être l'objet de rechercbei détaillées, distinctes, que les gouvernements peuvent bciiitv, en aidant par leurs libéralités, les expérlmeotaleurs qu'une disposition, particulière d'esprit, je dirais presque une vocation spéciale, porte à les entreprendre; mais qu'on ne saurait leur presoirt, parce que dans l'état actuel de nos connaissances, il est impossible d'en tracer un plan raisonné.]
A défaut de succès dans la découverte des lois généraEes, oh s'est rejeté sur l'espérance des applications pratiquer. Quand, a-t-on dit, on aura accumulé pendant beaucoup d'années, dans des localités diverses, des masses d'observations barométriqna, thermométriques , et hygrométriques, régulièrement faites à toutes les heures de la nuit et du jour, on en déduira des moyennes, qui seront éminemment utiles k l'agriculture, à [a physiologie végétale, à la géographie des plantes, et par suite au choix des cultures qui peuvent élre fructueusement introduites dans chaque localité. Tout cela s'est encore trouvé élre autant d'illusions, et j'ajoute qu'il n'en pouvait autrement sniia.
Je prouve d'abord le fait. C'est une chose curieuse que de voir h. travers quelles hésitations, avec quel respect pour les promesses théoriques qu'on leur avait faites, les agronomes et les botanistes ont été finalement conduits à en reconnaître la presque complète inutilité. Ils ont fait tous leurs efforts pour établir, d'après les tableaux des températures moyennes, des règles qui définissent les limites des zones territoriales dans lesquelles les diverses classes de végétaux peuvent vivre et être cultivées avec • avantage. Ils ont trouvé, qu'en fait, ces règles font presque too-
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jour* défaut dut l'application. Ceux d'entre eux qui, h l'example de M. Gasparin, lont parvenus h fixer exacteinent ces limites pour cerlaines espèces vâgâtales, n'y ont réussi qu'en se fondant sur des observations looales de température qui leur étaient propres, et leur appliquant arec une critique intelligente les raodiâcations nécessitées par une foule de circonstances physiques, particulières aux localités pour lesquelles ils établissaient leurs conséquences. Le savant ouvrage publié récemment par M. Alphonse DecandoUe, et qu'il a intitulé Géographia botanique raisonnât, est rempli de considérations semblables; l'épilhète même qu'il «lente à son titre, montre assez que le seul emploi brut des températnres moyennes, telles qu'on les observe, ne lui a pas fourni du données même approximativement suffisantes, et c'est ce que l'expérience le force de répéter tt chaque instant, Or, si l'on concidèrfl les conditions dans lesquelles opèrent les observaloires météorologiques spéciaux, tels qu'on les a jusqu'à présent connus et organisés à grands frais, leur inaptitude à servir pour de telles applications en est une conséquence évidente et nécessaire, parce que les indications phénoménales qu'on y enregistre n'ont que des rapports trës-ôloign&s et trës-inoomplels avec Is vie accidentée des végétaux.
Voyes seulement comme on y apprécie l'humidité et la chaleur, les deux agents naturels qui influent le plus puissamment sur la végétation. On y note II des heures réglées la température actuelle de l'air ambiant, telle que l'accuse un thermomètre placé dans une exposition permanente, à l'abri des rayons solaires et de la radiation céleste. La tension de la vapeur aqueuse aux mêmes instants est déterminée par l'hygromètre placé dans des conditions semblables; et la quantité de pluie tombée est évaUiée par un udomètre ;élabli à proximité da l'observatoire. Mais les impressions que les plantes reçoivent h l'air libre , sont tout autres qu'on n'en jugerait par ces instruments. Les végétaux terrestres ont, pour ainsi difc, deux modes de vie : l'une souter-
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raine par leurs racines, l'autre aérienne par leurs tiges, qne les phénomènes météorologiques affectent diversement avec des conditions de périodicité et d'intensité très-différentes. L'action de U chaleur solaire et celle du rayonnement nocturne, ne se transmettent aux spongioles terminales des racines que progressivemenl, avec une lenteur proportionnée à la conductibilité du sol, et à la profondeur où elles ont pénétré. Les époques annuelles de leur été et de leur hiver sont autres que dans l'air extérieur. L'ean des pluies ne leur arrive aussi que graduellement, par imbiliwi ; et la quantité qu'elles en peuvent absorber dépend de l'apUtode du sous-sol b la laisser perdre ou à la retenir. La tige aérienne, au contraire, reçoit immédiatement et soudainement toutes les impressions météorologiques : les radiations caloriques et chimiques, dardées par le soleil; celles du rayonnement Doctume; la pluie qui tombe, et recouvre ses organes évaporatoires, lesqu^ en absorbent une partie, et la lui transmettent intérieurement, jusqu'à ce qu'ils en aient été débarrassés par la dialeur du soleil -et les agitations de l'air. Qu'y a-l-il dans tous ces phénomènes si variés que puissent indiquer des Instruments fixes, placés en dehors des circonstances où ils s'opèrent, ne marquant ni la marche progressive des uns, ni la soudaineté des autres, n'acmsant pas même l'exislence des actions physiques, par lesquelles les plus importants sont produits? Pourtant, c'est de tout cet ensemble que résulte le mécanisme de l'alimentaUDU de la plante, qui la met en élat de développer ses feuilles, ses fleurs, ses fruits, et d'accomplir toutes les fonctions vitales qui lui sont propres.
On peut surtout suivre distinctement la série annuelle de ces deux ordres d'effets, dans les arbres exogènes de nos climats, qui ne sécrètent que des .sucs liquides, non coagulables. Je prends le noyer pour exemple, et j'en choisis un de grande dimension, parvenu à un entier développement. Pendant toute l'année, il s'y produit deux opérations de nature contraire. D'une part, les sucs liquides tirés du sol par les spongioles terminales des ra-
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ciaes et parliellemeat élaborés dans celles-ci, sont poussés par dles de bas en haut dans l'intérieur de la tige, dont le tissu hygroscopique s'en imbibe en totalité, à quoi contribue sans doute aussi la vitalité des cellules, dans le temps qu'elles sont actives. D'une autre part, à ces mêmes époques d'activité, l'écorce extérieure et les organes foliacés, exhalent au dehors & l'élat de vapeurs tout ce qu'Jls ne s'approprient pas; et ta prédominance , alternative de ces deux systèmes d'action, dans les diverses saisons de l'année, produit & l'intérieur de l'arbre des changements périodiques d'élat que l'expérience constate. Au commeacement de l'été, quand tous les organes extérieurs du végétal sont complètement développés et en pleine vie, insérez dans le corps de la tige, un appareil à double effet, péuëlrant jusqu'à son centre, et disposé de manière à recudilir séparément les sucs liquides, qui descendent du sommet vers la base, ou qui montent de la base vers le sommet. A cette époque de l'année, le tissu ligneux n'abandonnera généralement rien, dans un sens ni dans l'autre, Il vos appareils. La force d'assimilaUon exercée par les cellules et les fibres vivantes du végétal, concourant avec la déperdition opérée par les organes évaporatoires, produisent ensemble un effet de succion qui s'oppose h tout écoulement spontané. Plus tard, la faculté assimilatrica s'étant affaiblie parce qu'elle se trouve en partie satisfaite, et les organes évaporatoires étant plus engorgés, le flux ascendant est plus abondamment fourni que consommé. Le tissu ligneux sursaturé commence k dégoutter quelque peu dans vos appareils, particulièrement sous l'inHuence de la radiation sol^re; et, vers la fin d'aoilt, sa prédominance sur les besoins actuels de la production printaniëre devient ordinairement as-sez énergique pour forcer de nouveaux bourgeons h développer leurs feuilles. C'est ce qu'on appelle \apousse d'août. Bientôt, la température extérieure s'abaissanl de plus en plus, les feuilles commencent de se Hélrir, les bourgeons de l'année ' prochaine se revêtent de leurs écailles protectrices, et toute ta tige
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de l'arlin te prépare pour l'hybemation. Mtaamolni cm fralii du dehort ne m faiuint pas eneore lentir soui terre ua ncinn, elles contiouent leur travail d'intromission; et les sucs liquida qu'elles' Injectent dans le tissu ligneux, n'étant plus intériomment assimilés, ni à peine exhalés au dehors, l'arbre entre dau un état de turgescence général, qui se maniresta par un éal^l^ ment plus atwndant recueilti dans les appareils insérés h dîTOKi hauteurs. Alors il commence h s'opérer un autre pbënomànapc l'on peut appeler préservateur. Sous l'inQuence croisssDle do froid, toute ia tige se resserre; par le haut d'abord, fc caow di décroissement vertical de la température, et de la minceur rdalin des houppes supérieures. Elles se dégorgent ainai de lenr tropplein en le refoulant vers le bas, et l'on s'en aperçoit par noa mrabondance d'écoulement dans la partie supérieure des appindi. Cet effet s'observe mAme au printemps, quand il survleot des froids accidentels ou de fortes pluies ; et l'on m'a assurt qu'il nt bien connu de ceux qui exploitent en grand la sève des énbte pour en extraire du sucre. Hais à l'époque hybernale que je codsidère ici, l'existence du double courant intérieur est matérielle ment accusée par un autre caractère. La sève qui vient d'en bu, a une fiesanteur spécifique h peine plus grande que l'ean di^ tillée; et par les épreuves optiques,' non plus qu'en essaysnt de la faire fermenter, on n'y découvre aucune trace sensible de matière sucrée. La aéve descendante au contraire a une peuntear spécifique notablement plus grande que l'eau; et elle coDtieol aussi du sucre qu'elle a enlevé aux approvisionnements qui s'w sont faits dans l'intérieur de la tige pendant l'élé; ce qoej'ii constaté en étudiant, par la flltration des tranches, de bois de noyer et de sycomore que j'avais coupées pendant l'hiver à (fo^ ques mètres de hauteur, dans des tiges vivantes. Le refonleineBl et l'acciimulalion des liquides à cette époque, dans les paiti» i^ férieures des tiges, explique pourquoi c'est \k surtout qa'dles éclatent, quand le froid devient excessif. Cet état de tui^escence,
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ainsi que le double écpulement par le haut et le bas dea appareils, M continuent pendant tout l'hirar.- Enfin, aa printemps, la tige TiTante se détendant et se ranimant soui l'influence renaïuaute de la chaleur et de la lumière solaire, la succion vers le haut recommence; la 8ë?B ascendante redevient sucrée, comme celle qui redescend du sommet par suite de la lurgesoeoce encore trop générale, occasioanellemeat accrue par les refroidissements accidentels. Peu à peu, la température de l'air s'étant définitivement adoucie, les organes extérieurs de l'arbre se raniment à exercer leurs (onctions régulières. La vie souterraine et la vie aérienne reprennent une action commune ; et tous les phénomènes de la végétation annuelle recommencent leur cours périodique d'évo^ lution. Les arbres dont les liquides intérieurs se coagulent au contact de l'air, les pins et les cerisiers, par exemple, préseolent des séries annuelles de phénomènes analogues, modifiés dans lenrs détails par la nature de leur tissu ligneux, de leurs appareils évtiporatoires, et des sucs qu'on peut leur faire abandonner arlinciellement.
Les opérations propres k ces deux modes de vie des végétaux peuvent 4tre observées séparément dans certaines oinjonstauces, comme le roontreni les exemples suivants :
Pour étudier d'abord celle des racines, j'ai, le 16 février 1833, ^1 couperai mètra du sol, un bouleau qui, k la hauteur de cette section, avait 150 millimëlres de diamètre; et, dans cette portion nue du tronc, j'ai fait percer deux trous de tarière pénétrant jusqu'au centre, oti j'ai-inséré des fioles de verre dont le col y était luté. Depuis cette date jusqu'au 1 4 ma), il n'a pas cessé de se déverser Jour et nuit dans ces fioles des quantités considérables de sève liquide, qui, mesurées par intervalle, approchaient d'un demi-litre en vingt-quatre heures. L'énergie de l'introduction par les racines était telle, que la surface même de la section en était continuellement humectée. Jusqu'au 27 avril cette sève avait une densité spécifique notablement plus grande
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que l'eau distillée. Elle fermentait avec la levure de bière; A ks caruclëres optiques 7 décelaient la présence d'un sucre liquide déviant tes plans de polarisatioa vers la gauche, ce qui est nne propriété habituelle de la sève printaniëre du bouleau. Après le 97 avril, ces caractërês cessèrent d'être appréciables; soit par l'épuisement des matériaux prëcédemment accumulés, soil par l'invasion de légions de fourmis dans les Ûoles, pour s'abraiva du liquide sécrété. Toutefois, l'écoulement, quoique aoudainement affaibli, ne fut pas complètement interrompu par l'apparitioD de quelques bourgeons adventifs qui, au commencement de mai, se Ûreot jour à travers l'écorce, du cAtè où elle recevait l'impression de la radiation solmre. Hais après avoir développé leurs feuilles, ils moururent, probablement par faute d'aliments suffisamment carbonisés; elle tronc qui les portait mourut aussi, ce qui mit fia aux observations.
Les phénomènes propres à la vie aérienne des végétaux peuvent également être observés dans certains cas, à part de ceux de la vie souterraine, par exemple dans les graminées anquelles, vers les époques où s'achève leur matiiratiou. Si l'on étudie de jeunes pousses de blé avant qu'elles aient fait sortir leurs épis, on trouve les feuilles et la tige gonflées de sucs liquides venus des racines, et contenant déjà des produits carbonisés divoï, parmi lesquels on distingue des sucres h rotations contraires, réunis en d'inégales proportions. Quand l'épi est sorti, et surtout fécondé, il pompe et attire à lui pour ainsi dire ces matériau emmagasinés, qui, progressivement élaborés dans le grain fc mesure qu'il grossit, s'y transforment eu fécule à mesure que la maturation s'opère. Alors, tant par cette énergique exhaustion, que par l'ardent échauSemeut du sol, les racines peu profondes se dessèchent; les feuilles les plus basses commencent h jaunir, après avoir transmis à la tige leurs sucs et leurs produits caiifonisés qui ne se renouvellent plus. La base de ia tige se desséche et jaunit aussi h son tour, tandis qne la parUe supérieure eooore
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Terte continue de nourrir l'épi. Ceci a fait reconnaître aux agro- Domes les avantages d'un moissonnage anticipé pour éviter l'égrenage, en groupant les gerbes eu petites buttes coniques, recouvertes de chapiteaux de paille qui les préservent de la pluie. Dans cette dernière phase de son eusleoce la plante n'a vécu que de sa vie aérienne, qui lui a suffi pour accomplir sa destinée. H. Reiset m'a dit avoir constaté des phénomènes d'exhaustion pareils daus le colza.
J'ai rassemblé ici ces détails pour deux motifs. Premièrement, f ai voulu montrer que les observatoires météorologiques permanents, tels qu'on les a jusqu'à présent établis et réglementés, tels anssi que l'on a proposé de les instituer en Algérie, oon-seulement sont impropres à éclairer les questions fondamentales de la météorologie scientifique, mais le sont encore plus h fournir des données, qui puissent diriger la physiologie végétale dans ses études, et l'agriculture pratique dans ses applications. Secondement, j'ai pensé qu'un tableau exact des opérations naturelles qui s'exécutent dans le cours de la vie d'un vâgéla), ne serait pas inutile it consulter par les personnes qui voudraient ordonner administrativementdes systèmes d'observations météorologiques, dont ces applications et ces études puissent profiler.
Dans tout ce que M. Regnault a dit de la stérilité des institutions météorologiques actuelles, et des causes qui ta rendent inévitable, je me trouve complètement d'accord avec lui; et nous pouvons du moins alléguer en faveur de notre opinion qu'elle ne s'est pas formée dans notre esprit, sans nous être occupés longtemps, et il des points de vue divers, du sujet sur lequel elle porte. Nous tenons toutefois It faire remarquer qu'elle s'applique uniquement k ce qui est, et non à ce qui pourrait être. Nous prétendons qu'on s'y est mal pris; et nous le prouvons par le raisonnement comme par les faits. Cela ne veut pas dire qu'on ne pourrait pas réussir en s'y prenant mieux. Notre pensée commune est toute contraire. Mms ce mieux ne s'obtiendra pas en
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478 MÉLAnaci SGiEnTirtQURfl et littéraiieb. introduisant chez nous ce qui a été et a iù être stérile aillënn. L'exposition détaillée que j'ai fùte du double problème que l'on veut attaquer, montre, je crois, avec la dernière évidence, qu'on ne saurait aujourd'hui, utilement pour la science et pour les hpplicattoQg pratiques, créer, soit en Afrique, soit en France, des institutions météorologiques, opérant par ordonnance, de maniéro à résoudre par des ob3er?aUoas prescrites d'avance, de questions de physique, et de physiologie agricole, si Tariées, si complexes, que jusqu'ici, l'InlelligeDce des expérimentateurs les plus sagacea, est parvenue b peine k en saisir quelques poiols particuliers. Telle est ma profonde conviction.
Le vice capital de ces systèmes d'observations météorologiques fixement réglementées, et signalées administrativement dans des cadres qu'un employé n'a plus qu'à romplir, c'est le manque inévitable d'un but délhii. On commence par créer les observatoires et on les organiseï sans savoir ce qu'on en pourra tirer, ni mâ(M ce qu'on leur demandera. Et comment pourriez-vous le savoirT Comment pourriez -vous deviner â priori, et signaler d'avance, les données caracIérisUques des lois générales qu'il faudra d'abord l&cher de recueillir dans ce chaos de phénomënes naturels, dont les causes déterminantes; les Tarialions, les correspondances, vous sont presque entièrement inconnues T Et encore prétendez-vous qu'on tirera de Ib d'utiles applications à l'agriculture, quoique les phénomènes physiques qui influent le plus efBcacement sur la vie végétale n'entrent preN]De pour rien dans vos programmes tels qu'ils ont été faits Jusqu'h ce jour, et tels que le même système d'institutions automatiques, vous donnerait lieu de les faire, même aujourd'hui. Four arriver fc de pareilles applications, il faut étudier avec intelligence les phénomènes météorologiques, sur les lieux mêmes, au point de vus spécial qu'on se sera marqué, avec le senUment intime do ce qu'on veut chercher h découvrir. Demandez par exemple au chef des cultures du Muséum, à U. Decaisne, cinq ou aix jeunes geu
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'télés, ayant déj& des conDOlssances soUdra de botanique et de physiologie végétale ; qu'il les forme pendant quelques mois aux observBltoDs météorologiques considérées dans leurs rapports avec la vie des végétaux, et qu'il leur donne des instructions générales BUT ce sujet d'étude. Alors, munissez-les du petit nombre d'instruments de physique et de chimie qui leur seront néces- . laires; puis répartissez-les comme voyageurs du Muséum sur divers points de l'Algérie, en les chargeant d'observer, d'étudier, chacun dans un arrondissement agricole restreint et défini, les diverses espèces de végétaux, qu'.ils y trouveront cultivées ou a l'état sauvage. Après une année ainsi employée, leurs registres d'observations réunis dans les mains de M. Decaisne, donneront plus de notions utiles pour la climatologie ei l'agriculture que n'en pourraient fournir vingt observatoires météorologiques permanents, tels qu'on lésa jusqu'à présent organisés et tels qu'on vous propose de les établir ; et, ce qui n'est pas à dédaigner, les jennes voyageurs ; auront gagné en inatruction^autant que l'État. L'année suivante, si cette première épreuve a réussi, vous pourres étendre votre cadre et donner k étudier des questions d'acclimatation plus délicates, qui vous sembleront avoir un intérêt spéciali et cela en marchant toujours k coup sûr.
Or, pourquoi de telles études seraient-elles fructueuses? C'est parce qu'elles auraient un but précis, spécial, et que le système d'observations sera organisé comme il le faut pour l'atteindre. Voilà la condition indispensable pour arriver à des résultats qui ùenl une utiUté réelle. C'est l'avantage que l'on avait quand on a créé des observatoires magnétiques, répartis sur différents points du globe. On savait parfiUtement ce que l'on voulait chercher, qu^ éléments des phénomènes on voulait déterminer j quels procédés, quels instruments il fallait employer pour les obtenir. On a aujourd'hui bien moins de données acquises pour entrAr dans la météorologie réellement scientifique. Il y aurait beaucoup de questions prélimioaires k poser, à résoudre, beaucoup d'expé-
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rieoces de précision à faire, avant de l'aborder dans son ensemble; et le physicien qui serait le plus habile à les concevoir, aies diriger, serait sans doute le moins enclin à proposer que l'on commençit par créer un système général d'observatoires ayant cette sciraice pour objet, avant que l'on sAt bien & quoi on devra les employer. Toutefois, nous ne prétendons nullement que pour étudier quelque point que ce soit des phénomènes météorologiques, il soit nécessaire, ou même utile, d'employer des instrumenls qui indiquent la pression atmosphérique jusqu'à ~ de millimëtie, et la température jusqu'à ^ de degré. Nous demandons seulement que les indications ainsi enregistrées, fdent toujours une relation, non pas éloignée et inconnue, mais immédiate et assurée, avec les données physiques que l'on veut obtenir. Nous demandons surtout que le but .de la recherche à faire soit, dans chaque cas, nettement déûni, et que le système d'observations y soit convenablement adapté. Par exemple, si, comme H. Le Terrier l'a proposé, on constatait simultanément l'état statique de - l'atmosphère inférieure en beaucoup de lieux, se rattachant à un centre commun, où l'on discuterait comparativement ces résultats, nous ne pensons pas du tout qu'une telle étude serait stérile, pour n'être pas fondée sur des observations locales du baromètre et du thermomètre, eiïectuées avec la dernière prédsion. Nous croyons au contraire que, sans cette extrême rigueur, peutêtre même sans être assujetties à une continuité absolue, mais seulement à la constatation dés anomalies locales de quelque im' portance, on en déduirait, sur les grandes convulsions accidentelles des couches inférieures de l'atmosphère, des conditions de corresponduice qui pourraient être fort utiles à connaftr^ et amener à des applications importantes aux besoins pratiques de la société. Ce serait là une de ces questions relatives à la physique du globe, qui rentrerait dans celles que nous avons indipées. Mais aussi, une pareille entreprise aurait un but connu, déflni, que l'on n'aurait qu'à atteindre^ et qu'on atteindrait, sans beaucoap
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de frais, aussi approximalivement qu'il le faut, pour voir si elle peut conduire k des lois saîsissables. Or c'est le manque d'un but, de tout but précis quelconque, que nous reprochons aux observatoires permanents, teU qu'ils ont été jusqu'ici organisés et -tels que l'on propose de les établir sur l'étendue de l'Algérie. £n prétendant à tout embrasser, ils n'étreignent rieu.
Ou nous a accusés, H. Regnault et moi, de faire opposition aux progrès de la science météorologique, en exprimant une opinion défavorable à l'introduction en Algérie et en France de ces institutions déjà adoptées ailleurs. Ceci est un argument habituel aux faiseurs de projets, dont on désapprouve directement ou indirectement les spéculations. Hais il y a sur cela une distinction ^ faire. Lorsqu'un particulier met en avant une idée dont il croit la réalisalion utile, et qu'il la met à exécution, par lui-même, sans réclamer l'assistance des pouvoirs publics pour la rendre obligatoire, il n'y a aucune raison de le contrarier. Le succès ne peut qu'être profitable pour ta science; l'insuccès ne compromet que l'auteur. Hais, si celui-ci veut engager le gouvernement à réaliser son projet par des mesures administratives, chacun a le droit et le devoir d'en dire son sentiment, favorable ou défavorable, quand l'ot^sion s'en présente. On ne nuit pas à la science, on la sert, en détournant de hautes influences, de forcer le développement d'une plante que l'on prévoit devoir être stérile, ou que Von croit ne pas promettre des fruits d'une valeur proportionnée aux frais qu'elle aura coûtés.