III
i:,C00gIC
530 UéLANQBS SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES.
qui, arrélant, concenlraot toutes les forces de votre esprit snr des abstractions étraDgëres à tout emploi proiltable, rous mènera peut-être b l'indigence, ou du moins vous imposera pendant longtemps de rudes privations. Mais, y étes-vous poussé iDYiacibi^ ment, par une de ces passions que rien ne surmonlet Alors, acceplez en entier les sacrifices qu'elle exige. Nedonoez auxbcsoÎDS matériels que la portion de temps et de travail indispensable pour y pourvoir; vous résignant k être pauvre, jusqu'à ce que vos travaux, vos découvertes, aient attiré sur vous les justes récompenses que nos institutions publiques, enrichies par les bienfaits de quelques âmes généreuses, tiennent toujours prèles pour le mérite laborieux. A ces titres, le nécessaire de chaque jour vous sera têt ou tard assuré; et si vous avez le courage de bomer là vos souhaiLs, vous pourrez continuer à vivre pour la science, dans la jouissance de vous-mêmes, sans inquiétude de l'avenir. Peut-èlte la f^ule ignorera votre nom, et ne saura pas que vous aista. Mais vous serez connu, estimé, recherché, d'un petit nombre d'hommes éminents répartis sur toute la surface du globe, vos émules, vos pairs dans le sénat universel des intelligences ; eux seuls ayant le droit de vous-npprécier et de vous assigner un rang, un rang mérité, dont ai rmfluence d'un ministre, ni la volonté d'un prince, ni le caprice populaire ne pourront vous faire descendre, comme ils ne pourrùent vous y élever; et qui vous demeurera, tant que vous serez Bdèle k la science qui vous le donoe. EnQo, si, au déclin de votre vie, ces témoignages extérieurs étaient confirmés, couronnés dans votre patrie même, par les suffrages d'une réunion d'esprits d'élite, dont la variété de talents représente l'universalité des qualités de l'intelligence humaioe, sous toutes leurs formes, et dans leurs applications les plus diverses, vous aurez obtenu la plus belle récompense à laquelle un savant puisse aspirer.