‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 4)Chapitre 11 sur 33 · DISCOURS PRONONCE PAR M. COMBES AUX OBSEQUES · texte numérisé non relu

DISCOURS PRONONCE PAR M. COMBES AUX OBSEQUES

d'augustin CAUCHY.

Messieurs,

Après le discours dans lequel le doyen actuel de la section de mécanique vient d'exprimer les regrets profonds que laisse à TA* cadémie des sciences la perte qu'elle vient de faire, qu'il soit permis à un ancien élève de M. Cauchy de payer à sa mémoire an modeste tribut de reconnaissance. Il y a près de quarante ans que je recevait à l'École polytechnique les leçons du géomètre déjà illustre par de belles découvertes, auxquelles s'ajoutaient chaque jour les résultats de ses travaux incessants ; et pourtant ce professeur était pour nous tous d'une complaisance infatigable. Je l'ai souvent entendu répéter, pendant plusieurs heures, des leçons entières qui n'avaient pas été bien comprises ; nous étions alors frappés de l'élégante facilité d'une analyse qui nous avait d'abord

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paru, à défaut d'attention, aride et rebutante. C'est que M. Cauchy alliait au génie des Euler, des Lagrange, des Laplace, des Gauss, desJacobi, Tamour de renseignement porté jusqu'à l'enthousiasme, une rare bonté, une simplicité, une chaleur de cœur qu'il a conservées jusqu'à la fin de sa vie. Si nous l'avons entendu, récemment encore, revendiquer avec quelque ténacité la priorité de recherches' qu'il croyait lui appartenir, il n'était animé par aucun sentiment indigne d6 lui (nul n'a pu s'y tromper], ni peutêtre même par aucune ambition d'accrotU'e une gloire consacrée par des découvertes bien autrement éclatantes. Il agissait plutôt sous TinQuence d'une émulation dont l'expression était franche et vive, comme elle avait pu l'être lors des premiers succès de sa jeunesse.

La foi de H. Cauchy aux croyances de l'Église catholique était absolue, active, ardente ; elle n'admettait point, et sa conduite l'a bien prouvé, ce que l'on appelle des capitulations de conscience; mais elle était entièrement exempte de fiel et d'intolérance. C'était la foi naïve d*un enfant, celle que le Seigneur aime.

Reçois, mon cher et vénéré maître, notre dernier adieu I

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