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434 BtÊLANQËS SGIBNTIFIQUBS ET LITTÉRAIRES.

sénat de Venise, avec un écrit où il en développait les immenses consé(ldehces pdur les observations nautiques et astronomiques : on l'en récompensa en lui continuant sa commission de profes-* seurpoursa vie, avec un traitement triple dé celui qu'il avait précédemment. Galilée ne négligea rien pour ajouter aux titres qui lui avaient mérité ces faveurs. Infatigable dans ses recherches^ il inventa uti microscope; il perfectionna aussi son inventidn du télescope, et le mit enfin en état 'd'être tourné vers le ciel. Il vil alors ee que jusque-là n'avait vu nul mortel : la surface de'la luue^ semblable h une terre hérissée dé hautes montagnes, et sillonnée par des valtées profondes; VébUs, présentattt, comme elle, des phases qui prouvent sa rondeur; Jut)iteri environné de quatre satellites qui raccompagnent dans son cdurs; là voie lactée; les nébuleuses ; toiit le ciel enfin parsemé d'Une multitude infinie d'étoiles, trop petites pour être aperçues à la simple vue. Quelle surprise, quelle volupté ne dut pas exciteh eii lui le premier aspect de tant de méi*veiUes , et quelle admiration he durent-elles pas produire quand elles furent connues ! Quelques jours lui suffirent pour les passer eu revue ; et il les antionça au itibnde dans un écrit intitulé : Nanciûs syderens, le Couturier céleste, qu'il dédia aux princes de Médicis, et dont il contiriùâ successivement la publicalioh, à mesure qii'il découvrait dé houvôaui objets. Il observa ainsi, que Saturne quelquefois se présentait sdus la forrtie d*Un simple disque, quelquefois accompagné de deux appendices qui semblaient deux petites planètes; mais il était réservé à un autre de démontrer que ces apparences étaiehl l'effet d'un anneau qui environne Saturne (Voyez Huyghens). Galilée découvrit encore des taches mobiles sur lé globe du soleil, que les péripaté- Itclehs disaient poUrlâplélre ittcorrul)lible; et il h'hêsitâpàs à ed conclure la rotatiou de cet astre *. Il remarqua cette faible lumière

^ Ces taches avaient déjà été aperçues. dès 1611. [Voy, Jean Fabricias, XIV, W.)

qui, dans le premiet et le dernier quartier de la lune , noua rend visible au télescope la partie de son disque qui n'est point alors directement éclairée par le soleil; et il jugea avec raison que cet effet était dû à la lumière réfléchie vers la lune par le' globe terrestre. L'observation suivie des taches de la lune lui prouva que cet astre nous présente toujours à peu près la môme face; mais il y reconnut pourtant une espèce d'oscillation périodique qu'il nomma libration» et dont Dominique Cassinl a fait connaître les lois exactes*. Ënfin> non moins profond à suivre les consé-^ quences des choses nouveiles, que subtil à les découvrir, il connut l'utililé dont les mouvements et les éclipses des satellites de

1 Cette cotirte phrase ne fait pas assez distinguer la pan d'invention qui revient à Galilée.et à Dominique Cassini, dans la découverte du fait astronomique que Ton y a mentionne.

La libration de ia lune se compose de deux ordres de particularités phénoménales essentiellement distinctes, dont le^ caractères propres sont parfaitement signalés par Lapîace, dans le chapitre IV de V Exposition du système du monde.

Les unes ne sont que des apparences purement optiques* Elles proviennent des différences sensibles d'aspect que le sphéroïde lunaire présente dans ses positions diverses , relativement au point de la surface terrestre d'où nous l'observons.

Les autres l'ésultent d'un mouvement d'oscillation réel, que l'axe de rotation de ce sphéroïde exécute périodiquement dans le ciel, pendant chaque révolution des nœuds de l'orbe lunaire.'

Les lois physiques de cette oscillation Melle , tmt été entièrement établies par Dominique Cassini, dont elles constituent une des plus belles découvertes. Galilée n'avait reconnu que la libration apparente {titubazione), provenant de la position de l'observateur à la surface de la terre et non à son centre, n en a décrit très-nettement la cause et les effets dans une lettre adressée au wgnor Alfonso Antonini, général de' la cavalerie de la république de Venise, laquelle est textuellement insérée dans le tome V do l'édition des œuvres de Galilée, imprimée à Milan, et reproduite au tome III (1843^ , page 176 de l'édition do Florence! Delambre en a donné un extrait détaillé au tome I*' de son Histoire et (''astronomie moderne, page 623.

Cette lettre est datée « de ma prison d'Arcetri, le 26 février 1637. » Mais il ne faut pas prendre ce mot prison dans son sen<* littéral. Le lieu qu'elle désigne est une charmante maison de campagne près de Florence, que Galilée avait choisie pour demeure plusieurs années avant son procès, et que le Saint-Offlce lui avait imposée pour résidence après sa condamnation, avec la liberté d'y recevoir ses amis et sa famille , mais en lui interdisant le séjour de Florence , de peur qu*il ne j[>^ûpage&t ses opinions, avec trop d'éclat, à U cour du grand-duc, J, B,

Jupiter pouvaient être pour la mesure des longitudes; et il entreprit même défaire un assez grand nombre d'observations de ces astres pour en construire des tables qui pussent servir aux navigateurs.

Après tant et de si admirables découvertes, on a droit de s'étonner que Ton ait voulu contester à Galilée l'invention du télescope, avec lequel il les a faites, comme si, en pareil cas, Finventeur n'était pas celui qui, guidé par des règles certaines et par de grandes vues, a su tirer des merveilles de ce que le hasard avait jeté brut en d'inhabiles mains. Si celui qui, en Hollande, joignit par hasard des verres d'inégale courbure, fut réellement l'inventeur du télescope, pourquoi donc ne le tourna-t-il pas vers le ciel, la plus belle et la plus sublime application de cet instrument? Pourquoi laissa-t-il à Galilée le bonheur et la gloire de renverser, aux yeux de tous, les préjugés antiques, de consolider, par des^ preuves évidentes, l'édifice de Copernic, et d'agrandir les espaces célestes au delà de tout ce que pouvait supposer l'imagination ?

Quoi qu'il en soit, on comprend aisément jusqu'à quelle hauteur tant et de si grandes découvertes durent élever les vues de Galilée ; il sentit toutes les conséquences qui en résultaient, relativement à la constitution de l'univers : et comment lui auraientelles échappé, à lui qui, toute sa vie, n'ayant voulu prendre que la nature pour guide, avait conservé son génie ouvert à toute la pureté de ses impressions? Il ne cacha donc rien de ces hautes conséquences ; il en fit l'âme de ses écrits, de ses discours, et se crut en droit de mépriser des erreurs désormais trop grossières pour être soutenues de bonne foi. Mais par malheur pour lui, il n'était plus sous l'égide de Venise : cédant aux instances du grand-dûc de Toscane, qui l'avait nommé son mathématicien extraordinaire, et qui le comblait de faveurs, il avait quitté Padoue, où il était libre, pour Florence, où il l'était beaucoup moins. Honoré par le sénat de Venise, et lié des nœuds de l'amitié avec

plusieurs des sénateurs les plus considérés, ses opinions, dans cette république, étaient sans aucun danger pour lui-même. L'expérience lui prouva, dans la suite, qu'il ne pouvait pas y avoir autant de sécurité à la cour d'un prince obligé de garder avec Rome plus de ménagements. Outre le nombre inévitable d'«nvieux que devait naturellement lui attirer son mérite, ses découvertes lui avaient donné pour ennemis tous ceux qui, jusqu'alors, avaient enseigné sans contestation les doctrines anciennes ; ce qui comprenait la plupart des ' ecclésiastiques. Les uns répandaient que ses découvertes dans les astres étaient de pures visions, comparables au voyage d'Astolphe ; d'autres assuraient qu'ils avaient eu le télescope en leur possession pendant des nuits entières, et qu'ils n'avaient rien vu de tout ce que Galilée annonçait; il se trouva môme un prédicateur qui, pour lui faire une dangereuse allusion, prit pour texte ce passage de l'Évangile : Viri Galilmi, quid statis aspicientes in cœlum ? C'était ainsi que les compatriotes de Copernic l'avaient joué publiquement sur un théâtre ; et c'était ainsi que, un peu plus tard, les réformés de Hollande persécutèrent Descartes, réfugié chez eux.

Le plus sûr moyen d'atteindre Galilée, c'était de faire d'abord prohiber la doctrine de Copernic, qu'il, soutenait et propageait avec tant d'éclat : elle fut représentée comme contraire à l'Écriture et dénoncée au Saint-Siège. Galilée essaya en vain de calmer la tempête en publiant, en 1 61 6, une lettre adressée à la grandeduchesse de Toscane, dans laquelle il entreprenait de prouver théologiquement, et par des raisons tirées des Pères, que les termes de l'Écriture pouvaient se concilier avec ses nouvelles découvertes sur la constitution de l'univers. Cet écrit ne fit que donner plus beau jeu à ses adversaires ; car ils le dénoncèrent lui-même comme soutenant une opinion erronée dans la foi. Il fut cité à Rome en personne, et contraint de venir s'y défendre. Ni les raisons qu'il apportait, ni la justice que l'on fut forcé de

rendre à ses lumières, à son mérjte et à sa catholicité, ne purent empêcher qu'une assemblée de théologiens, nommée par le pape, ne portât la déclaration suivante : c Soutenir que le soleil est « placé, immobile, au centre du monde, est une opinion absurde,

< fausse en philosophie, et formellement hérétique, parce qu^eUe « est expressément contraire aux Écritures ; soutenir que la terre « n*est point placée au centre du monde, qu'elle n*est pas immo^ « bile, et qu'elle a môme un mouvement journalier de rertatioDr

< c*est aussi une proposition absurde, fausse en philosophie, et

< au moins erronée dans la foi. i» Galilée, confondu d'étonnement, employa tous les arguments que la vérité lui suggérait, pour défendre une doctrine que ses observations lui rendaient indubitable ; tout fut inutile : on ne fit aucun cas de ses raisons ; et comme il se montrait un peu trop récalcitrant à la décision du Saint'OiSce, on lui fit personnellement défense de professer désormais l'opinion qui venait d'être condamnée. Il revint donc à Florence, en <617, et reprit, on peut juger avec quelle douleur, le cours de ses travaux astronomiques. Mais son amour pour ces vérités sublimes, dont il se regardait comme le dépositaire, l'en* flammant encore davantage par les efforts qu'on faisait pour les éteindre, il entreprit d'accabler, s'il ne pouvait persuader, ses adversaires, en rassemblant, dans un seul corps, toutes les preuves physiques du mouvement de la terre et de la constitution des cieux : il médita cette œuvre mémorable pendant seize années entières. Tout ce que l'esprit le plus fin peut imaginer de délicatesse, tout ce que le goût le plus pur peut admettre d'agrément, il l'employa pour rendre la vérité plus attrayante. Ce n'est point un savant traité qu'il nous présente ; ce sont de simples dialogues entre deux personnages des plus distingués de Florence et de Venise,'et un troisième interlocuteur qui, sous le nom de Simplicius, se charge de reproduire les arguments invincibles des péripatéticiens : chacun remplit parfaitement son rôle. Les deux hommes du monde ont de l'instruction, sans système

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et sans préjugés: ils discutepf; iU examinent; i}s proposent des doutas, et pe se renclpnt qu'q. 4es Fajsqus éyidpï^tes. he bQî| SimpHaius, au Goptraire, est tout spolastiqpe; il pe veut, il p'enT tend qw spn Afistote ; il pe juge les cl^osps vraies pu fausses, que selon qu'elles sopt conformes ou opposées aux assertiops d^ son niaître : la moindre plaisanterie sur ce sujet lui est ipsuppo^labl^, et il pe cèdg à aucppp espèce d^ ppnyiGtipp, Le style dp chacun des ipterlocuteurs est pp,rfaitement asspfti k sop cîiraGtère, saps cesser toutefois (JP conserver, 3,1} milieu de cps puanpes, une élégance exquise, e); le choix le plus Jiepreux d'expressions. Mais s'il fallait beaucoup d'esprit pour composer up pareil pur vrage, il n'en fallait guère moins pour obtenir 1^ permission de le publier : Galilée entreprit dp se la faire 4Qnper par Rome même. Il se repd dans cette viHe en 1 630, y^ tropyer }e maître du sacré palais, lui présente hardiment spn ouvrage" comme le re^ cueil de quelques nouvelles fantaisies scientifiques; le prie de vouloir biep Texaminer avec scrupulP, d'ep retrapcfter tout ep qui lui paraîtra suspect, enfln de Ip pensurer ayep la plus grande se-: vérité. Le prélat, ne se dputant de rien, lit rquvrage, le rplit pur Gore, le donne à juger à un de ses collègues, et, n'y voyant rien h reprendre, y met dp sa propre main une ample approbation. Mais cette pièce ne suffisait pas encore; car, pour s*ep servir, il aurait fallu imprimer l'ouvrage à B-oroP ; et les ennemis de Galilée, très? nombreux en cette ville, n'auraient pas manqué d'éventer la mine qu'il- allait faire jouer eonlre eux. Prenant dpne pour prétexte quelque difficulté de communication qui s'était élevée entre Rome et Florence, à cause d'une maladie contagieuse qui régnait alors, il écrivit de nouveau au maitre du sacré palais, pour demander la permission d'imprimer son ouvrage à Florence même, sous la condition de le faire examiner encore dans cette villp. ]Lp prélat, qu\ peutrêtre commençait à soupçonner quelque ruse, fit des dif-r Acuités : il indiqua bien à Galilée un nouveau censeur; mais, en même temps, il lui rpdemanda rapprobation qu'il lui avait précér

demment donnée, voulant, disait-il, revoir les termes dans lesquels elle était conçue. Une fois qu'il la tint, il ne voulut plus donner aucune réponse; si bien que Galilée, après avoir fait toutes sortes de démarches pour qu'elle lui fût rendue, après l'avoir fart môme demander par l'ambassadeur de Toscane, ne trouva d'autre ressource que de s'en passer; et se contentant de la nouvelle approbation du censeur de Florence, il publia son ouvrage en 1632. Toutefois, pour se mettre, autant qu'il le pourrait, à l'abri des poursuites, il imagina un singulier expédient : ce fut de présenter ses dialogues comme une apologie du jugement de Rome, qui avait condamné la doctrine de Copernic : « On a, dit- « il, avancé en pays étranger que ce jugement avait été rendu par « des gens ignorants et passionnés; mais moi, qui ai eu l'occa- « sion de connaître à fond les motifs de cette détermination pru- « dente, je crois devoir rendre ici. témoignage à la vérité. Je me « trouvais à Rome à cette époque : j'ai obtenu non-seulement des « audiences, mais même des applaudissements à ce sujet des pre- ■ « miers prélats ; et si le jugement a été rendu, ce n'a pas été sans « m'avoir auparavant demandé plusieurs informations : c'est « pourquoi j'ai voulu, par ce nouvel écrit, montrer aux étrangers « qu'on en sait autant qu'eux en Italie sur ces matières, et que « l'on n'en juge qu'avec connaissance de cause. » On sait aisément à quoi s'en tenir sur cette déclaration de Galilée, lorsqu'on a lu seulement quelques pages des dialogues ; et aussi, ceux qu'il prétendait justifier lui en montrèrent peu de reconnaissance.

Mais ce que l'on ne saurait se figurer, c'est la véritable fureur que cette apparition excita parmi les théologiens de Rome, presque tous ardents péripatéticiens. Vainement Galilée essaya d'échapper en alléguant qu'il avait soumis son livre au jugement du Saint-Siège ; vainement, pour dernière ressource, il protesta qu'il avait seulement voulu exposer les deux systèmes de Plolém^ et de Copernic d'une manière philosophique, sans prétendre adopter l'un plutôt que l'autre : ses ennemis ne permirent pas qu'on

écoutât rien. Il lui restait quelque espérance dans Testime personnelle du pape Urbain VIII, dont il avait reçu l'accueil le plus gracieux dans un autre voyage, et qui même avait fait assez de cas de ses découvertes astronomiques, pour les chanter dans d'assez mauvais vers : mais on persuada au saint père que c'était lui que Galilée avait voulu jouer sous le personnage de Simplicius ; et Famour-propre aigri rendit sa sévérité inexorable *. Malgré l'intercession du grand-duc de Toscane, malgré les vives instances que ce prince fit faire par son ambassadeur, l'ouvrage de Galilée fut déféré à l'inquisition, et lui-même assigné à comparaître devant ce tribunal. Le pouvoir de Rome était alors suprême : il faHut obéir. Ni la faiblesse de sa santé, ni les douleurs rhumatismales qui le tourmentaient, ne purent l'exempter de ce triste voyage. C'était en 1 633, et il avait alors soixante-neuf ans. « J'arrivai à Rome, dit-il, dans une de ses lettres. Je 1 février, -« et je fus remis à la clémence de l'inquisition et du souveraiin « pontife, Urbain VIII, qui avait pour moi quelque estime, quoi- € que je ne susse pas rimer l'épigramme et le petit sonnet amou- « reux. Je fus mis en arrestation dans le délicieux palais de la € Trinité-du-Mont, séjour de l'ambassadeur de Toscane^ Le len- « demain, je reçus la visite du P. Lancio, commissaire du Saint- « Office, qui me prit avec lui dans son carrosse. En chemin, il me « fit diverses questions, et me montra un grand désir • que je « réparasse le scandale que j'avais donné à toute l'Ialie, en soute- « nant Topinion du mouvement de la terre ; et à toutes les raisons « mathématiques que je pouvais lui opposer, il ne me répondait « pas autre chose, sinon: Terra autem in mternum stabit, quia « terra in œternum stat, comme dit l'Écriture. En discourant « ainsi, nous arrivâmes au palais du Saint-Office. Je fus présenté « par le commissaire de l'assesseur, avec lequel je trouvai deux

* Lettre écrite d'Arcetri par Galilée, le 26 juin 1636, citée par Targîoni- Tozzetti, dans V Histoire des sciences en Toscane, t. II, p. 147.

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< religi0ux dominicslins. Us me prévinrent civilement, que je ser € mis admis à expliquer mes raisons devant la congrégalien, et « qu'ensuite on entendrait mes n^otifs d*excuse si j*étais jugé « coupable. Le jeudi suivant, je parus en eCEet devant la congre- « galion, et je me mis à exposer mes preuves. Hais, pour mon « malheur, elles ne furent pas saisies ; et, quelque peine que je « me donnasse, je ne -pus jamais venir h bout 4^ ^^ ^^^^^ comr « prendre. On coupait tous mes raisonnements par des élans € de zèle; ou Ton ne me parlait plus que du scandale que j-avais « donné, et* Ton m'opposait toujours le passage de l'Écriture, sur « le miracle de Josué, comme la pièce victorieuse de mon procès. « Cela me fit souvenir d'un autre endroit, où le langage des livFes « saints est évidemment conforme aux idées populaires, puisqu'il « est dit que les deux sont solides et polis comme un miroir « de bronze. Cet exemple me parut venir bien à point, pour i prouver que le mot de Josué pouvait être interprété ainsi; et la « conséquence me sepiblait parfaitement juste. Mais on n'en tint « compte ; et je n'eus pour toute réponse que des baussemepts « d'épaules*. » Le 30 avril, c'est-à-dire après vingt jours, onren-voya Qalilée chez l'ambassadeur, avee défense de sortir de l'en-; ceinte du palais, mais en lui permettant toutefois de se promener

* I^Ure de G»Ii|é^, citée p^ Tiral^^çhi*,

* Je n« dots pM iflssliniifer qap PautbeQticité de cette lettre a <té récemnieBt contesi^. Dans rériition cnmplëte des œuvres de Galilée, publiée à Florence, sous les auspices du ffrand-ftuc de Toseane actuel, Léppold II, yqj V|{ ii8My, page 40, Ie« éditeur», eq 1« reproduisait, y ont annc^0 la note suivante, que je traduis fidèlement :

Au sujet dé cette lettre, voici ce qij'on lit h la fin de l'Index du tome V, part, ir» de la collection des manuscrits de Galilée : a Le Sitjnor I»ierre Gtordani (était-ce le mnthématicien?) « soup(:onna que et tte lettre, publiée d'ahoid par Tirabo.schi, et répétée après lui parbeao- « coup d'autres écrivains, squs le nom de Galilée, n'avait pas été réellement écrite par lui, • plusieurs expressions semblant éJranjfèresà son style habituel. C^ doute ayant été sou- « 11)19 A notre grand-duc, S. A. fit aussitôt écrire à Rpmp pour qup l'on cherchât, si, cqnforr « ménient A Tassertlon de tous ceux qui l'avaient citée, on en trouverait l'autographe « dans la bibliothèque du duc Gaetaqi. Oi? l'y trouva fn eftet. Mais bien loin d'être de la m main de Galilée, elle portait une apostille où il était formellement avoué, qu'elle avait « été écrite tout exprès par un duc Gaëtani, pour induire TiraboschI en erreur.-.

Au reste, A défaut de ce document, la correspondance officielle de l'ambassadeur de Florence «v^j^ '« grand-duc, maintenant publiée, rend compte, jow par Jour, de tout ce qui coMUnZ ^f^"*«» * Rome, pendant son procès, et les détails minutieux qu'on y volt gnes, excluent toute Idée qu'on ait e^jercé envp^s lui, 4es ylgw»r« pl)y*f.que». J. B,

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librenrent dans les vastes jardins qui en faisaient partie. Il fut ramené de nouveau au tribunal, le 22 juin, pour y prononcer son abjuration, qu'on lui dicta à peu près en ces termes : « Moi, Ga-r « lilée, dans la i^ixante-dixième année de mon &ge, étanl constir * tué prisonnier, et à genoux devant Vos Éminences , ayant «devant mes yeux les Saints-Évangiles, que je touche de mes « propres mains... j'abjure, je maudis et je déteste Terreur et « Thérésie du mouvement de la terre, etc. » Cette expiation achevée, on prohiba ses dialogues, on le condamna à la prison pour un temps indéfini, et on lui ordonna, pour punition $alutair0, de réciter, une fois par semaine, les sept psaumes de la pénitence, pendant trois ans^

Telle fut la récompense d'un des plus grands génies qui ait jamais éclairé Thumanité. On dit qu'après avoir prononcé son abjuration, rempli du sentiment da l'injustice que lui faisait sop siècle, il ne put s'emjôcber de dire à demi- voix : E pur si muQv$ (et pourtant elle se meut]. Sans doute elle se meut, et ce doi|; être. Tunique réponse que ceux qui étudient la nature, doivent en tout temps faire à leurs injustes détracteurs. Qu'irpporte, en effet, l'opinion des hommes quand la nature parle? Que sont leurs préjugés, qu'est leur sagesse même, à côté de ses lois ? Pourquoi accuser d'impiété l'observation des ouvrages de Dieu? Au reste, tel est aujourd'hui le sentinient des personnes les plus éclairées en matière de théologie : le mouvement de la terre et l'immobi-r lité du soleil ne sont point contraires aux paroles de l'Écriture, l'Esprit saint ayant dû parler aux hommes le seul langage qu'ils pouvaient comprendre. Il est vrai que cette interprétation, admise aujourd'hui, ne parut pas bonne du temps de Galilée, puisque nous avons vu qu'il fut lui-même repris pour avoir essayé de la

^ La 6uite du texte porte : « Nous réservant la faculté de piodérer , cban-r « ger, ou supprimer entièrement, tout ou partie desdites peines et pénitences. » Je n'aurais pas dû omettre cette clause finale. Car c'est en conséquence de la réserve qu'elle exprime que Ton épargna à Galilée l'horreur de la prison. /. B.

faire valoir. Mais, d'après ce que nous avons raconté de l'histoire de sa vie, on a pu voir que la persécution exercée contre lui, fut reffet, malheureusement trop ordinaire, de l'envie qui s'attache toujours à une grande célébrité. Il y a des armes propres à chaque pays. Galilée en Italie fut hérétique, comme Descartes en Hollande fut athée.

Toutefois en maudissant, avec la postérité, l'horrible injustice faite à un si grand homme, il faut reconnaître que le tribunal redoutable auquel il fut soumis, n'exerça pas envers lui ses dernières rigueurs. On a prétendu, sans aucune vraisemblance, qu'il avait été mis à la question. Il est vrai, que dans le style inquisitorial, cela semblerait indiqué par ces mots, rigorosum examen, qui se trouvent dans le texte de son jugement; et de plus, par une rencontre qui peut être fortuite, on dit que depuis lors il commença à souffrir d'une hernie intestinale, suite ordinaire de l'espèce particulière de torture à laquelle on suppose qu'il aurait ^té appliqué*. Mais heureusement pour l'honneur de l'humanité, ces inductions semblent complètement détruites par tout le reste de la conduite que l'on tint à son égard. Il est certain, par les lettres de l'ambassadeur, qu'il ne fut pas jeté dans les cachots du Saint-Office, quoique le jugement le dise aussi : on lui donna, pour prison, le logement même d'un des officiers supérieurs du tribunal, avec la permission de se promener dans tout le palais. On lui laissa son domestique : il ne fut pas même mis au secret; et il put, tant qu'il le voulut, recevoir des visites et écrire à ses amis : c'est ce que confirment de nombreuses lettres de lui, datées de cette époque, et que l'on a conservées. S'il ne recouvra pas d'abord une entière liberté, du moins sa captivité fut aussi douce qu'elle pouvait l'être, puisqu'il eut pour prison le palais même de l'archevêque de Sienne, Piccolomini, son ami et son élève, palais magnifique et entouré de superbes jardins. Enfin, au com-

* Ce que Ton appelait alors «7 tormento délia corda.

mencement de décembre 1633, le pape lui donna la permission de venir librement résider à la campagne, près de Floreni^; et plus tard, l'entrée de cette ville lui fut accordée quand ses infirmités Texigeaient. Néanmoins, ces restrictions prouvent qu'il resta sous la surveillance de Finquisition ; et les écrivains italiens disent môme qu'il reçut plusieurs fois, de ce tribunal, des lettres menaçantes, à cause des études auxquelles il s'appliquait encore, et sous le prétexte des liaisons trop intimes qu'on l'accusait de conserver avec les savants d'Allemagne. C'était trop faire souffrir un pauvre vieillard, qui n'avàît eu d'autre tort que d'avoir dévoilé des vérités inconnues. 0n le voit, avec douleur, découvrir ces amertumes profondes, da»s la préface de deux nouveaux dialogues sur le mouvement et sur la résistance des solides, qu'il confia en manuscrit, en 1636, au comte deNoailles, lorsque ce dernier revint en France, de Rome, où il avait été ambassadeur. « Confus, lui dit-il, et affligé du mauvais succès de mes autres « ouvrages, et ayant résolu de ne rien publier davantage, j'ai « voulu au moins remettre en des mains sûres quelque copie de « mes travaux ; et comme l'affection particulière que vous m'ac- « cordez, vous fera sûrement souhaiter de les conserver, j'ai voulu « vous remettre ceux-ci. » Le comte s'empressa de les communiquer aux Elzevirs, qui les imprimèrent (Leyde, 1 628, in-4°) ; et il est présumable que cette publication ne fit pas à Galilée autant de peine qiîe Viviani, son disciple, mais écrivant comme lui trèsprès de Rome, a voulu le faire penser. Cest ce que confirment très-bien plusieurs lettres écrites par lui h ses amis intimes, et qui nous sont parvenues.

Dans ces deux dialogues, Galilée créait une science tout à fait nouvelle , celle de la résistance des solides, et il établissait, avec une sagacité admirable , les lois non moins nouvelles du mouvement accéléré des corps graves. , soit en chute libre, soit sur des plans inclinés. Ce n'est pas le seul ouvrage que les Français aient sauvé des mains de ses ennemis. Ce fut un Français, le P. Mer-

senne, qui publia le premier la mécatiique de Oalilée , livre qui, en mn de pages^ renferme, entre autres découvertes, la démons-tration des lois de Féquilibre sur le plan incliné, et cet autre principe si fécond, appelé depuis le princ^fe des vitesses tirluellest qui consiste à ce que, dans une machine quelconque, la puissance et le poids, qui se font mutuellemenl équilibre, sont inversement proportionnels aux espaces que Tun et l'autre parcourraient en un temps infiniment petit , si Téquilibre était tant soit peu troublée Accablé d'années et d'infortunes, "Galilée observait encore, et travaillait avec un courage infatigablè;l^ontinuer ses tables des satellites de lupitef, lorsqu'il pcrdiî la vue à Tâge de soixantequatorze ans. Mais sa pensée survivant à tous ses sensj il ne cessa dô méditer sur la nature, désormais cachée à ses yeuX; Entouré â'élèves attentifs et respectueux, visité partout ce que Florence renfermait de plus distingué, il vécut encore quatre ans dans cet état ; après quoi, une fièvre lente termina sa longue carrière, le 9 janvier* 4642, à Tàge de soixante^lix-huit ans, Tannée même de la naissance dfe Newton. Son corps fut transporté à Florence, où depuis on lui érigea un mausolée.

Mais son esprit ne s'éteignit point. Il reparut dans ses savants disciples^ Viviani, Torricelli, auxquels on peut ajouter Newton inéme> «t nous tous qùi^ après lui, étudions la nature, puisque c'est Galilée qui a montré l'art de l'interroger par l'expérience. On â souvent attribué cette gloire à Bacon ; mais ceux qui lui en font honneur, ont élél[à notre avis) Un peu prodigues d'un bien qu'il ne leur appartient peut-être pas de dispenser. Nous citerons, en faveur de Galilée, un témoignage irrécusable; c'est celui de Hume : « SI Bacon, dit-il, est considéré simplement comme aii- « teur et comme philosophe, quoique très-estimable sous ce point « de vue, il est fort inférieur à Galilée, son contemporain. Bacon « à montré de loin la route de la vraie philosophie : Galilée l'a « noti-seulement montrée ; mais il y a marché lui-même à grands ^ pas. L'Anglais n'avait aucune connaissance des mathématiques.

MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTERAIRES. ti7

« Le Florentin y excellait, et il est le premier qui lésait appliquées « aux expériences et à la philosophie naturelle. Le prenyer a € rejeté dédaigneusement lé système de Coperiiic ; Tautre Ta for- € tiflé de nouvelles preuves empruntées de là raisoii et des sens. « Le style de Bacon est dur et empesé; Son esprit , quoique bril- « lant par intervalles, est peu naturel, et semble avoir ouvert le « chemin à ces comparaisons alambiquées, à ces lobgues allégories « qui distinguent les auteurs anglais. Galilée, ail coiliràire, est « vif, agpéable, quoique un peU prolixe. Mais ritalie, n'étant point « unie sous un seul gouvernement, et rassasiée peut-être de cette * gloire littéraire qu'elle a possédée'dans les temps anciens fet « modernes, a trop négligé l'honneur d'avoir donné la naissance « à un si grand homme ; au lieu que l'esprit national qui domine « parmi les Anglais, leur fait prodiguer à leurs éminents éôrivàihs, « entre lesquels ils comptent Bacon, des louanges et des acclama- € tions qui peuvent souvent paraître partiales ou eicesslves^. »

A ce jugement d'un écrivain si éclairé, nous h'ajoliterohs (Ju'unè simple réflexion; Si Bacon a eu tant de part aux découvertes qui Se sont faites après lui dans les sciences, qu'on nous montre donc un seul fait, un seul résultat de son invention, qui soit de quelque utilité aujourd'hui ; ou-, si ses principes généraux sont tellement féconds, qu'ils aîeht pu, comme eh l'assure, lui faii-e pressentir un grand nombre de découvertes modernes, il est pt^és'uniable qu'on n'a pas encore épuisé tout ce que contient son livre, et dans ce cas, ceux qui disent que nous lui devons tant de choses, devraient essayer d'en tirer d'avance quelques-unes des découvertes dont la méthode de Galilée nous enrichit tous les johrs. Hume à caractérisé parfaitement le style de Galilée, style si élégant et si pur, qu'il est devenu une autorité classique. Nods aVonà vu pài^ quelle heureuse préparation ce savant homme l'avait acquis. Il aimait beaucoup la littérature, surtout les vers , et il était passionné pour l'Arioste qu'il savait par cœur : cette prédilection alla si loin qu'elle lui fit méconnattre le mérite du Tasse, du moins si

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Ton en juge par un écrit de sa jeunesse, qu'il n'avait pas destiné à voir le jour, et qui fut imprimé après sa mort. Mais si la manière dont il y parle de la Jérusalem délivrée n'esUpas toujours . conforme aux égards que méritait un si grand poëte, il semble qu'on peut pardonner quelque cjiose à la liberté d'un esprit qui, croyant ne s'entretenir qu'avec lui-même , n'est point obligé de garder les ménagements que la publicité exigerait. Il est vraisemblable que Galilée eût adoud sa critique s'il l'eût publiée ; et l'on peut croire que lorsque son goût fut formé, il jugea convenable de la supprimer entièrement; car, dans plusieurs passages de ses lettres, il rend justice au talent du Tasse, quoique TArioste lui semble toujours supérieur.

Nous sommes entrés dans ce détail, parce que l'on aime à connaître toutes les particularités qui concernent les hommes célèbres. Par le môme motif, nous ajouterons que Galilée était d'un caractère aimable et gai, d'un aspect agréable, surtout dans sa vieillesse, d'une. taille moyenne et d'un tempérament assez fort : il aimait à vivre à la campagne, où ses délassements favoris étaient la culture de son jardin et la conversation de ses amis. Il ne se maria point ; mais il laissa trois enfants naturels, un fils et deux filles : celles-ci se firent religieuses. Le fils se maria et eut des enfants ; mais sa postérité s'éteignit bientôt*.

Le P. Frisi a donné à Livoume, 1775, in-8°, un Elogio del

* Les indications bibliographiques rapportées dans ce qui va suivre n'ont pas été rassemblées par moi, mais par une personne que les éditeurs de la Biographie universelle avaient spécialement chargée de ce genre de travail. Quoiqu'elles me paraissent aujourd'hui fort incomplètes, je n'ai pas cru pouvoir me permettre de les supprimer dans cette réimpression, mais je serais inhabile à y ajouter ce qui y manque. Aux lecteurs qui voudront étudier Galilée avec l'intérêt du savant ou du philosophe, et non pas avec la curiosité du bibliophile, il me suffira de mentionner l'édition complète de ses œuvres maintenant en cours de publication à Florence sous les auspices du grand-Hluc actuel Léopold II. Les quinze premiers volumes qui ont déjà paru , contiennent tous ses ouvrages scientifiques, toute sa correspondance générale, et tous les détails qu'il a été possible de recueillir sur les particularités de sa vie. J. B.

GalileOf qui a été^raduit en français (V. Floncel). La vie la plus étendue qu'on ait de cet illustre philosophe, est celle qui a été écrite par Louis Brenna, et insérée par Fabroni, en 1778, dans le tom. i«' de ses Vitm Italorum. On trouve aussi beaucoup de renseignements précieux dans Tiraboschi, et dans Fouvrage de Targioni-Tozzetti sur Thistoire des sciences en Toscane. L'abbé Andrès a publié un Saggio délia filosofia del Galileo, Mantoue, 4776, in-8*>.

On a plusieurs éditions des œuvres de Galilée: la première, publiée par Charles Manolessi, Bologne, 1655, 2 vol. in-4**, est fort incomplète; celle de Florence, 1718, 3 vol. in-4^, par Bottari, ne Test guère moins ; celle de Padoue, 1744, 4 vol. in-4', est la première où Ton trouve le Dialogue sur le système du monde , augmenté d'après l'exemplaire de l'auteur : la plus complète est celle de Milan, 1808, 13 vol. in-8°. Les bibliophiles recherchent encore les éditions originales de plusieurs des ouvrages de Galilée ; nous indiquerons seulement les suivants : L Sidereus nuncius^ Florence, 1 61 0, in-4^ ; réimprimé la même année à Venise, in-4<» ; et à Francfort, in-8« de 55 pages. L'auteur y fait l'histoire intéressante de ses découvertes astronomiques ; il explique sa méthode pour mesurer le champ de la lunette, et par conséquent les distances en arcs célestes; on y voit comment il mesurait la hauteur des montagnes de la lune, qu'il évaluait, pour quelques-unes, à quatre milles d'Italie. Kepler, ayant reçu cet ouvrage, se hâta de répéter à Prague les observations de l'astronome Florentin, confirma ses découvertes, et publia la même année deux dissertations qui font comme la suite de l'ouvrage. IL Ilsaggiatore, nel quale con bilancia esquisita et giusta^ si ponderano le cose contenute, etc., Rome, 1623, in-4^. C'est une réfutation de la Libra astronomica, que le P. Horace Grassini, jésuite, avait publiée, sous le pseudonyme de Sarsi, contre le système de Galilée sur les comètes : cette critique passe pour un chef-d'œuvre d'élégance et de finesse, et ne fit qu'exciter davantage la haine des ennemis du

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