‹ Mélanges scientifiques et littérairesChapitre 7 sur 39 · II · texte numérisé non relu

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éclaircir par un art d'exposition très-remarquable, uni h une intelligence parfaite du sujet. Enfin, pouf augmenter notre surprise, cet ouvrage qui annonce un esprit si juste, si méthodique, des connaissances si positives, si variées ; cet ouvrage qui a eu deux éditions en Angleterre..., est d'une femme; et d'une femme, qui, malgré le succès, n'a pas voulu se nommer.

Il faut espérer que ce trait de modestie lui fera trouver grâce près des gens graves et sévères, qui pensent encore avec le bonhomme Chrysalde :

Qu^une femme en sait toujotirs assez

Quand la capacité de son esprit se hausse

A connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse.

Quoique, à vrai dire, il ne soit pas encore bien prouvé que la sottise chez les femmes soit un rempart de vertu beaucoup plus assuré que l'esprit, et Molière nous en* donne encore l'exemple dans YÉcole des Femmes. Sans doute la pédanterie, déjà trèsridicule dans un homme, serait insupportable dans une femme. Sans doute il est mille choses qu'une femme a bonne grâce d'ignorer. Il est plusieurs études auxquelles il serait inutile et môme dangereux de la livrer, parce qu'elles pourraient ternir la pureté de son imagination sans aucune utilité bien réelle. Mais d'un autre côté il existe une infinité de connaissances positives qu'elle peut acquérir, qui contribueront h fortifier sa raison, son jugement, et qui développeront son intelligence sans aucun danger. Par exemple, il serait certainement inutile qu'une femme allât passer ses journées dans un laboratoire de <^himie; mais s'il est possible, et il l'est, comme an le verra tout à l'heure, de lui présenter les principaux phénomènes chimiques, d'une manière simple, abrégée, et cependant exacte, elle en retirera de trèsgrands avantages pour l'intelligence d'une multitude de produotions de la nature, ou de procédés des arts, qui s'offrent partout à se» yeux. Elle pourra môme avoir, plus d'une fois, l'occasion

d'employer avantageusement cesr connaissances pour elle-même et pour les autres, soit en les faisant servir à des applications utiles, soit en y trouvant des secourg ou des préservatifs dans une infinité de circonstances inattendues. Et pourvu qu'elle ne fasse point parade de ce qu'elle a acquis, il semble bien diflBcile que quelques idées justes et exactes sur les phénomènes de la nature, puissent lui faire un si grand tort. Car enfin, on ne voit pas comment une femme serait moins aimable pour savoir que le principe qui entretient la flamme entretient aussi la vie ; ou moins vertueuse pour avoir appris comment le sang se forme dans ses veines, et le lait dans son sein ; ou moins bonne mère de famille pour connaître les caractères et les propriétés des sels qu'elle devra peut-être présenter un jour comme médicaments à ses fils.

L'auteur des Conversations sur la Chimie nous apprend ellemême, dans sa préface, les motifs qui l'ont déterminée à écrire cet ouvrage, et le but qu'elle s'est proposé d'atteindre.

« En se hasardant à offrir son ouvrage au public, et particu- € lièrement aux lecteurs de son sexe, l'auteur de cette introduc- « tion à la chimie comprend fort bien que puisqu'elle est elle^ « même une femme, elle doit commencer par donner quelques « explications sur son entreprise, dont elle a d'autant plus besoin « de faire l'apologie, que ses connaissances en chimie sont ré- « çentes, et qu'elle n'a pas des droits bien réels au titre de chi- « miste.

« En assistant, pour la première fois, à des leçons expérimen- « taies, je trouvai qu'il était absolument impossible de retirer € une instruction claire et satisfaisante des démonstrations ra- « pides que l'on est souvent forcé d'entasser dans des cours pu- « blics de ce genre. Mais ayant eu, dans la suite, des occasions «fréquentes de converser avec un ami, sur la chimie, et de « répéter beaucoup d'expériences, j'acquis des notions plu» « exactes des principes de cette science, et je commençai à pren-

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« dre beaucoup d'intérêt à son étude. C'est alors que je sentis, « en assistant aux excellentes leçons données à l'Institution « royale*, par le professeur actuel de chimie, le grand avantage « qu'une connaissance préliminaire du sujet, quelque faible « qu'elle fût, me donnait sur ceux qui n'avaient pas eu les mêmes « moyens d'instruction particulière. Chaque fait, chaque, expé- « rience, attirait mon attention, et servait à expliquer quelque « théorie h laquelle je n'étais pas étrangère; et j'eus la satisfac- « tion de trouver que les nombreuses et élégantes explications « qui distinguent particulièrement cette école, manquaient rare- « ment de produire dans mon esprit l'effet qu'on en pouvait « attendre.

« Il était naturel de conclur.e de là que des conversations fa- € milières sont, dans des études'de ce genre, le plus utile des « moyens d'instruction auxiliaire, et surtout pour les femmes, « dans l'éducation desquelles on pense rarement à préparer l'es- « prit aux idées abstraites, et au langage scientifique.

« Mais comme il y a peu de femmes qui puissent se procurer « ce mode d'instruction, et que je ne connaissais aucun livre qui « pût en tenir lieu, je pensai qu'il pouvait être utile pour les « commençants, et satisfaisant pour moi, de tracer la marche « par laquelle j'avais acquis ma petite collection de connaissances

4 L'Institution royale de Londres est une fondation magnifique, faite par une réunion de simples particuliers, et consacrée à renseignement des sciences physiques et mathématiques. Le professeur de chimie actuel est M. Davy , jeune chimiste, déjà célèbre dans toute l'Europe par ses belles découvertes. Cet établissement est ouvert aux personnes des deux sexes. Il doit son origine au comte de Rumford qui en a conçu le plan , et qui a employé tous ses soins pour le réaliser. M. de Rumford a eu le plaisir de voir, en peu de temps, Tln- Btitution royale, dotée d*un capital assez considérable pour assurer son existence, et surpasser môme ses besoins présents. Mais renseignement n'y est pas gratuit, et il ne saurait l'être , puisque l'Institution royale est une propriété particulière. Sous ce rapport, la munificence du gouvernement donne à la France un grand avantage sur toutes les autres nations de l'Europe, principalement pour ce qui concerne l'enseignement des parties les plus élevées des sciences et des lettres. {Diote de l'auteur de l'article,)

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« chimiques, et de^ rappeler, sous la forme de dialogues, ces « mêmes idées que j'avais d'abord reçues de la conversation. »

Ce que Fauteur dit ici de l'utilité d'une instruction préliminaire pour suivre avec fruit des cours publics, sera confirmé par toutes les personnes qui ont été chargées de cette sorte d'enseignement, surtout dans les établissements ouverts aux gens du monde, et où l'on admet des personnes des» deux sexes; les réflexions précédentes, si bien placées dans la bouche d'une femme, montrent aussi l'heureuse influence que ces établissements pourraient avoir sur l'instruction de la société, s'ils étaient plus en vogue. Or, ils seraient plus en vogue s'ils étaient plus riches, parce qu'ils pourraient alors donner plus d'éclat à leurs démonstrations, et ils seraient plus riches si les particuliers avaient plus de zèle pour l'instruction. Car, dans un pays comme la France, où il y a tant de grandes écoles destinées à l'enseignement de la jeunesse, il serait injuste de demander que le gouvernement se chargeât aussi de l'éducation des hommes faits. Après cette espèce de délibération, l'auteur expose le plan qu'elle a adopté. Il consiste à faire connaître d'abord les substances simples, ou réputées telles dans l'état actuel de la chimie, et à s'élever ensuite, graduellement, jusqu'aux composés les plus compliqués. Ce plan est aussi celui que M. Fourcroy a suivi dans son Système des Connaissances chimiques, et dans ses autres ouvrages. Il a bien quelques inconvénients, puisque la plupart des substances que nous considérons aujourd'hui comme simples, sont probablement composées de divers principes, ce qui doit rompre les analogies naturelles qu'elles nous offriraient si nous connaissions mieux leur nature. Mais dans l'état où la chimie se trouve, il est impossible d'éviter ces imperfections; et enfin, lorsqu'une fois on s'est entendu sur le sens qu'il faut accorder à la dénomination de substance simple, cette expression devient uniquement relative à la limite.actuelle de nos connaissances, et alors elle ne renferme plus rien d'inexact.

Maisea admettant ces définiUons, pour ainsi dire provisoires , faut-il les employer dans Texplication des phénomènes chimiques comme exprimant des réalités? Par exemple, de ce que Ton peut souYont ohserver les effets de la chaleur sans lumière sensible , ou ceux de la lumière sans aucune sensation appréciable de chaleur, s'ensuit-il qu'il faille regarder le calorique et la lumière comme deux êtres simples et distincts l'un de l'autre? et parce que chacun de ces agents peut modifier les résultats des affinités chimiques, doit-on en conclure que le calorique est réellement une substance matérielle, susceptible de s'unir aux autres substances ou de se séparer d'elles par un véritable jeu d'affinités? Je sais bien que c'est ainsi que les chimistes ont coutume de considérer le calorique , et l'auteur des Conversations sur la Chimie les a suivis en ce point ; mais s'il y a des faits qui se laissent bien représenter dans cette hypothèse, il en est d'autres, et en très-grand nombre, qui restent entièrement inexplicables. Tout ce que nous apprenons des expériences sur l'action du calorique, c'est qu'il tend continuellement à écarter les molécules des corps, tandis que l'attraction tend à les rapprocher. Le calorique doit donc êtrp pour nous une force expansive capable dô . produire cet effet, et rien' de plus. Quant à la cause qui peut le retenir et le dissimuler dans les corps , nous ne la connaissons pas ; nous savons seulement que les quantités de chaleur qui se dégagent ou qui s'absorbent dans une suite de changements chimiques , se reproduisent en sens contraire et avec la même intensité lorsque les corps repassent par les mômes états. Ce principe général, joint à quelques autres propriélés qui s'observent constamment, et à l'idée d'une force expansive, suffit pour la simple exposition des phénomènes chimiques ; et ces qualités , qui sont les seules données par l'expérience , me semblent aussi les seules que l'on puisse admettre dans les explications. Ainsi, en louant l'extrême clarté avec laquelle Fauteur des Conversations a exposé la théorie du calorique considéré comme matière.

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je crois (jumelle auriail taiëUx fait de s*eti passer, et de s*en tenir aux phénotnènes par lestjuels les divers états du calorique nous deviennent sensibles , phénomènes qu'elle développe avec beaucoup d'art. Lorsque Newton eut prouvé le fait de l'attraction universelle, il ne l'attribua pas à une matière interposée entre les corps célestes ; il n'y vit qu'une force , qu'une tendance mutuelle qui pousse ces corps les uns vers les autres , comme ferait une attraction. Pourquoi les chimistes n'auraient-ils pas la môme réserve à l'égard du calorique , dont les lois et la manière d'agir he sont pas même encore complètement connues?

•Il me semble que Von n'est pas mieux fondé à supposer, comme on le fait souvent en chimie, une forcé attractive pafticuhère qui , sous le nom d'attraction de cohésion , agit seulement entre des molécules de môme natUre, dt une autre force qui agit seulement entre les molécules de nature différente , sous le nom d'attraction de composition. * î)e pareilles distinctions ne sont point dans la nature; les diverses actions que chaque corps exerce sur lui-môme, et sur les autres corps, selon les diverses circonstances où on le place , ne sont que les résultats de la force attractive qu'il possède, laquelle est diversement modifiée par la figure des particules ou par leur distance *. Id , l'auteur des Con- \ersalions a encore suivi les idées lès plus répandues parmi lés chimistes, et je doute qu^elle ait bien fait.

Je crois aussi qu'elle a eu tort de considérer Faction dé l'eau suf les substances qu'elle peut fondre, comme une action particulière, analogue à celle de la chaleur, et différente de l'affinité. Il me semble que c'est une affinité véritable , quoique faible, il en est de même delà dissolution d'un sel, oU de l'union de l'abide

* La force attractive dont il s'agit ici, n'est point l'attraction planétaire réciproque au carré de la distance ; c'est un autre genre de forces qui décroît avec une rapidité extrême à mesure que la distance augmente, ce qui fjrit que l'aflSnité n'est sensible qu'à des distances insensibles^ {Voy, la Théorie de M. Laplace, sur les phénomèties capillaires. Supplément au iv« volume de l^ Mécanique céleste,)

sulfurique avec l'eau. L'auteur ne regarde point ces produits comme des combinaisons , mais comme de simples mélanges , parce que Ton peut en séparer les principes par la chaleur ; mais , à ce compte , plusieurs oxydes métalliques ne seraient aussi que de simples mélanges ^ car la chaleur suffit pour les décomposer et revivifier le métal. Il est à la fois plus exact et plus simple de considérer tous ces phénomènes comme produits par de faibles aflinités, qui cèdent h la force répulsive du calorique ; mais ce n'est pas ainsi qu'ont pensé les chimistes que l'auteur des Conversations a choisis pour modèles.

Enfin , on voit avec regret qu'elle a adopté dans cet ouvrage la doctrine des affinités électives , qui paraît aujourd'hui trop contraire aux phénomènes pour pouvoir subsister. Suivant cette doctrine, lorsque deux substances sont combinées, si on leur en présente une troisième qui ait pour l'une d'elles plus d'affinité qu'elles n'en ont Tune avec l'autre, la combinaison se défait; et les deux substances qui dut entre elles le plus d'affinité s'unissent et abandonnent la troisième; ce que l'auteur compare ingénieusement à deux amis qui étaient fort heureux dans la société l'un de l'autre, jusqu'au moment où un troisième est venu les désunir par la préférence que l'un d'eux a donnée au nouveau venu. Mais ce n'est pas tout à fait ainsi que la chose se passe en chimie : l'abandon de la substance précipitée n'est pas ts^al ; il en reste toujours une petite quantité en combinaison ; on doit donc, ainsi que l'a fait M. BerthoUet, considérer les trois substances comme réagissant simultanément les unçs sur les autres. Alors, chacune d'elles se partage selon la puissance de ses affinités, et ce qui ne trouve point à se combiner se précipite. Ce point de vue, beaucoup plus général , est aussi beaucoup plus simple, comme cela arrive toujours dans les sciences; car rien n'entraîne plus de complications que les distinctions inutiles. Quand on veut prendre une idée générale de l'aspect d'un pays, il faut se placer sur les hauteurs.

Les remarques que je viens de faire suffiraient , à défaut d'éloges, pour montrer que les Conversations sur la Chimie offrent une instruction solide, quoique agréable; car les points sur lesquels je ne me trouve pas d'accord avec Fauteur appartiennent à la partie philosophique de la chimie, c'est-à-dire à la partie la plus relevée et la plus abstraite de cette science. Et, d'ailleui^s, mes critiques, si toutefois elles sont fondées, portent moins sur l'auteur même que sur les ouvrages qu'elle paraît avoir pris pour guides, ouvrages qui jouissent depuis longtemps d'une grande célébrité.

Les théories exposées dans ces Conversations sont toujours accompagnées d'expériences intéressantes et faciles à répéter, môme pour des femmes. Ceci pourra paraître extraordinaire, car les gens du monde se sont fait autrefois, sur les savants et sur les sciences , des idées bizarres qui ne sont pas encore entièrement effacées. Ainsi , il n'y a pas longtemps que l'on ne pouvait prononcer le mot de chimie sans réveiller l'idée d'un laboratoire obscur, tout rempli de cornues, de soufflets et de fourneaux, parmi lesquels vivait une espèce de vieux philosophe pareil aux alchimistes de Rembrandt. Il est bien vrai que ces divers appareils sont nécessaires pour exécuter toutes les expériences chimiques, ou pour suivre les recherches nouvelles que l'on peut se proposer. Mais , pour prendre une idée exacte des principaux phénomènes , pour acquérir des notions de chimie, même trèsétendues, et telles qu'on peut les désirer quand on ne veut point faire de cette science son unique étude, il faut beaucoup moins de frais. Quelques cornues de verre ou de porcelaine , quelques tubes de verre, quelques vases renfermant les principaux réactifs, et une lampe d'Argant , qui sert de fourneau : voilà tout ce qui est nécessaire; et c'est ainsi que sont faites toutes les expériences rapportées dans les Conversations sur la Chimie. Les appareils ou les dispositions qu'elles exigent sont représentés dans une suite de planches dessinées par l'auteur môme , d'une manière très-agréable, et gravées au simple trait.

Mes dernières remarques porteront sur le style du traducteur. Il est toujours clair, simple et convenable au sujet, mais il m'a paru quelquefois manquer de cette correction si nécessaire dans un ouvrage destiné à la jeunesse* Pat exemple, on y trouve: commencer de prendre, pour commencer d prendre ; j'aimerais bien tenter cette expérience, poiir j'aimerais bien â tenter ; une vapeur n'est rien autre qu'une solution, pour n'est pas autre chose qu'une solution ; on croyait une fois, pour autrefois ; je vous ai obsert)éi pour je vous ai fait observer ; telle chose soit telle autre, pour ou telle autre. Si j'ose dire à ce sujet ma pensée, il me semble que ces fautes de langage sont autant de locutions genevoises que l'on retrouve souvent dans les ouvrages écrits à Genève, même par des hommes du premier mérite. Cependant la pureté de la langue française ne devrait être nulle part plus religieusement conservée que dans und^ ville qui u eu la gloire de produire un de nos plus grands éôrivains, et qui offre encore aujourd'hui une réunion rare de savants et de gens de lettres distingués par leurs lumières et par leurs talents.

Je ne dois point oublier de dire que cette traduction est enrichie de notes où l'on indique les principales découvertes faites en chimie depuis là publication de Fouvrage. Ces notes courtes et très^exactes sont dues à M. le docteur Delarive, professeur de chimie â Genève ; elles sont faites dans un excellent esprit, et annoncent un chimiste très-exercé.

Je ne ferai plus qu'une réflexion : on vient de voir l'ouvrage d'une femme instruite et modeste, qui n'a eu d'autre désir que de rendre l'étude de la chimie intéressante et facile pour les jeunes personnes qui voudraient acquérir quelques- notions de cette science. Ce projet est parfaitement exécuté. Il y a environ vingtcinq ans qu'une femme, devenue célèbre par des ouvrages sur rédudatlon, et depuis par des romans, voulut donner dans un de ses contes une idée des merveilles de la nature, et des prodiges que les sciences peuvent opérer. Elle avait promis que ces pro-

diges surpasseraient ceux que Ton trouve dans les contes de fées, et elle a tenu parole. Thélismar opère, tout en voyageant, des miracles que le plus fameux démonstrateur de physique n'exécuterait pas dans le cabinet le mieux pourvu de machinés. Cette dame a voulu depuis introduire dans un de ses romans, un personnage qu'elle présente comme un chimiste, mais rien ne ressemble moins à un chimiste que le personnage qu'elle a peint. Or, si une femme aussi distinguée par son esprit et ses talents est tombée dans de telles erreurs, on ne peut certainement les attribuer qu'aux notions inexactes que Ton donnait autrefois aux gens du monde sur tout ce qui tient aux sciences ; et ce rapprochement prouve que les connaissances positives sont aujourd'hui plus répandues, même parmi les femmes, qu'elles ne Tétaient il y a quarante ans.

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