‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 2)Chapitre 3 sur 86 · DISCOURS SUR M. BARRAL · texte numérisé non relu

DISCOURS SUR M. BARRAL

sance, c'est qu'il lutta énergiquement pour maintenir au premier rang des institutions savantes la plus ancienne et, oserai-je dire, la plus célèbre des Sociétés d'agriculture.

La science ne pouvait pas confisquer un homme d'une pareille ardeur, et la politique devait tenter son ambition. Il était membre du Conseil général de la Moselle, quand de cruels événements vinrent arrêter sa carrière politique en surexcitant son patriotisme.

Il y a quelques semaines, le visage livide et la voix affaiblie, il se levait comme par un dernier effort et il prononçait l'éloge de notre regretté confrère Delesse. Avec quelle émotion il nous parlait de l'année terrible et de la patrie perdue ! On sentait que son cœur était déchiré et qu'il parlait de Delesse comme il eût aimé qu'on parlât de lui-même. Aussi, en vous annonçant à tous la triste cérémonie qui nous rassemble, son billet de faire part rappelle cette phrase que je me plais à répéter, parce qu'elle est de lui et qu'elle s'applique bien à lui :

« Son cœur était lorrain, c'est-à-dire essentiellement « patriotique, car nulle part le patriotisme n'est aussi « grand, aussi profond, aussi pur qu'en Lorraine, en « Alsace et dans notre pays messin. Au moment de « s'en aller vers Dieu, son âme eût voulu pouvoir son- « der l'avenir et deviner le jour où notre terre natale « redeviendra libre et rejettera bien loin l'étranger qui « pèse sur elle sans pitié. »

Séparons-nous, messieurs, sur ces paroles. Le silence est l'expression la plus noble de toutes les douleurs.

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