‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 2)Chapitre 46 sur 86 · SCEAUX · texte numérisé non relu

SCEAUX

Exposition générale. — Le territoire de Sceaux, dont l'étendue n'est pas bien considérable, est borné : au nord, par le territoire de Fontenai ; au levant, par celui de Bourg-la* Reine ; au midi, par celui de Chatenai, et, au couchant, par celui du Plessis ; il est séparé du territoire de Fontenai par un petit ruisseau, dont j'ai parlé à l'article sur Fontenai ; il est séparé en partie de celui de Chatenai par un autre ruisseau qui vient du territoire de ce dernier village, et dont le cours est à peu près du sud-ouest au nord-est. Le territoire de Sceaux présente une surface régulière, légèrement convexe ; le village est situé à la partie la plus élevée, qui se trouve au milieu du territoire.

Qualité des terres. — Les terres de la paroisse de Sceaux sont, en général, d'une bonne qualité, quoiqu'elles soient entr' elles d'une nature un peu différente ; elles sont calcaires, argileuses, très profondes et d'une assez bonne qualité du côté de Bourg-la-Reine ; elles sont sablonneuses et argileuses, très profondes et meilleures du côté de Fontenai et du Plessis; elles sont presqu'entièrement sablonneuses et de médiocre qualité du côté de Chatenai. Auprès du ruisseau qui vient du territoire de ce village, les terres sont fortes, argileuses

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et très humides ; mais à mesure qu'on s'en éloigne et qu'on s'avance vers le couchant, elles deviennent toujours plus sablonneuses et d'une qualité inférieure.

Le long du chemin de Chatenai, le terrain, coupé verticalement, présente à droite et à gauche des sables quartzeux, fins et presqu'entièrement purs. On y voit :

Terre végétale 10 pouces.

Terre sablonneuse 2 pieds

Sablon quartzeux rougeâtre 6 —

8 pieds 10 pouces.

Auprès du ruisseau qui vient de Chatenai, le terrain présente :

Terre végétale 10 pouces.

Terre argileuse un peu sablonneuse.. 4 — Terre plus argileuse 5 —

9 pieds 10 pouces.

On retire, à côté du chemin qui mène au Bourgla-Reine, une terre argileuse contenant beaucoup de matières calcaires faisant vivement effervescence avec les acides ; on en fabrique des briques grossières de la même qualité que celles du Bourg-la-Reine. Leur fabrication est suspendue depuis quelque tems : les ouvriers sont employés à celles du Bourg-la-Reine. Le terrain présente :

Terre végétale 1 pied .

Terre argileuse 6 —

Terre calcaire blanchâtre 1 —

8 pieds.

On ne sépare pas la couche supérieure ou terre végétale : elle est aussi bonne que l'autre pour la fabrication

des briques ; la seule différence qu'il y a entr'elles ne vient que de la culture et des engrais.

Il y a à Sceaux une manufacture de faïence et de porcelaine assez considérable ; c'est principalement la faïence qu'on y fabrique, et les matières qu'on y emploie m'ont paru être les mêmes que celles que j'ai vu employer à celle du Bourg-la-Reine : les argiles de Gentilly et le sable de Fécan ; et pour l'émail, un beau sable quartzeux et blanchâtre, le même que celui du Bourgla-Reine, qu'on m'a dit provenir de Nevers. Quant à la porcelaine, outre qu'on en fabrique peu, elle n'est pas d'une qualité supérieure à celle de Vincennes.

Productions. — Les terres de la paroisse de Sceaux sont, en général, d'une bonne qualité, et les productions y sont très variées. On voit, le long des ruisseaux, des prairies naturelles très belles et couvertes de saules et de peupliers. On trouve partout des seigles et des blés, des orges, des avoines, des haricots, des fèves, des pommes de terre et des pois, que l'on sème depuis le mois de février jusqu'à la fin de juin, pour en obtenir depuis la fin de mai jusqu'à la fin de septembre. On y cultive du chanvre à différens endroits ; mais cette plante, pour bien réussir, exige une bonne culture et beaucoup d'engrais. On voit dans tout le terroir des vignes et des groseilliers, beaucoup de cerisiers, quelques néfliers et quelques noyers : ceux-ci ont beaucoup de fruits, tandis que les cerisiers en ont très peu ; quoiqu'ils aient bien fleuri, ils ont souffert des froids du mois d'avril. La vigne fait espérer beaucoup de raisin, et les groseilliers sont chargés de fruits. Les blés et les seigles sont très hauts et très chargés d'épis. Les prairies artificielles sont très belles ; elles annon-

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cent un fourrage abondant. J'ai remarqué que, dans les bonnes terres, il n'était pas nécessaire de renouveler aussi souvent que dans les mauvaises les prairies artificielles en luzerne. Cette plante, quoique détruite en partie après huit à dix années, est remplacée par des plantes graminées. La plupart des prairies du territoire de Sceaux et des paroisses voisines sont très peu fournies de luzerne lorsqu'elles sont un peu vieilles, tandis qu'elles abondent alors en plantes graminées. Mais, dans les mauvaises terres, si on ne renouveloit les prairies lorsque la luzerne commence à dépérir, elles donneroient chaque année une moindre quantité de fourrage.

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