‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 2)Chapitre 48 sur 86 · ANTONY · texte numérisé non relu

ANTONY

Exposition générale. — Le territoire d'Antony est entièrement en plaine, et son étendue est assez considérable. Il est borné : au nord, par les territoires de Sceaux et de Chatenai; au levant, par celui de Fresne; au midi, par ceux de Wissous et de Massy, et, au couchant, par celui de Verrières. Le terrain s'élève un peu du côté de Wissous, et il forme une espèce de côte dont la direction est du levant au couchant. La petite rivière de Bièvre serpente dans le terroir de cette paroisse ; sa direction au midi du village est du couchant au levant, et par conséquent parallèle à la côte ; elle fait ensuite un coude pour celle du sud-ouest au nord-est, entre Antony et Fresne. L'espace qui se trouve entre la côte et la rivière est bas et couvert de prairies naturelle^. Un petit ruisseau, nommé le ruisseau des Godets, coule au couchant d' Antony; il vient du coteau de Verrières, sépare une partie du territoire de ces deux paroisses, et va se jeter dans la Bièvre.

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Qualité des terres. — Les terres de la paroisse d'Antony sont partout d'une bonne qualité ; la couche végétale est épaisse, et au-dessous de celle-ci, on en trouve une autre, plus ou moins épaisse, de terre forte et argileuse. Au nord-ouest du village, il y a quelques propriétés dont les terres sont d'une moins bonne qualité ; la surface est couverte de cailloux, et elles sont plus sèches et plus sablonneuses qu'ailleurs ; mais du côté de Massy, de Wissous et de Fresne, elles sont d'une excellente qualité : le terreau y est très abondant et la couche végétale plus épaisse. Ces terres contiennent beaucoup de terreau et de terre argileuse, un peu de terre calcaire et très peu de sable.

Minéralogie. — La minéralogie d'Antony est peu variée. Ce territoire n'offre pas d'excavations assez considérables pour reconnaître la nature des terres à une grande profondeur; en général, ces terres sont beaucoup plus sablonneuses du côté de Verrières et de Chatenai ; elles le sont moins et elles contiennent un peu de matières calcaires du côté de Bourg-la-Reine, de Fresne et de Wissous.

On a creusé dans le village un puits à la profondeur de plus de 15 pieds : on y a retiré beaucoup de silex de différentes grosseurs et beaucoup do glaise. Au couchant du village, on voit :

Terre végétale couverte de cailloutage 1 pied,

Terre mêlée de cailloutage 3 —

Terre sablonneuse 3 —

7 pieds.

Du côté de Sceaux et auprès de la route de Versailles, on voit :

Terre végétale 1 pied.

Terre argileuse 4 —

Terre sablonneuse 3 —

Du côté du Chatenai, le terrain présente :

Terre végétale t pied .

Terre sablonneuse 3 —

Terre rougeâtre 4 —

8 pieds.

Sur la route d'Orléans et auprès de la Croix-de- Berny, un fossé présente :

Terre végétale 1 pied 2 pouces.

Terre légèrement argileuse et un peu calcaire 3 —

4 pieds 2 pouces.

Productions. — H y a dans la paroisse d'Antony beaucoup de prairies, tant naturelles qu'artificielles. Les prairies naturelles sont tout le long de la rivière de Bièvre; le fourrage y a été abondant cette année et d'une bonne qualité; on a introduit dans ces prairies, après la récolte du foin, des vaches pour les y faire paitre. La rivière, plus élevée dans beaucoup d'endroits que les prairies, favorise singulièrement la végétation des plantes graminées par l'humidité qu'elle y entretient. Les prairies artificielles sont en luzerne ; elles sont répandues dans tout le territoire ; elles ont donné beaucoup de fourrage cette année, que le printems a été pluvieux; le regain est, en général, très beau

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et très élevé, mais il souffre un peu (15 août) de la sécheresse dans les terres les plus maigres et les plus sablonneuses. On recueille beaucoup de blé à Antony, et la récolte y est bonne cette année ; mais les blés, les orges, les avoines ont été attaqués de la carie. On voit, dans quelques propriétés, une partie des épis attaqués de cette maladie. On trouve beaucoup de vignes depuis le village jusqu'à Verrières, Chatenai et Sceaux, et du côté de Wissous. La récolte du vin ne promet pas d'être abondante. On y voit aussi beaucoup d'arbres fruitiers : des poiriers, des pommiers et des cerisiers, plantés dans les vignes ; ils n'ont pas donné beaucoup de fruits cette année.

Fabrique de bougies cl' Antony. — Il y a à Antony une fabrique de bougies, de cierges, etc., très considérable. On retire la cire que l'on y emploie des différentes provinces de France, mais principalement de la Bretagne. On en fait venir quelquefois de la Hollande, et rarement du Levant par la voie de Marseille. Cette dernière, cependant, est d'une qualité supérieure aux deux autres; elle acquiert, dans un espace de temps beaucoup moindre, un plus grand degré de blancheur. La cire jaune, telle que les fabricans l'achètent, subit plusieurs opérations avant d'être employée pour faire des bougies.

Première opération. — On fait fondre, à un feu modéré, la cire jaune, telle qu'on l'achète, dans de grandes chaudières. Après l'avoir coupée en morceaux, on y met un peu d'eau, pour empêcher la cire de roussir ; on la remue avec une spatule, et lorsqu'elle est bien fondue, on ouvre un robinet pour qu'elle tombe dans une autre chaudière, dans laquelle elle dépose : deux ou

trois heures suffisent pour cela ; on la laisse couler ensuite, en très petits filets, sur un cylindre placé sur une grande baignoire, et à moitié enfoncé dans l'eau dont la baignoire est pleine ; une femme tourne sans cesse ce cylindre; la cire, en tombant, s'y condense, s'aplatit et y prend la forme d'un petit ruban. Le mouvement du cylindre la pousse à l'autre bout de la baignoire : un ouvrier l'enlève avec une fourche, et un autre va la porter et l'étendre sur les toiles exposées au grand air, à l'action du soleil et de la rosée. Il est nécessaire que l'eau de la baignoire soit froide et qu'elle se renouvelle pour que la cire se condense sur le cylindre. On donne à la cire la forme d'un ruban, afin que, présentant plus de surface, elle soit plus tôt blanchie : dix ou douze jours suffisent pour la blanchir lorsque le temps est beau ; on la retire alors de dessus les toiles et on l'entasse. Cette cire, entassée, fermente et s'échauffe au bout de quelque tems, les rubans disparaissent et elle ne forme plus qu'une masse.

Deuxième opération. — On la fond de nouveau, on la rubane et on l'expose une seconde fois, pendant quelques jours, sur les toiles à l'action de l'air, du soleil et de la rosée ; elle acquiert cette seconde fois un plus grand degré de blancheur.

Troisième opération. — On la fait fondre une troisième fois pour la mettre en pains ; ces pains sont ronds et plats ; ils ont 4 ou 5 pouces de diamètre et 3 ou 4 lignes d'épaisseur; on les expose de nouveau sur les toiles pour les faire sécher et blanchir; après quoi, on les enferme soigneusement, sans quoi le contact de l'air les jaunirait un peu.

Quatrième opération. — Ce sont ces pains dont on

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se sert et qu'on fait fondre, pour la quatrième fois, pour en faire les bougies, cierges, etc.

Les mèches que Ton emploie pour les bougies sont faites avec un coton très fin et très blanc. On les coupe toutes de la même longueur suivant les bougies que Ton veut faire; on les tord et on les cire un peu avec de la cire blanche pour égaliser les fils. On enferme le bout des mèches dans un petit cylindre de fer blanc, afin de le garantir de la cire ; après quoi, on les suspend autour d'un cerceau, et l'ouvrier verse plusieurs fois, sur chaque mèche, de la cire fondue, qu'il prend dans une chaudière placée sous le cerceau. On retire la bougie lorsqu'elle est à moitié faite pour la rouler ; un autre ouvrier la finit en versant de même de la cire plusieurs fois sur chaque. Lorsqu'elle est finie, on la roule de nouveau, on coupe les bouts et on l'expose encore sur les toiles pour lui donner le dernier degré de blancheur.

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