‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 3)Chapitre 19 sur 67 · XXX ANTOINE PASSY · texte numérisé non relu

XXX ANTOINE PASSY

« tenons. Les cultivateurs trouveront, dans le jardin dit « bois de Boulogne, des animaux et des végétaux qu'ils « utiliseront; les chasseurs, de nouveaux gibiers qui « remplaceront ceux qui disparaissent ; les simples ama- « teurs choisiront des oiseaux au vif plumage, au chant « mélodieux, ou des végétaux utiles et des plantes d'or- « nement qui font aujourd'hui de chaque salon une serre « cultivée par des mains délicates. »

M. Antoine Passy avait été nommé membre de l'Académie des sciences en 1857, en remplacement de M. de Bonnard. Il suivait avec assiduité, en qualité de membre libre, les travaux de cet illustre compagnie, qu'il éclairait par ses notes et par ses judicieuses remarques. C'est ainsi que, au mois d'octobre 1872, il disait : « Le manque « d'animaux domestiques est la principale raison de « l'infériorité des races américaines lors de la conquête. « Privés de chevaux, de bœufs, de moutons, les abori- « gènes n'ont pu user des moyens d'action et de subsis- « tance dont avaient joui les peuples de l'ancien monde ; « aussi pour eux n'a pas existé la période pastorale. « L'absence de ces auxiliaires indispensables de l'homme « civilisé a paralysé leur marche et a contribué, plus « que toute autre cause, à les retenir dans l'enfance. »

C'est dans ces graves et profondes méditations que s'est écoulée la vieillesse de M. Antoine Passy. On peut lui appliquer ces paroles qu'il consacrait à la mémoire d'un de ses intimes amis, Auguste Le Prévost : « Quand « les maladies vinrent assiéger ses dernières années, il « les supporta avec une philosophie simple et vraie, « avec un courage naturel. Au milieu des plus pénibles « épreuves, il consolait par de douces gaietés les tristes « cœurs qui s'empressaient autour de lui. »

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