‹ Mélanges scientifiques et littéraires (volume 3)Chapitre 45 sur 67 · MM · texte numérisé non relu

MM

17° Catanzaro, 18° Caltagirone,

19° Nulvi{\),

de Catanzaro.

de Catane.

de Sassari.

M. Pilati.

M. Romano G. Pitzorno

Écoles spéciales d'agriculture :

1° Conegliano. Directeur : M. G. Grazzi-Soncini.

2° Alba. — M. D. Cavazza.

3° Avellino. — M. M. Carlucci.

4° Catane. — M. F. Segapelli.

5° Reggio-Emilia. — M. A. Zanelli.

0° Florence. — V. Valvassori.

De ces six établissements, les quatre premiers se consacrent à l'enseignement spécial delà viticulture et de l'œnologie, le cinquième à la zootechnie et à l'industrie laitière, le sixième à la culture des arbres fruitiers et des oliviers.

Chacun de ces établissements est l'objet d'un rapport particulier de son directeur. L'ensemble de ces rapports forme une série de documents importants qui ont fourni la matière d'un rapport général où ils se résument sous quatre chapitres principaux subdivisés en un certain nombre de sous-chapitres, dont je crois devoir donner les titres, parce qu'ils montrent avec quel soin méthodique la question d'enseignement agricole est traitée en Italie.

Le chapitre intitulé : « Développement didactique et économique des écoles pratiques et spéciales » traite des locaux, de la situation financière, du matériel d'enseignement, de l'instruction militaire, des conditions économiques, des conditions hygiéniques et sanitaires, du mouvement scolaire de chaque établissement.

(1) Cette école porte le nom de La Marmora.

Dans le chapitre suivant, le rapport passe en revue l'influence exercée par les écoles sur les progrès de l'agriculture dans chacune des régions où elles sont établies. Un autre chapitre parle des stations zootechniques annexées aux écoles pratiques d'agriculture.

Le dernier, enfin, donne en quelques lignes un aperçu sur les observations météorologiques recueillies par les services de météorologie institués près de toutes ces écoles.

De ces quatre chapitres j'omettrai le premier, qui ne s'occupe guère que d'économie et d'administration des établissements, et le dernier, qui ne renferme que des renseignements sans signification appréciable pour nous, pour dire quelques mots des deux autres.

Au point de vue de l'influence que les écoles exercent sur les progrès de l'agriculture de leur région, les comptes rendus des directeurs signalent surtout :

Les conférences, qui sont partout très suivies par un public rural nombreux, surtout celles où l'on traite du greffage des vignes et des moyens de combattre le peronospora. Elles sont également recherchées par beaucoup d'instituteurs et de propriétaires.

Les consultations gratuites aux cultivateurs deviennent de plus en plus fréquentes et établissent entre ceuxci et le corps enseignant des rapports dont on s'applaudit de part et d'autre.

Les machines et outils aratoires, dont on a organisé des dépôts nombreux, attirent beaucoup de praticiens, surtout quand on les met à l'essai. C'est par des essais publics que l'on a mis en évidence les avantages du semoir mécanique; des moissonneuses-lieuses, notamment celle de Mac-Cormick qui se répand beaucoup dans

les Galabres; des charrues tourne-oreilles, des herses, des pressoirs à vin qui se propagent en Sicile ; enfin des trieurs, tarares, des filtres à vin. On a remarqué qu'après chacune de ces épreuves, il se présentait un grand nombre d'acheteurs désireux d'introduire les appareils améliorés dans leur ferme ou dans leur localité.

A Pesaro on se loue des progrès dans le mode de plantation des vignes, et dans la construction des fosses à fumier.

A Alanno et à Catanzaro, l'arboriculture fruitière et la viticulture sont en progrès notable.

A Todi, on célèbre l'excellence des vins rouges de table obtenus par une méthode de vinification perfectionnée.

A Macerata, on a conservé, en la perfectionnant, la taille toscane pour les oliviers, qui produit des résultats remarquables. L'extraction de l'huile s'y fait infiniment mieux qu'autrefois.

Enfin, à Scerni, la pépinière forestière rend de grands services pour le reboisement des pentes sujettes à se raviner. Les propriétaires de la région, depuis qu'ils ont cette pépinière au milieu d'eux, y recourent de plus en plus fréquemment.

En ce qui concerne l'économie du bétail et les industries qui en dépendent, les résultats ne sont pas moins encourageants.

A Ascoli-Piceno (Apennins), nos taureaux charolais et les verrats Yorkshire font merveille.

Les méthodes d'alimentation et les soins hygiéniques du bétail s'appliquent de plus en plus rationnellement.

Enfin, et ceci mérite d'être relevé d'une manière plus particulière, l'enseignement donné dans les écoles pra-

tiques d'agriculture s'est acquis une telle autorité morale auprès des populations rurales, que les élèves qui en sortent munis de leur diplôme se placent tous aussi rapidement qu'avantageusement. Sous ce rapport, il faut surtout citer les élèves sortis des écoles d'Imola, de Pesaro, de Todi, d'Eboli et de Nulvi.

Yoilà pour les écoles pratiques d'agriculture.

Le second groupe, celui des écoles spéciales d'agriculture, n'est pas moins heureux que les premières dans cette œuvre de progrès.

Les quatre écoles de viticulture et d'oenologie rivalisent d'ardeur. Les conférences qu'elles donnent se sont tellement multipliées et sont fréquentées par des auditeurs tellement nombreux que les locaux manquent, et qu'on est forcé de s'adresser aux églises, que les curés cèdent d'ailleurs avec la meilleure grâce, voulant par là s'associer à une œuvre si utile.

Parmi les effets signalés par cette active propagande, les directeurs mentionnent particulièrement les progrès de la viticulture, les soins donnés à la culture des vignobles, et les méthodes plus judicieuses pour préparer et conserver les vins.

Certaines écoles s'appliquent à des questions spéciales. A Catane, en Sicile, on étudie l'utilisation des résidus de vinification et spécialement des vinasses, en vue de la fabrication des alcools et des crèmes de tartre. On s'occupe également de la question du plâtrage.

L'école spéciale de zootechnie et d'industrie laitière de Reggio-Emilia a, par son enseignement et ses exemples, exercé une forte influence sur l'espèce bovine et porcine du pays tout entier. La station d'étalons reproducteurs l'a puissamment secondée. Elle forme des

contremaîtres fromagers habiles et très recherchés.

Le gouvernement italien semble, actuellement, comprendre l'intérêt qui s'attache à encourager d'une manière spéciale l'amélioration des races nationales d'animaux domestiques. Non content d'avoir à Reggio- Emilia l'école de zootechnie et d'industrie laitière dont nous venons de parler, il a voulu établir, sur divers points de son territoire, un certain nombre de centres où les éleveurs pourraient trouver aisément les secours dont ils ont besoin. C'est ainsi qu'on a fondé des stations zootechniques qui ont été annexées à un certain nombre d'écoles pratiques d'agriculture. Ces stations ressemblent, dans une plus petite mesure, à nos vacheries et bergeries nationales. Elles fournissent des étalons pour la monte, cèdent même temporairement aux éleveurs des reproducteurs de races ou de variétés perfectionnées, instituent des ventes déjeunes reproducteurs. En outre, elles sont chargées d'études spéciales sur la sélection et sur le croisement des variétés locales avec les races ou variétés nationales améliorées, et avec les races étrangères entretenues à la station. Certaines stations, comme celles de Scerni, Macerata, Catanzaro, mènent de front l'élève des espèces bovine, ovine et porcine. D'autres, telles que Lecceet Nulvi, ne s'occupent que des ovidés et des suidés. Enfin, à Eboli, les efforts se concentrent uniquement sur l'espèce porcine.

Quelles sont, dans ces stations, les races indigènes que le gouvernement italien entretient, et lesraces étrangères dont il poursuit l'acclimatation et le croisement avec les races indigènes? Yoici quelques renseignements sur ce sujet intéressant.

A Macerata, les bovins sont représentés par la race

de la Fouille; les ovidés, par les cotswolds, les southdowns, et les mérinos de Rambouillet; les suidés parles yorkshires et les berkshires.

A Scerni, trônent les bovins romagnols. Nous y retrouvons nos mérinos de Rambouillet, et, pour l'espèce porcine, le yorkshire seulement, En outre, on a établi un petit dépôt d'étalons de l'espèce asine, de la variété de Lecce.

A Eboli, la race porcine de la Rasilicate est entretenue en vue de croisements avec le yorkshire. On y élève aussi le berkshire.

A Lecce, les ovidés de race Rambouillet, à côté des sujets de race bergamasque. Depuis 1886, on a mis en expérience les dishleys et les southdowns. Pour l'espèce porcine, c'est le yorkshire qui a été adopté comme type améli orateur.

A Catanzaro, on étudie : en bêtes à cornes, leDurham et notre petite race bretonne; en bêtes à laine, la race indigène de Padoue ; en bêtes porcines, les yorkshires, les berkshires et les porcs indigènes de Caserte.

A Nulvi (île de Sardaigne), on a recours à nos mérinos chàtillonnais pour améliorer la race sarde.

Enfin, des expériences sur une plus grande échelle se poursuivent à l'École spéciale de zootechnie et de fromagerie de Reggio-Emilia, où le gouvernement a créé un dépôt qui renferme pour l'espèce bovine des reproducteurs de races Hollandaise, Rémoise, Schwitz et Durham, et pour l'espèce porcine des reproducteurs Yorkshire et Rerkshire, à côté de sujets des races indigènes, telles que la race bovine de Reggio et la race porcine de l'Emilie.

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