AUX OBSÈQUES DE M. DÂUBRÉE
présider la Société nationale d'agriculture et le Bureau central météorologique de France.
L'agriculture est un art qui vit du secours de toutes les sciences naturelles. Pour bien servir l'agriculture, il faut se consacrer aux applications de la science et savoir résolument quitter la théorie pour entrer dans les détails de la pratique. Aussi, notre confrère, M. Daubréc, reprenant la tradition d'Élie de Beaumont, avec une persévérance qui devint un véritable service, fut, pendant vingt ans, toujours attentif et zélé pour mettre en lumière la question nouvelle et capitale des phosphates dans l'agriculture. Il fit valoir notamment le célèbre travail qu'Elie de Beaumont consigna dans nos Mémoires en 1856, sur l'utilisation des phosphates naturels ; il contribua à faire donner à M. de Molon notre grande médaille d'or en 1881, pour la découverte en France de nombreux gisements de phosphate exploitable ; enfin, il sut rendre justice à tout le monde, et dans son discours de présidence, il résuma, comme un maître qu'il était, les leçons de sa haute expérience ; aussi mcrite-t-il aujourd'hui qu'on lui assigne le premier rang parmi les propagateurs d'une des plus importantes découvertes touchant l'agriculture contemporaine.
La renommée de M.Daubrée était universelle. L'Académie des sciences a partagé avec lui les honneurs qui lui furent rendus par tous les savants du monde. Plus modeste sera la Société nationale d'agriculture de France. Elle lui témoigne sa gratitude en rappelant, en ce moment suprême, les conseils éclairés que M. Daubrée sut donner à nos agriculteurs; elle ajoute à ces souvenirs scientifiques les souvenirs intimes d'une col-
556 DISCOURS PRONONCÉ AUX ORSÈQUES DE M. DAURRÉE.
Jaboration de vingt années dans laquelle chacun de nos confrères puise aujourd'hui les douloureux sentiments que nous déposons sur cette tombe avec une profonde émotion.
COMPTE RENDU
DES
TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ