‹ Mélanges sur l'administrationChapitre 84 sur 134 · DU SYSTÈME DE TCHOU HI · texte numérisé non relu

DU SYSTÈME DE TCHOU HI

VI. 1^ La connaissance de la doctrine de TchouHi :^Jf , ^^^^ ""^^^^ 00°; que la plupart des lettrés acquièrent par la lecture de trine de TcJum livres propres à leur faciliter la composition *'d'amplifîca- ^^ce^^g^j."^' tions," ne consistant qu'en quelques théories vagues et prit des lettrés. obscures apprises de mémoire, elle ne peut avoir aucune influence sur leur intelligence et sur leurs mœurs, et c'est ce que prouve l'expérience de tous les jours. Car les disciples de TchouHi :^^ se font gloire de ce qu'il prêche la doctrine de Confucius et condamne le Bouddhisme et le Taoïsme; et cependant, comme nous le voyons chaque jour, quel est le lettré qui n'adore pas les idoles de l'Inde, Fou §i '*Bouddha," Koan-yn |g ^ Avalô Kités'vara, etc? Quel est celui qui n'honore pas les idoles chinoises T'ienf^^ 5ç ^ ^^ "déesse de la mer" et Wen-tch'ang 3!t ^ le *'dieu de la littérature," dont Tchou Hi :^^ réprouve spécialement le culte? Quel est celui qui n'a pas Tsao-kiun ^ ;g* le "dieu lare," placé dans sa cuisine? Quel est celui qui n'a pas de monogrammes superstitieux^ Fou ^, collés à ses portes ? Quel est celui qui ne brûle pas des lingots en papier? Quel est celui qui n'invite pas des bonzes et des Taoïstes pour réciter des prières et faire des cérémonies superstitieuses ? Quel est le lettré, surtout parmi les nobles, qui, dans des funérailles pompeuses, ne veuille avoir devant le cercueil, portée dans une litière bien ornée, une poule blanche vivante dans . laquelle il croit que se trouve l'âme du défunt? En un mot les lettrés ne s'attachent pas à la doctrine de TchouHi ^^ par l'esprit et ne s'y conforment pas dans la pratique [11].

[11] Il y avait autrefois, dans diverses provinces, des pagodes appelées San-kiao-Vang. San-kiao-t*ang Zl Wi S "Temples des trois religions", dans lesquelles étaient placées trois statues, à savoir, la plus grande au milieu, de Bouddha assis, les jambes croisées, avec un air arrogant; à gauche, une statue plus petite de Lao-tse ^ ^ debout, la tête inclinée vers Bouddha, et à droite, une statue aussi plus petite de Confucius, la tête haute et également tournée vers la première. Les statues en bronze, en fer, en bois ou en argile étaient dorées et la plupart des pagodes étaient superbes. En l'an 9 de l'Empereur KHen-

long ?4 |g| (1744 ap. J.-C.)» Lin Tche-tch^oen W S S » Examinateur au baccalauréat pour la province de Ho-nan ^ ffif i trouva dans cette province plus de 590 pagodes de ce genre et, blessé de voir Confucius ainsi humilié devant Bouddha, il adressa une supplique à l'Empereur pour demander que ce fût défendu. L'Empereur ordonna alors aux Mandarins locaux, tant dans les autres provinces que dans celle-ci, de faire enlever de la façade de ces pagodes l'inscription San-kiao-t^ang Zl WL -^- ©* d® transférer les statues de Confucius dans les collèges, dans les écoles ou ailleurs (1). En dépit de ces ordres les

(1) ««i^lèli L.6.+ «>gl#**«î| L.890.+ ^

162 XI. Bxposi

L'étude des U- 2* Ce fait peut aussi s'observer chez les lettrés chréoftDoniques ne tiens de Ce Vicariat (nous n avons pas connaissance des

S^B^tftohés^à *"*^^®) • ^*' ^^^^ ^® Vicariat, qui comprend les deux la doctrine de Provinces de Kiang-sou £C j[[| et de Ngan^hoei $ 1^) il y TchouHi. a actuellement (1896) plus de 1500 chrétiens qui ont étu-

dié les livres classiques et canoniques et les possèdent aussi bien que les lettrés païens, et parmi eux il y en a 70 qui sont gradés. De ce nombre, la plupart sont fervents et exemplaires, et il n'y en a guère plus de 3 ^/^ qui mènent une vie indigne du nom chrétien. Mais si ceux-ci ne se conforment pas aux commandements de Dieu et aux préceptes de rÈglise, ce n'est pas à raison .d'idées fausses puisées dans les livres, mais uniquement par respect humain ou entraînés par la cupidité ou d'autres passions. Depuis l'année 1842 [12] jusqu'à Tannée présente (1896) inclusivement, c'est-à-dire dans l'espace d'un demi-siècle, il est mort 79 bacheliers chrétiens qui tous (autant que nous avons pu nous en assurer), ont laissé un espoir bien fondé de leur salut éternel, à l'exception de cinq dont le repentir, à leurs derniers moments, a été douteux. Mais ceux-là n'avaient pas vécu en chrétiens, et leur fin déplorable ne fut pas due à leur attachement à la doctrine de TchouHi ^M' ^'^^ d'entre eux, entraîné par une passion de jeunesse, fut emporté par une mort subite ; un second fut victime du respect humain, et pour les trois autres, néophytes, l'amour de l'argent fut leur ruine. Les choses étant ainsi, il est évident que le commun des lettrés ne subit aucune influence de la doctrine de Tc/iou if i :^H dans la lecture des livres classiques et canoniques.

pagodes de ce genre furent conservées dans quelques provinces. En l'an 16 de son règne (1836 ap. J.-C), l'Empereur Tao-Tcoang JS ^ ayant appris qu'il existait dan^la Province de Chan-si UJ W plusieurs pagodes appelées San-kiaomiao ^ !K W "Pagodes des trois religions," ordonna encore aux Vice-rois et aux Gouverneurs provinciaux de les réformer (1). Bien qu'il n'y ait peut-être plus aucune pagode de cette sorte, les lettrés n'en restent pas moins adonnés au Bouddhisme, plutôt qu'à la doctrine de Confucius.

[12] En 1842 les Pères de l'illustre Compagnie de Jésus ont recommencé à évangéliser le Kiangnan ft W» et j'ai pu trouver des documents nécrologiques sur les chrétiens depuis cette année.

(1) IK * i^ ^ 5Ê L. 8.

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