HOMÈRE DÉIFIÉ
DESSIN DE M. INGRES
L'illustre chef de notre école de peinture vient de terminer une œuvre non-seulement digne de figurer à côté de ses plus beaux travaux, mais digne aussi d'être comptée parmi les témoignages les plus importants que l'art du dix-neuvième siècle aura légués à l'avenir. Je n'exagère rien. Bien qu'il ne s'agisse ici ni d'une vaste peinture monumentale, ni même d'un tableau, bien que les moyens d'exécution choisis par M. Ingres se réduisent à l'emploi du crayon et de l'encre de Chine, l'invention grandiose et les détails ingénieux de la scène où il nous montre Homère déifié^ l'alliance, dans les formes, d'une énergie et d'une finesse dont il semble que le génie grec ait seul possédé le secret, tout concourt à relever l'importance de ce simple dessin qui ne mesure peut-être pas plus d'un mètre dans un sens et plus de quatre-vingts centimètres dans l'autre ; tout lui donne, au milieu de nos déclamations ou de nos bavardages pittoresques, une éloquence d'autant plus sûre qu'elle est plus sobre dans les termes, plus indépendante des procédés ordinaires de la rhétorique.
On sait de reste ce que vaut, au double point de vue de l'invention etdu style, le tableau représentant r.4/>o//ie(?se d Homère
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que M. Ingres peignait, en 1827, pour la de salles du Musée Charles X. Même après VEc Parnasse de Raphaël, cette assemblée des hé: humaine était retracée par le pinceau ave hauteur d'un pareil thème ; même après le l'antiquité et de la Renaissance, l'œuvre me mettre en lumière quelques côtés encore in du vrai. En entreprenant de reviser, à pr^ d'intervalle, cette composition célèbre, en dés dire, la gloire d'un ouvrage consacré par le miration de tous, M. Ingres ne semblaitimprudemment en lutte avec lui-même e d'affaiblir par des redites ou par des déve] ce qu'il avait une fois si nettement défin coup d'œil sur cette seconde édition de la suffit néanmoins pour en. faire comprendre 1' nous révéler, non-seulement d'insignes am texte, mais, dans le fond des inspirations d'abondance et de certitude.
Et d'abord l'ordonnance générale des figu d'Homère, ce qu'on pourrait appeler l'asp de ces groupes, a pris dans le dessin une î tère de vraisemblance qui, sans comprom cessaire du sujet, achèvent d'en ^ivifior ( dehors. Quoique le nombre des personnage tivement ait été ici presque doublé, les q environ dont se compose la nouvelle sci
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DESSIN DE M. INGRES
gestes de se développer, aux contours de se cont: excès d'envahissement sur les objets voisins ou de cher de ceux-ci sans qu'il en résulte ni choc violent, Partout, en un mot, l'air circule mieux, l'équilibre [ se constitue plus naturellement, grâce au parti qi maître d'élargir relativement son cadre et d'adopté distribution des divers groupes, deux plans parfaite tincts rappelant à peu près les dispositions du théAtr L'un, sorte de proscenium entouré d'un pœcile don sont ornés de peintures reproduisant les compo Flaxman sur V Iliade et sur Y Odyssée, sert à la fois sèment au temple dédié à Homère, de piédestal au lequel « le divin aveugle f) est assis, de plate-form deux chœurs rangés de chaque côté de ce trône et rep dans l'ordre chronologique, les aînés de la race h( l'autre, réservé aux derniers descendants du poëti pond à la place qu'occupait l'orchestre et, comme partie du théâtre antique, un autel s'élève au centr le nom du dieu auquel il est consacré. A la droite et à de la scène, des personnages appartenant aux époc médiaires s'étagent sur des degrés qui mettent en cation le plan supérieur et le plan inférieur, et ( ainsi le regard des figures qui résument la tradition ] dans l'antiquité, aux figures qui en perpétuent le jusque dans les temps modernes. Enfin, aux quatre champ que peuple cette foule illustre, quatre group paux rappellent et personnifient les siècles glorieux ( dans l'histoire des lettres et des arts. Au-dessous d(