‹ Mélanges sur l'art contemporainChapitre 17 sur 20 · L*ÉCOLE FRANÇAISE DE GRAVURE EN · texte numérisé non relu

L*ÉCOLE FRANÇAISE DE GRAVURE EN

de façon que l'estampe puisse tromper le regard par un aspect conforme h l'aspect des œuvres du crayon.

Les difficultés matérielles que les graveurs en fac-similé ont à surmonter dans certains cas ne laissent pas cependant d'élever au rang des œuvres de l'art quelques-unes de ces œuvres sans vie propre, sans autre physionomie qu'une physionomie absolument d'emprunt. Ainsi la suite récemment gravée d'après les Dessiïis de la Collection du Louvre mérite une estime plus sérieuse que l'estime qu'il convient en général d'accorder aux produits de ce genre. Pour donner si parfaitement aux lentes évolutions d'un instrument rebelle le jeu libre et l'apparence des traits du crayon, il faut avoir acquis une grande expérience de tous les procédés techniques, une connaissance profonde de tous les secrets de la manœuvre. En outre, les Dessins de la Collection du Louvre^ — dessins esquissés pour la plupart, — ne permettent que de pressentir et d'entrevoir les intentions des auteurs. La pensée qui les a inspirés ne s'y révèle qu'à l'état originel et encore un peu confus. Pour la démêler et la rendre sans en amoindrir le sens, il fallait s'être familiarisé de longue main avec le style et la manière des maîtres ; il fallait savoir comprendre ceux-ci à demi-mot pour conserver aux formes naissantes de ce style leur caractère intime et comme le suc qui les nourrit, h^'è fac-similé gravés d'après les dessins de Raphaël, du Pérugin et du Corrège prouvent que MM. Butavand, Leroy, Bein, Chenay et Bien possèdent à peu près au même degré cette intelligence et ce savoir, et, sauf l'inégalité d'intérêt que comportent les modèles choisis, il serait assez difficile de classer par ordre de mérite les estampes qui composent l'ensemble de la publication. Il serait plus difficile encore de trouver parmi les publications antérieures aucun ouvrage en ce genre dont l'importance soit égale et le mérite équivalent. Les fac-similé gravés au dix-huitième siècle par le comte de Gaylus ou sous sa direction, les Original drawings of the Ita-

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lian scJiool^ édités en 1823 par Ottley, — recueils intéressants d'ailleurs et assez satisfaisants au point de vue de l'exécution matérielle, — sont loin d'avoir cette apparence authentique , ce caractère de scrupuleuse fidélité. Un seul ouvrage publié de nos jours pourrait soutenir la comparaison avec les Fac-Simile des Dessins du Louvre : nous voulons parler des Portraits des Personnages français les plus illustres du seizième siècle, por- Iraits qui accompagnent un travail historique de M. Niel et qu'a gravés M. Riffaud.

Bien que gravés aussi en fac-similé du crayon, les Portraits des Personnages français diffèrent, même sous le rapport de l'exécution, des planches que nous venons de mentionner. On sait que les portraitistes du seizième siècle avaient coutume, en dessinant aux trois crayons, de corriger par quelques légères teintes de pastel ce qu'un pareil mode de travail aurait laissé à leur ouvrage d'un peu uniforme et de monotone. Pour rendre l'apparence polychrome de ses modèles, M. Riffaud devait donc vaincre des difficultés matérielles dont les graveurs des Dessins de la Collection du Louvre n'avaient nullement eu à se préoccuper. Les croquis que ceux-ci avaient devant les yeux, — croquis tracés à la plume, au crayon noir, à la sanguine ou tout au plus lavés au bistre, — n'exigeaient chacun que l'emploi d'un seul ton, d'une seule encre d'impression, pour être parfaitement imités. Ici, au contraire, il fallait tenir compte des conditions variées du coloris et faire sentir les modifications consécutives d'une gamme de tons plus riche, bien que peu étendue encore. En recourant à un ancien procédé, abandonné depuis la fin du dernier siècle, — procédé d'origine française, n'en déplaise aux graveurs anglais qui en font honneur à leur pavs, — M. Riffaud a trouvé moyen d'accomplir pleinement la tûche qui lui était imposée: à l'aide de la gravure sur plusieurs planches tirées en couleur, il a réussi à rendre avec une égale exactitude le coloris délicat et le modelé en demi-relief des origi-

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iiaux. 11 est à désirer que cette réhabilitation de la gravure en couleur s'achève parmi nous, et que l'exemple donné par M. Riffaud trouve des imitateurs, pourvu toutefois qu'on ait le bon goût de n'user d'un pareil procédé qu'en face de certains modèles, qu'on n'essaye pas d'en forcer les ressources, et qu'on ne retombe pas dans la môme erreur que les graveurs du temps de Louis XVI, qui, sous prétexte de rivalité avec la peinture, prétendaient colorier jusqu'à la gravure de paysage, et n'arrivaient ainsi qu'à déshonorer leur art par de lourdes enluminures. A quoi bon d'ailleurs souhaiter une extension nouvelle à un art qui n'a déjà pris que trop de développement, puisqu'il menace de se substituer à la gravure elle-même? Ne faudrait -il pas plutôt former un. souhait tout contraire? sont-ce des vœux ou bien des craintes qu'il est à propos d'exprimer? La gravure en fac-similé^ quels que soient les modèles qu'elje reproduit et les formes qu'elle emprunte, a déjà assez de chances de succès parmi nous, parce qu'elle s'approprie trop bien à nos goûts actuels pour les vérités positives et l'autorité du fait. Peut-être ce mode de traduction ouvertement littérale convient-il seul à des gens qui font mine d'estimer de moins en moins, en matière d'art, les abstractions et l'idéal, à des esprits pressés qui veulent comprendre au premier coup d'oeil. Ce n'est plus ce que l'artiste a senti à propos d'un objet, mais c'est l'objet lui-même que nous voulons voir maintenant dans toute œuvre d'art, tableau, morceau de sculpture ou estampe : ce qui nous touche, ce n'est plus la ressemblance poétisée par l'intermédiaire du talent, c'est l'identité absolue de la copie avec le modèle physique. Contrairement au génie même et au passé de l'art français, nous tendons à sacrifier en toutes choses la forme vraie à la forme réelle, les travaux de l'intelligence aux travaux d'un ordre purement matériel. La gravure en fac-similé nous suffit et nous satisfait, quoiqu'elle soit ou parce qu'elle est un procédé presque mécanique. Je me trompe : il nous faut aujourd'hui

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quelque chose de plus que cette fidolito encore un peu douteuse et sujette en tout cas aux erreurs de la main : la photographie, c'est-à-dire le secret d'attirer l'objet lui-môme sur le papier et de l'y fixer tel qu'il se présente, a un bien autre caractère d'infaillibilito, et dès lors ce moyen, qui n'est bon le plus souvent qu'à donner raison à l'art, devient aux yeux de beaucoup de gens un moyen d'en accuser l'insuffisance.

Certes, personne ne sera tente de contester le mérite et, jusqu'à un certain point, l'utilité de la découverte faite par M. Daguerre en tant que découverte ingénieuse et de progrès scientifique ; personne ne voudra méconnaître les avantages de la photographie lorsqu'elle est employée avec discernement et dans les cas 011 l'exactitude mathématique est la seule condition à rempHr. Que la photographie reproduise des monuments, des sites, et en général des objets inertes qui n'ont besoin pour nous intéresser que d'être naïvement rendus, rien de mieux : l'imagination et le sentiment de l'artiste n'ont point affaire en tout cela ; mais partout ailleurs ils sont nécessaires. Lorsqu'il s'agit par exemple de traduire l'expression d'un visage, est-ce assez de l'imitation brute de la réalité? se contentera- 1- on d'un résultat forcément conforme au modèle et pourtant en désaccord avec l'idée que nous avons de celui-ci? Le caractère secret et les habitudes d'une physionomie ne viendront pas se fixer comme les contours d'une colonne sur la plaque ou sur le papier photographique; le portrait ainsi obtenu sans le secours et l'entremise de l'intelligence n'aura qu'une ressemblance inachevée, inerte, ets'arrêtant à la forme des traits. Il en sera de même lorsqu'au lieu de la figure humaine on aura pris pour type original un tableau : la photographie nous rendra ce tableau tel qu'il est, et non pas tel qu'il devrait paraître dans des dimensions et sous une forme nouvelles. Un graveur, en les transportant sur le cuivre, aurait su modifier certains détails, atténuer ou accentuer l'cfTet de certains tons, parce que la ré-

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duction de? proportions et l'absence du coloris imposaient à la copie des conditions d'interprétation particulières ; l'artiste, sous peine de confusion dans son travail, aurait mis en relief ou sacriGé les éléments divers et les diverses parties dont se compose l'ensemble de la peinture originale. L'image photographique nous montrera le tout avec une imperturbable rigueur, avec une fidélité niaise et une précision qui, à force d'être impartiale, n'a plus ni intérêt ni signification. Il ne manque pas de gens cependant qui placent pour le moins à côté des œuvres de l'art ces œuvres involontaires, ces copies inexactement exactes : bon nombre d'entre nous ne feraient nulle difficulté de condamner à un éternel repos le crayon et le burin des graveurs pour laisser fonctionner seul l'appareil qui parodie leurs travaux, sans réussir jamais à les remplacer.

Le culte de l'identité matérielle, tel est donc un des principaux obstacles suscités de nos jours au développement de la gravure. La gravure en fac-similé et la photographie sont au fond les contraires de l'art, parce qu'elles ont pour principe l'anéantissement de tout sentiment individuel, pour objet l'effigie même et non l'apparence de la réalité. Le mieux serait par conséquent de ne leur attribuer qu'une importance fort secondaire, et de les employer l'une et l'autre avec une extrême discrétion. A ne parler que de la gravure en fac-similé^ rien de plus légitime sans doute que la reproduction par ce procédé de petits portraits dessinés ou de croquis. Dans le cours des vingt dernières années, quelques-uns des plus habiles graveurs français ont donné parfois aux planches qu'ils gravaient d'après des dessins l'aspect même des œuvres du crayon; mais ils se gardaient bien de faire de cette servilité une habitude, et l'on ne pouvait voir dans ces rares essais qu'une transformation accidentelle et pour ainsi dire un caprice du talent. La gravure en fac-similé n'était encore ni admise par l'opinion ni générahsée par la pratique ; aujourd'hui elle a acquis la force d'un prin-

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cipc et les proportions d'un art reconnu. Bien plus, elle semble résumer déjà les conditions de l'art lui-même. C'est là un fait qu'il importe de constater, un symptôme de rénovation au moins partielle de notre école, et en tout cas un péril pour la g-ravure dans sa plus sérieuse acception.

Est-ce là d'ailleurs le seul danger qui menace l'avenir de la gravure en France? Celui qui résulte de notre goût pour les œuvres futiles n'est ni moins réel ni moins évident. Contradiction singulière en efTet : nous accueillons avec un empressement égal les produits exclusivement positifs de l'art mécanique et les produits équivoques d'un art sans conscience et sans foi. D'une part, nous demandons aux images photographiques et aux gravures en fac-similé de nous rendre le fait dans sa nudité absolue; de l'autre, nous nous accommodons des enjolivements douteux, des mille ornements de rencontre dont les faiseurs de vignettes et les graveurs à l'aqua-tinte affublent la réalité dans leurs ouvrages. Il semble que l'interprétation à la fois libre et mesurée du vrai soit seule impuissante à nous séduire, et que les travaux du burin gardent pour privilège unique d'être exceptés de la faveur.

Nous le disions en commençant : la gravure en taille-douce ne rencontre plus guère dans notre pays que prévention ou injustice, et les planches d'histoire publiées à Paris obtiennent à l'étranger seulement le succès qui leur est dû. L'administration des Beaux-Arts se montre-t-elle d'ailleurs beaucoup plus préoccupée que l'opinion publique de la gravure et de ses progrès? Par suite d'une vieille habitude ou d'un respect traditionnel pour les exemples du passé, on envoie encore des graveurs séjourner durant quelques années à la villa Médicis ; on facilite, il est vrai, par des secours d'argent la publication de quelques grands ouvrages à figures : mais l'administration ne remplit ainsi que le rôle d'un souscripteur plus libéral que les autres, et ne donne qu'une impulsion de seconde main à des

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entreprises dont elle se réservait antrefois la pensée et l'exécution tout entières. C'est aux éditeurs de profession qu'elle abandonne presque toujours le soin de publier les estampes, môme les plus importantes, et l'esprit de spéculation tend à se substituer ainsi à sa haute influence. Combien de planches d'histoire éditées de nos jours aux frais de l'Etat sont venues s'ajouter aux quatre mille cuivres que possède la chalcographie des Musées, et qu'aura-t-on fait pour enrichir d'oeuvres modernes ce trésor des œuvres gravées jadis par ordre des souverains qui se sont succédé en France?

Il ne faut voir toutefois dans ce mode de protection un peu froide rien de plus qu'une cause accessoire du mal^ et l'on aurait grand tort d'attribuer à l'intervention administrative une puissance de guérison qu'en somme elle ne possède pas. Ce qui fait le mal avant tout^ c'est notre propre indifférence ; ce qui le rend irrémédiable peut-être, c'est le mouvement de nos idées et de nos goûts. L'époque actuelle, féconde en perfectionnements industriels, et, dans le domaine de l'art, en talents faciles, ne peut s'intéresser à des travaux qui démentent à la fois l'autorité des progrès mécaniques et le prix d'une habileté superficielle. Las de voir l'admiration dévier, peut-être les graveurs en taille-douce renonceront-ils à protester contre des erreurs universelles, et finiront-ils par succomber dans la lutte où ils sont engagés aujourd'hui. Si la gravure au burin est en effet condamnée à devenir incompatible avec nos mœurs, reconnaissons au moins qu'elle aura péri avant d'être tombée en décadence. Il est donc juste d'honorer hautement les talents qui vivifient encore notre école, les hommes qui, même h présent, en continuent les nobles traditions, dussions-nous saluer en eux les derniers représentants d'un art qui serait relégué bientôt à côté d'autres témoignages du passé et d'autres souvenirs de gloire.

Rassurons-nous cependant. Il n'en peut jamais être de la

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gravure comme de la peinture sur verre, de la peinture sur émail ou en mosaïque et d'autres procédés aujourd'hui hors d'usage. La marche des siècles les a anéantis parce qu'ils ne satisfaisaient plus, soit aux exigences mobiles de la mode, soit aux progrès de la civilisation. Chaque recette de fabrication une fois perdue, ce n'était pas, à proprement parler, un art qui disparaissait de l'ensemble des connaissances humaines, c'était un moyen matériel abandonné pour des moyens meilleurs ou tout au moins équivalents. La gravure ne saurait être assimilée à des procédés de ce genre. Son existence ne dépend ni d'un secret bien ou mal transmis, ni d'innovations introduites dans les formes du travail. Quoi qu'il arrive, elle n'a pas plus à craindre les découvertes mécaniques à venir que les découvertes déjà faites. La gravure répond à un besoin éternel de l'intelligence, et non aux besoins passagers d'une époque ; elle est sûre de vivre, en dépit de notre injustice actuelle et de nos entraînements, parce que, du jour oîi on la supprimerait, il faudrait, pour être logique, supprimer aussi la peinture et la statuaire, et remplacer les œuvres de l'une par celles du daguerréotype, les œuvres de l'autre par celles du mouleur. Le burin, comme le pinceau et l'ébauchoir, est avant tout un instrument de la pensée, et, Dieu merci , nous n'en viendrons jamais dans notre pays à renier absolument l'art pour ne plu« croire qu'au fait, à préférer au sentiment de l'artiste la dextérité de l'ouvrier ou la stérile fécondité d'une machine.

Il ne faut donc pas s'inquiéter outre mesure de la situation précaire, mais non désespérée, où se trouve aujourd'hui la gravure. L'attitude môme de notre école, les travaux qui s'accomplissent, n'autorisent-ils pas d'autre part un espoir sérieux ? L'école française, si réduite qu'elle soit, est plus riche en talents qu'aucune autre : trouvera-t-on ailleurs des maîtres comme MM. Desnoyers et Henriquel-Dupont, des élèves de la force de M. François ? Elle n'a plus, nous l'avons dit, l'unité

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de physionomie qui la caractérisait autrefois ; mais, à défaut de système unanimement admis, elle a encore la force que lui donnent l'habitude de l'effort et la conscience de ses progrès. Qui sait même ? peut-être l'indifférence où nous laissent ces progrès et ces efforts est-elle pour les graveurs un stimulant plus vif que ne le serait l'excès de la faveur et du succès. Les encouragements multipliés ne font pas naître toujours les belles œuvres, et le talent devient quelquefois plus vivace et plus sain quand il lui faut conquérir pied à pied la place qu'en d'autres temps on lui eût accordée de plein droit. La prodigalité des derniers Médicis enfantait la décadence de l'art florentin, tandis que l'aveuglement des hommes du dix-septième siècle irritait en France le génie de Poussin et lui donnait une vigueur nouvelle. Il semble qu'à leur tour les graveurs contemporains doivent s'aider de notre froideur même et s'exciter de notre injustice. Etrange secours pourtant, et dont personne ne voudrait poser en principe l'efficacité ! D'ailleurs, est-ce assez que d'opposer à nos préventions une inébranlable constance, et de continuer invariablement les exemples du passé? Suffît-il d'entreprendre et de poursuivre des travaux de gravure en vertu d'une tradition inflexible, et ne devrait-on pas songer aussi à leur donner quelque intérêt actuel? Si les graveurs respectaient moins obstinément les limites oià ils circonscrivent leur art; si, au lieu de se renfermer dans des habitudes, ils entraient dans une voie de recherches nouvelles, il est probable qu'on ne refuserait plus à leurs ouvrages l'attention et l'estime qu'ils méritent. Que les hommes habiles qui manient aujourd'hui le burin changent donc, non pas de méthode d'exécution, mais de modèles; qu'au lieu de tableaux gravés déjà par plusieurs générations d'artistes, ils choisissent pour les interpréter des tableaux moins universellement connus, moins souvent reproduits. Tout en se rattachant aux précédents de l'école française par le caractère des intentions et le sérieux

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de la manière, ils ne demeureront plus isolés du mouvement de l'époque : on ne leur disputera plus une place légitime parmi les talents qui honorent notre temps et notre pays, et l'art de la gravure, restauré et rajeuni par le succès, triomphera, il faut l'espérer, des obstacles que lui auront momentanément suscités les erreurs du goût, l'abus des procédés mécaniques et les envahissements de l'industrie.

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