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DE L’ANALOGIE ENTRE LES SCIENCES

d’artistes ont exercé en-même-temps ces deux arts d’une manière distinguée.

Le peintre et le graveur , le premier pour l’amalgame de ses couleurs , et l’autre pour les procédés relatifs à la dissolution des métaux par le moyen des acides , ont besoin également d’avoir des notions sur la chimie. L’anatomie, cette connaissance physique de l’homme, qui est la base du dessin , doit être familière aux artistes , ainsi que l’optique et la perspective. Les rapports de la peinture et de la sculpture avec l’histoire et la poésie sont si faciles à sentir, que je m’abstiendrai de les rappeler ici. Le peintre est encore obligé de réunir à ces connaissances toutes celles qui sont relatives aux mœurs des peuples, ainsi qu’à leurs costumes. La botanique, quant à la forme et à la couleur des végétaux de chaque contrée , ne peut lui être étrangère, ainsi que quelques notions astronomiques , afin de pouvoir rendre avec justesse, dans des tableaux, ce qui a rapport aux heures du jour, aux saisons, aux climats, relativement aux fleurs, aux fruits, et à la projection des ombres.

Le peintre n’étant pas libre , comme le poète , d’effleurer la matière qu’il traite , ne pouvant se dispenser de rendre, avec l’exacti-

tude la plus scrupuleuse, la forme précise et le ton de couleur exact de chaque objet, il n’est presque aucune connaissance dont il puisse se passer, s’il veut se mettre à l’abri d’une juste censure. La société des savans et celle des littérateurs est donc utile aux artistes, autant par les idées qu’ils peuvent faire naître ou développer en eux , que par leurs connaissances et leur érudition. Celle des artistes doit l’être également aux savans et aux littérateurs, qui ont souvent à traiter les procédés des arts, ou à décrire les sensations qu’ils produisent. Avec quel avantage ces derniers ne parlerontils pas sur ces matières , quand , par leurs liaisons avec les artistes , ils se seront familiarisés avec elles ! Combien il est aisé à l’homme instruit de discerner celui qui ne traite un objet que d’après les lumières des autres , d’avec celui qui a des connaissances acquises dans la matière qu’il traite !

La formation de l’Institut, surtout dans son origine , a parfaitement rempli ce but. Les hommes qui pensent ont été enchantés de cette réunion ; une seule chose y manque , c’est que l’académie des arts est trop faible. Les arts n’y sont pas représentés. L’académie des sciences est de soixante-trois membres, les deux académies littéraires forment un ensemble de quatre-vingts

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