SUR JEAN-JOSEPH TAILLASSON
Lorsqu’un homme dont on connaissait , dont on estimait les talens , est enlevé aux sciences , aux lettres et aux arts, cette perte afflige sensiblement toutes les personnes qui sont faites pour en apprécier l’étendue. Mais lorsque celui qui excite nos regrets a su joindre à la supériorité des talens , les vertus qui caractérisent l’homme de bien, ces regrets sont encore plus vivement et plus généralement sentis , nonseulement par les hommes qui honorent les talens , mais aussi par ceux qui connaissent le prix des vertus sociales. Telle est la nature des regrets que nous fait éprouver aujourd’hui La
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mort de Jean-Joseph Taillasson , de l’ancienne Académie de peinture de Paris , de celles de Bordeaux et de Rouen, de l’Athénée des Arts, et de la Société des Sciences , Arts et Belles.- Lettres.
Taillasson naquit à Blaye,près de Bordeaux, en 1746. Son père, négociant, établi dans cette dernière ville, lui fit faire d’excellentes études. A-peine étaient-elles finies, qu’il le pressa de prendre un état. D’après le peu de goût que le jeune Taillasson montrait pour le commerce, sa famille lui laissa le choix entre la robe et le petit collet; mais Taillasson, déjà passionné pour les beaux-arts , rejeta l’un et l’autre avec une égale répugnance. Convaincu de l’éloignement que ses parens ( comme la plupart des habitans des villes de commerce ) avaient pour une profession qui promet plus de gloire que de fortune , n’osant ouvertement contrarier les intentions que manifestait sa famille, et sentant la difficulté de vaincre un préjugé enraciné si fortement, notre jeune homme ne trouva d’autre moyen d’annoncer ses vues , que de rendre interprètes de ses projets les murs de la maison paternelle. Bientôt on lut , non-seulement sur ceux de sa chambre, mais encore dans tous les corridors et dans les escaliers , ces mots
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tracés en grosses lettres : Je serai peintre > ou je mourrai ; j'en jure par Raphaël.
Affermi dans ses dispositions par la lecture de Félibien , celle de Yasari , et des autres auteurs qui ont écrit sur les arts , ainsi que par l’exemple d’un de ses amis, M. La Cour, qui éprouvait les mêmes contrariétés dans sa famille, et plus encore par ses dispositions naturelles, Taillasson parvint enfin, à force d’importunité, à vaincre , non pas l’éloignement de ses parens pour une profession qu’ils ne trouvaient pas du tout honorable, mais l’opposition qu’ils mettaient à son voyage à Paris, où il voulait se livrer à l’étude des arts. Aussi son départ fut-il en quelque sorte signalé comme celui d’un mauvais sujet, dont on ne peut rien faire, et qu’on abandonne à s on malheureux sort.
S’étant mis en route avec son ami M. La Cour (dont les sentimens pour lui ne se sont jamais démentis), ils arrivèrent tous deux à Paris, en 1764? et se placèrent sous la direction de M. Yien, qui tenait alors la meilleure école de peinture. Taillasson avait déjà dixhuit ans; il lui fallut donc travailler beaucoup pour réparer un temps précieux qui se trouvait perdu, celui de l’âge où les principes des sciences , ainsi que ceux des arts , peuvent plus
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facilement s’introduire et se classer dans la mémoire. Son extrême délicatesse, qui tenait peut-être davantage à ses affections morales et à sa grande sensibilité qu’à ses facultés physiques , augmenta encore les difficultés qu’il eut à vaincre. Mais le penchant irrésistible qui l’entraînait vers ce genre d’étude , le fit triompher de tous les obstacles , et bientôt ses succès le dédommagèrent de toutes les contrariétés qu’il avait éprouvées.
Impatient, comme le sont tous les artistes, de parcourir l’Italie , de voir la capitale des arts, les chefs-d’œuvre qu’elle renferme, Taillasson s’exposa aux hasards du concours pour les prix. Mais n’ayant pas réussi dans sa première tentative , plutôt à cause de la brièveté du temps accordé pour ce concours, et qui ne s’arrangeait pas avec la timidité de son exécution , que parce qu’il manquait du talent nécessaire pour en sortir vainqueur, Taillasson obtint enfin de sa famille, alors un peu revenue de ses préventions , les moyens de se satisfaire. Il partit donc pour l’Italie vers 1773.
Après avoir passé dans cette belle contrée . riche de tant de souvenirs , quatre ans à étudier l’antique, et les ouvrages de ce peintre célèbre , modèle de grâce et d’expression ,
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Raphaël , qui partageait avec le Dominiquin toutes les affections de notre jeune artiste , Taillasson revint à Paris.
Redoublant alors d’application et de travail , il parvint à se faire affilier à l’Académie des arts, but auquel tendaient tous les artistes passionnés pour la gloire. Le tableau sur lequel il fut agréé , est celui de la Naissance de Louis XIII. Ce premier succès ne le satisfaisant point complètement, il redoubla d’efforts pour obtenir la première palme , et il exécuta un autre tableau, représentant Ulysse enlevant à Philoctète les flèches d’Hercule. L’Académie, satisfaite de cette nouvelle production , admit Taillasson au nombre de ses membres , deux ans après l’avoir agréé.
Dans le choix des sujets exécutés par M. Taillasson , on reconnaît toujours la sensibilité et les dispositions heureuses qu’il avait reçues de la nature, pour la partie de l’expression, qui fut toujours celle où il se distingua davantage. Nous citerons pour exemple , Virgile lisant à Auguste l’Enéide , au passage de la mort de Marcellus, tableau d’une belle ordonnance, et vraiment touchant pour l’expression. Celui représentant une scène du cinquième acte de Rodogune, obtint à M. Taillasson un grand
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nombre de suffrages. Parmi ses autres tableaux, le sujet d’Olympias, mère d’Alexandre, arrêtant la fureur des soldats venus pour l’assassiner ; Timoléon visité à Syracuse par des étrangers; Héro et Léandre; Andromaque versant des larmes sur le tombeau d’Hector; la mort de Sénèque, sont ceux qui lui font le plus d’honneur, autant par le mérite de la composition et celui du dessin, que par la partie sentimentale. Le seul reproche à lui adresser, est celui d’un défaut qui provenait de sa timidité naturelle, du désir de bien faire , du sentiment du vrai beau dont il était pénétré, et qui souvent ne lui permettait pas d’être content de son ouvrage : revenant plusieurs fois sur la même partie , il donnait à ses tableaux un air peiné , ce qui en diminuait le mérite aux yeux des personnes qui préfèrent la franchise de l’exécution au mérite de l’expression, de la composition et de la correction.
M. Taillasson était sensible et instruit ; comment la poésie n’aurait-elle pas eu des charmes pour lui ? Aussi était-elle son délassement favori. Il nous a laissé des ouvrages qui prouvent son goût et sa facilité pour la versification. Nous citerons entr’autres , une imitation des chants de Selma , d’Ossian , et un petit poème
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sur le danger des règles dans les arts. On retrouve dans ces pièces l’expression et la sensibilité qu’il savait mettre dans ses tableaux.
Si la poésie dérobait quelques instans à M. Taillasson, ces infidélités passagères qu’il faisait à la peinture , n’étaient pas de longue durée. Bientôt il revenait à sa maîtresse chérie, pour lui offrir un nouvel hommage. Mécontent de la manière dont on l’avait célébrée jusqu’alors, il imagina de lui élever un monument plus digne d’elle. Ce monument est un ouvrage intitulé : Observations sur quelques grands peintres; ouvrage dont M. Taillasson nous a lu des fragmens , et où il a su cacher sous des fleurs la sécheresse de l’idiome technique des beaux-arts, et qui est aussi brillant dans sa partie descriptive , aussi profond dans sa partie scientifique , qu’il est utile aux artistes et agréable aux amateurs.
M. Taillasson, d’un commerce doux, quoique peut-être un peu susceptible ( mais de cette susceptibilité qui provient plus encore de la délicatesse morale que de la délicatesse physique), M. Taillasson, dis- je, fait pour apprécier mieux qu’un autre le charme de l’union conjugale , n’osa jamais franchir le seuil du temple de l’Hymen. Si quelquefois
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l'amitié lui prodigua ses faveurs, plus souvent encore, éclairé par une expérience fatale, la crainte d’échanger l’or pur contre l'alliage, le priva de ses douceurs. Ce fut ainsi que, parvenu à plus de soixante- quatre ans, passés souvent au milieu des jouissances que procurent les lettres , les arts et l’amitié , plus souvent encore assailli par les chagrins cuisans qu’ils procurent ( lorsqu’on est doué d'une sensibilité profonde et d’une grande défiance de soi-même), Taillasson , épuisé par le moral , et par-conséquent fort affaibli au physique , fut enlevé , le 1 1 novembre 1 809 , aux arts , aux lettres et à l’amitié, auxquels, depuis sa naissance, il avait été constamment fidèle.
Il montra dans ses derniers momens la plus grande sécurité, la sécurité de lame. Sollicité par ses amis, quelques jours avant sa mort, d’appeler un médecin : ((Vous le voulez, dit-il, j’y consens ; mais à quoi bon? ces gens-là n’en savent guère plus que nous. D’ailleurs j’ai vécu soixante -quatre ans , et je trouve ma tâche assez bien remplie». La veille de sa mort, rappelant un de ses amis qui s’en allait sans lui parler, le croyant endormi : « Disons-nous donc bon soir aujourd’hui, mon ami (lui dit-il en lui serrant la main ) , car demain il ne sera plus temps ».
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NOTICE
SUR M.r MOREAU LE JEUNE.
Jean-Michel Moreau, dessinateur du cabinet du roi, de l’ancienne Académie de peinture, de l’Athénée des Arts et de la Société philotechnique, naquit à Paris en 1741- L’époque de sa naissance et celle de ses premiers essais dans les arts se touchent de si près , qu’il ne se rappelait pas lui-même, celle où il avait tenu le crayon pour la première fois. Il était âgé de dix -sept ans lorsque M. Lelorrain , peintre, dont il était l’élève, ayant été nommé directeur de l’Académie des arts de Saint-Pétersbourg , l’emmena avec lui en Russie , pour le seconder dans les travaux de sa place. La mort de cet artiste , arrivée après dix-huit mois de séjour dans cette contrée, et surtout l’amour de la patrie, ne permirent pas au jeune Moreau d’y faire un plus long séjour, et il s’en revint en France, malgré les offres séduisantes qu’on lui lit pour le retenir en Russie. Quoique fort jeune , naturellement observateur , il sut tirer un grand parti des pays qu’il avait parcourus : non-seulement la nature du sol, les monu-
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mens, les costumes avaient fixé son attention; mais aussi les mœurs , les usages des différens peuples ne lui avaient point échappé , et cinquante ans après, on avait du plaisir, et même on tirait du profit à lui entendre raconter ce qu’il avait vu et ce qu’il avait observé.
De retour à Paris, sans fortune, sans occupations lucratives, les premiers momens lui furent pénibles ; mais avec du courage , du travail, de l’économie, et surtout un vif désir d’acquérir de la célébrité , il vint à bout de surmonter toutes les difficultés. Ayant fait connaissance avec M. Lebas , graveur habile , il apprit , dans l’atelier de cet artiste , les premiers élémens de la gravure à l’eau-forte. M. le comte de Caylus , célèbre antiquaire, imprimait alors son bel ouvrage sur les antiquités grecques , romaines et étrusques ; ayant été à portée d’apprécier les talens de notre jeune artiste , il le chargea de l’exécution d’une partie des gravures de cet ouvrage; mais, craignant que le désir de gagner de l’argent à cette entreprise ne le détournât de ses études habituelles , il lui donnait le samedi la besogne qu’il devait faire le dimanche , et ne lui en redonnait que le samedi suivant ; en sorte cependant que les émolumens que lui rapportait ce travail suffisaient pour ses dépenses de la se-
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maine; par ce moyen, il pouvait étudier six jours sans interruption. M. de Caylus, véritable amateur des beaux-arts , et père des artistes, lui rendit d’autant plus service dans cette occasion , que le jeune Moreau , qui avait été forcé de quitter la peinture comme une .arrière trop longue à parcourir, relativement à ses moyens , était obligé pour exister , de composer des dessins pour l’entreprise de l’Encyclopédie, travail auquel il gagnait moins que le plus mince journalier.
Nous avons cru nécessaire d’entrer ici dans des détails peut-être minutieux , parce que la vie des hommes célèbres devant servir d’instruction aux jeunes gens qui parcourent la même carrière , il nous a semblé utile , pour prévenir le découragement , de leur faire pressentir les obstacles qui se rencontreront sur leur route.
La réputation de Moreau croissant à mesure que ses talens se développaient et acquéraient de la maturité, bientôt il se vit chargé, presque seul , de la composition de la plupart des estampes destinées à orner les belles éditions des auteurs les plus célèbres des trois âges de la littérature ; bientôt même il surpassa tous ses rivaux. M. Cochin , dessinateur des menus-plaisirs du roi, ayant quitté cette place en
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1770 , indiqua Moreau pour la remplir. Ce fut en conséquence de ce titre , qu’il composa les dessins des fêtes du mariage du dauphin , depuis Louis XYI. A l’avènement de ce prince au trône , il fut chargé de dessiner et de graver l’estampe de son sacre , ouvrage qui lui fit infiniment d’honneur, lui ouvrit les portes de ^ l’Académie, et lui mérita la place de dessinateur du cabinet du roi, avec une pension et un logement au Louvre.
Curieux de voir l’Italie, Moreau entreprit ce voyage en 1785; il la parcourut avec son ami et son confrère, M. Dumont, avec autant d’ardeur et d’avidité qu’il en retira de fruit ; car il sembla lui avoir procuré une lumière nouvelle. Tous ses ouvrages qui suivirent cette époque ,' portent un caractère particulier, bien supérieur aux premiers. Si , avant ce voyage , sa réputation comme compositeur dans le genre , et surtout dans le costume français , était faite , il s’en fit une alors beaucoup plus brillante encore comme compositeur dans le genre historique.
La Révolution ayant enlevé à Moreau ses places et ses espérances à l’instant où il allait jouir des bénéfices de sa réputation , il s’en consola en se rendant encore utile aux arts et à sa patrie. Étant entré dans la commission
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temporaire des monumens , avec l’abbé Barthélémy, Bretigny et autres hommes recommandables par leur savoir et leur zèle, tous ses amis , il eut la satisfaction de soustraire au vandalisme une multitude d’objets précieux pour les sciences et les arts. Ce fut le même désir de se rendre utile qui lui fit accepter , en 1797, une place de professeur de dessin aux écoles centrales de Paris , avec un trèsmodique traitement; place qui fut supprimée neuf ans après, et sans indemnité. Moreau, plus que septuagénaire, touchait à l’instant de voir luire sur ses dernières années un jour plus favorable; déjà même, à l’époque de la restauration, il avait été rétabli dans sa place, et sa pension lui avait été restituée , lorsqu’une maladie incurable, un squirre cancéreux au bras droit, vint mettre un terme à son existence le 3o novembre 1S14? après deux opérations douloureuses et deux années de souffrances , qu’il supporta avec un grand courage et une parfaite résignation . jusqu’à l’instant où il lui devint impossible de travailler, ce qui, pour lui, était cesser de vivre.
Les compositions de Moreau , gravées par les plus habiles artistes , ses contemporains , passent 2000 pièces. Parmi tant de chefs-
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d’œuvre , on distingue les deux suites pour les OEuvres de Voltaire, formant à elles seules plus de deux cents estampes ; ses figures in-4-tt pour les OEuvres de J.-J„ Rousseau, imprimées à Bruxelles ; près de cent compositions pour les Evangiles et les Actes des Apôtres ; cent soixante pour l’Histoire de France; une multitude d’autres sujets pour des éditions de Molière, d’Ovide, de Gessner, de Racine, de Corneille, de La Fontaine, de Virgile, Raynal, Regnard, Marmontel, etc. , et surtout les belles figures pour la Psyché, Marc-Aurèle , Montesquieu , Anacharsis et Phocion. Indépendamment de sa grande estampe du Sacre , on a de lui quatre autres grands sujets représentant les fêtes qui eurent lieu au mariage du dauphin. Ces productions prouvent la fécondité de son génie , non-seulement par la richesse de leurs compositions et la variété des poses et des caractères des innombrables figures qu’elles contiennent, mais encore par la vérité et le pittoresque des effets. Ce qui étonne le plus dans le talent de cet artiste , c’est qu’il ne se répétait presque jamais , et que l’abondance de son génie suffisait aux grandes dépenses qu’il en faisait journellement.
H avait exposé, à l’avant-dernier salon, deux
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grands dessins représentant les fêtes données par la ville, en réjouissance de la paix de Vienne en 1809, et du Mariage de Napoléon en 1810: on y retrouve son talent tout entier. En général , les compositions de Moreau sont grandes, et même elles ne perdraient rien, si l’on pouvait les voir à travers un verre qui les représentât de grandeur naturelle. Ses gravures à l’eauforte, peu nombreuses à-la-vérité, sont faites avec un goût et une facilité rares ; on admirera toujours les vingt-cinq sujets qu’il a composés et gravés pour les chansons de Laborde.
Si la première éducation de Moreau avait été un peu négligée , il avait amplement réparé cette omission dans l’âge mûr. En cela, sa mémoire l’avait merveilleusement servi : elle était, en quelque sorte , une bibliothèque vivante ; car il n’avait jamais oublié ce qu’il avait lu ou vu. Aussi , cette vaste érudition se fait aisément remarquer dans tous ses ouvrages , et même l’on pourrait dire que s’il était possible que les chefs-d’œuvre des grands hommes , qu’il a décorés de ses compositions , vinssent à se perdre , on retrouverait leur génie et leur esprit dans ses dessins. Si nous envisageons les œuvres de Moreau sous le point-de-vue commercial , nous conviendrons qu’il a doublé