NÉ C KO LO GIE
maison, et le gros écu pour les domestiques. Ces manières nobles et généreuses , ce rare désintéressement , ne contribuèrent pas à enrichir M. Choffard. Aussi, après avoir travaillé plus de soixante ans , avoir joui d’une réputation assez brillante et justement méritée, il est mort presque octogénaire, sans laisser de fortune : heureux encore d’avoir pu travailler jusqu’au dernier moment. Veuf depuis trente ans, sans enfans , il est pardonnable, sans doute , de s’être si peu occupé de l’avenir.
M. Choffard, d’une assez belle figure, d’une taille avantageuse , était d’un commerce fort doux. Sous les rapports de l’usage du monde, son éducation avait été assez soignée. Arrêté au milieu de ses études par l’infortune de sa mère , dont il prit le plus grand soin jusqu’à ses derniers momens , il n’avait pas fait, quant à l’instruction, tous les progrès dont son génie pouvait être susceptible ; mais la lecture , l’étude dans l’âge mûr , avaient en partie réparé ce qui pouvait lui manquer relativement à l’érudition. Toujours l’idée remplie d’un art qu’il idolâtrait, il s’était occupé d’un ouvrage intitulé : Notice sur l* Art de la Gravure j, dans lequel la partie technique est fort bien traitée. Cet ouvrage a été imprimé
NÉCROLOGIE. J89
peu de temps avant le 7 mars 1809, époque où il a été enlevé aux arts et à l’amitié ; aux arts qu’il a enrichis, en quelque sorte, d’un nouveau genre, et à d’anciens amis, qui n’ont jamais cessé d’avoir pour lui des sentimens d’estime et de considération particulière.
NOTICE