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- ils s'appellent Morald et Gunther, noms dignes de remarque, puisque le premier se retrouve à une lettre près (Morold) dans Tristan, et le second est un des héros de la Tétralogie.
Enfin, sans entrer plus avant dans le détail, trois modifications capitales transformèrent l’œuvre de Gozzi: 1° La fée se change, après la malédiction de son époux, non plus en serpent, mais en statue; 2° Le charme est rompu, après la série des épreuves, non plus par l’aumône d’un baiser, mais par la toute-puissance du chant; 3° La fée, en épousant un homme, ne perd pas limmortalité pour régner sur un simple royaume de la terre; c’est l’homme, au contraire, que l'amour a élevé jusqu’au rang des dieux et qui devient un immortel pour régner dans lempire des esprits. Ce dernier trait ré-
vèle même une certaine ingéniosité, et M. Georges Noufflard l’a fort judicieusement observé: «Conduit par son instinct, Wagner, dit-il, avait donc su dégager la forme naturelle de la légende indienne, sous les altérations qu'elle avait subies à travers ses migrations.»
Comme on le voit, ces trois innovations avaient leur importance: la première était scénique, la seconde musicale, la troisième philosophique. En elles se retrouvaient, pour ainsi dire, les trois faces du génie de Wagner: l'instinct du dramaturge, l’imagination du compositeur, la pensée mystique
du poète.
Une grande ouverture en mi majeur sert de préface à l'ouvrage, et Wagner nous apprend, par une mention sur le manuscrit original, qu’elle fut écrite, l’opéra terminé, en l’espace de cinq jours, du 2 au 6 janvier 1834. C'était imiter la manière de procéder et la célérité de Weber. L’imitation d’ailleurs n’est pas moins sensible dans la conception que dans l’exécution et apparaît dès les premières mesures, un adagio caractéristique avec son dessin de doubles croches ascen-
dantes, qui annonce le thème fondamen:-
tal fourni par le grand air d'Ada, au deuxième acte.
Adagio.
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Une succession de cinq accords parfaits, revenant plusieurs fois par la suite, et for- : mant ainsi un premier essai de Leitmotiv, conduit à une petite marche dont une modulation de mi majeur en sol $ mineur reparaît plus tard textuellement dans la
marche des fiançailles de Zohengrin, et
avec laquelle s’oùvre et se ferme le finale
du premier acte.
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Sur le murmure des altos, le motif principal semble se poser pour prendre son
vol; les accords du début l’interrompent.
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Puis 1l s’élance, éclatant, riche, presque
trop riche de développements qui le ra-
mènent sans cesse, tantôt accompagné par le trémolo des cordes, tantôt scandé par les cuivres, véritable tourbillon que traverse deux fois une gracieuse mélodie, esquissée dans le finale du second acte, dite d’abord par la flûte, et peu après, tour à tour, ‘par
la clarinette, le hautbois, et le quatuor.
AUEGTO. nan