LES FÉES
Opéra-romantique en trois actes.
Le premier janvier 1834, un jeune homme de vingt ans terminait à Wurzbourg un grand opéra, Intitulé
Les Fées, dont
il avait composé la musique et les paroles :
c'était sa première œuvre dramatique si
l’on excepte quelques fragments d’un opéra des Voces qu'il s'était contenté d’ébaucher.
Il comptait sur elle pour se faire un nom, et, fort de quelques recommandations, voire de deux succès d’estime remportés plusieurs mois auparavant avec une symphonie (Gewandhaus, ro janvier 1833) et une ouverture (ibid. 30 avril), il n’hésitait pas à présenter son ouvrage au directeur du Théâtre Municipal de Leipzig, M. Ringelhardt, lequel, fort aimable:
ment d’ailleurs, promettait qu’on le jouerait bientôt.
On l’a joué en effet, mais cinquante-quatre ans plus tard, au théâtre de la Cour, à Munich, le 29 juin 1888!
Pendant ce demi-siècle, bien des événements politiques et artistiques s'étaient produits, et la face du monde musical s'était en
quelque sorte renouvelée, Cet inconnu de
la veille avait grandi peu à peu: il avait conquis sa place au théâtre et cette place était la première. Au plus fort de la lutte il lui arriva de se souvenir de sa partition des Fées si dédaigneusement délaissée jadis, et, le jour de Noël 1866, il l'offrit à Louis II de Bavière, non pour la rendre à la lumière de la rampe, mais pour la plonger au contraire dans l’ombre de la bibliothèque royale.
Les Fées y dormirent en effet comme dans un tombeau jusqu'à la mort du Roi, et n’en seraient probablement jamais sorties, sans l'initiative du surintendant des théâtres de Munich, le baron Perfall.
Ayant découvert et parcouru ces trois gros volumes à reliure violette que personne encore n'avait dû être admis à feuilleter, 1l résolut de livrer cet opéra de jeunesse aux
hasards d’une représentation scénique que
M'uÆs tt L'ITALIE) UN PFear LT A4 DURS
5 > A YT » FAR hr 0 : ,," (
l’auteur n’eût sans doute pas autorisée de.
son vivant. Au moins ne négligea:t-il rien pour que cette représentation eût un éclat exceptionnel et fût comme un hommage
rendu à la mémoire de Richard Wagner. …
connaissance suffisante du théâtre et de la. de poésie pour tracer soi-même son propre
lbretto ; mais il arrive plus rarement encore g
Fan #
qu'on l'invente de toutes pièces. L'image ?
nation, mal assurée, a besoin d’ê être guidée ; il pe
Xe
lui faut l’appui d’un texte préétabli, un mo- Re ;