‹ Mélanges tirés d'une petite bibliothèqueChapitre 19 sur 85 · POEME MS. DU XVI I^ SIÈCLE · texte numérisé non relu

POEME MS. DU XVI I^ SIÈCLE

u Fabrice , la i^aillarde d'un Poloiiois , le prélude u d'un Perrichon et la courante d'un Gautier ; conte trefaire le visage d'un Janet ou d'un Ga jetan : le « crayon d'un Du Moustier, l'invention d'un Fre- « minet, et le satin blanc ou noir d'un Fourbus « ou d'un Finsoii. Chose peu haute et peu louable « a l'expert et bon chantre : au braue et scauant (( joueur de luth : et à l'excellent , docte , rare et « souuerain peintre qui ne doit suyure que la (( nature, attendu que les loix de l'imitation ne « s'eslargissent et auancent pas jusques là , etc. » Je citerai encore le jugement que notre auteur porte de Malherbe , comme propre à appuyer une tradition qui s'est conservée dans l'histoire littéraire. (( Au rang des plus excellens esprits , dit le poète , (( marche encore de nos iours d'une merueilleuse (( douce et franche granité et d'un style gracieuse- « ment et nettemient généreux, le sieur de Malce herbe, personnage illustre et noble dont ie loue (( et admire beaucoup plus les ouvrages accomplis «( cpie l'humeur trop frenche et libre (exemte pource tant de malice et de venins ) dont il est cjuelque (( peu taxé par le iugement d'autruy. Ce que nostre « ancienne, longue et parfaite amitié me permet de (( dire de luy sans soupson de malvueuillance ou « d'envie. »> J'avoue cpic j'ai quekpie peine à croire que cet honune , à l'humeur franche et libre , ait donné son suffrage à Vllippiade, et il se pourroit bien que ce fût là le motif de la réticence un peu

sèche dont César de Nostradamus use à son égard ; il est impossible, au reste, d'exprimer un reproche avec plus de modération et de loyauté.

Les aduis singuliers touchant la façon descrire un poème héroïque ^ dont j'ai détaché les lignes qu'on vient de lire , offrent çà et là quelques aperçus plus ou moins intéressans, et sur le sujet de \Hippiade, et sui' les efforts que Nostradam.us a tentés poui' le traiter dignement. Ses observations sui' le rhythme cjn'il a choisi ne sont pas dénuées d'un certain goût ; mais qu'importe la façon décrire et le mécanisme auquel le poète s'astreint, quand il ne sait pas donner à son style l'attrait de l'imagination et du génie ? Le vers de huit syllabes , que Nostradamus avoit adopté, peut convenir, en effet, à la marche libre et rapide d'un ouvrage qui tient plus de la chronicpie que du poëme; mais il faut, pour cela, qu'il se revête de la couleur générale de la composition , c'est-à-dire qu'il ait partout autant de noblesse et de gravité cpie sa mesure en comporte; et sous la plume de César de Nostradamus , il n'a que la trivialité du burlesque. Le fragment suivant , qui est une énumération des guerriers troubadours, et pour lequel leur vieil historien Jean de Nostredame n'a pas été d'une petite utilité à son neveu , ne justifiera que trop mia critique; je préviens les lecteurs que je ne l'ai cherché ni dans ce qu'il y a de mieux , ni dans ce Cjn'il y a de plus mauvais , et qu'il suffit pour qu'on

sache à quoi s'en tenir snr VHippiade. Je n'espère pas qu'il donne envie de lire le reste. Il s'agit donc de cent poètes ,

Dont Daphné décore les têtes

Tous preux Cheualiers Prouencaux.

Le premier qui sort de la porte Est ce Guilhen d'Agoult qui porte Vne haubergeon d'or recamé , De loups rampans d'azur semé.

Guilhen Adhemar le seconde , Seigneur d'admirable faconde , Affublé d'un riche manteau D'or à bandes de ciel et d'eau.

Boniface de Castcllane ,

Qui chante en ryme Cathelane

Les syruentes qu'il ne fait point

Si Bacchus ne l'agite et poind.

Bertrand des comtes de Marseille ,

Que toujours Eraton conseille;

Jauffred Rudel ; et Daniel ,

Lustre , gloire , honneur de son ciel ,

Pons du Brueil : Hugues de Loubières ,

Qui rymant despite les bierres :

Beral des Baulx ; Bertrand Amy ;

Blaccaz ; Pierre de Sainct Remy ;

Luc Grimaud ; Perceval Dorie ,

Qui porte en riche broderie

Vu sayon d'or enuironné,

De maint aygle noir courouné.

Luc Liscar ; Guilhem de Bargeme ,

Dont chaque vers est une gemme ; Rostang de Cuers ; Jauffred du Luc , De qui les chants sont pleins de suc ; Manuel Balb de la famille Des preux comtes de Vintimille ; Pierre Cardenal ; Cadenel , Grave , doux , excellent et net ; Cheualiers fauoris des Muses , Dont les dames estoynt fameuses Et dignes d'immortel renom ; Tous nobles d'armes et de nom.

On voit qu'il y a loin de César de Nostradamus au Tasse, mais cjn'avec un peu plus de natui-el et de facilité ses vers poui'roient rappeler Scarron ou d'Assoucj ', ce que je trouve de plus fâcheux pour lui dans le choix qu'il a fait de ce genre de versification , c'est que le petit nombre d'alexandrins qu'il a laissés prouvent cpi'il y auroit m^ieux réussi. Il y a de la gi^andeiu^ dans le sonnet qui termine son poëme :

Aux saincts murs que le Tybre inonde , perce et baigne , Grégoire auoit les clefs du haut Olympe en main ; Ferdinand le fardeau de l'Empire germain , Et contre un paladin un grand ost en campagne.

LouYS aux Beanois qu'un grand ange accompaigne , Y restaurant la mittre et le cidte romain , Estoyt dieu de la France , aussi juste qu'humain ; Jaques, roy d'Angleterre, et Phillippe d'Espaigne.

Henry, qui de Lothaire encor soustient l'estat.

Estoyt duc d'Austrasie, et Charles, potentat

Des monts qu'Annibal ouvre' aux puniques gendarmes.

Quand i'alloy desterrant, tant d'arcs, d'ordres, d'anojs, De combats, de chevaux, d'estats, d'enseignes, d'armes, De Dieux, d'Héros, de Preux, de Césars et de Roys.

Il me semble qu'il ne manque à cela que du style, et que cette manière de dater son poëme étoit alors aussi neuve qu'imposante. Le dernier tercet, où le poète se met en scène, remuant la poussière des temps passés , et exhumant avec tant d'autorité tout ce cjxi'il y a de plus magnifique dans les gloires humaines, est admirable de pensée; je ne crains pas de dire cpi'il touche au sul^lime.

J'ai dit , en décrivant ce volume , que César de Nostradamus avoit recueilli avec soin , à la fin de ses préliminaires , les pièces encomiastiques ou latines ou françoises qu'il s'étoit fait adresser suivant la mode du temps. J'en consignerai ici une seule, qui m'a paru ingénieuse et bien tournée; elle est signée de Scipion Du Perier, I. C. (jurisconsulte), patrice d'Aix (i) :

Quand pour charmer nos yeux d'une rare peinture , Tu nous peints les beautés de ce grand vniuers , Pai- mille beaux secrets à toy seul decouuers , Tu nous fais voir que l'art surpasse la nature.

(i) Il étoit fils de ce François du Périer, à qui Malherbe adressa d'admirables stances sur la Mort de sa Fille . que tout le monde sait par cœur. J i:7(i; (i II

Quand pour nous raconter quelque belle aduanture , Tu daignes employer ou la prose ou les vers , Tu parois aussy rare eu ces labeurs diuers Que ton père à descrire une chose future.

Voyez comme le Ciel fauorable à leurs vœux

Les a diuersement fauorisé tous deux

Pour faire de leurs mains un ouurage admirable.

Le filz va rappellant à nostre souuenir

Ce que les ans passes ont veu de mémorable ,

Le père nous prédit les choses à venir.

Après avoir fait connoître César de Nostradamus comme poète , je n'en dirai qii'un mot comme peintre. Le frontispice de son livre, représentant, selon l'usage, une espèce d'arc de triomphe orné de statues et de bas-reliefs, a tout le mérite du genre ; c'est l'exacte imitation d'une mauvaise gravure : on pourroit même s'y tromper. Le por-^ trait de l'auteur, fait par lui-même, n'est qu'une esquisse jetée sur le papier; mais il ne manque pas de caractère. Il paroît, par ce qu'il en dit dans le passage cité , cpie César de Nostradamus exerçoit ce talent avec une sorte de prétention , et qu'il n'y attachoit pas moins d'importance qu'à son génie poétique; je crois me rappeler cjue le portrait que l'on conserve de son père dans l'église de Salon , et qu'on y expose encore , je ne sais pom^quoi , à la vénération des voyagem-s , est l'ouvrage de son pinceau.

Il n'est pas hors de propos de répéter ici cpie

ce livre n'auroit qu'un mérite tout-à-fait idéal , si les immenses recherches cpie César de Nostradamus avoit faites sur l'histoire du m.oyen âge ne lui evissent permis de jeter dans son poëme des lumières vraiment curieuses sur un grand nombre de familles illustres de France , et particulièrement sur celles qui appartenoient à sa province natale. Sous ce rapport , V Hippiade ne miéritoit pas l'oubli absolu où elle étoit tombée , et dont rien n'indique qu'on ait jamais entrepris de la faire sortir j sa place étoit marcpiée dans un de ces grands dépôts où les savans qui s'occupent de notre histoire vont puiser des matériaux ou des renseignemens ; et si ces pages obscures peuvent révéler son existence , telle est sans doute la destinée qui l'attend un jour. Je conviens qu'elle n'équivaut pas tout-à-fait à l'immortalité que l'auteur s'étoit solennellement promise dans plus d'une de ses pages; mais tout inspirés que soient les poètes, il ne faut pas les croire sur parole quand ils prophétisent leur gloire, et l'expérience a prouvé c£ue les prédictions de César de Nostradamus ne valoient pas mieux que celles de son père.

Clef peu connue et fort augmentée de deux Pamphlets recherchés.

Les Soupers de Daphené {sic), et les Dortoirs de Lacédé- MONE, Anecdotes grecques, ou Fragmens historiques publiés pour la première fois , et traduits sur la 'version arabe imprimée à Constantinople , l'an de l'hégire iiio, et de notre ère \']^\ -, (par de Querlon.) Oxford, (Paris,) 174^» in-8. , 96 pages, et un feuillet poiu-la clef imprimée; mar. rouge.

M. Barbier nous apprend que ce livre est une satire sur les soupers de Marly ou sur ceux que Samuel Bernard donnoit à Passj; il est évident que c'est de Marly qu'il est question , puisque l'auteur dit positiA'^ement , page 1 1 , que Daphné est à cinq milles d'Antioche , cpii signifie Paris : ce qui ne sauroit se rapporter à Passy. M. Barbier ajoute que Querlon la composa en trois jours , sur des anecdotes fournies par Moret, qui fit imprimer l'ouvrage à ses frais. Au lieu de Moret, qui n'est pas connu, M. Brunet écrit J. Monnet, leçon qui me paroît préférable à l'autre; ce J. Monnet est probablement l'éditeur de \ Anthologie.

Le savant auteur du Dictionnaire des Anonymes ne paroît pas avoir eu connoissance de la clef imprimée qui se trouve à mon exem^plaire , et que je n'ai vue , à la vérité , dans aucun auti^e ; car il regrette cpi'il n'en existe pas, et il cherche à suppléer à ce défaut par ses propres découvertes. Cette clef est , au reste , fort superficielle et fort imparfaite, et il s'en faut de beaucoup cpi'elle rende le travail de M. Barbier inutile ; je n'ai fait que transporter celui-ci dans le mien , qui est un peu plus étendu , mais qui ne contient rien d'ailleurs de fort considérable dont M. Barbier n'ait pas fait mention. Je vais le rapporter ici pour la commodité des amateurs qui seront tentés de le consigner dans leui^s exemplaires, et d'ajouter cette modeste illustration à un pamphlet qui n'en mérite certainement pas de plus éclatante.

Page i". Daphné. Marly.

Ibid. Euphorion. L'auteur appelle ainsi son correspondant des mots grecs zv et (?o>picv, qui signifient bon larcin ^ pour annoncer qu'il va dévoiler d'agréables mystères.

Page 10. Syrie. France.

Ibid. Antioche. Paris.

Ibid. Le fleuve Oronte. La Seine.

Pages II et 12. Ce bois enchanté. Le bois de Boulogne.

Page i5. Pompée-le-Grand. Louis-le-Grand.

Page 16. Ampelide. Samuel Bernard. Je ne sais

pourquoi il lui donne le nom à'Ampelidey à moins que Samuel Bernard n'ait eu la réputation d'aimer le vin. A^TTïAof signifie la vigne.

Page 17. Àifenturier de Nicosie. Nicosie fait peut-être allusion aux affaires de la guerre dans lesquelles Samuel Bernard s'étoit enrichi, comme l'auteur l'insinue plus bas.

Page 18. // a des enfans. La manière dont Querlon parle des enfans de Samuel Bernard est trop sévère. L'un d'eux étoit le président de Rieux, qui ne mancjuoit pas de mérite, et dont la belle bibliothèque prouvoit au moins un goût distingué pour les bonnes études. Les amateurs reconnoissent les livies qui lui ont appartenu à l'ancre de ses armoiries.

Page 24. Albionice. Mademoiselle de La Touche, bâtarde de Samuel Bernard. 11 l'appelle Alhionicey parce qu'elle se fit enlever par un Anglois ; elle étoit soeur de madame Dupin , femme d'un fermiergénéral.

Ibid. Un petit puhlicain. Son mari étoit secrétaire du Roi.

Page 25. Chlore. Mademoiselle de Moras; il est probable qu'elle étoit pâle ou de mauvaise couleur.

Ibid. Arsinoé. Madame de Moras la mère.

Ibid. Agathias. M. de Boufïlers.

Ibid. Lafeinine du vice-préteur. Madame Hérault, femme du lieutenant -général de police, frère de madame de Moras et fils de M. de Se-

chelles. Le fameux Hérault de Séchelles étoit de cette famille.

Page 27. La femme du 'vieux Strabon (^Straho, Luscitiosus). Madame de Maillj. M. de Mailly louchoit.

Ibid. Cette petite femme. Madame la présidente Portai , épouse de M. Portai , fils du premier président j elle étoit fille d'un ancien et riche financier, que l'on nommoit le vieux Fontaine.

Pages 27 et 28. Ce jeune homme. M. d'Arboulin, amant de la présidente Portai. M. Barbier dit qu'elle étoit des pai^ties du duc de Richelieu, c|ui avoit tâché de la procurer au Roi, et qui la fit souper avec Sa Majesté ; mais le Roi ne s'en soucia pas ; il la trouva trop évaporée.

Page 34* Glycère. Mademoiselle le Maure, de l'Opéra.

Page Sy. Artémise. La jeune Duchesse.

Page 38. Le prince d'Arménie. Louis XV.

Page 40. Les bâtisseurs. Les francs-maçons.

Page 41 • Aristomaque. Le prince de Rohan.

Page 42- Foi socratique. Les francs -maçons soupçonnés de pédérastie.

Page 43. L'île de Samothrace. L'Angleterre.

Page 55. La mule. Aventiu'e, dit M. Barbier, arrivée à madame la duchesse de Ruffec, fille de M. d'Angervilliers , ministre de la guerre ; elle avoit été mariée en premières noces au président de Maisons. Son esprit et son enjoùment la fai-

y4 CLEF DE DEUX PAMPHLETS,

soient désirer à la cour; mais elle l'avoit quittée pour A'ivre à Paris avec le marquis de Trévoux, lieutenant aux Gardes - Françoises , à qui elle paya la compagnie lorsque son toui^ vint de l'obtenir.

Ce premier fragment finit à la page 5j , et avec lui l'allégorie dont nous venons de soulever le voile. Les Dortoirs de Lacédémone, ou Dialogues sur la T^olupté entre Aristippe et haïs, n'ont plus rien d'allusif et n'exigent pas de clef; c'est tout simplement un tissu de fadeiu's à la grecque et d'obscénités muscjuées com.me le fragm.ent précédent , mais qui n'offre pas comme lui l'attrait de la personnalité. Ce genre de littérature diffamatoire est maintenant apprécié à sa valeur par les honnêtes gens; et il paroitra de plus en plus méprisable, à mesure que notre caractère national contractera, dans l'exercice d'une saine et vigotu^euse liberté , une dignité plus virile et plus sérieuse. Mais les livres qu'il a produits n'en méritent pas moins de conserver une place dans les bibliothèques ; ce sont de vraies pièces historiques, empreintes de toute la dépravation d'une époque mémorable de dissolution sociale , et cpii peuvent servir à la fois d'éclaircissemens pour le passé , et de leçons pour l'avenir.

Puisque j'ai eu occasion de parler d'une clef de livre dont on ne connoissoit pas encore de copie imprimée , et qui est propre à mon exemplaire , je

citerai de cette singularité un second exemple qui ne mérite pas un article particulier, quoique l'ouvrage c[ui le présente soit plus piquant , et surtout beaucoup plus rare que les Soupers de Daphné. C'est la nouvelle à'Hattigé (i) que M. Brunet annonce comme l'histoire allégorique des amours de Charles II, roi d'Angleterre, et de la duchesse de Castelmaine. L'abbé Sépher se félicitoit d'avoir trouvé dans son exemplaire une clef manuscrite que son catalogue rapporte, et que M. Barbier a copiée dans \e Dictionnaire des Anonymes y tome II, page 49' Le mien renferme cette clef imprimée, du temps de l'édition , avec quelque augmentation et cpielques variantes. La voici :

Clef des noms contenus en cette histoire.

Roy de Tamaran, le roi d'Angleterre.

Hattigé , la duchesse de Geilande.

Zara , confidente de la Duchesse.

Rajep, m. de Chasuelle , amant de la Duchesse.

( I ) Hattigé, ou les Amours du roy de Tamaran , nouvelle ( par Brémond). A Cologne , chez Simon l'Africain, 1676, in-ia. 3 f. 89 pages, et un feuillet pour la clef imprimée ; mar. rouge, rel. par Simier.

Le frontispice est à la Sphère portée par une main , mais l'édition n'est pas Elzevirienne. Je crois qu'il s'en trouve plus d'une sous la même date.

Osman, le duc de Bouquaincan.

MoHAREN, mylord Candiche.

RouKiA, femme du Mjlord.

Ce petit volume ne peut pas être regardé com.me anonyme, Brémond, son auteui', ayant signé la dédicace.

La Révolution prophétisée par Fénelon et par Louis XV.

Maximes morales et politiques tirées de Télémaque , imprimées par Louis-Auguste, Dauphin (Louis XVI). Versailles , de l'imprimerie de Mg'' le Dauphin , dirigée par A. -M. Lottin , 1766, in-8. , 36 pages, et un feuillet pour la Table des Maximes. Cartonné, dans un étui de mar. bleu. Exemplaire non rogné.

On sait que cet ouvrage n'a été tiré qu'à vingtcinq exemplaires, qui tous ont été distribués en présens. La simplicité de la condition de celui-ci indique assez cpi'il avoit été destiné à rester dans le cabinet de son auguste auteur, et il est probable qu'on n'en trouveroit pas un autre dans toutes ses marges ; mais cette particularité n'auroit pas suffi pour lui donner ici une place que trop d'auti-es livres précieux réclamoient au mém^e titre. Voici celle qui le distingue , suivant moi , de manière à le classer parmi les plus rares curiosités de ma petite bibliothèque.

- Au-devant du frontispice est insérée la note suivante :

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