‹ Mélanges tirés d'une petite bibliothèque romantiqueChapitre 20 sur 39 · A MADAME N · texte numérisé non relu

A MADAME N

Le luth et le pinceau, quand votre voix commande,

Prodiguent à l'envi les accords, les couleurs ;

Ce sont là les tributs dont on vous doit l'offrande ;

Chaque gloire à votre guirlande

Est fière de mêler ses fleurs.

La jeune muse a fait de ses nobles conquêtes Flotter autour de vous les nouveaux étendards ; Vous avez une cour de peintres, de poètes ;

On voit rassemblés à vos fêtes

Les fils de la lyre et des arts.

Qu'ils sont beaux vos concerts! Tantôt, c'est Lamartine, C'est ce jeune Ossian, chantre mystérieux

Des intimes amours ; homme à i'âme divine, Exhalant aux deux qu'il devine Le souffle qui lui vient des cieux.

C'était ce cygne, hélas ! chantant son agonie, Delorme, que la mort entre nos bras frappa ; Puis, versant à grands flots sa fougueuse harmonie,

Victor Hugo par son génie

Emporté comme Mazeppa.

Tastu se dérobant à l'encens des louanges, Et voilant de son luth la pudeur de ses traits ; Deschamps, vif éclaireur de nos jeunes phalanges;

De Vigny, le frère des anges,

Dont il a trahi les secrets.

D'une autre muse encor, votre fille, suivie, Dans votre esquif brillant, sans qu'il s'arrête aux ports, Voguez longtemps ; glissez, enivrée et ravie, Sur ce beau fleuve de la vie Pendant qu'on chante sur ses bords.

Des souffles de génie enflent toutes vos voiles; Pilote harmonieux et savant, un époux, Une lyre à la main, les yeux sur les étoiles,

Quand la nuit revêt ses longs voiles,

Au gouvernail veille pour vous.

Bien longtemps il a bu dans une coupe amère; Mais de sa course enfin il a franchi l'écueil ;

La palme de son front n'était pas éphémère. Heureuse épouse, heureuse mère, Marchez donc dans un double orgueil.

Il s'est enraciné, le cèdre des montagnes,

Qui domine aujourd'hui les trembles, les ormeaux;

Se tenant par la main, la vierge et ses compagnes,

Fraîche guirlande des campagnes,

Viennent danser sous ses rameaux.

Arbre-roi, qu'ont frappé des tempêtes sans nombre, Chaque aurore l'a vu rafraîchi par ses pleurs ; Que le ciel désormais soit brûlant, pur ou sombre,

Le grand cèdre donne assez d'ombre

Pour couvrir la forêt de fleurs.

1 83 1 . — Le Ciel d(Athènes, de Pierre Lebrun; scène du Moïse (acte IV) de Chateaubriand; la Fée du Lac, de Dovalle; Misraël, par Alexandre Dumas (souvenir du Sylphe de Victor Hugo); le Palais de Nangasaki, de Denne-Baron; la Vie et la mort du Ramier, de madame Desbordes- Valmore; les stances sur Saint-Germain, d'Emile Deschamps; les vers à madame Pauline F***3 signés Joseph Delorme; le Duel du précipice, d'Eugène Hugo (déjà donné, sans nom d'auteur, dans les Annales de 1823); les Rêves, de Victor Hugo (Amis, loin de la ville, etc.); le Cri de Pâme, de Lamartine; le Printemps, de Charles. Nodier; les Ruines de Pompéia, d'Élisa Mercœur; la Promenade, par Jules de

Saint- Félix; Ursule et Henri, ballade d'Ernest Fouinet (médiocre, et faite, je crois, pour servir de prétexte à la gravure); la jolie ballade sur Sorrente, de Delphine de Girardin ; et le sonnet de Théodore Carlier :

Désert, pour qui le ciel n'a pas d'eau fécondante,

d'un beau mouvement, mais imparfait ; la Malade, de Gérard ; le Dernier jour de Salvator Rosa, de Henri de Latouche; la traduction fameuse du sonnet de Manzoni, par madame de Staël (Jésus apparaissant à Adam, dans les ïimbes); Amertume, par Drouineau; une Prière, par A. Fontaney, jolie de ton, mais pleine d'entortillages et d'incorrections; Elle... et le vieux chien, fragment de prose d'Eugène Sue, etc. etc. De toutes ces pièces, inconnues pour la plupart, et dont les plus remarquables ont été réimprimées dans les Œuvres de leurs auteurs, je ne vois véritablement à citer qu'une ode très-belle de Polonius, Ixion, que je n'ai point retrouvée dans ses deux recueils (i).

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