‹ Melchior Grimm, Thomme de lettres, le factotum--le diplomate, avec un appendice sur la correspondance secrète de MétraChapitre 17 sur 18 · LA CORRESPONDANCE DE METRA · texte numérisé non relu

LA CORRESPONDANCE DE METRA

Il n'est point de chercheur qui, en s'occupant de la seconde moitié du xvni* siècle, n'ait eu à consulter la Correspondance littéraire secrète^ source d'informations utiles quoique de second ordre. Mais, si ce recueil est connu, son histoire ne l'est guère, et le nom de Netra, en particulier, sous lequel la Correspondance est le plus souvent citée, reste une sorte d'énigme. Quel était cet écrivain ou cet éditeur, auquel aucun dictionnaire biographique n'a daigné consacrer un article?

Commençons par constater l'extrême rareté de cette correspondance. 11 n'en existe certainement aucun recueil complet. La Bibliothèque nationale elle-même n'en possède que trois ou quatre années^. Un avis ou prospectus qpie je trouve en tête d'un exemplaire de l'année 1775 annonce la publication sous ce titre : Correspondance littéraire secrète pour

1. Savoir : les années 1775, 1785 et 1786 complètes; de plus vingt-trois numéros de 1778, et un second exemplaire de 1786 qui ne va que jusqu'au 22 octobre; enfin deux plaquettes renfermant, Tune deux numéros de 1777, et Tautre deux numéros de 1787.

m MELGIIIOR GRIMM. .

former unrecueil annuel de toutes le$ nouveautés curieuses de France. Elle s'imprimait à Neuwied, capitale de la petite principauté indépendante du même nom, paraissait hebdomadairement par cahiers de huit pages, petit in-8**, et parvenait aux souscripteurs sous enveloppe et par la poste. L'avis qne je viens de citer explique que la Correspondance est imprimée par une -petite imprimerie portative de cabinet, parce qu'il aurait été trop difficile d'en multiplier des copies manuscrites. Le prix en était de c quelques ducats par an >. Il fallait poar devenir souscripteur être présenté par une personne déjà connue. La première lettre est de juin 1774; on ne sait pas exactement quand la publication prit fin; Beuchot en possédait le numéro du 7 mars 1793. Les conditions de publication et de souscription avaient naturellement changé avec le temps. Un prospectus, apparemment de 1790, annonce que les éditeurs entendent profiter de la liberté procurée c par la révolution qui s'opère > ; on souscrit publiquement désormais, à Strasbourg, chez Treuttel et Wurlz, et à Paris, chez Onfroy. Le prix d'abonnement est d'un louis. Ce prospectus se termine par une liste des publications de la Société typographique à Neuwied sur le Rhin, et indique ainsi le lieu de fabrication et d'impression de la Correspondance.

C'est à tort qpi'on confond avec le journal dont je viens de parler un recueil qui parut à Londres (en réalité à Maestricht), de 1787 à 1790, sous le titre de Correspondance secrète politique et littéraire, ou Mémoires pour servir à l'histoire des cours, des sociétés et de la littérature en France depuis la mort de Louis XV. Cette publication, qui forme dix-huit volumes petit in 8<^, et qui est beaucoup moins rare et par conséquent moins recherchée que la précédente, passe ordinairement pour en être la réimpression ; mais c'est une erreur, ainsi que le démontre le plus léger examen. Les éditeurs du recueil de Londres ont seulement puisé dans celui de Neuwied, et lui ont emprunté une partie de son titre. Ils ne

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s'en cachent pas d'ailleurs : c Parmi les lettres particulières, disent-ils, qui n'avaient jamais été imprimées, on reconnaîtra celles qui ont paru périodiquement, depuis Tannée 1775, sous le titre de Correspondance littéraire secrète, mais la cherté de cette feuille et la circonspection avec laquelle elle a été distribuée ont empêché qu'elle fût fort répandue. » Leurs prétentions vont bien au delà d'une reproduction : c Nous pouvons afGrmer, lisons-nous dans la même préface, que les matériaux de cette correspondance ont été trouvés dans les portefeuilles des souverains et des ministres d*État, sur les bureaux des grands seigneurs et les pupitres d'illustres philosophes, sur les toilettes des Muscs et des Grâces et sur les tablettes de leurs adorateurs. »

Revenons au journal publié à Neuwied, à la Correspondance secrète originale, à celle qui mérite seule de porter le nom de Metra. Mais ce nom lui-même, d'où vient-il? Il y a là une attribution qui n'avait pas besoin d'explication pour les contemporains, mais dont l'origine avait été oubliée, et que nous révèle Barbier dans son Dictionnaire des anonymes. Selon le célèbre bibliographe, la Correspondance littéraire se^ crête a été c rédigée par Metra, Guillaume Imbert de Boudeaux, ex-bénédictin, et autres». Barbier ajoute: c Metra avait été banquier et correspondant du roi de Prusse Frédéric II ; il ût mal ses affaires et se réfugia à Neuwied, où il fit imprimer cette correspondance, dont G. Imbert lui envoyait de Paris les matériaux. >

Nous verrons tout à l'heure ce qu'il faut retenir de l'indication donnée par Barbier, mais nous devons commencer par écarter du débat un second Metra qu'on a, sans autre fondement que l'identité des noms, pris pour le père ou le patron de la Correspondance secrète. Metra le nouvelliste a été absolument étranger, soit à la famille du correspondant de Frédéric H à Paris, soit à la publication qui s'est poursuivie pendant près de vingt ans à Neuwied.

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Cd que nous saTons du nouTellisIe se réduit» d'ailleurs, à peu de chose*

LsL Correspondance littéraire de Grimm, alors rédigée par Meister, citait, dans son numéro de juillet 1783, une asses médiocre épîgramme sor c le sieor Metra >, et donnait à cette occasion quelques détails sur le personnage. avait, lisimsnous, c le plus énorme nez qu'on ait jamais tu en France et peut-être dans TuniTcrs >, passait une grande partie de la journée aux Tuileries, sur la terrasse des Feuillants, â écouter et à rapporter des nouTcIles, et avait joui d'une sorte d'autorité en ce genre pendant la guerre d'Amérique. Le duc de Lévis, dans ses Souvenirs et Portraits, a deux pages sur Metra et y confirme les renseignements de Meister. C'était, dit-il, c un bonrgois désœuvré, qui n'avait rien de remarquable dans toute sa personne qu'un nez d'one longueur démesurée ; son esprit était au-dessous du médiocre, et cependant il avait acquis de Fimportanoe, uniquement par son goût pour les nouvelles politiques et son assiduité aux Toileries >. M. d'Aranda, l'ambassadeur d'Espagne, ainsi que d'autres membres du corps diplomatique, lui faisaient quelquefois savoir les nouvelles qu'ils voulaient répandre dans le public, c C'est ainsi, dit l'écrivain en terminant, qu'après avoir commencé par être un objet de dérision il finit par faire • autorité dans la haute société, où cependant il ne fut jamais admis. >

La Correspondance littéraire nomme de nouveau Metra, en février 1786, pour citer une épigramme faite sur lui à l'occasion de sa mort, et les Mémoires de Bachaumont donnent les mêmes vers à la même date. M. Tourneux a, en effet, trouvé l'annonce du décès du nouvelliste dans le Journal de Paris du 21 janvier 1786, ainsi que la mention de son enterrement, dans l'Affiche de Paris, comme ayant eu lieu le 20 du même mois. Ces deux insertions ont ceci d'important qu'elles nous donnent le nom, la qualité et la demeure du défunt.

U s'appelait François Mettra, est désigné bourgeois de Paris, et demeurait cul-de-sac Dauphine, c'est-à-dire précisément dans le voisinage de cette terrasse des Feuillants où il aimait à pérorer. Ajoutons qut Y Affiche de Paris du 8 février annonce la vente des meubles et effets du sieur Mettra comme devant avoir lieu ce jour-là et les suivants. La description des objets mis en vente comprend un mobilier bourgeois du temps; il n'est question ni de livres ni de papiers.

La mémoire du nouvelliste se conserva quelque temps. L'année même de sa mort, Leclerc de Sept-Ghenes publia, sous forme d'un éloge de Metra, une parodie du style ampoulé des panégyriques de l'époque. Cette brochure, dont M. Tourneuz a donné, en 1879, une élégante réimpression, fait naître Metra (qu'elle désigne seulement par une initiale, M...}, à Paris^ le 21 avril 1714, et, nous ignorons sur quelle autorité, lui attribue les prénoms de Joachim -Alexandre. Trois ans plus tard, le nom de Metra servait d'enseigne à une autre brochure, politique celle-ci : les Mânes de M- Metra et ses Réflexions posthutnes pour guider ses confrères les gobe-mouches des Tuileries et du Palais-Royal sur les réformes à proposer aux états généraux. Aux Tuileries, 1789, in-8. C'était un plan de constitution.

Rien, on le voit, ni dans les annonces légales, ni dans les anecdotes du temps, ne permet de croire que le nouvelliste au grand nez eût été dans les affaires^ qu'il eût perdu une fortune et qu'il travaillât ou s'intéressât à la publication d'un journal imprimé à l'étranger. Que si cet argumentum e silentio ne parait cependant pas suffisant, les informations suivantes achèveront, je crois, la démonstration.

Metra le nouvelliste nous faisant défaut pour l'histoire de la Correspondance secrète, passons aux affirmations de Barbier et voyons ce qu'il en est de Metra le banquier.

Il y eut en effet, à Paris, dans la seconde moitié du xviir siècle, un banquier du nom de Metra, correspondant de

^i HELCHIOR GRIMM.

Frédéric, jouissant de la conflance de ce prince, et chargé non seulement d'achats de tableaux et autres commissions de ce genre, mais de négociations diplomatiques. Divers renseignements nous le montrent remplissant ces fonctions pendant plus de vingt années.

Vollaire, dans une lettre du 17 février 1749, demande à Frédéric de lui envoyer des pilules et de les loi faire tenir c par les sieurs Metra, comme Sa Majesté le faisait autrefois f. Dans une lettre du 8 mai 1750, le même Voltaire, sur le point de se rendre à l'invitation du roi et de partir pour Berlin, déclare avoir besoin de 4,000 écus d'Allemagne, et propose que c Melra, un des marchands correspondants de Berlip >, les lui avance, c Vous n'auriez, sire, qu'à faire dire un mot, à Berlin, au correspondant do Metra ou de quelque autre banquier résidant à Paris. >

Je dois à l'obligeance de M. Maurice Tourneux, outre plusieurs autres recherches qu'il a bien voulu faire pour moi, la communication d'une lettre autographe de notre banquier à c Monsieur Darnaud, conseiller de légation du roi de Pologne f, en d'autres termes à Baculard d'Arnaud, qui avait quitté Berlin et s'était retiré à Dresde, où il avait été pourvu d'un poste honoriûque à la cour d'Auguste III. — La lettre, datée du 16 juillet 1753, est accompagnée d'an compte de 101 francs 15 sous, dus par d'Arnaud pour des envois de livres. Cette pièce fournit plusieurs données importantes. La première, c'est que l'écrivain (comme le nouvelliste, du reste) écrivait son nom Mettra, et non Metra, forme que lui donnent constamment les contemporains. On remarquera, en outre, que Metra, dans sa lettre à d'Arnaud, dit qu'il a perdu sa mère c il y a quatre mois >, ce qui a permis à M. Tourneux de chercher dans VAfficht de Paris et d'y trouver, sous la date du 27 février 1753, l'annonce do la mort de Marguerite Greton, veuve du sieur

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Meltra, ancien jugi; cdlhuI, et liwiîcdi'c rue Quiiicanipoix », Celte i|iialiti; de jii;,'e cdusuI, u'i^^t-à-iltro ijo membre du iriliunal de coiimierce, indir|uu que !■; pùro de noire liaii'(uJer •''lait di'jfi daiis lus alTaires. Ouniil au corres[iondiial de Frédéric, il était lui-mdnic, nous dit M. Courajoil, cclicviu do Paris, en 1755, demeurail nie Ouineampoix, dons riotul de [leauforl, et achetait des tableaux dans los veutcs pour le compte du roi de thrusse '.

Les services que Melra rendait ii Frédéric pour achat d'ubjels d'art cl pris des nrtialc^ français sont aUesIés par divers docuoienis.

Le 13 mai l'b'i, un sculpteur iiouimé Lambert Sigisbert Aïam meurt rue Dasse-du-ltcmparl. On appose les scellés cbez le défunt et l'on eni'C),'is1re les réclamatious de tous les intéressés. Le premier qui se présente ost t Louis-Fraufois Mettra, écuycr, ancien cchcvin de celte ville de Paris, y demeurant rue Quincampotx, à l'hAtel do Beaufort, paroisse Sainl-Nîcolas des Champs». Il expose que Sigisbert Adam a été chargé par le roi de Prusse de sculpter uno slalue de ifat'j, qu'il a reçu 3,000 livres pour l'acquisition du marbre, plus un acompte. Metra réclame te remboursemenl <lc ces avance.s etiativraison du petit modèle en terre. Il sig-ne Mellia.

En 17f)i, nouvelle aventure. Un autre sculpteur, Michid Auge Slodiz, meurt le 37 octobre. Apposition des scellés. I!éclamatioii do Louis François Mettra « au nom cl comme chargé des ordres de S. .M, le roy de Prusse >. Slodiz avait promis un Apollon et une Diane : il était en possession des marbres destinés à l'exécution de ces deux figures. Soyez prudenls, dit Mettra : les marbres trouvés chez Slodtz appartieuucnl au roi do Prusse. Gardez-vous bien de les eompreudrc dans l'inventaire ^.

\.Courajod,lalTOil\ictioaauJoiirnalitfLaiareDuvaUJ:,Paiii,\S73. i. .yuttvelle^ Archivei de l'art françait, 3" série, t. V (Charavay frùroi), 1H84.

La confiance dont le banquier parisien jouissait auprès de Frédéric ne se bornait pas à des achats de marbres et de tableaux. Cherchant, après la guerre de Sept ans, à renouer des relations commerciales et politiques ayec la France, le roi de Prusse délivra, le â3 mai 1767, des lettres patentes c au sieur Metra, en qualité de notre agent, pour différentes commissions concernant le commerce >. Conformément à ce caractère, Metra, au commencement de juillet 1768, se rendit à Berlin ayee une lettre qui faisait connaître les ?ues du duc de Choiseul*.

Le nom de Metra (sauf une fois, ce nom est toujours écrit ici ayec un seul t) revient plusieurs fois, de 1767 à 1772, dans la correspondance de Lagrange avec d'Alembert (au toufe XIU des Œuvres de Lagrange, i^uhUé par M. Ludovic Lalanne). Metra, dans ces passages, continue à figurer comme un banquier de Paris faisant des affaires avec Berlin et pour le roi. On y voit que, vers la fin de 1768, il avait été à Berb'n, ce qui coïncide avec la mission diplomatique dont il vient d'être question. Cependant une lettre de Lagrange semble indiquer que, en 1778, le banquier du roi de Prusse à Paris n'était plus Metra, mais Eougemont. Grimm, de môme, en 1785, ayant à faire parvenir un livre et une médaille au roi, les remet à Rougemont. {Corr, litt., édit. Tourneux, t. XV7, p. 479 et 481.)

On voit si nous avions raison de dire qu'il n'y avût rien de commun elltre le nouvelliste et le banquier, rien sauf le prénom de François. A part cette rencontre inûgnifiante, comment reconnaître l'ancien homme d'affaires et l'ancien agent diplomatique de Frédéric dans le bonhomme de la terrasse des Feuillants, dont la chronique du temps nous a conservé le souvenir sans marquer qu'il eût subi

1. Voy. rarticlc de M. R. Hammond, dans la Revue hUtoriquede mai-juin, 1884.

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aucune révolution dans sa situation et dans sa fortune?

La vérité est que nous ne savons rien sur l'agent de Frédéric à partir de 1772, et que nous savons fort peu de choses jusque-là. Metra ne figure môme pas, avant 1771, dans la liste des banquiers que donnait annuellement VAlmanach royal, de sorte que nous sommes réduits à supposer qu'il était simple associé d'une maison Chino Gillotrino et Compagnie, dont le siège était, d'après VAlmanach^ rue Quincampoix, hôtel Beaufort, ce qui nous ramène aux renseignements donnés par M. Gourajod. La maison Chino Gillotrino disparait elle-même en 1761, et apparemment sans laisser de successeurs, et ce n'est qu'en 1771 que nous voyons apparaître une raison sociale Metra Eberts et Compagnie, place desVictoires. Cet Eberts ou Ebers (Jean-Henry) avait d'abord été banquier pour son seul compte, à cette môme adresse de la place des Victoires, do 17G7 à 1769. Son association avec Mclra dura peu; la maison disparait de ÏAlmanach dès 1773.

Ainsi, jusqu'ici, rien du banquier Metra à partir de 1772, sauf ce qu'en dit Barbier, et ignorance totale de l'époque à laquelle il aurait été obligé de quitter les affaires et de se retirer à Nouwied. 11 est vrai, d'autre part, que, si rien n'a encore confirmé les indications du bibliographe, rien non plus ne s'est opposé à ce qu'on les admit.

Heureusement pour la solution du problème, nous allons voir, à dix-huit ans d'intervalle, reparaître le nom de Metra, et cette fois-ci en relation expresse et étroite avec la publication de la Correspondance littéraire secrète.

Il existe un ouvrage intitulé : Voyage sur le Rhin depuis Mayence jusqu'à Dusseldorf; à Neuwied^ 1791, deux minces volumes in-8^, ornés de cartes du cours du Rhin et de gravures. L'ouvrage est anonyme, mais il a toujours été attribué à Robineau, dit Beaunoir, le célèbre auteur dramatique et aventurier politique. Rien, cependant, je dois le dire, ne trahit cette parenté; l'écrivain a des connaissances, de l'éru-

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dition même, le goût de Tindustrie et des beaux-arts ; il est philosophe, sentimental et romanesque; pas un passage qui fasse penser à Fauteur de Fanfan et Colas ou de Jérôme pointu. Il parait savoir l'allemand, car il ne marque nulle part avoir été embarrassé par la langue du pays, et il cite quelques mots de cette langue. H a, en outre, déjà voyagé en Allemagne. Il parle comme ayant vu Coblentz quinze ans auparavant, il connaît la société de Cologne, — toutes choses qui ne cadrent nullement avec la vie de Beaunoir.

L'ouvrage est un guide à Tusage des touristes, sous la forme d'un journal de voyage. L'anonyme a parcouru, dil-il, le pays qu'il décrit dans le courant de Tannée 1789. Çà et là, cependant, il perce des anachronismes. L'écrivain a l'air de tenir la plume en 1791, date de Tiuipression du livre, plutôt qu'à l'époque indiquée comme celle du voyage. Il y a plus, il se distingue lui-même de l'auteur du journal en parlant du c voyageur dont il a suivi l'ouvrage > et qu'il c a quitté pour s'arrêter un instant à Neuwied » .

La partie du livre qui concerne Neuwied, et qui est assez étendue, a, on effet, un caractère particulier. Ce n'est plus un voyageur qui raconte une excursion de plaisir, c'est un réfugié qui décrit l'asile où il a rencontré le repos. II est et ibli dans la ville dont il donne la description, et il s'y est établi sur une invitation du prince (t. I*% p. 149) ; il connaît personnellement la princesse (p. 151 et 153); il parle c au nom de tous les Français établis à Neuwied > (p. 133, n.); il a son Gis en pension chez les Moraves de la ville (p. HO); enûn il indique jusqu'à son habitation : il demeure, dit-il, dans la maison même qu'occupe la Société typographique (p. 125, n.). L'écrivain ne s'en tient pas là, mais nous fait toute espèce de confidences sur sa situation particulière, c C'est dans cette ville, s*écrie-t-il dans une longue note placée sous le texte, c'est dans celle ville que, victime du despotisme ministériel de France, moi que de grandes injustices ont éloigné de ma

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patrii', j'ai Irouvé refiipre. accueil <>l hunlicur. C'est Jaiis co liiru pui^^ibtc qu'après m'Olru vu []6|iouillti iruiic propriiHc ilc l,tUL>.<K)0 livres je viens crciisi^r ma loiiilie dans unu terre lilm; ol sacrée » (]). I28ct suiï.)-

l/écrivaiD veut faire pnrtagur sa félidlé à d'autres iiiroriutiès, et il s'adresse à ceux tjiii f fuient t^galemenl le dcspOtisjtio (les rois, les cruaulés des ministres, l'inloléraiice des pn'ireset les fureurs des peuples i. Il s'y plaint < des mauvais citoyens qui nonimenl liberté le mépris de loulcs les lois et la révolte criniinellc une nolde indépendance t (p. 133, n.]-

Plus loin encore, vers la fin de l'article sur Neuwied, et Nl'fés avoir parlé du souverain de co petit État : t Je l'ai vu, ce prince respeclnblc, ine tendre une main prolcvh'ice, et m'invilcr à me fixer snrceltc terre qu'il a vivillêe et qu'il rend heureuse, m'engai^er il y appeler ma famille. Tout autour de lui respire le calme de la vertu; mon îmc a rccounn sou élément; dès lors j'ai pardonné aux hommes leurs injustices ; j'ai fait plus, je leur en ai su gré. Oui, ministres français, despotes impérieux, si vous n'eussiez pas été méclianls et cruels, si vous eussiez respecté mes droits, ma propriété, j'ose dire mes talents, je serais resté sur ma terre natale, et peut-dtre que, aveuglé par une fausse lueur de liberté, j'aurais partagé le délire de ma nation, et me serais laissé ontniluer au torrent qui ;ravage ma triste patrie. Vous m'avez ravi une fortune et mon état, mais je respire tranquille sous l'égide de Frédéric Alexandre > (p. li'J).

Informations et déclamations, tout ceci s'accorde assez bien avi'c co que nous savons de la vie de Ueaunoir. M. Faillot, qui l'avait connu dans sa vieillesse, et qui est l'auteur de la notice sur lui dans ta Biographie universelle, rapporte qu'après avoir dirigé le théâtre de Bordeaux et y avoir mal fait ses affaires, Beaunoir revint à Paris en i'S'J, embrassa d'aliord les innovations avec empressement, et fut même l'un des orateurs de la loge du Contrat social, mais qu'il s'effraya

très vite des progrès de la Révolution et quitta la France dès le 15 septembre 1789. 11 se rendit alors en Belgique, où il rédigea un journal et des pamphlets réactionnaires. M. Faillet ajoute que, en 1791, Beaunoir c parcourut les provinces rhénanes, probablement avec quelque mission secrète, et qu^il tira parti de cette excursion on publiant un Voyage sur le Rhin 1. Ce dernier renseignement ne saurait être exact, puisque le voyage raconté dans ce livre fut accompli en 1789. Quant au journal réactionnaire de Beaunoir, il n'est [K)int inconnu : c'est le Vengeur, qui se publiait à Liège en 1791.

De Belgique, Beaunoir passa à Saint-Pétersbourg, od il fut chargé de la direction des théâtres, et il ne rentra en France qu'en 1801. Le cours de sa vie, en somme, est passablement connu, sauf les quinze ou dix-huit mois qui s'écoulèrent entre son émigration, à la Gn de 1789, et son séjour en Belgique en 1791. Or, rien n'empêche d'admettre qu'il passa ce temps à Neuwied, demeurant à la Société typographique, travaillant pour cette maison d'imprimerie et de librairie, prenant part à la rédaction de la Correspondance littéraire se* crête qui continuait de s'y fabriquer, et rédigeant, au besoin, des livres tels que le Voyage sur le Rhin. Vas déclamations, plus emphatiques qu'emportées, contre le despotisme d'une part et les excès révolutionnaires de l'autre, conviennent très bien à l'homme qui avait cru devoir quitter la France au lendemain de la prise de la Bastille.

Ce qui, en revanche, ne parait guère compatible avec l'attribution à Beaunoir du Voyage sur le Rhin, ou même de la partie de ces volumes qui se rapporte à Neuwied, c'est cette plainte d'un homme qui prétend avoir perdu, par l'effet d'injustices et de despotisme ministériel, une propriété de 1,400,000 livres. Beaunoir pouvait avoir eu de la fortune; il était Gis d'un riche notaire de Paris, et il se vante lui-même d'avoir gagné cent mille écus avec ses pièces de théâtre, une somme énorme pour le temps. Mais il y a loin de là à

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une fortune de plus d'un million, et l'on serait plulôt tenté de supposer comme victime d'un pareil désastre quelque grand banquier ruiné dans des contentions avec TÉtat ^.

Quoi qu'il en soit, avant de poursuivre nos conjectures, et pour revenir à Metra, dont Beaunoir nous a un instant détournés, voici en quels termes le Voyage sur le Rhin parle de € la Société typographique tenue par M. Metra, dont le nom est cher aux gens de lettres > :

€ Avec quelle douceur je parlerais de la Société typographique de Neuwied, où j*ai trouvé la sensibilité sous les traits d'un homme sévère, s'il m'était permis dé me livrer à tous les épanchements de l'amitié ; mais cet article va passer sous ses yeux, et plus je voudrais donner de force à mes expressions, plus sa modestie se hâterait de les affaiblir. Il ne m'est donc permis que de rendre un compte très simple de rétablissement typographique que M. Metra, membre de plusieurs corps littéraires, a formé à Neuwied. Cet établissement, connu sous la raison de la Société typographique de Net^ wied, consiste : 1^ d'un magasin de librairie bien assorti, et dans lequel on trouve, outre les richesses connues de la littérature française, toutes les nouveautés que chaque mois fait éclorc; 2" une imprimerie en taille-douce; 3* une imprimerie française considérable, de laquelle sont sortis et sortent encore tous les jours les ouvrages les plus intéressants. C*e$t sous ses presses qu'ont été exécutés le Monument du costume,

1. Il y aurait faire, sur ce Voyage sur le Rhin, tout un travail de critique conjecturale, analogue à ceux de Ténidition allemande sur rUiadc ou le Pontateuque. On y distinguerait, je crois: 1* la relation d'un voyage fait en 1789, écrite par un inconnu; 2* les remaniements et additions de Beaunoir, à qui Metra avait remis cette relation de voyage pour la compléter ; 3" une longue note que Metra lui-même crut pouvoir igouter au travail de Beaunoir et aux confidences dont colui-d s'était montré prodigue sur son propre compte.

grand in-folio, orné de vingt-six gravures de Moreau le jeune, la belle édition de Cyane^ roman du baron de Dilderbeck, etc., etc. ; 4** c'est chez la Société typographique que se rédigent plusieurs feuilles périodiques, et la plus piquante de toutes celles qui s'impriment, celle qui est si connue sous le titre de Correspondance littéraire secrète > (p. 144-145).

J'ai tenu à donner totft entier un passage qui jette tant de jour, non seulement sur la question qui nous occupe, mais sur la colonie française qui s'était formée à Neuwied, et sur l'activité littéraire dont la Société typographique fut un instant le centre. C'est un coin, c'est un chapitre de rhisloire littéraire duxviii* siècle. Pour ce qui concerne la Correspondance secrète en particulier, les lignes qu'on vient de lire nous font connaître quelle part y avait Metra. 11 était le chef de la maison où cette feuille se rédigeait, s'imprimait et s'envoyait aux souscripteurs.

Reste à savoir ce que ce Metra, qui dirigeait la Société typographique en 1791, était à l'ancien banquier de Frédéric, en d'autres termes jusqu'à quel point le renseignement donné par Barbier s'aeeorde avec ceux que fournit le Voyage sur le Rhin.

Tout dépend de l'âge qu*avait le banquier Metra à l'époque où il fut ruiné et où il quitta la France. 11 est évident que nous ne pouvons guèresupposer que la victime de cette catastrophe fût l'homme d'affaires dont Voltaire parle déjà en 1749; mais une maison de commerce passe d'un père à son lils, et rien n'empêche d'admettre que le Metra qui fut ruiné ait été le successeur du précédent, et qu'ayant quitté la France en 1772 ou 1773 il vécût encore en 1791 comme chef d'une imprimerie qu'il aurait fondée dans l'exil.

Ce qui pourrait donner quelque corps à cette conjecture, et par suite aux informations de Barbier, c'est un rapprochement de dates. Nous avons vu que le banquier de Frédéric à Paris était encore Metra en 1772, et ne l'était plus en 1778.

Nous avons vu, ce qui est plus précis encore, que la maison Meira-Eberts disparait entre 1772 et 1773. Or les mesures financières de Tabbé Terray sont de 1770 et années suivantes, ce qui coïncide avec le moment où l'on peut supposer que Metra fut ruiné et obligé de chercher un asile à Neuwied. J'ajoute que la date du commencement de la Correspondance secrète (juin 1774) est également favorable à mon hypothèse.

Arrivé là, on pourrait faire un pas de plus, et, dans ces pages du Voyage sur le Rhin, où se mêlent d'une manière si énigmatique ce qui se rapporte à Beaunoir et ce qui ne peut s'appliquer à lui, dans les plaintes, en particulier, sur des pertes d'argent considérables et sur le despotisme des ministres, on pourrait être tenté de soupçonner l'intervention du directeur lui-même de la Société, qui aurait consigné dans une note ses souvenirs de famille, ses griefs toujours cuisunts.

Barbier, on l'a vu, attribue une part dans la rédaction de la Correspondance littéraire secrète à un autre individu qui mériterait, lui aussi, que les vicissitudes de sa Tie fussent mieux connues. Je veux parler d'Imbert de Boudeaux, qui, selon Barbier, envoyait de Paris à Metra les matériaux de la Correspondance. Ce n'est pas tout à fait cela, si j'en crois du moins la notice de M. H. Lesueur sur Imbert, dans la Biogra^ phie générale, L'ex-bénédiclin, après avoir été enfermé jusqu'à trois fois à la Bastille, se serait réfugié à Neuwied pour ne rentrer en France que vers 1790. M. Lesueur ajoute, je ne sais d'après qu'elle autorité, mais d'accord ayec les indications réunies plus haut, que la Correspondance fut continuée jusqu'au 7 mars 1793 par Beaunoir. Beaunoir, Imbert, Metra, on arrive, avec ces noms, à reconstituer jusqu'à un certain point le refuge de Neuwied et l'officine d'où sortit une publication qui amusa la curiosité publique pendant près de vingt ans, et qui, je l'ai dit, conserve aujourd'hui encore quelque intérêt pour l'étude du xvui* siècle.

P.-S. — Les recherches qu'on vient de lire ayant paru dans lejournai le Temp«, elles ont eu la honne fortune d'en éveiller d'autres; M. Albert Sorel a ajouté un curieux chapitre à rhistoire de Metra, en poursuivant jusqu'en 1793 cette carrière aventureuse.

€ Il paraît, écrit M. Sorel, que la diplomatie secrète a des attraits irrésistibles ; qui a joué une fois le négociateur ou le plénipotentiaire est toujours tenté d'en reprendre le rôle, le costume, l'importance surtout et le petit manège de gloriole. Ce fut, en 1792, le cas du libraire de Neuwied. Les Français étaient en Allemagne, et tout ce qu'il y avait, sur les deux rives du Rhin, de politiques en chambre et de publieistes en disponibilité se mit en campagne en vue de rétablir la paix, pour le plus grand bonheur de l'humanité et la plus grande diffusion des c lumières >.

1 La Prusse avait comme résident à Cologne un ancien publicbte, entré au semce du temps de Frédéric, Dohm : il appartenait à la classe dos c Prussiens éclairés >, ce qui ne l'empêchait pas d'être un Prussien fort intrigant. Il eut aussi ses velléités de pacificateur, et elles le rapprochèrent de Metra. Lequel des deux fit les avances ? Les historiens allemands, MM. de Sybel et Hausser, semblent indiquer que ce fut Metra, et il est vraisemblable qu'ils s'appuient sur les rapports de Dohm. Or Metra, dans ses rapports, attribue les ouvertures à Dhom. J'incline à penser qu'ils étaient parfaitement d'accord tout en se contredisant ainsi. Dohm, pour faire écouter Metra eu Prusse, avait besoin de le présenter comme un agent de la France, et Metra, pour se faire écouter en France, jugeait utile de se présenter an nom de Dohm. C'est une procédure absolument classique en ce geure de courtages. Celui-ci se complique de la collaboration d'un personnage extrêmement équivoque, Andréa de Nerciat, paré du nom de guerre de Certani, qui mêlait agréablement la propagande des lumières au commerce des

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écrits licencieux. Ce pornographe c éclairé > servit d'intermédiaire à Metra près du ministre des relations extérieures du coDseil exécutif provisoire de la République, Lebrun ; Lebrun avait débuté par TÉglise, où il ofliciait sous le nom de l'abbé Tondu, puis il avait continué par la librairie après une fugue transitoire dans l'armée.

> Nerciat, ou plutdt Gertani, pour lui conserver son anagramme diplomatique, se rendit à Paris en octobre 1792. Une lettre de Metra, datée du 25 octobre, contient un résumé rétrospectif de l'afTaire. Metra rappelle qu'il a été deux fois, en 1768 et en 1771, employé à un raccommodement entre la France et la Prusse. Dohm, qui en était instruit, l'a invité à l'aller voir. Il lui a exprimé sa considération pour Lebrun et son désir de l'employer pour la paix entre Frédéric-Guillaume et la République. Dohm a ajouté qu'il demanderait des pouvoirs à son roi ; il a engagé Metra à en demander à Paris. Metra les demande. 11 offre par Gertani, qui est en relations avec la princesse de Neuwied, de se faire inviter chez elle avec le ministre prussien. Il offre aussi de nouer, si on le veut, avec l'Autriche. Enfin, cumulant, comme cela est coutumier à ses pareils, le commerce et les négociations, on le voit (note du 12 novembre) proposer des fournitures, et notamment une affaire de fusils.

> Nerciat ne rapporta que des ordres verbaux. Metra les considéra comme insuffisants, et, par une lettre du 20 octobre, il en réclama de plus précis, assurant d'ailleurs que Dohm était autorisé à négocier avec lui. Getto première tentative n'aboutit point. Metra s'en retourna à Neuwied, où il attendit une occasion de rentrer en scène. Elle se présenta bientôt. Le 27 novembre, il écrit que le duc de Saxe-Weimar, beaufrère de Frédéric-Guillaume, est venu le voir par ordre exprès du roi. c II ne dissimule pas, > rapporte Metra, « l'exftréme désir que Frédéric-Guillaume a de voir cesser une guerre f désastreuse. > Le duc insinue l'idée d'une médiation de la

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Prusse entre la France et TAutriche, et il engage Metra à se rendre au quartier général prussien.

f Persuadé que le duc exprime plutôt ses sentiments personnels que ceux des conseillers du roi, Metra se tient sur la réserve et ne parle c qu'en ami de Tliumanité f. Néanmoins il part le lendemain pour Coblentz, où il est reçu par ritalien Lucchesini, l'un des plus retors commis de Frédéric. Lucchesini ne voulait point entendre parler do paix séparée entre la France et la Prusse ; le conseil exécutif, aa contraire, n'en voulait point négocier d'autre. Il avait la double monomanie de l'alliance prussienne et de la guerre à outrance à l'Autriche. Metra avoue, dans son rapport, qu'il est fort gêné par la publicité donnée, à Paris, au dessein de séparer les deux puissances allemandes, c Cette conversation, > ajoute-t-il, c fut à peu près la même que celle où Frédéric me

> dit, en 1771, que, pour être prince, on n'en est pas moins

> obligé d'être honnête homme. J'étais alors chargé de lui f faire des propositions qui contrastaient très fortement avec

> ses engagements avec la Russie. > Lucchesini conclut en demandant, à la fin d'un second entretien, des éclaircis* sements plus précis sur les intentions du conseil exécutif et sur l'étendue des pouvoirs dont il était revêtu pour traiter.

> Metra partit alors pour Paris. Il y conféra avec Lebrun ; celui-ci le signala au général de Gustine, qui commandait en chef sur le Rhin, par une lettre datée du 9 décembre. Elle est particulièrement précieuse pour les biographes de Metra : € Le citoyen Metra... c'est un littérateur estimable qui a un

> établissement considérable d'imprimerie à Neu>\ied, sur le

> Rhin. 11 a de vastes connaissances, politiques et littéraires, » dans toute l'Allemagne et le Nord de l'Europe, et des liai- » sons intimes avec la cour de Prusse, dont il a été long- 1 temps l'agent secret à Paris, sous le règne du grand Fré-

> déric. 11 ne demande qu'à être utile à la France, sa patrie...

ÏIEI.CII10R GRIMM.

> Il a ma confiance lout l'ntiâre, ayant eu occasion de le coii-

> iiaitre depuis dix ans el toujours un ardent ami de la li-

> bcrié. >

1 Ce (lui suit no pnjsenle plus qu'un inlérût tris méiKofro. Metra arrive ii Mayence le 12 dcVembrc, il y écrit à Lucdicsini cl confcre avec Cusiinc le fds. Le l(i, Luccliesini lui répond e[ lui consi'ille de s'en retourner à Neuvsicd. Si Meira désire l'entretenir, il se fera un agréable devoir d'alkr audevant de ses désirs. Metra reçut un rendez-vous de Luccliesini 11! m décembre, et il écrivit le Ijanvier 1T93 à Lebrun qu'il restait fort peu d'espoir de nouer la négociation.

> J'ai trouvé encore quelques lettres de lui. Elles sont insignifiantes et robscurilé se fait de nouveau autour de sou nom > (le Temps du 5 février 1885).

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