AP. V
les droits de Méléagre. Huit madrigaux furent écrits pour Myiscus, Cléobule, Heraclite, Apollodote, Dorothéos, Diodore et Denys. Quel est l'auteur? Le copiste n'en dit rien; mais ces jeunes gens furent les amis du poète, c'est donc à lui que les vers doivent être rendus K Enfin je reconnais la marque indiscutable de son talent dans trois pièces adespotes du livre XII, et le témoignage d'un manuscrit confirme partiellement cette induction littéraire =».
Nous obtenons ainsi un total de cent quai*an te -quatre épigrammes qui seront notre base d'études.
Un premier renseignement nous est fourni par trois épitaphes du livre VU 3. Méléagre, à la veille de sa mort, indique les principaux événements de sa vie : «Je suis, dit-il en substance, né à Gadara. Tyr a fait de moi un homme. J'ai trouvé dans l'île de Cos un asile pour ma vieillesse ; dans mes écrits, j'ai su réunir le culte de Cypris. et les enseignements philosophiques de Ménippe. »
A côté de ces indications précieuses, nous cherchons une date, une allusion à l'histoire contemporaine. Mais le
I. AP. XII, 66 (Dorothéos), 67 et 107 (Denys), i5i (Apollodote), iSa (Heraclite), i56 (Diodore). Cf. infra, pour deux épigrammes adressées l'une à Myiscus, et l'autre à Cléobule. Elles viennent de la Sylloge Crameriana.
i. AP. XII, i3o. Les nombreuses répétitions, le choix des mots et la technique du vers, tout, dans cette pièce, fait songer à Méléagre. Je signalerai seulement le début :
*Û; xaXbç, taç x°^pUi(; ô'(x(xaari AwatÔeo;.
Il faut rapprocher de ce passage les exemples que j'ai cités dans mon eh. X. Dans l'épigramme XII, i36, nous trouvons la fin de vers : ... xpuçep^ (Tapxi x^iaivoixevov,
qui revient plusieurs fois chez Méléagre, avec de très légères modifications. L'épigramme XII, 79, est pleine d'antithèses et de concetti. A noter également l'emploi caractéristique de l'adjectif ôuaépw; (cf. AP. XII, 81 et iS;). Voyez en outre supra la note 4 de la page 16.
La méthode des séries prouve que ces trois pièces faisaient partie de la Couronne.
Sternbach revendique pour Méléagre les épigrammes XII, 69 et 90 (Sylloge Barberino-Vatîcana, p. i4i). Cette opinion ne me paraît pas suffisamment appuyée.
poète ne songeait guère à la politique. Ptolémée l'intéressait beaucoup moins que Zénophile.
Diogène Laërce semble venir à point pour nous tirer d'embarras : « Les ouvrages de Ménippe ne contiennent, dit-il, rien de sérieux. Ils sont pleins de railleries, comme ceux de Méléagre, qui vécut à la même époque (loO xàTauTcv Yevo{i.évou) ^ » Ménippe était, vers 275, dans toute la force de son talents Ainsi Méléagre appartiendrait k la première période de la littérature alexandrine.
Durant deux siècles on s'en tint au témoignage de Diogène 3. Pourtant Vavasseur eut quelques doutes, que Reiske changea en certitudes 4. Jacobs a repris et développé ses arguments. On peut leur donner encore plus de précision et de force.
Nous savons, en effet, que Méléagre a écrit un Proème; Philippe de Thessalonique suivit cet exemple. Cherchons dans les deux pièces les écrivains dont on connaît la date. Ceux qui figurent dans la première Anthologie ne peuvent être beaucoup plus jeunes que le compilateur; ceux que Philippe a mis à contribution vécurent probablement avant Méléagre. Appuyée sur un fait unique, cette dernière induction serait peut-être hasardeuse, mais la multiplicité des témoignages finit par emporter la conviction. D'ailleurs Philippe n'a-t-il pas dit, dans son