‹ Méléagre de GadaraChapitre 157 sur 190 · AP. XVI, 119: ,, ^' V · texte numérisé non relu

AP. XVI, 119: ,, ^' V

A. Hexamètre : Syllabes allongées à la première arsis. 5; à la seconde, 9; à la troisième, 2 ; à la quatrième, 20; à la cinquième, i; à la sixième, i.

Pentamètre : Syllabes allongées à la première arsis, i; à la seconde, 8; à la troisième, i; à la quatrième, 9; à la cinquième, 9. Voyez, à la fin du Aolume. la première table justificative,

Beneke a fait, pour l'hexamètre de Gallimaque, des statistiques analogues. Les résultats concordent avec les miens : première arsis, 5 ; seconde, 33 ; troisième, 1 (l'exemple est douteux); quatrième, 07; cinquième, o; sixième, 2.

césure coupant la phrase * , les trois lettres ne pouvaient s'unir.

Quelquefois, chez Méléagre, la voyelle finale reste brève ; mais c'est qu'alors elle est suivie du groupe « muette et liquide » 2. En effet, quand on prononce ces deux consonnes, on les rattache sans peine à ce qui vient après elles. L'articulation est surtout facile, quand les mots sont disjoints par la trochaïque troisième ^. Mais un fait sur-

I . Les deux vers suivants sont très incorrects, mais je doute qu'on puisse

les modifier :

Jb^rj^a; oè Tiva cTTepywv piov...;

AP. vu, 196: ,^ , , , , , . , ,.

Kat opoffepa? (TToixari axisO(Aeva; <j^axaoaç.

Les articulations commençant par une sifflante favorisent l'allongement.

Les Latins interdisaient le sigmatisme.

Méléagre, dans l'épigramme XVI, ai 3, allonge une finale devant une

voyelle simple : ^^ „ r ,

lav eçuye pa)[xav...

Le p est ici redouble, ce qui arrive souvent dans VIliade. Remarquons pourtant que la pièce est douteuse. Cf. supra, p. 19. On pourrait donc prétendre que cette licence métrique est étrangère à Méléagre. Elle ne déplaisait pas à Callimaque (cf. Hcep, Quaestiones Callimacheae metricae, Bonn, 1884, p. 34), Asclépiade et Hédyle (cf. ma thèse latine, cap. VII). Ces divers poètes subissaient l'inlluence des épiques ; elle ne s'exerça guère sur le compilateur de VAnthologie.

Suivant Dittmar (De Meleagri... re metrica, p. 5), quand une voyelle finale est allongée au temps fort par deux consonnes, le poète ne veut pas que ces deux lettres forment le commencement d'un mot trochaïque ; dans ce cas, les deux arsis sont composées de longues incomplètes. Le vers suivant est unique dans les épigrammes de Méléagre.

AP. V, 195: ,, , , , ^ n , r. . .. . ^

A }Aev £7rt xpwToç 9e[j|,£va tcoOov, a 0 eui (xopçaç "Ifxepov...

L'effet de l'incorrection est atténué par l'emploi de l'anaphore.

a. Cette règle n'est pas absolue. Méléagre s'est permis d'écrire, AP. V, 177 :

To^oTa, Zr,voçîXa;...

Dittmar propose ici : ^,^ „

To^a ZY)vo?tXa;...

Cf. supra, p. 119, n. 7, Le texte de Dubner peut fort bien se défendre, puisque Zr)vo<pcXa; est un nom propre, et qu'une virgule précède le second mot. La leçon de Dittmar n'est pas môme correcte au point de vue métrique. Chez Méléagre, la double consonne initiale n'allonge, dans la thésis, que des articles. Cf. supra, p. 309, n. 5.

3. La syllabe douteuse suit huit fois le temps fort du troisième dactvle. Cf. la table II.

prend au premier abord : la place de ces brèves imparfaites semble être a priori la deuxième partie de la thésis dactylique, puisque ainsi les deux consonnes sont rejetées sur la longue de l'arsis. L'observation est juste, mais on dirait que le poète ne l'a point faite. Il abrège surtout les terminaisons devant un mot iambique ou commençant par un iambe ^ Pourquoi? C'est qu'ici le versificateur ne pouvait choisir. Sans cette ressource, des expressions comme Tpéçw, ©psvwv, -^vécvcsç et zpooxhtù^f étaient exclues du distique ^.

Lorsque la voyelle et les deux consonnes se trouvent a l'intérieur d'un mot, elles forment une longue. Avec le groupe a muette et liquide » la conséquence n'est pas nécessaire. Méléagre allonge volontiers de telles syllabes 3, dans l'arsis du quatrième pied et du cinquième dactyle. Elles figurent moins souvent dans le temps faible, mais on les supporte à la fin du spondée deuxième. Nous en connaissons déjà le motifs.

1. La brève imparfaite se trouve 4i fois dans la première moitié de la thésis, i5 fois dans la seconde moitié.

2. Le principe, une fois accepté, s'étendit aux mots composés de deux syllabes brèves. Cf. AP. V, 178, 1, SudÉpaiTs, ppaoûç, et V, i44, a, oOpso-îçoiTa xpîva.

3. Syllabes allongées dans l'intérieur d'un mot par le groupe «muette et liquide». Hexamètre: première arsis, 19; seconde, i/i; troisième, i5; quatrième, 82; cinquième, 26; sixième, Ao. Pentamètre: première arsis, 35; deuxième, i5; quatrième, 29; cinquième, aS. Les relevés de Beneke conduisent à des résultats identiques : première arsis, 38 ; seconde, 29; troisième, 17; quatrième, 92; cinquième, ^9; sixième, 72.

4. Méléagre a employé, dans la thésis, 48 syllabes allongées à rintérieur d'un mot par le groupe « muette et liquide ». De ces 48 exemples, S'i sont fournis par le spondée deuxième. Suivant Heep, quand de telles syllabes sont dans l'hexamètre au temps faible du 2' ou 3' pied, le pied suivant doit èlre un dactyle; quand elles sont au temps faible du 4° pied, le pied précédent ne peut être spondaïque. Dans le pentamètre, la syllabe douteuse n'est guère tolérée que dans la thésis du deuxième spondée. Callimaque, Asclépiade, Léonidas, Dioscoride et Hermésianax observent ces règles. Elles sont connues de Méléagre, mais il les néglige quelquefois. Cf. notamment, dans les épigrammes V, 191, 4, et XII, 63, 4, la position des mots aypviuvov et xai Tzhpov.

Pourquoi les Alexandrins s'imposaient-ils de telles gènes? Ils ne voulaient

CHAP. XI. LA VERSIFICATION. 2x3

Ailleurs elles restent brèves, mais elles continuent à inquiéter l'oreille. Le poète les emploie surtout pour terminer le dactyle. Quand les deux consonnes sont détachées de la voyelle, il faut de préférence les rejeter sur le temps fort^. Cette règle n'est pas toujours observée.

Méléagre garda toujours des défauts d'improvisateur. Il versifiait vite, avec plus de facilité que de soin, et jamais il ne se fit un système. Lorsqu'il rencontre une voyelle suivie du groupe « muette et liquide » , il compte volontiers une longue, mais cette préférence n'a rien d'absolu ^ et l'on trouve chez lui bien des abréviations qu'il eût évitées sans peine 3?

Son plaisir est même de reprendre deux fois un mot en lui donnant des mesures différentes. Kù^ptc ^ et /.aXéç ^

pas, dit Heep, mettre côte à côte, au temps faible des deux spondées, une longue régulière et une syllabe douteuse. Cette explication est insuffisante. Pourquoi, si Heep a raison, la positio debilis n'est-elle point admise au premier pied du pentamètre ? La métrique nous donne la solution du problème. C'est avec répugnance qu'un Alexandrin rapproche deux spondées, avec plaisir qu'il en met un au second pied de l'hexamètre ou du pentamètre. Dans le premier cas, le poète se croit tenu à plus de correction ; dans le deuxième, il prend quelques licences.

1. Première partie de la thésis dactylique : Hexam., 6; Peut., i3. Deuxième — — — — 12; — 16.

3. Au temps de Nonnus on était plus sévère (cf. Dittmar, De Meleagri... re metrica, p. 7). Macédonius et Léontius s'interdisent l'abréviation. Ils l'admettent seulement dans les noms propres, ou quand elle est nécessaire pour faire entrer un mot dans le vers dactylique,

3. Méléagre pouvait se dispenser d'écrire (AP. VII, i3): avôea opsTCTOfJLévav, et (XII, 83) eupé (xe y.p'jTiTOfxsvov, ou encore (V, i79)toô6xov9apéTpr,v, et (VII, 196) yuvov àypi'Jdio. L'exemple que voici est très frappant. AP. V, i55 :

... a'JTo; £TiXa(T(T£v "Epwç- Il nous paraîtrait beaucoup plus simple de dire : ... '^TrXaaev auTo; "Epw;.

A. AP. XII, a56; V, 191. Cf. AP. XII, 86, et les observations de StadtmuUer dans les B lutter fur die bayerischen Gyninasien, XXVI (1890), p. 555.

5. AP. V, 191, ao8; VII, 352; XII, 33, /,i, 53, 65, 68, 94, 106, lAi, i5/i, i6/j, et d'autre part AP.V, i/io; VII, 352; XII, 122, i33, i54. Dittmar, op. cit., p. 11, a signalé des faits un peu différents mais du même genre : 'jôœp a la première syllabe tantôt brève, tantôt longue (AP. XII, 81, et V, 8).

2l4 MÉLÉAGRE DE GADARA.

sont tantôt des trochées, tantôt des pyrrhiques. Les deux valeurs sont quelquefois réunies dans un seul hexamètre » .

Est-ce une négligence ou une finesse? Les auteurs grecs s'amusaient à ces petits détails ^. C'est ainsi qu'un musicien répète une série de notes, dont il altère le rythme.

Une longue perd quelquefois dans une demi-élision la moitié de sa valeur. Mais la brève ainsi obtenue n'est guère admise au milieu du dactyle. On cherche à ne pas heurter les deux syllabes du temps faible. Je ne relève que trois exceptions à ce principe dans le pentamètre et quatre dans l'hexamètre.

D'un pied à l'autre le choc des voyelles semblait moins désagréable. On le supportait plus aisément à la fin du dactyle premier et du quatrième 3. La bucolique ralentissait le mouvement rythmique, et corrigeait la dureté de l'hiatus. Dans le pentamètre, l'abréviation se produit aux mêmes endroits ^. C'est naturel puisque l'hémistiche et le vers se terminent rarement par un monosyllabe ^.

Les divers sons avaient plus ou moins de résistance. Les diphtongues se désagrégeaient au premier choc. Du

"Ap^iXo^oç* ETcétov 6à xaXrjv çàxiv oùx £ii\ xaXà... AP. XII, i54:

KaXo; yàp, vài KuTtpiv £Xo; xaXb;, el 5' otvirip6;. Cf. du reste Dittmar, De Meleagri... re metrica, p. lo sqq.

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