‹ Méléagre de GadaraChapitre 46 sur 190 · AP. IV, I, V. 55 : epvea 7:o),>,à ve^ypaja · texte numérisé non relu

AP. IV, I, V. 55 : epvea 7:o),>,à ve^ypaja

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qui ne semblèrent pas indignes de V Anthologie . Sur quatre ou cinq épigrammes attribuées au Mitylénien, je n'en vois pas une d'authentique. D'ailleurs Méléagre l'aurait-il mis dans le Proème aux côtés de Samos? Cette bizarrerie serait sans exemple. Samos et Alcée de Messénie purent se rencontrer à la cour de Macédoine, sous Philippe Vï.

De même Érinne et Rhianus sont mentionnés dans un distique. Rapprochement inexplicable pour qui croit la poétesse contemporaine de Sappho. Mais il est facile de détruire sur ce point l'assertion de Suidas. Le dialecte des épigrammes, leur genre et le témoignage même des biographes, tout prouve qu'Érinne précéda de fort peu les Philétas et les Théocrite.

Même après ces corrections, les auteurs du vu* et du vi^ siècle semblent être assez bien partagés. C'est justice : L'épigramme a vécu d'abord à l'ombre de l'élégie et de l'ode. Ainsi que l'ode, elle se consacre aux joies et aux tristesses de l'individu. Par sa technique et son inspiration, elle est comme un raccourci du poème élégiaque.

D'ailleurs, les Alexandrins vont volontiers chercher leurs modèles aux origines de la littérature grecque. Pour un client des Ptolémées , les grands lyriques n'étaient pas seulement des écrivains illustres et des maîtres vénérés, c'étaient des héros de roman. Un versificateur du Musée respecte Sophocle et chérit Euripide, mais il est fasciné par Archiloque. Dans le demi-jour de

I. Il n'y a aucun plan d'ensemble dans le Proème de Méléagre. Mais les noms d'auteurs ne sont pas d'ordinaire rapprochés sans motif. En voici la preuve: vers 5 et 6, Anyté, Moero, Sappho; 7 et 8, Mélanippide et Simonide (lyriques du v* siècle); i3 et i4, Alcée de Messénie et Samos; aS et a4, Euphorion et Dioscoride (milieu du m* siècle); 4i et lu, Polystrate et Antipater (il* siècle); 53 et 54, Théodoridas et Phanias (milieu ou lin du m* siècle). Phanias est un disciple de Léonidas de Tarente.

CHAP. V. LA PREMIÈRE ANTHOLOGIE. yS

sa bibliothèque, il évoque cette sombre figure, exprime en quelques distiques une admiration mêlée d'épouvante et reproche aux Muses leurs complaisances pour un adorateur si compromettant. L'adresse de Dioscoride triomphe dans ces bagatelles K Uneépigramme, peut être apocryphe, de Méléagre, met en scène les filles de Lycambe^. Ces mortes, mal ensevelies, souffrent encore et s'efforcent de parler. Sans espérer une réparation, elles veulent attester leur innocence.

L'érudition galante des Alexandrins parait Sappho d'une double auréole 3. Méléagre eut plaisir à trouver chez une femme tous les dons du génie. A l'enthousiasme se mêla de la tendresse. Nous pouvons encore en saisir la trace. Les roses, fleurs d'Aphrodite, servent d'emblème à la grande amoureuse qui les avait jadis célébrées dans un vers charmant 4.

Anacréon, avec moins de force et de grâce, eut peutêtre encore plus de renommée. De très bonne heure il s'insinue aux premiers rangs. On pressent que son nom deviendra le symbole de toute une littérature. Cet esprit facile, sans idéal ni passion profonde, ce client de Polycrate ou d'Hipparque fut le plus vieux des Alexandrins et le plus jeune. Dès la fin du ii* siècle ^, on cherche à le faire revivre, on s'efforce de retrouver ses grâces naturelles. Cette gloire s'achevait en popularité. Un sculpteur

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