Cf. supra, p. 7a, n. A
5. On pense généralement que les badinages des Anacreontea sont d'époque plus récente (cf. Nageotte, Histoire de la poésie lyrique grecque, Paris, 1889, t. II, p. a 3 sqq.). Je crois avoir provivé (cf. infra, même chapitre) que Méléagre a connu quelques pièces anacréontiques (AP. XI, 47 et 48).
avait représenté le joyeux libertin, couronné de fleurs, alourdi par l'ivresse et perdant nonchalamment sa sandale. Léonidas décrivit la statue en une fort jolie épigramme. La poésie et la plastique se renvoyaient cette image ; elle s'imposait à tous les yeux ».
Simonide avait, pour les Syriens, d'autres mérites encore que son génie. Un peuple d'improvisateurs devait aimer l'abondance et l'éclat de l'épopée; nous savons qu'Archias raconta les hauts faits de Lucullus et qu'il puisa souvent ses expressions aux sources homériques. Or, n'y a-t-il pas de l'Homère dans ces chefs-d'œuvre dont la brièveté sufïît à la grandeur des guerres médiques? De tels souvenirs gardèrent toujours leur prestige dans ce pays de Grèce qui, jusque sous le joug de Rome, rappelait ses triomphes passés. Les compilateurs avaient double motif pour ne pas laisser perdre un butin si précieux. Nous lisons sept pièces de Simonide dans le recueil des Aiaçopa jjiétpa. L'Anthologie, plus étendue, nous donne une moisson bien plus riche.
Les Attiques sont assez mal traités. Eschyle se glisse dans le recueil, mais si modestement qu'on peut l'oublier. Mélanippide vivait au v* siècle, mais il y continuait les traditions du VI^ Méléagre aurait pu mieux choisir. Les contemporains de Périclès et de Démosthène versifiaient encore les dédicaces et les épitaphes. Simonide avait fait voir que l'épigramme suffisait presque à tous les sujets. Sophocle 2, Euripide 3, Thucydide ^, Ion s, Astydamas ^ et
1. AP. XVI, 3o6, 3o7 (Léonidas); IX, 699 (Théocrile); VII, 3i (Dioscoride) ; VII, 23, 36, 27, 29, 3o (Antipater de Sidon).