‹ Méléagre de GadaraChapitre 7 sur 190 · Cf., par exemple, AP. V, i84, v. 5; V, 198, v · texte numérisé non relu

Cf., par exemple, AP. V, i84, v. 5; V, 198, v

l4 MÉLÉAGRE DE G AD ARA.

s'il est facile de remplacer les a du Dorien par les r, de l'Ionien.

Au premier abord, la confusion de nos manuscrits est décourageante. Planude contredit le Palatin ». Le re viseur corrige le scribe =». Une même pièce réunit des formes inconciliables 3.

Pourtant les divergences sont plutôt nombreuses que profondes. Pour les mots très caractérisés, des raisons métriques rendaient souvent l'erreur impossible. D'ailleurs les scribes valent mieux que leur réputation. Chez Asclépiade, Posidippe et Hédyle, le dialecte est assez pur i. Crinagoras imite le parler des vieux épiques, et les copistes n'ont pas trop dénaturé son langage s. Si Méléagre a plus souffert, c'est qu'il s'était donné moins de peine. La bigarrure de son style semblait autoriser les corrections arbitraires.

L'attribution des épigrammes soulève des difficultés moins inextricables, mais plus graves. Un trait de plume donné mal à propos peut modifier l'histoire littéraire. Dès l'antiquité les supercheries n'étaient pas rares, et l'accord de nos manuscrits laisse place à l'incertitude. Telle pièce est de Méléagre d'après le Palatinus et la Sylloge Barberino- Vaticana ^. Elle est pourtant apocryphe, et tout l'indique : la coupe spondaïque du quatrième pied, le nom romain de Favorinus et le ton même de la plaisanterie. Cette

î. Voici quelques exemples: AP. V, 149, Pal. XaAÎav, lTaipr,v; Plan. XoCkloLV, ïiOLipoLv; Pal. xauTciv; Plan, xaù-n^v; — V, i54, Pal. vai xrjv vrjfapiévav; Plan. vTj TYjv vY)$a(xévir)v ; — V, i8o, Pal. *A?aî(ïTou xotvà; Plan. 'HçaîffTou xoiviq.

3. Dans l'épig. V, 191, le scribe écrit à et (TTOpyôt;; le correcteur y substitue y) et (jTopYf,; (cf. Sternbach, Meletemaia, p. lo et ii.)

3. Le fait est surtout frappant dans le Proeme de Méléagre (AP. IV, i).

4. J'ai essayé de le démontrer dans ma thèse latine : Quae fuerint dic^ndi genus et ratio metrica apud Asdepiaden, Posidippum, Hedylum, ch. III.

5. Cf. la préface de l'édition de Crinagoras par Rubensohn, Berlin, ï888.

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