‹ Méléagre de GadaraChapitre 8 sur 190 · AP. XI · texte numérisé non relu

AP. XI

CHAP. I. LES MANUSCRITS. l5

satire serait isolée parmi les œuvres d'un poète erotique. Elle est tout à fait dans le goût de Lucillius et de Nicarque.

Une divergence dans les manuscrits éveille le soupçon, mais il faut se garder de trancher trop vite. C'est, me semble-t-il, le défaut de Finsler.

Par exemple, pour certains poèmes, Planude et le scribe du Palatin ignorent le nom de l'auteur. Le correcteur supplée à leur silence. Simple conjecture, dit Finsler. La conclusion est d'un scepticisme bien dogmatique, et dans certains cas elle me semble erronée » . Les copistes sont si paresseux qu'il y aurait péril à tirer argument de leurs omissions.

D'autres attributions reposent sur le seul témoignage de Planude, et pourtant il faut les admettre. Qui contesterait à Méléagre des madrigaux en l'honneur de sa maîtresse Héliodora =» .^ Finsler n'ose pousser le doute aussi loin 3.

Du reste, si les Byzantins se trompent fréquemment, d'ordinaire un signe extérieur nous avertit de leur bévue. Une formule malheureuse a causé presque toutes les fausses attributions de YAnthologie. Quand deux pièces appartiennent au même auteur, on écrit simplement toj auTou en tête de la seconde. Le scribe, par négligence.

î. Je songe surtout à l'épitaphe de Charixène (AP. VII, 468). Le correcteur attribue ces vers à Méléagre, et non sans motifs. Le poète a déploré dans une autre pièce la mort de Cléarista (AP. Vil, iSa). Il a sans doute voulu opposer en deux tableaux symétriques la jeune fille et l'adolescent. D'ailleurs, l'épigramme douteuse est imitée d'Antipater, un Syrien qui fournit souvent des modèles à son compatriote (AP. VII, 467). Enfin, elle se trouve mêlée aux débris de la Couronne. Passow et Weigand ont montré l'importance de ce fait, et je ne crois pas qu'un Byzantin ait pu la soupçonner (cf. infra, ch. I, in fine).

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