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CHA.P. Vit. LA MYTHOLOGIE. II Q
mains ^ » Ce rapprochement ingénieux vient de Platon. Dans le Phèdre, Agathon montre l'Amour marchant sur le cœur de ses victimes =».
Le dieu troublait jusqu'aux moralistes. Il exerça l'ingéniosité des sculpteurs. Praxitèle en fit un bel adolescent 3, et le reflet de celte œuvre célèbre ennoblit encore mainte statuette de Myrina. Souple et nerveux, l'arc levé, les ailes frémissantes, l'éphèbe sourit d'un air menaçant 'i. D'autres modeleurs sont plus tentés par les grâces molles du jeune âge. Sous leur main, l'Amour devient un enfant espiègle ^. Méléagre nous montre par trois fois l'Éros de Praxitèle. Dix-huit ans, la chlamyde sur l'épaule, les traits fins et réguliers, c'est l'idéal même du sculpteur^. Mais cette image ne vient que pour amener un compliment hyperbolique. Il fallait aux Syriens du i" siècle plus de mièvrerie. Est-ce une loi de compensation? Cette littérature de décadence s'amuse aux caprices d'un enfant.
Voici, dans les épigrammes de Méléagre, Éros potelé et joufllu 7. Il balbutie à peine, il joue sur le sein d'Aphro-