CHAP. VIT. LA MYTHOLOGIE. I
Lasos S Eschyle 2, Sophocle 3, Aristophane'*, Théodcridas s, et Antipater de Sidon ^ avaient déjà raconté cette terrible histoire. Scopas ou Praxitèle avait fait voir la mère impuissante devant l'agonie de ses enfants 7. Ce chef-d'œuvre était célèbre. Nous en possédons plusieurs répliques 8. Méléagre le connut sans doute et s'en inspira, mais fort librement 9. C'est surtout aux poètes et aux érudits qu'il demanda la matière de son épigramme ^o, et parmi des traditions contradictoires, il sut faire un choix heureux. Il divise en deux actes la tragédie de la vengeance divine : les fils meurent sur le Cithéron, et les filles en présence de Niobé ^k ApoUodore nous donne également le récit avec cette variante. Elle est fort belle. Un double massacre nous frappe doublement, et la première catastrophe, entrevue dans le lointain, forme un arrière-plan terrible à la scène principale. Achille raconte dans V Iliade que Niobé, seule au monde, eut le courage ou la faiblesse de prendre de la nourriture. Grande idée, qui montre la tyrannie des lois physiques, et rapetisse à notre taille les douleurs que nous croyons infinies. Méléagre n'a point fait accueil à cette conception