Pline, Histoire naturelle, XXXVI
8. L'une d'elles est maintenant à Florence, au musée des UJîzzi. Cf. Potticr, Les statuettes de terre cuite dans l'antiquité, p. i5i sqq.
9. Cf. sur ce point les observations très justes et très fines de F. G. Welcker, Alte Denkm'dler, Gcittingen, 18/49, t. I, p. 217 sqq.
11. ApoUodore, III, 6 ... xà; [xsv 6/)Xeîa? em t?,; oîxt'aç xateTo^euffev "Apxetxi:, Touç ôè àppeva; xoivî) iravxaç sv KiOaipwvt 'ATtôXXcov xuv/jysToOvTa; àuÉxxetvev. — Sur un sarcophage du Vatican, les lils de Niobé sont armés comme pour la
asse (cf. Welcker, op. ci7., t. I, p. 217, n. 6).
ia8 MÉLÉAGRE DE OADARA.
familière et profonde. Les beautés épiques sont interdites à l'épigramme. Dans une tragédie qui s'achève en quatre distiques, les événements doivent se précipiter. La Mobé de V Anthologie est changée en pierre devant ses fdles expirantes. Peut-être n'est -elle que raidie dans l'immobilité de la douleur ï. Le vague de l'expression prolonge le miracle en mystère, et à l'horreur d'une vision sanglante ajoute l'anxiété d'un dénouement mal connu.
Un vrai poète est à la hauteur de toutes les émotions. Mais l'alexandrinisme les évite, et cherche avant tout l'agrément. A Niobé, Méléagre préfère Aphrodite et les Charités. En lisant ses épigrammes on se croirait presque transporté dans un salon galant du siècle dernier. C'est un camaïeu rose et bleu tendre, un rêve de nuages vaporeux, d'yeux assassins et de grâces enrubannées. Ces divinités souriantes et molles semblent esquissées par un Fragonard sur une feuille de paravent. Pourtant l'Hellade n'a jamais eu de Dorât et de Bernis. Entre nos mains la mythologie n'est plus qu'un recueil de périphrases. Au temps des Ptolémées, elle conservait sa fleur et son parfum. Pour un Grec, le nom des Néréides évoqua toujours dans un rayon de soleil la chatoyante ondulation des vagues. La foi des premiers âges avait légué aux siècles à venir des formules magiques qui ouvraient le royaume de la féerie, mais, à la longue, ces mots, trop employés, perdirent leur vertu. Endormis dans la musique de leurs syllabes, les poètes se lassèrent de regarder la nature. L'Olympe devint un do maine fermé où régna l'ennui, et la critique doit protester contre l'opinion pour remettre à leur place les gracieuses imaginations de V Anthologie. Mais, ne l'oublions pas, si Méléagre souffre de cette décadence, il l'a provoquée. Il y a toujours quelque logique dans les injustices de l'histoire.