‹ Méléagre et AtalanteChapitre 14 sur 38 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Le Chœur, puis ALTHÉE

LE CHŒUR

Au pied de ce même coteau Que l'ombre des pins enténèbre, En des temps connus d'Érato, Vivait une nymphe célèbre.

On la nommait Syrinx. Sa voix,

Au fond des bois, Se mêlait au bruit des fontaines, Son arc de corne et son carquois Lui donnaient les grâces hautaines De Diane, sœur d'Apollon; Aussi bien les confondait-on, N'était qu'au lieu de l'arc de corne L'arc de la déesse était d'or,

N'était encor Que les rais de lune dont s'orne Le front de cette déité Tissaient de leur mélancolie Le regard doux mais attristé De la nymphe à la voix jolie.

Or, étonné de sa beauté,

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y] MELEAGRE ET ATALANTE

Pan fut épris d'amour pour elle ; Mais de terreur la jouvencelle Quitta les bois de Galydon ; Le dieu courut à sa poursuite, La nymphe atteignit dans sa fuite Les bords sablonneux du Ladon.

Des naïades implorant l'aide, Elle ne vit d'autre remède Que de se jeter dans ses eaux ; Lui, s'élançant d'un bond sauvage, Il crut la saisir au corsage, Mais n'embrassa que des roseaux.

En voyant fuir les formes blanches, Il pleura dans les folles branches Et leur confia ses soupirs.

L'air agité dans le feuillage Rendit une plainte au passage Que remportèrent les Zéphyrs.

Il reconnut la voix aimée, Et la devinant enfermée Dans le creux chanteur des roseaux, Il moissonna dans l'eau fatale Des tiges de taille inégale De ces merveilleux arbrisseaux Et les liant avec la cire, II fit pour apaiser son douloureux délire, Quand l'ombre des coteaux revient l'enveloppant,

Cette flûte où soupire Par la voix de Syrinx la tristesse de Pan.

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