‹ Méléagre et AtalanteChapitre 26 sur 38 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Et mes cousins les dieux du ciel Ne daigneront pas quérir même Le plus petit rayon de miel Pour l'offrir à celui que j'aime.

Les vôtres vident le meilleur De leur amphore ou de leur coffre Et, ce faisant, versent leur cœur Dans les choses que leur main offre, Et la bonté de leur accueil Est comme une porte fleurie Qui décourage un peu le deuil Invitant le bonheur avec la rêverie.

LE CHŒUR

Le bonheur n'entre pas toujours Par la porte qu'on lui prépare.

Parfois, après de longs détours Où sa patience s'égare, Il n'arrive qu'après la fuite des amours Et s'éloigne ayant vu peut-être La Tristesse à quelque fenêtre.

A mes noces ne paraîtront Ni les nymphes au bon front, Aux blondes tresses, Ni les vénérables déesses Qu'on suit au son du tambourin Les aïeules de Zeus serein,

Rhée et Cybèle, Qui, sous leur couronne de tours Soulevant leur tête éternelle, Contemporaine des vieux jours, Me riaient parfois au passage ; Et le dieu Pan ne viendra pas Faire danser au mariage Ni prendre sa place au repas, Avec sa flûte, en gai convive ; Sans une sœur, sans un ami, J'arriverai seule parmi Les mortelles, en fugitive.

LE CHŒUR

0 chasseresse, si tu veux, Nous viendrons peigner tes cheveux Pour le clair matin de tes noces, Et nous aurons, malgré l'hiver, Pour te parer, du myrte vert Et des perce-neige précoces ; Nous t'aimerons comme des sœurs, Tu trouveras quelques douceurs Peut-être au fond de nos tristesses, Et sur les airs qu'on chante ici Tu pourras retrouver aussi Des aventures de déesses, Car plus d'un divin sentiment, On ne sait pourquoi ni comment, Erre exilé dans l'âme humaine Et comme un cavalier hautain,

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