ACTE TROISIEME
Hélas ! vient de la dépouiller ; Et sa force surnaturelle, Quand Diane habitait en elle, N'est plus qu'une corde infidèle Que les larmes devront mouiller.
LE CHŒUR
L'archer Amour, en te prenant pour cible, N'a fait que se venger de toi.
Il a blessé ton cœur pour le rendre sensible Et plier ton orgueil à la commune loi.
Si, par le regret dirigée,
Je remonte sur le Tégée,
Ils resteront indifférents,
Les agrestes dieux mes parents,
Dont j'apercevais dans mes courses,
Tout pleins d'un amical respect,
Les fronts moussus au bord des sources
Se soulever à mon aspect;
Et la montagne maternelle
Ne connaissant plus son enfant
Dira sans doute en me voyant :
« Atalante, où se trouve- t-elle? »
Et si je réponds : « Me voici ! »
Elle, ouvrant ses yeux prophétiques,
M'écartera des hauts portiques,
Disant : « Toi, tu n'es pas d'ici,
« J'appelle la grande Atalante.
« — Atalante, dira l'Écho. »
Et tous me pleureront vivante Et me repousseront là-haut.
LE CHŒUR
Ne regrette pas, Atalante, Le fond des bois :
On s'y perd parfois; Témoin Écho, cette nymphe charmante, Qui de son frêle corps n'a gardé que la voix. Par ce temps de métamorphoses, Fuis le silence des forêts, Car sous leurs grands arceaux aux perfides attraits, Il se passe souvent de bien étranges choses. Pour moi, je te le jure, J'aime mieux la mort, de beaucoup, Que l'horreur d'entrer vive en une autre nature Qui me laisserait femme avec des yeux de loup.
C'est de mon plein gré que je reste Et que j'accepte de mourir, Si je puis une heure dormir Dans les bras de l'amour funeste ; Mais vous, vous avez des parents, Des mères, des sœurs, des compagnes, Pour vous servir en ces moments; Mais pour moi les dieux des montagnes