‹ Méléagre et AtalanteChapitre 28 sur 38 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ATALANTE, baissant la voix, au Chœur.

De l'accueil de la reine, hélas ! que pensez-vous, Femmes?

LE CHŒUR

Elle revient. Son air paraît plus doux.

Si ses yeux se chargeaient encore de colère, Que me conseillez-vous? Dites, que dois-je faire?

LE CHŒUR

Elle connait, hélas ! d'effroyables secrets.

Eh ! quoi ! je suis aimée, ô femme et je fuirais !

[Allant au-devant d'Althée et s'adressant à celle-ci.)

Reine, au fond de vos yeux inquiets je devine Une pensée ainsi que la mienne orpheline* Nos désirs en nous se sont clos Et pour mieux cacher les sanglots Qui du fond de nos cœurs montaient comme des lames, Derrière nos yeux froids dissimulant nos âmes Nous revêtions d'orgueil cruel le désespoir Que nous ne pouvions laisser voir.

ALTHÉE

Que veux-tu de moi, chasseresse, Et pourquoi devant ma raison

"m> méléagre et atalante

Toujours agiter ce tison Qu'allume ta folle tendresse ?

Reine, je n'ai pour vous aimer Qu'à vous rouvrir mon cœur qui dut se refermer Aux sentiments si doux qu'inspire la famille... Je n'ai point eu de mère et vous manquez de fille.

ALTHÉE

Ainsi qu'un oiseau sur un toit, Au fond de mon âme méchante Un doux regret quelquefois chante ; Le passé me dit : Souviens-toi !

De larmes malgré vous votre regard se mouille, Mère, vous m'apprendrez à filer la quenouille ;

Je vous suivrai docilement

Et ce travail sera charmant, Entrecoupé de mots d'une affection tendre Que les hommes distraits ne savent pas entendre.

ALTHÉE

Si tu souffres, tu peux pénétrer sous mon toit; Si tu n'es qu'une pauvre enfant, assieds-toi; Nous causerons au bruit du rouet monotone, Je sens en moi descendre une paix qui m'étonne. Si tu veux que vraiment je t'apprenne à filer, Prends la quenouille, puis laisse se dérouler

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