‹ Méléagre et AtalanteChapitre 8 sur 38 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Qui donc nous cache ta retraite ?

Serait-ce le bel Iolas, Ou bien Iole au frais sourire Serait-ce Omphale ou Déjanire?

Puisque, héros au large cœur,

Un œil moqueur Dans un subtil regard t'enchaîne, Et de la toile arachnéenne Ne sachant plus comment sortir, On te voit alors consentir A filer de tes mains énormes Qui déracinent les grands ormes Et qui voilent l'éclat du jour, L'humble quenouille de l'amour !

Il ne reviendra plus, tu l'attendrais en vain,

Le fier Alcide au cœur divin;

Laissant au bûcher sa poussière,

Il est monté dans la lumière.

Désormais devenu le grand veneur des dieux, Loin de la terre

Et dans les profondeurs des cieux, Il chasse maintenant avec le Sagittaire. Sur les rocs nus que leurs verdures avaient peints, N'as-tu pas entendu le fracas des grands pins Qui tombaient en hurlant sous sa hache sonore, Quand, dévoré par la tunique du Centaure,

Il préparait, pour s'y coucher, Le lit funèbre et flamboyant de son bûcher

l4 MELÉAGRE ET ATALANTE

Dont tu vois sur l'Œta la flamme rouge encore Se rallumer au crépuscule ou dans PAurore?

Non, il ne reviendra plus jamais à Calydon, Sous son ancienne forme humaine, Mais, à défaut du fils d'Alcmène, Peuples ingrats, que désirez-vous donc, Puisque au milieu de vos désastres Méléagre, Atalante et tant d'autres héros

Ses émules et ses égaux, Dont la place est marquée au ciel parmi les astres, Sont venus si nombreux pour vaincre ou pour mourir? Mais j'aperçois là-bas Méléagre accourir, Q'accompagne Atalante aux grands yeux intrépides.

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