‹ Méliador (volume 2)Chapitre 4 sur 28 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

le désir de la marier. Cependant Camel, impatient d'une réponse, se met en chasse et poursuit, dans la direction de Montgriès, un cerf qui vient mourir à la porte de cette place. Au son de Thallali, Loth sort du château, fait bon accueil à Camel qu'il connaît de longue date, et l'invite à souper ; mais le seigneur de Camois, informé du départ d'Hermondine, quitte Montgriès moins joyeux qu'il n'y était entré. Furieux de sa déconvenue, il charge une sienne cousine d'exprimer son mécontentement à Florée et de l'avertir qu'il se vengera sur Loth, si elle ne fait pas revenir Hermondine auprès d'elle. Florée s'excuse de son mieux, mais elle ne parvient pas à apaiser la colère de Camel qui se décide à agir (v. i2o5).

Sous le prétexte d'un différend entre ses gens et ceux de Loth, Camel ne tarde pas à lui déclarer la guerre. Il s'empare de la personne de Loth et l'emmène prisonnier à Camois; il adresse ensuite message sur message à Florée, la menaçant de faire périr son père en prison, si elle ne consent pas à s'employer pour lui. Florée vient alors à un rendez-vous que Camel lui a assigné et ce chevalier lui fait connaître le prix qu'il met à la liberté de Loth : elle devra se rendre auprès d'Hermondine et la disposer à accepter le seigneur de Camois pour époux. Florée se résout à faire le voyage d'Ecosse, après avoir obtenu « assurance » pour la terre de Montgriès. Après qu'elle est partie, Camel se relâche un peu de sa rigueur envers Loth; il promet à celui-ci de lui rendre la liberté et même d'amender le dommage qu'il lui a causé, si Florée réussit dans la mission qu'elle a entreprise (v. 1483).

Arrivée à Signandon, après un voyage de cinq grandes journées, Florée informe Hermondlne du malheur de Loth ainsi que des prétentions de Camel, et elle lui demande son sentiment. La princesse demande quinze jours de réflexion, quinze jours durant lesquels le roi d'Ecosse reçoit pour elle cinq demandes en mariage : trois de rois, deux de ducs. Pressée par son père, elle se garde bien de lui dire

ter cependant à l'issue de la lutte engagée. Après l'avoir recommandé à ses, gens, Florence prend congé de lui et le laisse avec son écuyer (10960).

Méliador, qui s'est éveillé assez tard dans l'après-midi, se remémore une ballade qu'il a faite en l'honneur de sa dame et, bientôt après, on le vient quérir pour souper. Le lendemain matin, Balastre se présente pour lutter contre lui, et Tangis assiste auprès de Florence au combat que termine une troisième victoire du chevalier au Soleil d'Or. Madrigais, envisageant alors les divers aspects de la situation, s'arrête à l'idée de traiter avec la dame de Montrose de la délivrance de ses frères : il lui adresse à cet efiet un chevalier qu'accompagne un héraut. Sur l'avis de Méliador, Florence consent à la paix, moyennant que les quatre frères iront à la cour du roi Artus faire l'aveu de leurs torts et s'engager par serment à servir en toute occasion leur ennemie de la veille. Madrigais accepte les conditions qui lui sont faites. Tàngis prend sur ces entrefaites congé de la dame de Montrose et s'embarque sur la Severn dans une nacelle qui le conduira à Bristol ; là il prendra la mer afin d'arriver en temps utile au tournoi de Tarbonne (v. 11 532).

Méliador quitte également Montrose par eau dans le dessein de se rendre à Tarbonne. Le premier jour, tout marche à souhait et il entre en mer; mais, bientôt une tempête s'élève qui se prolonge durant toute la nuit. Le lendemain, au jour, il descend à terre avec ses compagnons dans l'île de Man où s'établira bientôt le roi des Cent Chevaliers : le gros temps le force à y séjourner quatre jours entiers. Au cinquième jour, des pêcheurs de harengs lui disent qu'il est entre Irlande et Ecosse : il s'informe alors s'il existe non loin de là quelque ville, grande ou petite^ et il apprend que de l'autre côté de la mer se trouve Aberdeen, d'où viennent les pêcheurs et où ils retourneront le lendemain. Méliador se décide alors à partir avec les pêcheurs et débarque à Aberdeen, tout désespéré de renoncer au tournoi de Tarbonne ^v. 1 1827).

veur ne pourra se rendre au tournoi de Tarbonne. A l'époque fixée, des chevaliers de tous pays viennent se loger aux environs de Tarbonne, où le roi Artus, de son côté, avait envoyé plusieurs de ses gens pour prêter au duc Patris Tappui de leur expérience en matière de joutes. Dans la plaine où devait avoir lieu le tournoi, on venait de construire des tribunes pour les dames et les demoiselles. Parmi les deux cents vaillants chevaliers qui prennent part à la fête, on voit briller au premier rang Gratien, Tangis, Dagoriset et surtout Agamanor, le Chevalier Rouge, que son adresse fait bientôt remarquer de Phénonée ; mais, pressentie par sa mère, la duchesse Aliénor, la jeune fille essaie de se donner le change : à Ten croire, ses regards ne cherchent qu'à deviner son frère, et, les exploits du Chevalier Rouge aidant, elle en vient à penser que ce preux et Méliador ne font qu'un. La retraite sonnée, les valets venus au devant de leurs maîtres enterrent les morts et transportent les blessés en litière, tandis que l'on prépare au château souper et fête de nuit auxquels les damoiseaux assistent en costume de ville. Après le souper, le prix du tournoi (un faucon] est décerné au Chevalier Rouge et, comme on ne sait où trouver le vainqueur, il est convenu que l'oiseau sera porté sans retard à la cour du roi Artus (v. 13262).

Agamanor, demeuré à la fête, se complaît dans la vue de Phénonée pour laquelle il ressent un amour profond, mais il se retire au point du jour et confie ses sentiments à Bertoulet. Les divertissements se prolongent encore durant trois jours et trois nuits, et lorsqu'ils sont terminés Phénonée se croit tellement certaine de l'identité de son frère et du Chevalier Rouge qu'elle adopte pour elle-même la devise de celui-ci, une dame blanche, se proposant de la faire porter à un sien chevalier, en la brisant d'un faucon blanc par allusion au prix du tournoi. Ayant obtenu à cet effet le consentement de son père le duc Patris, elle investit de sa nouvelle devise un jeune chevalier, Lionnel, que de réelles qualités recommandaient à son choix et elle l'envoie courir

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