ANALYSE DE MEUADOR XXV
en lui répondant assez négligemment. Croyant alors qu'on le méprise, il se désespère. Mais ses paroles reviennent à l'esprit de Florée, qui prétexte une indisposition subite pour prendre congé d'Hermondine et quitter la fête : elle espère bien avoir de la sorte quelque nouvelle de Méliador. En effet, son manège n'a pas échappé au chevalier qui la rejoint et se fait reconnaître. Elle Temmène alors dans une chambre et, après avoir intéressé à la personne de ce pf'eux la chambrière préférée d'Hermondine, elle fait dire à la princesse d'Ecosse qu'elle soufffe de la fièvre et la prie de venir. Elle ménage ainsi aux deux amants une entrevue qui se termine seulement au point du jour (v. 17764).
Tandis que la princesse essaie de prendre quelque repos avant de reparaître à la fête, Méliador rentre à son logis de la veille pour en partir quelques heures plus tard, en quête de nouvelles aventures. Le lendemain, il rencontre les messagers que la dame de Valeme envoyait aux fêtes de Signandon, pour chercher quelque appui contre les entreprises de son voisin, le seigneur de Châtel-Orgueilleux, et il accepte de prendre sa cause en main. Mais revenons un moment à Tangis de Sormale qu'une malencontreuse blessure a retenu deux mois durant au Brun-Manoir, l'empêchant ainsi de {>articiper au tournoi de Signandon : à peine remis en route, la voix publique lui apprenait le nouveau succès du chevalier au Soleil d'Or. Cependant, celui-ci arrive auprès d'Yvore, la dame de Valeme, et, se mesurant presque aussitôt avec messire Buin, il fait grâce de la vie à ce vaillant homme sous condition de foi et hommage à celle que jusqu'ici il n'a cessé de persécuter. Dès le lendemain matin, Méliador quitte Valerne et se dirige vers le pays de Galles, en songeant à la princesse d'Ecosse pour l'amour dé qui il compose un rondelet (v. 18463).
Lionnel, le chevalier auquel Phénonée a confié la recherche de Méliador, s'est rendu au tournoi de Signandon, dans le but de faire à sa maîtresse le récit de cette journée. Il . révisent ensuite à Tarbonne et lui rend compte de sa mission.
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elle avait cm recomuâtre Méliador, ne la quitte plus on seul instant, mais elle ne veut révéler à personne le secret de son cœur et Ton remarque bientôt une altération dans sa santé. Le dac et la duchesse de Comouaflles, cherchant la cause de Tétat maladif de leur fiUe, s'adressent d'*abord à ses compagnes, puis à Lioxmel : au sentiment de celui-ci, qui raconte les démarches auxquelles il s'est livré par ordre de sa maîtresse, le mal a sa source dans le fraternel amour de Phénonée pour Méliador. Le duc Patris feint alors d'avoir reçu un message de son fils qui se trouverait en Northumberland, et, du consentement de Phénonée, il dépêche Lionnel en ce pays, lui enjoignant de ne point revenir sans avoir de nouvelles assurées de Méliador, auquel il commande d'autre part de venir voir sa sœur (v. 19433).
La mesure prise par le duc amène tout d^abord quelque amélioration dans Tétat de sa fille, mais Phénonée retombe bientôt dans un état encore plus fâcheux qu^'auparavant. Patris s'avise alors de lui donner pour compagne une proche parente, Lucienne, fille du comte Lucien, et, par une délicate attention, il installe les deux cousines dans un manoir situé non loin de Tarbonne, dans le bois même d'où Méliador partit pour la quête. Lucienne ne tarde pas à gagner toute la confiance de Phénonée et, lui apprenant Tart de composer d'amoureux rondeaux, eUe la tire peu à peu de sa mélancolie (v. 196S0).
Une certaine nuit, le hasard conduit Lionnel dans la demeure d'un forestier où Agamanor et Bertoulet se trouvaient déjà couchés. Il partage le lit de Bertoulet et ne dort guère, non plus que son compagnon; ils causent donc, et Lionnel lui fait connaître le but de son voyage et tout ce qui touche Phénonée. Bertoulet exprime le regret de ne pouvoir lui donner aucun renseignement utile et se garde bien de dire quel est son maître. Ils se séparent et Agamanor entend avec plaisir le récit que Bertoulet lui fait de son entretien avec Lionnel. Il compatit aux peines de celle qui a son cœur, mais il ne saurait se réjouir des sentiments que